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Se reposer ?

27 janvier 2017 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

Finalement, se reposer, c’est quoi ?
Faire la grasse matinée ? Des années que je n’y arrive plus. Et tant mieux. Les journées ne sont pas perdues, on voit plus longtemps la lumière du jour.
Ne pas travailler ? Oui oui, c’est sûr, mais même à ce point, les livrets scolaires m’ont pris des heures. Bon voilà, je les ai finis.
Ne rien faire ? Pas non plus mon programme des prochaines journées. Ça prend la tête au bout d’un moment.
Il faudrait pouvoir arrêter le train des pensées.
Mettre une cloison entre la tête et le reste. Pas facile quand le téléphone sonne, et que c’est encore la collègue, quand la boîte mail rappelle en gras toutes les obligations qui sont juste reportées…

Chausser les bottes de neige. Se redire qu’elle est si belle, cette forêt ! Ne pas oublier l’appareil photo, au cas où… C’était si bien de l’avoir le jour où elle est passée, cette harde de cerfs !
Lire ce livre exigeant mais passionnant. Entendre la Genèse avec des oreilles neuves.
Réécouter une vieille compilation de chansons et se souvenir des circonstances dans lesquelles on l’avait enregistrée. Prier pour son destinataire.
Faire un effort de trois heures, et puis goûter le frais et le propre dans la maison.
S’enrouler dans le plaid, et oublier le temps, avec les ronronnements du chat.
Et prier.
Oui, prier.
Appeler, dire, écouter. Remercier pour la pause, pour les jeunes qui vont un peu mieux.
Prier.
Se recentrer sur l’oraison.
N’est-elle pas là, la plus grande blessure ? Etre aspirée par le tourbillon des jours et ne plus avoir de temps pour le cœur de sa vocation.
Prier.
Le retrouver.
Lui, mon seul repos.

Galopade dans mon escalier

23 janvier 2017 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

Une galopade dans mon escalier, un coup de sonnette, et deux grands sourires, dont un sans incisives. Mes pitchounettes ont pensé à moi ! Une carte, des dessins, une petit paquet en papier blanc : « Tiens, il y a un cadeau !  » Je déballe un petit gâteau en forme de cœur. Doux réconfort. « Le maître est gentil !  » Ouf.
Prendre du recul, sans les oublier pour autant.

L’unité par la vérité

22 janvier 2017 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

Nous sommes au milieu de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Un temps qui me tient à cœur.
Je le répète, je ne suis ni théologienne, ni dotée d’une quelconque fonction pour travailler à ce thème. Disons plutôt que ce thème « me travaille », et depuis longtemps. Il est souvent, pas seulement cette semaine, au cœur de ma prière. Et ce que j’ai à en dire ne vient pas d’une élaboration intellectuelle personnelle, mais de ce que je reçois, depuis longtemps, dans l’oraison, que j’accompagne d’une grande attention à ce qui se dit ici ou là sur ce thème. Au niveau du chrétien de base, et pas des doctes qui rédigent des déclarations communes. Celles-ci permettent des avancées théologiques, mais je ne pense pas que l’unité se fera par les sommets de la pyramide, mais plutôt par la base des églises. Prenons l’exemple tout simple du couple catholique – protestant : ces conjoints-là vivent l’œcuménisme bien mieux que n’importe quel théoricien de la question, non sans une certaine souffrance d’ailleurs.

Il y a un mot qui fâche et que l’on évite dans les discussions œcuméniques : c’est le mot Vérité. Et pourtant, je pense que c’est là le nœud des divisions. Les catholiques ont tendance à ériger la leur en absolu. Les protestants finissent par la relativiser à l’extrême : je suis tout de même choquée quand je lis sur des plateformes de discussion protestantes libérales que Jésus n’est pas forcément le Fils de Dieu, conçu de l’Esprit Saint dans le sein vierge de Marie. Or, cela est tout de même la base de notre foi : Jésus né sans l’intervention d’aucun homme pécheur, de la volonté et la puissance de Dieu son Père, ainsi sans péché depuis ses origines, ce qui le rend légitime à prendre sur lui tout le péché du monde à la Croix. Ne pas croire en la divinité de Jésus par son Père et en son humanité par sa mère, c’est prendre le risque de tronquer tout le mystère de la rédemption. (suite…)

En mode pause

20 janvier 2017 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 4 commentaires

Le crissement des bottes dans la neige gelée.
Le froid piquant qui ne traverse pas les vêtements bien adaptés. La fraîcheur sur le visage, simplement.
La respiration de la forêt hivernale, encore ensevelie sous une chape blanche.
Le soleil, étincelant dans le matin glacial.
J’ai mis mon cerveau au repos, dans cette nature apaisante, j’ai scruté les pas des hommes et des animaux sauvages sur le chemin, j’ai jaugé comme il y avait longtemps que je n’avais plus pris ce genre de tout petit moment pour moi. Dévorée par le travail, dévorée par le souci de la vie. Au bord de l’anéantissement personnel.

En quelques phrases, hier soir, elle m’a comprise. Oreille bienveillante, voix bienfaisante, décision salvatrice.

Mon cerveau, mon organisme, mes pensées en mode pause.

Le soleil se glisse entre ces troncs qui me sont si chers. Non, je ne craquerai pas. Je vais seulement prendre le temps de me retrouver moi-même. Vraiment.

Ma consécration

15 janvier 2017 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 6 commentaires

Comment en parler avec pudeur et retenue, mais aussi avec la nécessité brûlante du témoignage?

Deux étapes : Pâques 2011 et la fête de Notre-Dame du Mont Carmel le 16 juillet 2011.

Quand mon mari – mariage civil – m’a quittée en 2004, je n’avais que 40 ans et trois enfants à charge. Et j’étais convalescente. Il m’en a fallu, de la force et du courage pour reprendre aussitôt le travail de peur de me faire retirer même mes enfants ! Car c’était son projet initial, bien que contradictoire avec ses désirs de vivre une nouvelle jeunesse, sans moi, potentiellement avec une autre…

J’ai lutté contre ma fragilité, j’ai lutté pour mes enfants, nous n’avons mis en place des résidences alternées que bien plus tard, quand les grands sont entrés au lycée.

Quand vous vous retrouvez solo à 40 ans, tout le monde y va de son petit couplet : « Tu referas ta vie !  » expression que je déteste d’ailleurs entre toutes.
Puis il y a eu un très grand amour et une très grande désillusion. Je commençais à comprendre qu’un homme, même gentil, même épris de moi et moi de lui, me déstabilisait profondément. Je suis revenue à ma solitude et de là, à ma sérénité, mais je n’avais pas encore compris à ce moment-là que la vie de couple ne serait plus jamais pour moi.
Il a fallu une autre relation de quelques mois plutôt moche, inintéressante, envahissante et irrespectueuse de ma personne pour que je me décide à rompre un soir de mars 2010. Je lui parlais de mon grand souci pour ma mère malade, il me répondait des banalités visant plus à se débarrasser de la question qu’à me rassurer. Il y avait une petite distance géographique entre nous. Ce fut donc un mail de rupture, avec en retour une réponse assez basse.
Le lendemain matin, j’avais un message sur mon répondeur téléphonique.
Ma mère était décédée dans la nuit.
Horreur d’un instant qui marque pour toujours. (suite…)