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Ma mouette voyageuse

16 février 2018 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

Les « Coucou, je suis à Londres » ou « Trop bien, Amsterdam ! », je ne les compte plus. La chanceuse a découvert des lignes low cost depuis l’aéroport de sa ville étudiante. Et comme elle n’est pas du tout fourmi – normal, elle fait des études de cigale : chanter ou danser, au choix – dès qu’elle a trois sous en poche, elle s’envole. Je ne suis pas du genre mère anxieuse, elle a de la chance. Et d’ailleurs, ses escapades, ça me rappelle bien les miennes à son âge : ma maman se plaignait auprès d’une amie que j’étais toujours sur les routes à visiter des connaissances de préférence habitant un peu loin.« Véronique est un pigeon voyageur ! » A quoi son amie lui répondait que j’avais bien raison de profiter de ma jeunesse, sa fille à elle s’étant mariée à 18 ans. Bref, j’aurais beau jeu aujourd’hui d’empêcher mes propres enfants de sillonner l’Europe, voire plus et plus loin. Ce qui était à portée d’une journée de voiture pour nous est devenu pour le même budget à portée de quelques heures d’avion pour eux.
Mais là, j’avoue qu’elle a fait fort, ma petite mouette. En janvier, elle parlait de Malte pour ces vacances-ci. Je grommelais qu’il lui manquerait le budget.
Il y a quelques semaines, elle me demande si je veux bien lui envoyer un colis : son gros bonnet, un fuseau de neige et des collants chauds.
« Tu veux faire quoi, encore ??? »
Elle rit au téléphone.
Et je n’ai pas le temps de protester qu’elle a déjà le billet et tout planifié pour son séjour. Elle s’envole donc pour l’Estonie et a prévu de visiter les trois pays baltes : Tallinn, Riga, Vilnius, cela ne m’évoque rien d’autre que les cases du Monopoly « Europe » mais ce sont les villes escales qu’elle a choisies. Les pieds dans la neige, tête au vent de la mer Baltique, elle fait ses visites toute seule avec son sac à dos.
Deuxième jour. « Tu sais, Tallinn c’est tout petit, j’en ai fait le tour en une journée, le ferry pour la Finlande est super pas cher, je vais visiter Helsinki. »
Et puis quelques heures plus tard : « Bon, Helsinki, ce n’est pas très typique de la Finlande, je prends un bus et je vais visiter une petite ville touristique ! »
Et elle nous envoie des photos à couper le souffle de Porvoo.
Le soir, merveille des nouvelles technologies, elle m’appelle par messenger et me raconte les péripéties de son escapade. Il est 22h là-bas, elle va reprendre son ferry pour Tallinn. Il traverse des zones de mer gelée.
Et moi je voyage, devant ses grappes de photos toutes plus belles les unes que les autres, tandis que cuit ma soupe de courges qui consolera mon rhume débutant.
Franchement, je ne sais pas d’où viendront les « Coucou » et les photos demain, ni après-demain. Mais vole ma mouette, de bonnes étoiles veillent sur toi !

Un dimanche à Lourdes

11 février 2018 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

Sur mon histoire personnelle avec Lourdes, j’avais déjà rédigé ce billet :

https://www.histoiredunefoi.fr/blog/6682-vis-cite-sainte

En voici un autre qui lui succède…

Avril 2016

Je suis à Toulouse avec ma fille qui doit passer des auditions dans deux écoles de danse où elle souhaite étudier. Entre les deux dates, j’ai prévu une escapade d’un dimanche à Lourdes avec elle. C’est pour moi une grande première, je n’y suis jamais allée, ma fille non plus. Quand on est du nord-est, Lourdes, c’est très loin !
Comme il se doit dans ces cas-là, les billets de train sont réservés, mais il y a une grève sur une partie du réseau SNCF. Rester dans la paix intérieure. Nous effectuerons une partie du trajet en bus et attraperons in extremis le TGV réservé qui s’arrête à Lourdes.
En quittant la gare, je suis saisie d’une grande émotion : quelle beauté, ce paysage de début de printemps, dans cet écrin blotti sous les Pyrénées encore enneigées ! Au cœur du paysage, non pas la basilique du sanctuaire, mais l’église paroissiale où Bernadette reçut les sacrements. Nous achèverons d’ailleurs la journée par cette visite émouvante.
Il fait très beau, encore un peu frais comme il sied à un jour d’avril, mais ce sera la première fois de l’année où je pourrai quitter mon manteau d’hiver.
C’est l’année de la Miséricorde. Nous passons la Porte sainte et nous retrouvons sur le parvis du sanctuaire, coloré de pèlerins et de ces voiturettes si caractéristiques de Lourdes. J’ai déjà vu maintes et maintes photos du lieu, mais je ne pensais pas que c’était aussi beau, vaste et éloigné des boutiques de souvenirs qui n’occupent fort heureusement que le centre ville. Il n’y a pas encore une foule trop compacte ce jour-là, nous nous déplaçons aisément d’un lieu à l’autre du sanctuaire, éblouies, je dois l’avouer, par les beautés de ce lieu sous un franc soleil. Nous nous réservons la grotte pour l’après-midi et arrivons un peu en retard à la messe dominicale à la basilique de l’Immaculée Conception. Je suis habituée à  mes petites églises rurales, et je dois dire que j’ai du mal à me recueillir dans cette immense basilique, au milieu des va-et-vient des passants plus ou moins intéressés par la célébration. Ma fille y met un peu de mauvaise volonté, et cela me chagrine. Dans ma famille, j’ai l’habitude d’avoir la foi pour beaucoup d’autres…
Elle a mal aux jambes, très mal. L’audition de la veille était rude et l’a épuisée. Je lui demande, un peu agacée, si je dois lui prendre une voiturette. Mais comme elle me dit presque oui, je respecte sa souffrance. (suite…)

Vu de l’extérieur

10 février 2018 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

J’ai eu cette chance, dans ma vie, de sortir plusieurs fois pour des années plus ou moins longues des milieux les plus prégnants de mon existence, les quittant un temps pour mieux y revenir ensuite. Et ces parenthèses m’ont permis de nuancer mon regard sur ces milieux et ceux qui ne leur appartiennent pas.
Edifiante fut pour moi l’expérience de vivre deux ans, puis quelques années plus tard quatre ans de congé parental. Je quittais ainsi l’école, l’Education Nationale qui avait été le cadre de ma scolarité et dans la même continuité de ma profession pendant si longtemps. Eh bien, on peut m’en croire, on n’a pas le même vécu quand on est « dedans » ou « dehors ». J’ai vécu les devoirs à la maison trop lourds pour des enfants fatigués par une journée de classe, l’étonnement du parent devant la tâche inadaptée aux prérequis de son enfant. J’ai vécu aussi l’attente devant – et non derrière – la porte fermée de l’école avec un bébé dans les bras plus de quinze minutes quand une classe sortait très en retard, j’ai entendu les conversations des parents au sujet des enseignants trop ceci ou pas assez cela, j’ai préparé certaines années un pique-nique par semaine pour des sorties répétées et pas toujours très pertinentes pédagogiquement, j’ai été de ces parents convoqués parce que l’enfant présentait un changement de comportement, et j’ai fait face aux questions indiscrètes sur les causes de son trouble passager… J’ai été de ces mamans qu’on jugeait désœuvrées parce qu’à la maison et ne se précipitant pas pour accompagner une classe à la piscine, j’ai été soupçonnée comme toutes les autres dans mon cas de regarder la télé pendant la sieste de mes petits tandis que ces pauvres maîtresses s’échinaient au travail… Ce discours au sein des écoles, je le connais très bien. Et croyez m’en, quand on a été « mère au foyer » et rien de plus pendant quelques années, on ne le vit pas très bien venant de celles qui pourraient être des collègues. Combien plus alors quand de sa vie, des collègues, on n’en a eu aucune, par choix ou faute de trouver du travail !
Cette expérience m’a définitivement servi, je pense, à sortir des jugements hâtifs sur « les parents », cette caste « d’ennemis publics N°1 » comme me le disait une amie entrée tardivement dans l’Education Nationale et qui fut estomaquée, après avoir été travailleuse sociale, du langage qui avait cours dans les écoles et même en formation, dénotant une méfiance viscérale des enseignants vis-à-vis des parents de leurs élèves. Il est bon, parfois, d’avoir été, dans un milieu donné, « l’autre », fût-il « ennemi public N°1 ». (suite…)

La serpillère neuve

3 février 2018 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

J’étais si épuisée intellectuellement que cela m’a fait du bien de faire mon ménage. Enfin une activité qui ne fait pas bouillonner le cerveau ! Il n’était pas complètement au repos cependant, trop de stress extrême ces derniers temps.
J’ai regardé ma serpillère, en assez piteux état. Tiens, j’en avais une neuve en réserve. On change tout ça… Ménage d’autant plus facile et efficace.
La vie vous offre parfois de ces allégories bizarres…
A la poubelle, la vieille serpillère !
Et puis moi, depuis hier, je m’oppose enfin à la personne qui me harcèle moralement à petit feu depuis quinze ans.
J’en ai assez de m’effilocher sous ses coups larvés. Vraiment.

Désormais, je ne serai plus la serpillère de personne.

Parfois, j’aimerais, comme Jésus, pouvoir dire à la mer déchaînée : « Silence, tais-toi ! » et qu’il se fasse un grand calme… (Marc 4, 39)  Mais j’ai compris depuis longtemps que la mer, toujours, d’une façon ou d’une autre, se déchaînerait contre mon entourage proche et contre moi. Que même une prière intense ne suffirait pas, parfois, à calmer les furies de la tempête.
Déjà, la Genèse l’annonçait : « Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci te meurtrira la tête, et toi, tu lui meurtriras le talon. » (Genèse 3, 15)
Toujours il revient, larvé, lové aux recoins de mon existence, ce serpent des origines. Oh, il n’a plus beaucoup de prise sur moi : depuis longtemps, je sais l’identifier et ne plus le laisser pénétrer ma conscience. Je le reconnais de loin et je suis affûtée à résister à toutes ses tentations. Mais il essaie, encore et encore, de me déstabiliser, de me fragiliser, de me discréditer même auprès de ceux qui auraient toutes les raisons d’avoir confiance en moi, par ses manœuvres perverses et rusées. Il s’empare volontiers d’une personne ayant un peu d’ascendant sur moi pour lui murmurer de me harceler à petit feu, jour après jour, année après année, jaloux qu’il est de la sérénité que j’ai gagnée à grand prix dans ma lutte contre lui avec le Seigneur à mes côtés.
Cette jalousie du malin ne se rassasie jamais de miner mon quotidien.
Me voilà à un tournant de ma lutte silencieuse contre lui. Vais-je enfin donner de la voix ? Vais-je oser le faire taire en en référant à plus autoritaire et clairvoyant que lui ?
Car il est assez stupide, le serpent des origines. Il met les gens dans de petites cases. Il ne sait pas les cerner psychiquement, et encore moins spirituellement. Il hait la foi en Dieu de l’autre, mais il s’en sert : « Celle-ci est bien trop chrétienne et honnête pour oser dénoncer mes manœuvres un jour, alors allons-y, détruisons sa confiance en elle et son moral jusqu’au bout ! »

« Silence, tais-toi ! »

Ce n’est pas moi qui prononcerai cette injonction, car je ne suis pas Jésus, et je ne puis avoir l’autorité d’un disciple homme contre le malin. Mais des alliés, j’en ai. Et ils sauront intimer à la tempête de se calmer et de laisser ma barque poursuivre sa traversée sur des flots désormais tranquilles. J’ai foi dans le Seigneur. De façon inébranlable.

Image : Le Christ dans la tempête sur la mer de Galilée      Rembrandt 1633