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Dynamique positive

2 décembre 2017 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

Il y a parfois du bon à prendre du recul. Sortir de son environnement quotidien pour changer de regard sur sa pratique professionnelle et ses perspectives.
Je viens de vivre une très belle semaine de formation continue en enseignement des langues vivantes au CM1-CM2. Ce n’est plus très souvent, dans mon métier, que l’on nous propose de quitter nos classes pour nous former, faute de remplaçants et de moyens. Alors je n’ai pas voulu manquer une occasion si belle qui se présentait. Et quel bain de jouvence ! Les formateurs se succédaient pour nous donner des pistes et des ressources nouvelles dans nos pratiques en classe. Nous avons parlé, chanté, joué, exploré et testé des logiciels, découvert des albums et des manuels, élaboré de petits projets en sous-groupes pour nous faire la main et avoir matière à réinvestir. Le tout dans une ambiance des plus sympathiques : un groupe d’une douzaine de collègues qui ne se connaissaient pas au préalable, mis en situation de faire connaissance comme on le ferait lors d’une rencontre transfrontalière avec des élèves. C’était à la fois intimidant, ludique puis motivant. De vrais liens se sont noués au fil de la semaine, de riches partages sur nos pratiques respectives ont été possibles, et les conversations ont été variées et joyeuses lors des cafés et des repas pris en commun.

Il se trouve que j’ai cette année une décision professionnelle difficile à prendre à l’horizon de septembre 2018. Et à partager ainsi avec des collègues d’autres circonscriptions que la mienne, qui ne me connaissaient que dans ce court contexte, j’ai reçu des conseils très judicieux et des encouragements qui m’ont ouvert une perspective que je n’avais pas envisagée jusque là.

Me voilà beaucoup plus sereine pour prendre ma décision, et l’option qui se profile est la dernière que j’aurais envisagée… Plus de détails, amis lecteurs, dans les prochains mois.

Un mois sans

28 novembre 2017 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

C’est ça, ça doit faire un mois.
Un jour je l’ai allumée, et puis rien. Ni image, ni son. Tiens, j’étais un peu contrariée sur le coup, ça devait être à l’heure du 20h, puisqu’il n’y avait de toute façon que là que je la sortais de son mutisme depuis un bon moment. Et rien. Ecran noir.
Bon, j’ai de nouveau tout éteint. Ça ne devait pas être la télé, plutôt un problème de réception.
Ma grande fille était là quelques jours plus tard : « Tu regardes mes branchements ? » (Parce que moi, j’ai mal au dos…)
Elle ausculte un peu tout et ne trouve rien d’anormal, mais bon, ça ne marche toujours pas.
Pas grave en fait, on ne regarde jamais la télé ensemble, elle et moi. Trop de choses à se dire.

Donc, ça fait un mois, et je n’ai pas essayé de la rallumer, si ça se trouve tout marche mais ça m’est égal. Car j’ai savouré ce mois-là. Ne pas voir toutes les horreurs du monde à 20 h, eh bien ça me repose l’esprit et tout le reste aussi. De toute façon, les horreurs du monde me sautent à la figure dès que je m’aventure sur internet. Bien malin qui voudrait y échapper, ne serait-ce que sur les réseaux sociaux.

J’ai un peu, un tout petit peu mauvaise conscience : il doit se passer des trucs pas très clean que j’ignore. Je n’arrive plus trop à comprendre pourquoi les gens s’échauffent comme ça sur les fils de commentaires. Je n’arrive plus non plus à saisir pourquoi on a le pire président de la République qu’on ait jamais eu ( c’est le cas pour au moins les trois derniers ou je me trompe ?). Je n’ai pas suivi le dernier truc qui nous empoisonne dans ce qu’on mange. Bientôt, d’ailleurs, il vaudrait mieux arrêter tout à fait de manger, ça résoudrait peut-être le problème qu’on a avec nos assiettes ces dernières décennies.

Voilà. Je suis comme en vacances, parce qu’habituellement, il n’y avait qu’en vacances que je me coupais à ce point de l’actualité.

Et finalement, il est où, le problème ? Je ne suis pas journaliste et je ne fais pas de politique, pas besoin de savoir tout ce qu’il se passe dans chaque recoin de la planète. Ce qui concerne mon métier m’arrive sur ma boîte mail au moins en triple exemplaire, ça suffira bien comme ça. Et j’ai cette chance de passer mes journées avec des enfants qui ont des préoccupations d’enfant. Ça peut avoir un avantage, de rester un peu à leur niveau, pour mieux les comprendre et les aimer. Je n’ai pas du tout l’habitude d’alimenter les conversations de comptoir. Et tout le reste, à la télé, me barbe profondément depuis longtemps. Rien qu’en zappant, j’ai parfois la nausée du consumérisme et de l’abîme d’ineptie des jeux et de la plupart des émissions.

Bref, ça fait un mois que je n’ai plus regardé la télé, et je m’en porte comme un charme. Les pieds enracinés au sol et le feuillage résolument tendu vers le ciel. Comme avant qu’elle n’existe.

L’audace des mystiques

25 novembre 2017 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

Je suis en train d’écouter les magnifiques « Chansons de Jean de la Croix » mises en musique et interprétées par le carme Pierre Eliane, un album sorti en 1998 mais dont je ne me lasse décidément pas. J’ai acquis aussi récemment ses interprétations de poèmes de sainte Thérèse de Lisieux et d’Elisabeth de la Trinité. Une mine d’or de foi et d’audace mystique. Il faut écouter et méditer ces textes, vraiment, et se demander pourquoi le langage de l’Eglise de ces dernières décennies est devenu aussi puritain. Sainte Thérèse d’Avila, il y a 500 ans, osait plus de mots d’amour pour son Seigneur que tous les groupes de louange charismatique rassemblés aujourd’hui ! Je trouve que les mots qu’on a de nos jours, dans la louange pour le Christ Jésus, sont mièvres, dénués de poésie et par trop pudibonds. On en fait un Roi surpuissant, mais qui se risquerait encore au terme « d’amant » qu’osaient les mystiques sans en rougir ?

Voici que passe sur mon CD le « Cantique spirituel » de Jean de la Croix qui n’a rien à envier au Cantique des cantiques de la Bible. C’est clairement une histoire d’amour entre une âme – féminine – et son Seigneur et amant. Les mots en sont purs et magnifiques mais enflammés d’un amour qui n’a rien de coincé. Saint Jean de la Croix ne faisait rien d’autre que de retranscrire les confidences intimes de son amie spirituelle Thérèse de Jésus.

Ces chansons magnifiquement interprétées par Pierre Eliane m’ont profondément consolée il y a une vingtaine d’années, quand dans mon amour éperdu pour le Christ, mon entourage ne voyait que du désordre mental. A l’époque ecclésiale pudibonde de Jean-Paul II, il ne fallait aimer que le Christ en croix ou dans les bras de sa mère. Aimer l’homme Jésus, scandale et trouble psychique!

Aujourd’hui, j’assume profondément mon amour sponsal pour le Christ. Comment Il me le rend, cela n’appartient qu’à nous deux. Et plus personne ne mettra la main sur Lui pour le crucifier, ni sur moi pour m’interner.

en solitude elle vivait
elle nichait en solitude
et seul à seule son aimé
la guide en solitude
en solitude lui aussi
par l’amour est meurtri

ah jouissons l’un de l’autre ami
allons nous voir en ta beauté
sur la montagne d’où jaillit
l’eau dans sa pureté…

Extrait du Cantique spirituel interprété par Pierre Eliane

https://www.youtube.com/watch?v=X3CayPjmXco

Le beau et le bien

14 novembre 2017 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

J’aime le beau et le bien. C’est ringard ? Je m’en moque. C’est subjectif ? Peut-être bien, mais pas tant que ça quand même, finalement…

Le beau. J’avais été très impressionnée il y a une dizaine d’années par le film « Les choristes » et sa musique si pure et si limpide. Je m’étais dit que c’était donc possible, au XXIe siècle, de créer encore du vraiment beau musicalement. De l’harmonieux. De l’émouvant à chanter par des voix d’enfants.
Est-ce que ce film est démodé ? Après cette journée, je ne crois pas.
J’ai une chance dans mon métier : je fais chanter des enfants. Et j’ai choisi, dans le répertoire de cette fin d’année, « Caresse sur l’océan ». Un peu ambitieuse, parce que leurs petites voix ne sont pas encore très bien ajustées. Et que je ne suis pas chef de chœur d’une manécanterie.
Mais cet après-midi, moment magique. Sur grand écran, je leur ai passé un clip mêlant scènes du film et concert par les petits interprètes. Il y a eu un grand silence dans la salle de classe. Et on ne regardait pas trop les uns les autres, parce que les larmes n’étaient pas loin de monter. A la fin de la chanson, quelques chuchotements tout au plus, et le désir de la réécouter. J’ai choisi cette fois une vidéo sous-titrée, et quelques-uns se sont risqués à fredonner. A peine. Je les sentais pleins de respect devant cette interprétation si parfaite. L’heure tournait et nous avons repoussé l’apprentissage à un autre jour.
En quittant l’école, certains avaient déjà la mélodie accrochée aux lèvres. Ils m’ont dit : « Tu crois qu’on fera aussi bien qu’eux ? »
Je leur ai répondu qu’on ferait du mieux qu’on pourrait. Mais la joie du beau était palpable, là, dans leur petits visages émus et ma satisfaction de leur avoir proposé une œuvre qui a su les toucher. Loin du vacarme du monde.

Caresse sur l’océan :

https://www.youtube.com/watch?v=prZwrcTEFfs

Ma p’tite revanche

10 novembre 2017 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire


Au collège, j’étais de celles qui arrivaient dernières, écarlates et au bord du malaise au cross d’automne. Les séances d’entraînement étaient un calvaire. Toutes les heures de sport, d’ailleurs, étaient comme une punition hebdomadaire. En plus, ça faisait baisser ma moyenne générale.
Bref, passons sur ces souvenirs pénibles.
Devenue instit, j’ai été bien embêtée parce que je devais enseigner le sport, moi qui ai toujours brillé par ma nullité dans ce domaine. Mais bon, j’ai fait quand même. Incapable de montrer l’exemple, mais encourageant toujours mes élèves à donner le meilleur d’eux-mêmes, tout en restant compatissante pour ceux qui me rappellent la petite fille que j’étais.
Et voilà que je vis et travaille depuis des années dans un village de sportifs, dopés par l’air tonique de la montagne, et les muscles façonnés par toutes ces routes et ces chemins qui n’en finissent pas de monter et de descendre, pour le plaisir des yeux, et apparemment, de leurs mollets. Il faut voir nos enfants monter les côtes ardues à vélo et courir ou marcher des kilomètres avec leurs parents ! Franchement, ils m’impressionnent.
Alors du sport, pour eux, on n’en ferait jamais assez. Et bons en tout avec ça, que ça soit la course d’endurance, la natation ou l’athlétisme aux beaux jours ! La cour de récré est un vaste terrain de handball, de basket et de ballon prisonnier. J’ai dû réviser mes points de vue d’ado, et constater que les performances sportives coïncidaient souvent avec le potentiel scolaire. Corps sain, intelligence saine, le terreau de notre village est décidément fertile. Dans la vallée, on nous hait un peu aux rencontres sportives. Désolée une fois de plus, mais nos petits montagnards ont raflé toutes les premières places à la course d’endurance de secteur aujourd’hui !
Entre leurs chants de victoire, leurs sourires jusqu’aux oreilles et la joie de leurs parents, je m’amuse aussi intérieurement : je la tiens, ma p’tite revanche sur ma vieille phobie du sport…