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Je ne suis pas un santon

29 décembre 2015 | Publié par Véronique Belen dans Blog

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Un prêtre à qui je confiais un jour mon bouillonnement spirituel intérieur m’a dit de regarder les santons de la crèche et de faire silence, comme eux. Dans la crèche, arguait-il, tout le monde se tait et adore. Je devais en faire de même.
Quelques années ont passé.
En société, je me tais plutôt. Ce n’est pas ma voix que l’on entend le plus dans les réunions ou dans les soirées entre amis. Je n’y fais pas de prosélytisme, ni  dans la rue, ni en porte à porte. Pas du tout mon style…
De là à ne pas m’exprimer non plus par écrit, il y a un pas que même ce prêtre n’a pas réussi à me faire franchir.
Quelques pharisiens, qui se trouvaient dans la foule, dirent à Jésus : « Maître, réprimande tes disciples ! » Mais il prit la parole en disant : « Je vous le dis : si eux se taisent, les pierres crieront.» Luc 19, 39-40
Eh bien, si les disciples de Jésus avaient le droit de ne pas se taire, j’ai choisi d’être un santon qui ouvre la bouche, ou plutôt qui actionne son clavier. Car enfin, cela fait 2000 ans que l’Eglise recommande aux femmes de se taire au prétexte que Marie « gardait toutes ces choses en son cœur. »
C’est un peu facile, surtout quand une parole dérange.
J’aime le silence et je médite beaucoup, en solitaire. Mais vient un moment où il faut aussi exprimer ce que l’Esprit nous souffle.
Alors je me suis créé ce petit espace, ici, où je ne me tais plus. C’est une espace de liberté pour moi, et pour ceux qui choisissent, ou non, de s’y arrêter. Chacun est libre de lire ou de passer son chemin, et tout y est gratuit. Chacun peut y puiser nourriture spirituelle ou agacement. Chacun peut laisser un commentaire, ou se taire discrètement.
On y adore le Christ, oui, mais pas comme un petit Jésus de plâtre. J’essaie d’y faire vivre sa Parole, sa vie, sa mort et sa Résurrection. J’y parle de mon espérance en son Retour. J’essaie de faire en sorte que les pierres n’aient pas à crier parce que la disciple du Fils de Dieu  se tait…

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2 commentaires

  • Claire says:

    Je crois Véronique que le silence, c’ est se recentrer (se décentrer?), écouter la Parole, ne pas rester au niveau de l’ introspection.. Même si elle est souvent le départ de l’ oraison pour déposer tout ce qui nous traverse.. Ce n’ est pas de se taire il me semble! C’ est même souvent un devoir de parler
    devant une injustice par exemple..Le prêtre que vous avez rencontré a probablement été maladroit..ou de mauvaise humeur.. ou pas très à l’ écoute ce jour là..(comme dit le renard au petit prince, le langage est source de malentendus !) ..Mais il vous a donné l’ occasion de cet échange par votre blog! Je suis moi aussi un santon qui parle ( mon curé en sait quelque chose..), pour remercier, pour exprimer mon ressenti, pour exposer les problèmes et partager les joies…et c’ est bien! Tant n’ osent pas parler..les silences aussi sont sources de malentendus, même si le renard ne l’ a pas dit au petit prince! Amicalement..

    • Véronique Belen says:

      Oui, j’ai déjà expérimenté des silences lourds, pleins de mésentente larvée, dans ces cas-là, c’est plus sain de parler… Et puis il y a des silences magnifiques, comme ceux des abbayes par exemple… Là j’en redemande !



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