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Repose en paix…

14 juillet 2016 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 4 commentaires

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Certaines histoires commencent sur un forum et se terminent par un mail. On n’a jamais vu l’autre, on n’a entendu sa voix qu’au téléphone, on n’a même pas échangé un regard, une bise ou une poignée de mains, et pourtant, on en sait plus sur lui, sur elle, que beaucoup qui l’ont croisé(e) au quotidien. Ne pas dénigrer les relations « virtuelles ». Elles peuvent prendre une place dans la vie bien plus importante qu’on ne pourrait, de l’extérieur, l’imaginer.

Je viens d’apprendre, par un mail, son décès, et j’en suis bouleversée.
Que dire, sans trahir les secrets d’une amitié, que dire malgré tout pour lui rendre un dernier hommage ?

Il m’avait touchée, âgé déjà, dans son veuvage tout récent, qu’il vivait cependant dans une très grande foi. Des affinités spirituelles, oui, nous en avions. J’ai rarement rencontré un homme avec une foi aussi vive et aussi franchement assumée publiquement. Il y avait là, largement, de quoi échanger. Lui, très attaché au dogme et au catéchisme, moi plus libre dans l’Eglise, n’ayant pas son long passé, grandie dans l’esprit de Vatican II, qui avait été pour lui une révélation à un âge déjà mûr. Ce qui me semblait acquis était parfois pour lui encore un combat à mener, surtout devant la recrudescence des traditionalistes. C’était un passionné, il allait très loin dans ses prises de position, se mettant finalement des gens à dos alors qu’il recherchait avant tout leur amitié.

Notre histoire de complicité fut fulgurante et douloureuse. Parfois, quand l’affectif se mêle trop au spirituel, il faut savoir rompre le lien. Il le faut. N’en trouverait-on pas la force en soi, on peut s’appuyer sur un accompagnateur spirituel. Et surtout, ne plus faire marche arrière. C’est, je crois, ce qu’il n’a jamais compris, et j’ai mal à l’idée de penser qu’il est parti avec la nostalgie de cette impossible réconciliation.

Il reste la prière. L’intercession pour son repos éternel. Le confier aux bras de Marie, qu’il aimait tant prier.

Une voix du net s’est éteinte. Va vers ta joie éternelle, ami, et ne souffre plus. Tout ce que tu as donné avec tant de générosité te sera rendu, à n’en pas douter, au centuple…

Les laisser s’envoler

30 juin 2016 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 2 commentaires

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Ma petite féline était entrée dans la maison avec un oisillon terrorisé piaillant dans sa gueule. Vite, extraire ce petit de ses crocs. Par chance, elle ne l’avait pas blessé. Il est resté un moment dans ma main, tout chaud et tout tremblant, ne prenant pas son envol. Je l’ai caressé, encouragé à fuir, mais il restait là, presque confiant. Alors je l’ai posé sur une branche du cerisier, et il a fini par battre des ailes et retrouver sa liberté.

Et aujourd’hui je repense à cette anecdote, à l’heure où mes oisillons sont sur le point de déployer leurs ailes pour quitter vraiment la maison.

Pour l’aîné, c’est fait depuis plusieurs années. On a coutume de dire qu’un jeune a vraiment quitté la maison familiale quand il acquiert son premier lave-linge. Et j’ai pu le vérifier ! Ne lavant plus et ne repassant plus ses tee-shirts, j’ai désormais avec lui une relation d’adulte à adulte indépendant. Ses visites sont une joie, ses confidences un honneur, ses succès musicaux une grande fierté.

Mes filles reviennent encore avec des valises pleines de linge. Elles ont un ailleurs, mais passent aussi de longs moments de détente ou de révisions à la maison. Le nid les accueille encore en solo pour des vacances plus ou moins longues.

Cette année, une étape se franchit. La dernière ligne droite pour la grande, elle sera interne en médecine à l’automne et redémarrera ailleurs, dans une vraie vie d’adulte. Goûter ces derniers mois où elle séjournera encore un peu à la maison, par intermittence.

Quant à mon oisillonne virevoltante, les résultats du bac vont arriver et nous sommes plongées toutes deux dans la recherche d’un appartement d’étudiante, loin d’ici. Elle va danser sa vie et sans doute, plus tard, sa carrière aux quatre coins du monde, comme elle en rêve depuis si longtemps.

Voilà. J’ai tenu au creux de mes mains et blottis contre mon cœur trois oiseaux précieux, dont je suis si fière, mais c’est pour moi le moment de les laisser prendre leur envol au vent de la vie, dans leurs labeurs et leurs passions, pour une existence que je leur souhaite riche et généreuse sur tous les plans…

Tourbillon de juin

27 juin 2016 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

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Parfois, la vie stationne comme un train abandonné.
D’autres fois, la vie tourbillonne comme un pétale au vent d’été, comme une roue folle que rien ne peut plus arrêter.
Me mettre en mode pause un moment.
Prendre le temps de regarder, même vite, des photos de ces heures si remplies, goûter une soirée d’accalmie, refaire le tri dans les musiques, les couleurs, les mouvements et les sourires accumulés, espérer les jours où le stress sera un souvenir classé, apprécier les moments forts et bons de l’agenda surchargé.
Juin est toujours ce mois où mon cerveau bouillonne, où tout est à faire, à parfaire, à finir, ce mois aussi où mes enfants m’offrent les plus belles heures de ma fierté de maman, ce mois des galas, des points finaux à une année d’efforts, ce mois de leurs examens où leur angoisse monte à ma gorge, ce mois qu’il faut traverser, vaille que vaille, pour que les premiers rayons de juillet nous offrent la récompense du repos si mérité, de la jubilation souvent quand tombent les résultats de leurs écrits, de leurs oraux, quand on peut se dire qu’au moins, toute cette fatigue de juin aura été productive…

C’est le mois le plus intense de mon année, sans doute celui où j’ai à la fois le plus de travail et les plus beaux divertissements.

Le mois de l’ouragan de leur jeunesse mêlé aux premières fatigues de mon âge, le mois que je redoute toujours et que j’achève presque à chaque fois dans la joie reconnaissante.

Couleurs, musiques, mouvement, tout tourbillonne encore en moi, dans un cerveau saturé d’obligations à la fois pesantes et revigorantes. Ça virevolte autour de moi comme les prémices des feux d’artifice de l’été.

Mon trois minutes

18 juin 2016 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

Trois minutes

On était une vingtaine, en formation à l’Ecole Normale d’Instituteurs. Je sais, ça fait un bail…
Le défi du jour, proposé par un formateur, c’était un « trois minutes » : il fallait préparer quelques jours à l’avance un sujet de notre choix, et en parler pendant trois minutes devant nos camarades de promotion. Ça m’avait laissée un peu perplexe, un peu anxieuse aussi parce que je n’ai jamais eu la parole orale facile devant un public d’adultes.
Je me souviens d’un trois minutes sur la pêche à la ligne : ennuyeux comme l’attente du poisson. D’un autre, émouvant, en forme de confession d’un jeune papa sur ses angoisses pendant la grossesse de sa femme.
Je suis arrivée avec mon sujet bizarre : la vérité.
Trois minutes sur la vérité. J’avais pioché surtout dans mon cours de philo de terminale.
Vérité absolue, vérité relative… Je ne sais plus trop ce que j’ai raconté.
Pourtant, très souvent, depuis, je repense à mon choix. La philo avait bel et bien à la fois ouvert et embrouillé mon esprit à cet âge-là. Ce qui est sûr, c’est que je n’ai jamais su mentir.

La vérité.
Sans doute la quête de toute ma vie, comme Edith Stein que j’aime : « Qui cherche la vérité cherche Dieu, qu’il en soit conscient ou non. »

La Vérité. Un jour, bien plus tard, une phrase imprimée en un instant en moi, comme une évidence: « Je suis la Vérité ».

Le Christ que j’avais toujours aimé, toujours cherché, toujours écouté. « Je suis la Vérité ».

Plus jamais, je n’ai douté de Lui. Plus jamais. Comme une réponse à mon trois minutes de jeune adulte, il s’invitait à nouveau dans mon âme, pour ne plus la délaisser. Pour me rendre à la fois l’amour de Lui, et l’amour de la vérité.

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Je pourrais les éviter. Oui, certes. Mais ils se trouvent toujours en travers de mon chemin. Je pourrais les ignorer. Oui, certes, mais quand je les vois faire des adeptes par milliers, je suis révoltée que leurs fausses doctrines et leurs fausses « révélations » se répandent comme des traînées de poudre. Je pourrais abandonner en confiance leur sort au discernement de l’Eglise. Oui, certes, mais depuis presque vingt ans que la question me préoccupe, je constate la lenteur voire la mollesse de l’Eglise à leur égard. Comment expliquer que ceux-là aient toujours une cour de catholiques pour les écouter, les flatter et les suivre ? Comment expliquer que des consacrés, parfois éminents, leur emboîtent le pas et fassent la promotion de leurs écrits, de leurs « messages », de leurs conférences, de leurs vidéos jetées sur le net en pâture à des âmes pas toujours solides dans leur connaissance de Dieu et des Ecritures ?

J’en suis fatiguée et consternée. C’est un sujet qui ne peut me laisser indifférente, car je sais comme la quête de Dieu peut être longue et difficile, et comme on peut se faire piéger par ces faux docteurs et faux prophètes toujours persuasifs, en quête de sainteté d’apparence, champions du jeûne, de l’observance, de la prière emphatique et simulant la soumission à l’Eglise jusqu’à l’orgueil de se croire infaillibles en professant qu’elle l’est.

Par bonheur, par chance, par grâce, j’ai toujours été préservée de leur influence. Là où d’autres se laissent gagner à leur sujet par le questionnement spirituel et la tentation de les croire, je les « flaire » de loin, je n’ai aucun besoin de lire leurs œuvres fleuve en entier pour les débusquer : quelques passages clé me suffisent en général pour saisir l’incompatibilité de leurs assertions avec l’Esprit du Christ. (suite…)