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« Quel malheur pour les bergers d’Israël qui sont bergers pour eux-mêmes ! N’est-ce pas pour les brebis qu’ils sont bergers ? » Ezéchiel 34, 2

19 août 2020 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

La parole du Seigneur me fut adressée :
« Fils d’homme, prophétise contre les bergers d’Israël, prophétise. Tu leur diras : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Quel malheur pour les bergers d’Israël qui sont bergers pour eux-mêmes ! N’est-ce pas pour les brebis qu’ils sont bergers ?
Vous, au contraire, vous buvez leur lait, vous vous êtes habillés avec leur laine, vous égorgez les brebis grasses, vous n’êtes pas bergers pour le troupeau.
Vous n’avez pas rendu des forces à la brebis chétive, soigné celle qui était malade, pansé celle qui était blessée. Vous n’avez pas ramené la brebis égarée, cherché celle qui était perdue. Mais vous les avez gouvernées avec violence et dureté.
Elles se sont dispersées, faute de berger, pour devenir la proie de toutes les bêtes sauvages.
Mon troupeau s’égare sur toutes les montagnes et toutes les collines élevées ; mes brebis sont dispersées dans tout le pays, personne ne les cherche, personne ne part à leur recherche.
C’est pourquoi, bergers, écoutez la parole du Seigneur :
Par ma vie – oracle du Seigneur Dieu –, puisque mon troupeau est mis au pillage et devient la proie des bêtes sauvages, faute de berger, parce que mes bergers ne s’occupent pas de mon troupeau, parce qu’ils sont bergers pour eux-mêmes au lieu de l’être pour mon troupeau,
eh bien, bergers, écoutez la parole du Seigneur :
Ainsi parle le Seigneur Dieu : Me voici contre les bergers. Je m’occuperai de mon troupeau à leur place, je les empêcherai de le faire paître, et ainsi ils ne seront plus mes bergers ; j’arracherai mes brebis de leur bouche et elles ne seront plus leur proie.
Car ainsi parle le Seigneur Dieu : Voici que moi-même, je m’occuperai de mes brebis, et je veillerai sur elles.

Ézéchiel 34, 1-11
Textes liturgiques©AELF

Je me souviens bien de la première fois où j’ai lu cet extrait d’Ezéchiel, à l’époque, il y a une vingtaine d’années, à laquelle je dévorais la Bible comme un trésor que l’on m’avait trop longtemps caché – je reprécise, comme je l’ai déjà dit ailleurs, qu’il y avait trois prêtres dans ma famille toute proche mais qu’aucun des trois, jamais, n’avait eu l’idée de nous offrir une Bible à nous leurs nièces ! Pas de Bible dans la maison de mes parents pourtant catholiques si fidèles…

On ne va pas refaire l’histoire, il est notoire que longtemps, les prêtres catholiques ont jugé leurs fidèles inaptes à recevoir en direct la parole de Dieu. Et d’ailleurs, quand ceux de mon entourage ont su il y a vingt ans que je me délectais de tous les livres de la Bible, ils ont poussé de hauts cris : « Il ne faut pas lire la Bible seul, il faut la lire en Eglise ! »

Il faut, il faut, il faut… Comment ne pas voir un parallèle criant avec l’extrait liturgique d’Ezéchiel aujourd’hui ?
« Mais vous les avez gouvernées avec violence et dureté. »

Comme, toujours il y a vingt ans,  j’osai naïvement établir un parallèle entre cette prophétie d’Ezéchiel et ce qu’on pouvait dire de l’Eglise catholique contemporaine et passée, le curé de ma paroisse se vexa profondément et je le payai cher par la suite : aucun geste d’empathie quand je me retrouvai, en partie sous son impulsion, à l’hôpital, pas de désir manifeste de retrouver la fidèle pratiquante que j’avais été quand je désertai pour de longs mois ma paroisse…
« Vous n’avez pas rendu des forces à la brebis chétive, soigné celle qui était malade, pansé celle qui était blessée. Vous n’avez pas ramené la brebis égarée, cherché celle qui était perdue. »

Les prêtres qui me lisent aujourd’hui pourront bien argumenter que j’exagère d’extrapoler sur mon cas personnel et d’avoir tendance à les mettre « tous dans le même sac », il n’empêche qu’en face d’eux, la situation des baptisés d’aujourd’hui n’est pas sans rapport avec celle des brebis d’Israël ici décrites :
« Mon troupeau s’égare sur toutes les montagnes et toutes les collines élevées ; mes brebis sont dispersées dans tout le pays, personne ne les cherche, personne ne part à leur recherche. »

Songeons aux divorcés-remariés qu’un discours sans empathie et désincarné éloigne inexorablement de l’Eglise, songeons à tous ces enfants qui ont eu part aux premiers sacrements et disparaissent des assemblées dominicales du jour au lendemain et parfois définitivement, songeons à tous ces jeunes qui ne voient l’Eglise que comme une institution rétrograde et moralisatrice à l’heure où le mariage pompeux et coûteux devient le dernier de leurs projets…

Alors le Pape François aura beau prêcher que le pasteur catholique n’est pas là pour peigner amoureusement les dernières de ses brebis, la base ne semble pas avoir envie de le suivre et d’aucuns préfèreraient le voir se taire pour toujours que de parler encore de l’Eglise comme d’un hôpital de campagne.

Il nous reste la confiance éperdue en la Parole de Dieu :
« Voici que moi-même, je m’occuperai de mes brebis, et je veillerai sur elles. »

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