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A la laverie

25 août 2016 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

Inespérés, ces quelques jours de grand soleil. Alors, entre deux préparations de rentrée, j’en ai profité pour laver à grande eau tout ce qui met du temps à sécher : la literie, les manteaux d’hiver… L’occasion de découvrir une laverie dans la petite ville voisine : il me fallait bien un lave-linge 18 kg pour faire entrer certaines couettes volumineuses.
Quand c’est occasionnel, la laverie, c’est plutôt amusant. Il y a là des femmes qui attendent patiemment que leur machine ait fini de ronronner en faisant des mots fléchés ou en lisant une revue. Il y a des messieurs impatients qui disparaissent le temps que le lavage se fasse. D’autres, perdus, qui sollicitent les conseils de ces dames. Et puis il y a une ravissante petite fille qui accompagne son papa et qui contemple avec des yeux pleins d’envie la peluche géante de ma fille qui se fait ballotter dans le tambour du sèche-linge.
Le petit clic qui annonce la fin du séchage. Son papa s’est absenté un moment, elle est sagement assise et ses jambes balancent au-dessus du sol. Je sors du sèche-linge l’ours énorme encore chaud et qui sent bon. « Tu vois, il est presque aussi grand que toi ! » Oui, quelques centimètres de différence, à peine. Elle se rassoit  et je le lui pose sur les genoux. Elle disparaît derrière, ravie, et sa joue se love en un gros câlin dans son cou duveteux. Elle a bien du mal à le retenir avec ses petits bras, il est lourd et très encombrant. Ma fille vient de sortir un moment, alors c’est à moi que la fillette demande : « Et il ne tombe jamais du lit ? »
Je ris de la voir si mignonne, avec cette improbable présence d’un ours en peluche géant dans la laverie où elle a accompagné son papa de corvée. Ça restera pour elle un joli souvenir, j’en suis sûre.
Voilà, mes couettes sont lavées. Je charge mes paniers, et ma grande fille mi-riante, mi-gênée, récupère son grand doudou – il n’y a pas d’âge. Au revoir jolie petite fille, et bonne chance pour ton CP !

L’Evangile au féminin

19 août 2016 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 1 commentaire

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J’aime l’Evangile. Infiniment. Mais parfois, je voudrais le réécrire au féminin. Pour voir ce que cela donnerait. Pour mesurer l’effet que cela produirait sur les âmes et sur les cœurs.
Prenons l’exemple de ces versets :
“Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.” Mathieu 25, 40
“Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.” Matthieu 25, 45
Essayons :
“Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’une de ces plus petites de mes sœurs, c’est à moi que vous l’avez fait.”
“Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’une de ces plus petites, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.”

Cela sonne différemment, n’est-ce pas ? Sans doute parce que dans la plupart des langues, le féminin n’englobe pas le masculin. Mais je me dis que si depuis 2000 ans, on avait prêché sur l’Evangile dit au féminin, la situation des femmes, des filles dans le monde ne serait pas ce qu’elle est encore aujourd’hui. Et en particulier peut-être au cœur de l’Eglise.

Chaque fois que vous avez asservi la plus petite de mes sœurs, c’est à moi que vous l’avez fait.
Chaque fois que vous n’avez pas écouté une femme, c’est moi que vous n’avez pas écouté.
Chaque fois que vous n’avez pas pris au sérieux une femme sincère, c’est moi que vous n’avez pas pris au sérieux.
Chaque fois que vous n’avez pas protégé une fillette ou une femme en danger – même sous son propre toit – c’est moi que vous n’avez pas protégé.
Chaque fois que vous avez culpabilisé une femme innocente ou meurtrie, c’est moi que vous avez culpabilisé.
Chaque fois que vous avez jugé une femme selon vos propres critères, c’est moi que vous avez jugé.
Chaque fois que vous avez voulu soumettre une femme à la volonté des hommes, c’est moi que vous avez voulu soumettre.

Je ne revendique rien d’autre qu’une prise de conscience…

Quiproquo priant

16 août 2016 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

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Un curé en vacances, un remplaçant qui nous informe à la messe dominicale qu’il n’y aura pas de célébration en semaine, un message du sacristain sur mon répondeur qui me dit que si, il y en a une ce soir…
Réjouie, je rejoins ma communauté paroissiale et nous sommes une petite dizaine, dans l’église apprêtée, à attendre un prêtre… qui ne vient pas. Echanges interrogatifs… Apparemment il y a eu un problème de communication quelque part. Le sacristain est penaud, qu’importe, on va prier !
Un cantique à Marie, une dizaine de chapelet, le Magnificat, voilà nos cœurs unis quand même dans la prière et heureux de prolonger un peu la fête de l’Assomption. Dommage pour l’Eucharistie manquée, mais ça tombait bien, ce petit rassemblement du noyau des fidèles, je portais en moi une intention forte depuis ce matin et j’ai pu ainsi la traduire en prière communautaire !

Sur la pointe des pieds

11 août 2016 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

Sol

Je suis entrée, presque sur la pointe des pieds, comme en avance, comme par curiosité. Une bonne odeur de propre, le sol vitrifié, un drap jeté sur nos ordinateurs, un vœu de plus de dix années exaucé : des panneaux d’affichage en liège au lieu des lattes de bois dur, et puis le silence, le grand silence d’une école toute vide, sans élèves et sans adultes. Seulement moi, comme une présence incongrue à trois semaines de la rentrée.
J’ai foulé précautionneusement le sol brillant et je me suis sentie bien, là, dans cet autre chez moi où je passe tant et tant d’heures de labeur et aussi de joies.
Les tables étaient alignées exactement comme sur le plan que j’avais dessiné au tableau en juillet. En trois groupes pour trois cours, vingt et une tables seulement, il y a plus d’espace et il y aura moins de stress cette année. Et moins de corrections. J’esquisse un sourire, le recommencement s’annonce, j’ai rechargé les batteries épuisées de juillet et l’envie est là qui revient.
Fureter dans mes rangements un peu sommaires d’une fin d’année scolaire éreintante, faire le tri, patiemment, des documents réutilisables, m’installer au bureau tout propre et pas encore encombré de paperasses urgentes et de classeurs lourds de préparations. Rester là presque deux heures, dans le silence, à trier, et puis avoir la chance de me dire que c’est bon pour aujourd’hui, mais que voilà, je reviendrai, il y a encore à faire, et ce sont des heures que j’aime assez, quand je peux me taire ici dans la ouate des bruits lointains de la rue, et que j’avance à mon petit rythme dans des tâches pas trop désagréables.
Je referme précautionneusement la porte et le portail, et je regagne ma voiture, présence anachronique sur ce parking. Quelques vélos passent… Visages un peu gênés qui font semblant de ne pas me voir. Pas de crainte les enfants, vous êtes encore en vacances ! Je ne faisais que passer…

Chronophage

9 août 2016 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 2 commentaires

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Les courses faites, cet après-midi, j’ai pris ma bonne volonté à deux mains et je me suis décidée à commencer à préparer la rentrée scolaire. Première tâche : me pencher sérieusement sur ces nouveaux programmes de l’école élémentaire pour 2016, dont on nous a rebattu les oreilles toute l’année en conférence pédagogique. J’avais déjà compris que l’idée de base était belle et généreuse, mais que l’application de ces programmes était quasi impossible dans les configurations fréquentes des classes françaises : surchargées, ou multi-niveaux… Faire beaucoup d’oral, encourager l’enfant à verbaliser toutes ses procédures intellectuelles, travailler en interdisciplinarité, en lecture, attention : il est indispensable de travailler sur l’implicite et d’apprendre à effectuer des inférences !
Rien que ce jargon me fatigue déjà… A chaque nouvelle fournée de programmes, l’enseignant a ce sentiment diffus et pénible que tout ce qu’il a fait jusque là ne valait rien. Je me souviens, il y a plus de 30 ans, d’avoir été formée pendant trois ans sur des instructions officielles qui furent périmées à ma première rentrée d’institutrice. Je découvrais déjà une des joies du métier…

Donc, cet après-midi, j’ai parcouru des pages et des pages du « socle commun de connaissances » et des « documents d’accompagnement » sur internet – rien ne nous a été fourni, nous devons tout rechercher et imprimer nous-mêmes… – et quand j’ai commencé à regarder l’heure parce que mon cerveau fatiguait, il était 18h30… et ZUT !!! Je venais de louper ma petite messe du soir alors que je m’étais réjouie ce matin à l’idée d’y fêter sainte Thérèse Bénédicte de la Croix, chère à mon cœur…
Et voilà, le métier l’aura de nouveau emporté sur la pratique de ma foi, et ce n’est qu’un avant-goût de ce qui m’attend dans trois semaines.
Pardon Edith Stein de m’être laissé dévorer par la Pédagogie, alors que j’avais tellement envie d’aller te prier, toi qui fus aussi enseignante. J’espère que tu me comprendras !