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Le verset 25 de Matthieu 1

23 décembre 2019 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Or, voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint.
Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret.
Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : «Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ;
elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète :
Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous »
Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse,
Matthieu 1, 18-24

Voici l’extrait d’évangile qui a été donné à notre méditation pour le quatrième dimanche de l’Avent hier.
Nous avons tous entendu en Eglise catholique de belles homélies sur l’humilité et l’obéissance à Dieu de Joseph, et cela est justice. Sans lui, que serait devenue Marie enceinte de l’Enfant Jésus ? Livrée à la vindicte populaire, paria car fille-mère, elle aurait été exposée à une vie des plus difficiles, ce que Dieu n’a pas voulu pour elle en lui donnant un époux attentif à sa parole, dans l’abnégation de son honneur d’homme d’abord blessé par cette grossesse ne venant pas de lui. Joseph a tenu compte de ce que son songe divin lui a inspiré et a pris chez lui son épouse Marie.

Curieusement, ou plutôt de façon fort prévisible, l’Eglise catholique découpant comme elle l’entend les versets bibliques pour l’usage liturgique a omis le verset 25 qui conclut ce chapitre 1 de l’évangile de Matthieu :

 mais il ne s’unit pas à elle, jusqu’à ce qu’elle enfante un fils, auquel il donna le nom de Jésus.

Et là, j’avoue que je suis scandalisée.
L’Eglise de mon baptême nous prend-elle donc pour des enfants immatures se nourrissant exclusivement du lait de sa doctrine ? Pourquoi omet-elle sciemment le verset 25 ?

C’est qu’il est fort gênant pour ce que les catholiques confessent depuis presque vingt siècles : Marie vierge perpétuelle, avant, pendant et après la naissance de Jésus. Une doctrine contre laquelle je me bats en solitude avec l’énergie du désespoir dans l’Eglise catholique à laquelle je désire cependant profondément demeurer fidèle.
Omettre le verset 25 est à mon avis l’aveu même par l’Eglise de l’indigence de cette doctrine.

mais il ne s’unit pas à elle, jusqu’à ce qu’elle enfante un fils, auquel il donna le nom de Jésus.

Le verset est on ne peut plus clair. Joseph va respecter Marie en sa virginité, malgré le fait qu’ils habitent désormais ensemble, tout au long de cette grossesse et jusqu’à la naissance du propre Fils de Dieu. Je crois profondément en cet enseignement des Ecritures, tout comme au chapitre 1 de l’évangile de Luc qui nous rapporte la conception virginale de Jésus. C’est une base incontestable de ma foi. Oui, Jésus est Fils de Dieu, il n’a sur terre aucun géniteur masculin, ce qui fait de lui le seul homme de toute l’histoire de l’humanité à être absolument sans péché. Personnellement, je ne remettrai jamais en cause le fait que Jésus soit vraiment Fils de Dieu par une conception divine unique et à jamais mystérieuse.

Pour autant, je ne trouve pas nécessaire que Marie sa mère soit demeurée vierge pendant et après sa naissance, cette doctrine catholique puritaine n’a aucun intérêt à mes yeux et n’est même pas conforme aux Ecritures. Je connais tous les arguments catholiques qui visent à prouver que les frères de Jésus ne sont pas les frères de Jésus, aucun ne peut m’atteindre. Joseph a « connu », au sens fort biblique, son épouse Marie après la naissance de Jésus, et de leur amour conjugal tout à fait sain et normal sont nés de nombreux enfants.

Or, l’Eglise catholique, prise dans le carcan de sa doctrine frappée soit-disant du sceau de l’infaillibilité, nous repaît de contorsions théologiques pour nous marteler le contraire. Et coincée dans son incohérence, elle choisit finalement pour ses fidèles l’ignorance biblique en omettant dans la liturgie ce fameux verset 25. C’est proprement pitoyable. Comment voulez-vous que les catholiques, dont beaucoup, surtout parmi les plus âgés, ne lisent jamais la Bible « dans le texte » mais uniquement dans leur « Prions en Eglise » ou autre missel accèdent à la vérité de la vie conjugale de Marie et Joseph ?

Depuis une vingtaine d’années que je me rebiffe contre – entre autres – la doctrine de la virginité perpétuelle de Marie, je scandalise nombre de mes coreligionnaires. Or quant à moi, ce qui me scandalise, c’est que l’Eglise catholique trafique à sa guise les Ecritures pour nous maintenir dans l’erreur plutôt que de s’avouer et de nous avouer qu’elle n’a jamais choisi sur ce point, à travers les différents conciles de son histoire, la voie de la vérité.

Image : Le retour d’Egypte   Giovanni Francesco Romanelli XVIIe, Musée des Arts catalans, Barcelone

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