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Un petit vendredi volé au temps, et je me retrouve dépourvue de toute énergie, m’en désolant mais sachant très bien pourquoi… La fatigue s’accumule.
Déjà, certains seraient prêts, dans notre doux pays de France, à me sauter à la gorge en me répliquant que j’ai un des métiers les plus pauvres en heures du pays.
Alors un petit décompte, ça ne me remontera pas le moral, mais ça permettra peut-être à certains de comprendre ce qu’est notre vraie vie de professeur des écoles.
Par semaine : 25 h devant les élèves + 1h30 de surveillance d’accueil (comptabilisées nulle part…) + 3h de réunions, rendez-vous, conférences pédagogiques ( 108 h / année scolaire obligatoires, mais c’est un puits sans fond, un horaire toujours dépassé et non rémunéré…), personnellement, avec un triple niveau CE1-CE2-CM1, environ 2h de corrections par jour ( x 5 jours) et bien 2 h de préparation de classe par jour aussi (x 5 jours) .
Allez on compte ensemble : j’arrive à 49 h 30 de travail par semaine… ce qui n’est qu’une moyenne, parce que les semaines où il y a deux conférences pédagogiques ou réunions en soirée (cela arrive…) on explose les 50h…
On va encore me dire : les vacances, et bla bla bla. Sauf que j’en passe la moitié à préparer à la maison la rentrée suivante pour que ma « période » soit plus cohérente.
C’est quoi ce plaidoyer ?
Oh rien, un coup de lassitude, un « J’en ai marre » d’être considérée comme une nantie payée à ne presque rien faire de ma semaine.
On pourra me dire aussi que les cadres supérieurs abattent autant voire plus d’heures que cela. Bien. Comparons aussi nos salaires alors… Le nôtre en ferait rigoler plus d’un.

Je précise qu’avec un tel rythme, je n’ai plus de temps pour rien : levée à 6h10, couchée à 21h00, épuisée. Zéro activité privée.

Je suis pleine de compassion pour les jeunes mamans soumises aux mêmes 50h / semaine que moi, et qui ne trouvent de salut que dans le temps partiel…

Ma foi en la Résurrection

5 novembre 2016 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

Icone de la résurrection

Quand j’évolue en « terrain chrétien », là où des baptisés sont supposés avoir la foi, je suis parfois stupéfaite du manque de foi sur les bases mêmes du christianisme : en effet, au sujet des textes liturgiques de demain dimanche ( 2 Maccabées 7, 1-2.9-14, Psaume 16, 2 Thessaloniciens 2, 16 – 3, 5, Luc 20, 27-38 ), je lis sur internet des débats entre baptisés qui dénotent une réelle défiance en la résurrection, même en celle du Christ. Or, qu’est-ce qu’être baptisé dans une confession chrétienne si ce n’est être appelé à témoigner par toute sa vie de sa croyance en la résurrection du Christ Jésus ?
Je ne veux pas dire par là que le doute soit interdit quand on est baptisé, après tout c’est une démarche que nos parents ont peut-être effectuée pour nous sans entretenir ensuite la flamme de la foi par la pratique et la prière. Il y a aussi, bien sûr, la nécessité de construire sa propre foi d’adulte quand la maturité intellectuelle vient. Mais une grâce est semée au baptême. L’ignorer, la négliger, la refouler pendant des années voire des décennies, c’est déjà manquer de volonté pour retrouver un chemin vers Dieu, et se rendre sourd à tous les appels que Lui peut nous lancer.
Je lisais l’autre jour que la Suède était peut-être le pays le plus sécularisé du monde, où l’on croit le moins en Dieu. Du point de vue des chrétiens, la France ne doit pas être très loin derrière…
Mais passons sur les incroyants notoires.
Je suis plus étonnée quand j’entends des pratiquants réguliers ne pas croire en la résurrection !
Alors aujourd’hui, j’ai envie de témoigner ici de ma propre foi en la résurrection.

Je ne la considère pas comme un aboutissement de mon baptême et de ma vie spirituelle, mais comme son point de départ. Marcher dans les pas des Apôtres, dans leur témoignage, notamment celui de Paul, c’est la base de la vie chrétienne. Si nous ne considérons pas que le tombeau de Jésus était vide au matin de Pâques, je ne vois pas comment nous pouvons porter le nom de « chrétien ». Croire au témoignage de Marie de Magdala, de Jean, de Pierre et de vingt siècles d’Eglise, cela ne relève pas du pari mais de la confiance élémentaire dans les témoins du Christ.
Et qu’en est-il de la résurrection des morts ?
Je me dis depuis un moment que les liturgies de funérailles sèment peut-être le trouble dans les esprits.
Pourquoi ? (suite…)

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Contrairement à ce que l’on pourrait penser ici, je vis plutôt entourée de personnes qui sont non-croyantes voire farouchement athées ou alors de ceux que je pourrais appeler des « chrétiens mous » : baptisés, ils ne pratiquent que pour les fêtes de famille ou les enterrements, et d’ailleurs il est toujours assez stupéfiant pour moi de les voir communier  en ces circonstances sans que jamais ils n’accomplissent la démarche du sacrement de la réconciliation… Mais cela est un autre débat.
L’Evangile, ces « chrétiens mous » s’en accommodent tant bien que mal : ils en gardent quelques valeurs clés, celles qui ne sont pas trop exigeantes, mais les paroles percutantes du Christ en matière de pardon, de pauvreté, de fidélité, de prière sont bien souvent mises à l’écart quand elles empêchent un peu trop de vivre insouciants…
Plus nombreux encore sont dans mon entourage les athées ou les indifférents. Je m’entends très bien avec eux, mais ils sentent en moi une part de mystère qui les laisse de marbre ou qu’ils évacuent autant que possible des conversations. C’est assez étrange. Depuis le temps, je m’y suis habituée, mais c’est parfois un peu douloureux que le moteur de ma vie soit considéré par ceux que j’aime et qui m’aiment comme une gentille illusion, une auto-énergie priée de rester confinée dans ma sphère intime, ou pire, un irréductible délire dont il faut bien s’accommoder.

Alors voilà, parfois, j’ai envie quand même de pouvoir parler de ma foi avec des personnes qui y entendent vraiment quelque chose. C’est la raison de mes nombreuses correspondances avec des hommes d’Eglise. C’est aussi la raison pour laquelle j’ai cherché à tout prix ces dernières années à renouer avec une amie perdue de vue dont je savais la foi très vive.

Nous nous sommes retrouvées aujourd’hui, et quel grand bonheur ! Son dernier né, je l’ai tenu nourrisson dans mes bras la dernière fois que nous nous étions vues, et aujourd’hui, je me suis retrouvée face à un beau grand jeune homme de presque 17 ans… (suite…)

Pourquoi je vais à la messe

22 octobre 2016 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 2 commentaires

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Un billet pour expliciter mes raisons d’aller à la messe.
Tout d’abord, je précise que ce n’est pas une lubie passagère : environ quarante ans de pratique régulière, entrecoupés d’une longue période de doute et d’éloignement de l’Eglise qui a renforcé mon profond besoin de célébrer avec d’autres ma foi durement retrouvée. Cela fait presque vingt ans que je suis revenue vers l’Eglise et que ma pratique est sincère et librement consentie.

Ce n’est pas du tout une activité accessoire et « à côté » de ma vie. Non, c’est, avec la prière et le témoignage, le poumon de ma vie spirituelle.
Je ne me fais pas une obligation d’aller à la messe : j’y vais de tout cœur, quel que soit le prêtre, quelle que soit l’assemblée. Bien sûr, j’ai une préférence pour ma communauté de paroisses : quatre villages. Mais où que je sois, en déplacement, en vacances, je me trouve une église et je participe à l’eucharistie.
Pourquoi ?
Parce que je ne peux vivre ma foi toute seule de mon côté. J’ai besoin de l’exprimer avec d’autres qui partagent la même. Il y a de grands moments de communion dans la foi à la messe : dire le Credo – celui de l’Eglise depuis tant de siècles, le nôtre, le mien. S’avouer pécheur et en demander pardon, humblement, à haute voix, tous ensemble. Prier. On prie beaucoup au cours d’une messe, et pas seulement le Notre Père ! On prie collectivement avec des mots qui nous concernent tous, et individuellement, dans le secret du cœur après l’homélie, pendant la consécration, après la communion… On prie à chaque fois un psaume différent, et les psaumes ne sont-ils pas la prière même de Jésus ? Ces psaumes qui nous relient au peuple juif, et à tous les priants des monastères et des congrégations au long des jours…
Je vais à la messe parce qu’on y lit les Saintes Ecritures, parcourant tous les livres de la Bible au long des trois années liturgiques. Ecouter et méditer cette parole encore et encore, ce n’est jamais du temps perdu. On peut toujours y trouver du nouveau, un écho avec les petits et les grands événements du monde et de sa vie propre. L’Ecriture, dans l’église, est mise en valeur, respectée, acclamée. Nous lui devons bien cela ! Que serait notre foi sans le témoignage de ceux qui se sont laissés saisir par l’Esprit pour raconter et mettre par écrit la Parole de Dieu ? (suite…)

Onze femmes et un prêtre

20 octobre 2016 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 6 commentaires

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En entrant dans le chœur, il a jeté un petit coup d’œil sur l’assemblée et a eu cette furtive remarque désabusée : « Mais où sont les hommes ? »
A vrai dire, je crois qu’il n’y en a jamais, ou presque, dans cette paroisse-là en semaine. Sauf que ce soir, ça sautait aux yeux parce que nous étions un rien plus nombreuses que d’habitude. Des retraitées et trois ou quatre actives, heureuses de se dégager un temps précieux pour l’eucharistie.
C’était finalement une bonne question, même s’il s’est ensuite excusé de l’avoir posée.
Où sont les hommes ?
De la part de cette assemblée, à vrai dire, difficile de les mener là. Il y a des veuves, et d’autres, dont les maris sont « trop occupés » ou encore, désormais, occupés avec des femmes plus jeunes…
Mais de veufs, ou de célibataires, ou de mariés, ou d’actifs, point.
Pourtant, je l’ai bien compris dans ses petites phrases désabusées, notre curé se tourmente pour ceux-là, qui ont besoin du salut aussi, et « peut-être plus que les femmes »… Amen.

Une autre pensée m’a traversée : si nous étions juives, dans certaines synagogues orthodoxes, tous ces rassemblements de prière n’auraient tout simplement pas lieu. Il nous faudrait un Minyan de dix hommes… et il n’y en a qu’un seul : le prêtre ! Vous imaginez un peu ? « Rentrez chez vous, mesdames, il n’y aura pas d’eucharistie ce soir »… ni aucun autre soir d’ailleurs. Dix hommes à une messe de semaine, cela n’arrive jamais dans notre vallée.

J’ai beau apprécier grandement la culture et la tradition juive, il y a des petits moments comme celui-là où je me réjouis vraiment d’être catholique…