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Les bons choix de vie

14 décembre 2020 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

Alors bien sûr, je sais, on n’a pas toujours le choix : il y a les contraintes du travail et du budget. J’en suis pleinement consciente, et pleine de compassion pour les familles qui vivent entassées dans des appartements de cités pas drôles du tout. J’ai parfois des scrupules à évoquer l’environnement dans lequel je vis à cause de ces familles qui n’ont même pas un lieu agréable pour pouvoir prendre l’air à proximité de chez elles. Les différences de conditions de vie ont été encore plus criantes à travers les deux confinements que nous avons vécus cette année. Ils ont été invivables dans les quartiers de la précarité, je ne m’en voile pas la face. C’est pourquoi aussi je reprécise ici que je ne suis pas née avec une cuillère en argent dans la bouche. Mes parents ont travaillé dur pour élever quatre enfants, partis de rien, avec un SMIC d’ouvrier et du labeur agricole en toutes saisons. Et à dix-huit ans, chacune de nous a dû gagner sa vie, soit en travaillant déjà, soit en choisissant des études rémunérées. L’Ecole Normale d’Instituteurs avait encore dans les années 70 et 80 cette fonction d’ascenseur social qu’elle a malheureusement perdue en se muant en IUFM ou ESPE bac + 3 et ensuite bac + 5. Bref, on ne va pas refaire l’histoire de l’Education Nationale, qui m’a au moins permis d’accéder, à la faveur d’un concours assez difficile, à la classe moyenne. Le parcours de mon mari était plus improbable encore : fils de mineur de fond immigré, il n’a pas compté ses efforts et ses sacrifices pour devenir médecin. Métier qu’il n’a dû qu’à sa brillante intelligence et à le perspicacité de son humble mère qui a accepté qu’il entre à dix ans en internat pour pouvoir étudier en collège et lycée, publics bien sûr. De ces parcours âpres et atypiques, nous avions toujours gardé, au sein de notre couple et de notre famille, modestie et sens du devoir. Et n’avons jamais fréquenté des milieux aisés dans lesquels nous ne nous sentions pas à notre place. Nos enfants ont aussi été élevés dans cet esprit, plus choyés que nous enfants mais néanmoins conscients de la valeur des choses et de l’effort personnel. (suite…)

La pédagogie de Dieu, c’est d’être parcimonieux à révéler d’emblée ce qu’on aura à souffrir pour son Nom et surtout pour cet autre nom de son Fils qu’est la Vérité.
« Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. » (Jean 14, 6)

En 1999, dans un retour vibrant à Dieu, encore troublée par tous les contre-témoignages accablants dont j’avais été témoin ou même victime pendant tant d’années, j’avais une soif éperdue de vérité et je ne désirais qu’une chose : savoir enfin de manière indubitable si Jésus était la vraie voie et le Fils de Dieu, ce Dieu que j’avais tant aimé en sa Personne jusqu’à mes dix-huit ans. Ce Dieu qui m’avait été enseigné par le meilleur des curés que l’on puisse trouver sur son chemin, et ce pendant toute mon enfance et mon adolescence. Ce Dieu qui s’était évanoui de ma certitude au contact de la philosophie et quand le garçon que j’aimais avait décidé d’entrer dans les ordres.

J’avais déjà reçu, depuis mes trente-trois ans, des signes très forts du grand désir du Seigneur de me voir revenir en confiance vers Lui. J’étais dans la joie d’une « recommençante », animée de la volonté de ne pas laisser mes enfants grandir sans repères religieux et sans sacrements. J’avais, à la veille de la Toussaint, pris la décision d’aller me confesser, geste que je n’avais plus posé depuis très longtemps, et d’autant plus que dans la paroisse de mon enfance se pratiquait l’absolution collective. C’était d’ailleurs, très exactement dix-huit ans auparavant, que j’avais brutalement perdu la foi au cours de la célébration pénitentielle de la Toussaint. Aller me confesser seule à seul devant un prêtre représentait donc pour moi une démarche très forte à ce moment-là, où la foi me revenait à grands flots revigorants. (suite…)

La fête du Christ-Roi est une de mes fêtes liturgiques préférées, et cependant elle m’occasionne des tristesses : cette année en particulier où, pour cause de confinement, nous nous devons de la passer loin de notre paroisse et sans recevoir l’eucharistie, et aussi parce que je la trouve toujours mal comprise au cœur même de l’Eglise. Cette année liturgique A qui se termine étant en outre à mon goût celle qui nous donne, sur les trois années, les plus belles lectures en ce jour : Ézékiel (34, 11-12.15-17), Psaume 22 (23), 1 Corinthiens (15, 20-26.28) et Matthieu (25, 31-46).
Quelle richesse dans tous ces textes et la beauté du Psaume 22 !

Si je suis souvent contrariée en cette fête du Christ Roi, c’est que j’ai beaucoup de mal à adhérer aux homélies données à cette occasion, en particulier quand elles sont censées s’appuyer sur l’évangile de Matthieu 25, 31-46, comme aujourd’hui. Et la messe catholique étant ce qu’elle est, j’en suis réduite, comme femme et laïque, à écouter passivement les mots du célébrant sans être autorisée à donner mon avis. C’est donc ici, sur cet espace d’expression personnelle et libre qu’est mon blog, que je vais le faire. (suite…)

Ecclésialement subversive

16 novembre 2020 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

Finalement, j’ai une chance : en confiant à un prêtre mon désir de me consacrer au Seigneur il y a presque dix ans maintenant, je l’ai mis devant le fait accompli, et il a béni mon vœu sans m’obliger à m’astreindre à la discipline du long « discernement en Eglise ». J’arrivais déjà très déterminée, appelée au plus profond de moi-même par le Christ Jésus à ce détachement définitif des créatures. Je ne l’ai jamais, jamais regretté, et tout confidentiel pour l’Eglise que soit mon vœu renouvelé chaque année auprès d’un prêtre différent, je m’y tiens sans difficulté.

Ma très grande chance, c’est ma liberté dans le Seigneur. En effet, je ne me suis inféodée à aucun Ordre, et je n’ai jamais promis de « servir l’Eglise » comme le font par exemple les « Vierges consacrées » – appellation que je trouve d’ailleurs réductrice voire insultante pour les femmes. Pour moi, me consacrer au Seigneur, c’était et c’est toujours véritablement le prendre Lui pour unique Epoux. Cela ne signifie aucunement que je devrais devenir une main d’œuvre docile pour une paroisse ou un diocèse. Toute ma vie de foi m’a suffisamment démontré quel contraste il y a entre Dieu et l’Eglise, fût-elle celle de mon baptême. Si j’ai traversé une longue nuit d’agnosticisme de 18 à 33 ans, ce n’était aucunement par désintérêt pour le Seigneur Jésus, mais bien plutôt en raison d’insurmontables contre-témoignages chrétiens tout autour de moi et du discours ecclésial des années Jean-Paul II. Jamais je n’ai pu adhérer à ce moralisme et à ces vues familiales étriquées, et je n’y adhère toujours pas a posteriori.

Il était donc hors de question pour moi de vouer ma vie des années plus tard à une institution qui montrait tant de prises de distance avec l’Evangile. Le Dieu Trinité est toute ma vie. L’Eglise catholique romaine, dans son fonctionnement qui démontre tant de failles, non. Si je lui étais liée par des vœux dans un Ordre, j’aurais le sentiment de cautionner tacitement ses mille et uns scandales. Qu’ils soient sexuels, de pouvoir ou financiers, tous me révulsent. J’entends ne pas me taire quand la voix des victimes est étouffée et que les rouages de la hiérarchie et de la curie démontrent… leur incurie. (suite…)

« L’amour n’est pas aimé », disent de nombreux chrétiens à la suite de saint François d’Assise à qui cette parole est attribuée. On identifie ainsi le Christ ou notre Dieu Trinité à l’amour, et force est de constater que dans le siècle où nous vivons, ce n’est pas une majorité qui vit de la Parole de Dieu personnifiée en son Fils et de la référence à Dieu pour trouver en Lui le sens de notre vie. « L’amour n’est pas aimé », autrement dit le Dieu d’amour, de miséricorde et de justice ne tient pas la première place dans le cœur de beaucoup de nos contemporains.

Je voudrais prolonger ce constat par un autre postulat : « La vérité n’est pas aimée. »

Jésus s’est lui-même présenté comme « le Chemin, la Vérité et la Vie ». (Jean 14, 6) Les chrétiens authentiques tentent de vivre de cette parole. Choisir de suivre le Christ-chemin pour accéder au Père, vivre de la parole de Jésus pour entrer dans la promesse de la vie éternelle. Défi de toute une vie ! Ce n’est pas toujours simple de tenter de se conformer aux commandements de l’Evangile, source de vérité. Ils sont à la fois un fardeau léger et une exigence radicale de cohérence dans l’amour, le don du pardon et la charité.

Concernant la vérité, le Christ Jésus a eu aussi cette parole très importante :

J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter.
Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Lui me glorifiera, car il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.
Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.
Jean 16, 12-15

Jésus préparait ainsi ses disciples à la venue du Saint Esprit sur eux, ce qui se produisit effectivement cinquante jours après sa résurrection, événement dont nous faisons mémoire à chaque fête de la Pentecôte (Actes des Apôtres 2, 1-13).
Mais n’allons pas croire que l’Esprit a déjà tout révélé des mystères divins ce jour-là, et que désormais nous n’avons plus rien à en attendre. Jésus savait bien que ses disciples, et même après sa résurrection, ne seraient pas capables de tout porter de la vérité de Dieu. Ils ont reçu l’essentiel pour témoigner du Christ ressuscité et s’acheminer vers la rédaction des Evangiles, vers la proclamation de la bonne nouvelle du salut aux païens par l’apôtre Paul converti au Christ après une forte expérience mystique. Tout cela était absolument nécessaire pour asseoir solidement la foi des chrétiens et les bases de l’Eglise. Nous vivons encore de ces grâces aujourd’hui. L’Esprit a produit des merveilles dans les premiers temps de l’Eglise, avec force persécutions pour les premiers témoins qui recevront le nom de chrétiens.

Et de nos jours ? L’Esprit est-il toujours à l’œuvre ? (suite…)