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Il a beau être fatigant ce métier, parfois c’est vraiment trop drôle…
Je n’ai que quatre élèves de CE1 cette année mais ils valent leur pesant d’or.
M. (garçon) : « Je pourra présenter à la classe ma plume-de-cigogne-que-mon-papa-a-trouvée-à-22-m-de-hauteur-dans-une-gouttière ? »
Belle plume, en effet !
H. sue sur son problème. Qui a eu cette idée folle d’appeler « problèmes » ces casse-têtes mathématiques qui les font tant souffrir ?  Et la rengaine de la maîtresse : « Il faut écrire un calcul et une phrase de réponse ! »
Il m’appelle au bout de… longtemps : « Mon problème est réglé maintenant !  »
Quant à ma petite M., elle suscite en moi un fol espoir à propos de « Combien possède-t-il de billes  ? » M. : « Maîtresse, je peux écrire désormais ? Mais je ne sais pas l’écrire !  » Ravie, je trace « désormais » sur son ardoise. On n’aura jamais répondu à ce problème jusqu’ici, en CE1, « Léo a désormais 11 billes. »
Mais quand je corrige sa fiche, je lis : « Voici mon calcul désormais : 5 + 6 = 11 »

Je les adore ! 🙂

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Quand revient le mois d’octobre, j’ai toujours une légère gêne, comme une entrave dans ma prière: on va me vanter encore et encore les mérites du rosaire. Or, même si je respecte absolument celles et ceux qui le prient avec ferveur, ce n’est pas du tout une prière qui me convient, ni dans la forme, ni dans le fond.
Dans la forme : je n’ai jamais supporté de prier des mots que je ne médite pas un à un. Je m’explique. Quand je dis un « Notre Père », j’en pèse lentement chaque mot. Aucun n’est vain ni dit sans foi. Deux ou trois Notre Père me suffisent pour entrer vraiment dans la communion de cœur avec Lui. Et je suis alors prête pour un moment d’oraison – ce qui m’est d’ailleurs aussi tout à fait possible sans dire au préalable aucune prière « récitée ». Le plus souvent, dans ma prière, je m’adresse au Christ Jésus, et je n’ai alors besoin d’aucune formule « officielle » : c’est mon cœur et mon âme qui parlent au cœur ardent du Seigneur, ou qui l’écoutent. La communion se fait tout naturellement. J’ai toujours trouvé tout à fait étrange que des catholiques professent que seule Marie peut nous conduire à son Fils : ce n’est pas ce que je vis profondément. Je vais au Christ de cœur de femme à cœur de Fils de Dieu incarné dans la chair, comme une sœur parlerait à son frère ou une fiancée à son Bien-Aimé, et Marie n’a pas place dans cet échange.
Ce qui ne veut aucunement dire que je ne la prie pas, elle. Mais alors je la prie vraiment. Je m’adresse à elle et je la supplie d’intercéder dans mes demandes au Fils, au Père, au Ciel tout entier. Et quand je prie Marie, j’aime la conversation avec elle et le chapelet me devient un accessoire pesant. Il me pèse, m’ennuie, me lasse. J’assume de le dire aussi simplement. Ce rabâchage ne convient pas du tout à mon âme. D’ailleurs je ne dis de chapelet pratiquement qu’en pénitence après une confession, quand on me l’ordonne ! J’obéis. Mais ce n’est certes pas ainsi que je prie le mieux. (suite…)

Le ciel et les Cieux

21 septembre 2016 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

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Les cieux proclament la gloire de Dieu,
le firmament raconte l’ouvrage de ses mains.
Le jour au jour en livre le récit
et la nuit à la nuit en donne connaissance.

Psaume 18 (19) 2-3

J’ai toujours aimé le ciel, son bleu et ses orangés d’aube ou de crépuscule, la voûte étoilée des nuits d’été. Petite, je rêvais de comètes et de météorites et je croyais aux extra-terrestres. Je n’avais pas un bagage suffisant en mathématiques pour comprendre l’astrophysique, mais l’astronomie et la conquête spatiale me fascinaient. C’était la grande époque des missions Apollo et les pas des hommes sur la Lune étaient incomparables en émotions quand la télé noir et blanc nous en renvoyait les images. C’est vrai, on ne regardait plus jamais la Lune de la même façon après en avoir découvert la poussière grise à perte de vue sur nos écrans.
De toujours, j’ai cru, aussi, au Ciel. Et c’est curieux, mais je faisais parfaitement la part des choses entre l’espace immense et mystérieux et le Dieu « au ciel » mais tout proche. Il y avait, et il y a toujours, pour moi, l’univers scientifiquement explorable bien qu’infini et les Cieux de la foi, impossibles à localiser mais dans une dimension incontestable de réalité.
Je sais que certains interrogent l’univers une vie durant pour y trouver trace de Dieu, et que d’autres le nient au prétexte qu’Il n’a aucune place dans l’immensité cosmique. Certes, les hommes ont franchi les limites de l’atmosphère terrestre, ont compris la petitesse de notre Terre et n’ont trouvé Dieu nulle part dans l’espace. Cela ne me pose personnellement aucun problème métaphysique, je ressens, je crois, je sais que Dieu Est. J’ai bien aimé, à l’âge adulte, en apprendre un peu sur le mystère des trous noirs. Finalement, s’il fallait attribuer au Divin un lieu, ce serait peut-être, dans les limites actuelles de nos pauvres connaissances, celui-là.

Une dame âgée m’a demandé encore, récemment, où était Dieu, où étaient nos morts, puisque aucune mission spatiale jamais n’a pu les apercevoir. Une question que je trouve incongrue, tout autant que de me dire que ma maman décédée il y a six ans ne soit pas dans l’éternité bienheureuse, elle dont je ressens en permanence les douces ondes d’amour protecteur. Je n’ai jamais douté du Ciel pour elle. Pourquoi faudrait-il en plus que je la localise « spatialement » ? Elle est indéniablement ailleurs, hors de portée, mais vraiment toute proche. Comme les saints que j’aime le plus. Dans la même dimension bienheureuse et rayonnante que le Père et le Fils.

Il y a le cosmos et il y a le Ciel, et les deux peuvent exister distinctement ou indistinctement, peu m’importe, la question ne m’empêchera jamais de dormir, bien au contraire, les Cieux de la résurrection bercent tout autant mes rêves qu’une nuit douce traversée d’étoiles filantes…

L’éclipse de soleil

15 septembre 2016 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

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Bizarre que j’y repense aujourd’hui. Ou plutôt non, puisqu’une élève aurait voulu en parler, mais que là, ce n’était pas le sujet du jour, le globe et le pied de lampe servaient aujourd’hui à comprendre ce qu’étaient une année, une saison, un mois, un jour… J’aime bien faire tourner le globe autour d’une lumière incandescente et leur parler années bissextiles ou non.

Bref, l’éclipse de soleil n’était pas le sujet de la leçon de structuration du temps d’aujourd’hui. Mais elle sera celui de ce billet.
Vous vous en souvenez, vous ? 11 août 1999. Moi, comme si c’était hier.

Je connaissais la date depuis des années. Normal, on fréquentait à l’époque un club d’astronomie.
Quelques semaines avant, j’apprends que nous ne serions pas dans la zone de totalité chez nous, et là, déjà, grosse déception. J’en rêvais tant, de ce moment magique et unique dans une vie humaine ! Pas grave. On pourrait aller la voir chez mes parents.

Là, il y eut un gros coup de canif dans la confiance conjugale. Depuis des années, vraiment, on connaissait la date. 11 août 1999. Et quelques jours avant, il me dit qu’il reprendrait le travail la veille. Comme un fait exprès. Alors qu’on avait tellement attendu de vivre ce moment-là, ensemble. On n’irait donc pas, avec nos enfants petits, à 300 km chez mes parents. Et adieu l’éclipse totale. (suite…)

Mon apostolat laïque

10 septembre 2016 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 1 commentaire

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Mon petit blog, tu t’ennuies, je le sais. C’est que la rentrée scolaire est passée par là et que je suis submergée de mille tâches en ce mois de ma reprise du travail à temps plein, avec une fois de plus un triple niveau. C’est dense, intense, mais aussi plaisant. Des élèves gentils, beaucoup de décloisonnements qui font varier les tâches et les enfants concernés, plus de temps de surveillance à cause des nouvelles normes attentat-intrusion (eh oui, appliquer les consignes ministérielles même jusqu’au fond de notre vallée rurale…). Bref, une rentrée sur les chapeaux de roues, et ma plongée en apnée dans la labeur jusqu’à la prochaine petite pause de vacances que seuls ceux de l’extérieur considèrent comme indues…
Avec tout ça, je sais qu’une fois de plus, si ma paroisse me sollicite pour un service pastoral, je devrai décliner. A l’heure des réunions du soir, je suis déjà couchée car il faut se lever tous les jours à 6h15 !
Longtemps, j’ai eu des scrupules à ne pas faire la démarche de m’engager davantage en paroisse. Cela pouvait passer aux yeux de beaucoup pour de la mauvaise volonté, voire de la mollesse.
Et puis il y a un ou deux ans, j’ai eu cette inspiration dans ma prière : ces enfants qui me sont confiés pour de nombreuses heures dans leur semaine et la mienne, ce n’est pas seulement l’occasion de leur enseigner bien des choses, mais aussi, pour moi, une manière de pratiquer le « sacrement du frère ». Oui, chacun de ces petits qui me sont confiés est mon prochain, et je dois faire de mon mieux pour leur rendre leur temps scolaire agréable et fécond. Encourager, me donner plus quand les difficultés sont là, faire progresser, féliciter. Chanter, réfléchir et rire aussi. Rêver avec de belles histoires, grandir avec des récits qui structurent.
Et pourquoi cela ne serait-il pas mon propre apostolat ? C’est bien celui des religieuses enseignantes, et encore celles-ci ne sont-elles pas en outre mamans solo…
Je me suis déculpabilisée de mon peu d’implication dans les équipes pastorales en prenant conscience qu’il pouvait aussi y avoir une manière « chrétienne » d’être à son métier. Attention, je suis de l’école publique et laïque, et j’y reste très circonspecte sur ma foi et mes engagements ! Mais qui m’empêchera de voir en chacun de ces enfants que je côtoie au quotidien un petit frère, une petite sœur dans le Seigneur ?
Il y a, ainsi, des apostolats silencieux. Tout est question de regard. Et d’amour du prochain.