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Homélie du 2ème dimanche de l’Avent par Charles-André Sohier, prêtre ermite

9 décembre 2012 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Baruch 5, 1-9
Psaume 125
Philippiens 1, 4-6.8-11
Luc 3, 1-6

Chaque jour les médias, sur les ondes sonores ou télévisées, enveloppent notre planète d’un manteau de tristesse : accidents, morts, corruptions, chômage, violences. Et chacun de nous, personnellement, possède aussi sa robe de soucis, d’échecs et de péchés. C’est vraiment le temps, alors, de laisser résonner en nos coeurs la parole d’espérance du prophète Baruch : «Quitte ta robe de tristesse, revêts la parure de la gloire de Dieu »! L’Avent est le moment d’oublier les larmes et de s’en venir dans l’allégresse. De prier, comme saint Paul, dans la joie.

Mais quelle est la source de cette joie ? Quelle est la raison de cette fête ? C’est que Dieu est à l’oeuvre, toujours. Il ramenait les captifs de leur exil. Il adressait sa Parole dans le désert à Jean Baptiste. Aujourd’hui, Il est là, au travail. Il vient nous sauver, il vient nous réjouir.

Le monde ne peut pas se terminer dans l’échec, ni l’homme finir dans une impasse. Luc a construit sa page d’évangile aujourd’hui pour montrer que l’initiative de l’histoire n’appartient pas aux « princes » qui nous gouvernent : Tibère, Ponce Pilate, Philippe, Lysanias, Anne, Caïphe… Non! Ce ne sont pas eux qui ont marqué l’histoire, c’est Jean Baptiste, le marginal, l’homme du désert sur qui est tombée la Parole de Dieu. Quel contraste ! Il y a les « puissants » qui ne laisseront aucune trace dans l’avenir de l’humanité. Et il y a ce « petit » qui se laisse saisir par un dynamisme caché qui va soulever le monde.

Mais Dieu me demande de participer à ce monde nouveau qu’il est en train de créer : « Préparez le chemin ». Jadis, en Orient, pour recevoir un illustre personnage, on ouvrait pour lui une belle route. Or Dieu ne cesse de venir vers nous. Il nous faut donc, pour le recevoir dignement, niveler nos sentiers intérieurs pour en dégager les rocailles.

Cela veut dire en clair : « Changez vos coeurs ». Comment ? D’abord en osant espérer, en refusant le découragement. Vous dites parfois que vous n’y pouvez rien à toutes ces robes de tristesse qui enveloppent notre humanité. Eh bien ne rêvez pas : si vous ne pouvez pas changer le monde, vous pouvez changer vos coeurs. Il y des montagnes d’égoïsme, des collines de paresse, des ravins d’injustice, des passages tortueux de mensonges… en vous. Préparez donc la route du courage par laquelle Dieu vient à vous.

Quand Luc décrit l’irruption de Dieu « sur » Jean Baptiste, il date avec précision ces événements : « L’an quinze du règne de Tibère… » Comme si on disait : « L’an dix-neuf du règne d’Albert II, Obama étant président des USA, sous le pontificat de Benoît XVI.. » . la Parole de Dieu tomba sur un pauvre homme complètement inconnu qui vivait au désert. Et c’est de lui, l’homme de la Parole et de la prière, qu’est sorti le tournant du troisième millénaire. Une des raisons de nos découragements, c’est que nous comptons toujours sur les « grands de ce monde », et que nous ne savons pas discerner les germes cachés du monde nouveau, tous les Baptistes d’aujourd’hui, qui invitent les hommes et les femmes à changer la vie.

Source : http://www.kerit.be/homelie.php

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1 commentaire

  • André BONDU says:

    J’ ai lu plusieurs fois cette homélie. Je l’ aime bien. Elle est tonique ..

    Quel grand bonhomme que ce Jean Baptiste !
    « le marginal, l’homme du désert sur qui est tombée la Parole de Dieu »..
    C’ est vers lui et vers « tous les Baptistes d’aujourd’hui, qui invitent les hommes et les femmes à changer la vie », que nous devons nous tourner.

    Et, ensuite, ne rêvons pas :

     » ….si vous ne pouvez pas changer le monde, vous pouvez changer vos coeurs. Il y des montagnes d’égoïsme, des collines de paresse, des ravins d’injustice, des passages tortueux de mensonges… en vous. Préparez donc la route du courage par laquelle Dieu vient à vous « .

    Et lui et eux, nous conduiront au Christ, au Fils de Dieu fait homme, venu sur terre à un moment très précis du temps, à une époque nullement indéterminée …tout comme nous, nous sommes dans le temps, aujourd’hui exactement, dans un temps qui a ses caractéristiques propres qui sont celles de notre temps..

    Et c’ est là que, moi,je dois faire ce que me demande le Seigneur.. dans notre forum…

    Ce n’ est pas un joujou.
    *C’ est à manier avec le sens de mes responsabilités..
    pour « discerner les germes cachés du monde nouveau »
    et oeuvrer à son avênement ..,



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