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La génération de Jonas, celle de Jésus et la nôtre

4 mars 2020 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

En ce temps-là, comme les foules s’amassaient, Jésus se mit à dire : « Cette génération est une génération mauvaise : elle cherche un signe, mais en fait de signe il ne lui sera donné que le signe de Jonas.
Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ; il en sera de même avec le Fils de l’homme pour cette génération.
Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera en même temps que les hommes de cette génération, et elle les condamnera. En effet, elle est venue des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici bien plus que Salomon.
Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront en même temps que cette génération, et ils la condamneront ; en effet, ils se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas, et il y a ici bien plus que Jonas. »

Luc 11, 29-32
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Depuis très longtemps, cet extrait d’évangile m’interpelle au plus haut point. Car nous sommes une génération qui ressemble trait pour trait à celle de Jésus au temps de son incarnation. Les chrétiens authentiquement croyants sont minoritaires et pour nombre de nos contemporains, il faudrait reprendre l’évangélisation à ses tout débuts. L’ignorance en matière de foi est colossale et beaucoup de non-croyants se contentent de dire que Dieu ne donnant aucune preuve de son existence – le fameux « signe » attendu déjà par la génération de Jésus – on peut bien douter de Lui et s’en passer. Et de vivre au jour le jour en glanant les plaisirs du monde autant que possible et en reléguant au fin fond de sa conscience ses préoccupations au sujet de la mort et de son au-delà. Il est d’ailleurs très caractéristique d’observer les élans de panique en ces temps d’épidémie.

Je voudrais simplement souligner que cette génération-ci a beaucoup moins d’excuses que celle de Jésus quant à son incroyance et son inculture religieuse. Dans presque toutes les contrées du monde, les enfants ont la chance d’aller à l’école et d’apprendre à lire. Et les textes fondateurs sont disponibles à tous dans les pays où ils ne sont pas censurés, en version papier ou en quelques clics sur le net. La Parole de Dieu est là, à notre portée. Cette génération a-t-elle de l’appétit pour elle ? Pourquoi réclame-t-elle encore des « preuves » alors que 2000 ans de témoignage chrétien et plus encore de témoignage de la Première Alliance sont disponibles on ne peut plus facilement ?

On m’objectera, et avec raison, que les contre-témoignages surabondent aussi en ces temps où nous sommes plongés. Mais il faut une petite dose de mauvaise foi pour leur accorder plus d’importance qu’à toute une histoire, depuis Abraham, de relation d’un peuple avec son Dieu. J’expérimente d’ailleurs moi-même depuis que je tente d’évangéliser sur le net qu’il est beaucoup plus facile de me tourner en dérision et de me soupçonner des pires mystifications que de m’accorder confiance et crédit. C’est tellement plus confortable d’éluder un témoignage authentique et de poursuivre sa petite route personnelle souvent dépourvue de quête de vérité !

Alors comme Jésus, même si c’est très impopulaire, je voudrais mettre notre génération en garde : nous ne sommes plus aux temps de l’incarnation du Verbe de Dieu, il est venu il y a 2000 ans, nous a donné sa Parole et ses commandements, et nul n’est plus censé les ignorer complètement. Oui, vingt siècles ont passé, et c’est désormais le temps du jugement qui est tout proche. Quand on attend passionnément le retour du Christ en Gloire, c’est un événement des plus heureux. Quand on refuse obstinément de prendre en considération la Sagesse de Dieu, peut-être y a-t-il lieu de le redouter bien davantage qu’un coronavirus. Celui-là, on peut y échapper. Le Jour du Seigneur, lui, sera pour tous, sans exception.

Image : Le retable du Jugement dernier  (détail)     Rogier Van der Weyden,   XVe , Hospices de Beaune

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