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« Quand on s’est repris grâce à la leçon, plus tard, on trouve la paix et l’on devient juste. » Hébreux 12, 11

6 février 2013 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Frères,

vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang dans votre lutte contre le péché, et vous avez oublié cette parole de réconfort, qui vous est adressée comme à des fils : Mon fils, ne néglige pas les leçons du Seigneur, ne te décourage pas quand il te fait des reproches. Quand le Seigneur aime quelqu’un, il lui donne de bonnes leçons ; il corrige tous ceux qu’il reconnaît comme ses fils.

Ce que vous endurez est une leçon. Dieu se comporte envers vous comme envers des fils ; et quel est le fils auquel son père ne donne pas des leçons ? Quand on vient de recevoir une leçon, on ne se sent pas joyeux, mais plutôt triste. Par contre, quand on s’est repris grâce à la leçon, plus tard, on trouve la paix et l’on devient juste.
C’est pourquoi il est écrit : Redonnez de la vigueur aux mains défaillantes et aux genoux qui fléchissent, et : Nivelez la piste pour y marcher. Ainsi, celui qui boite ne se tordra pas le pied ; bien plus, il sera guéri.
Recherchez activement la paix avec tout le monde, et la sainteté sans laquelle personne ne verra le Seigneur. Soyez sur vos gardes : que personne ne se dérobe à la grâce de Dieu, qu’il ne pousse chez vous aucune plante aux fruits amers, cela causerait du trouble, et le poison atteindrait tout le monde.

Lettre aux Hébreux 12, 4-7.11-15

Cet extrait de la Lettre aux Hébreux me touche profondément. Il me semble que l’on peut très bien le comprendre dans l’actualité de notre foi.
Il existe malheureusement des régions du monde où les chrétiens sont persécutés jusqu’au sang. Les journaux télévisés ne nous le montrent que trop. On emprisonne aussi des chrétiens au nom de leur foi, et ici encore je voudrais redire à quel point je porte par exemple la malheureuse Asia Bibi dans ma prière quotidienne. Puisse-t-elle être enfin rendue à son mari et à ses enfants un jour prochain !

Pour nous en occident, ce n’est pas une persécution par le sang que nous subissons, c’est plus subtil et non moins pervers. On cherche à nous convaincre à tout prix que la foi chrétienne est vaine, que la Vérité n’existe pas et n’est que relative, que nous causons plus de souffrances que nous n’en endurons.

Mon propos ici n’est pas de nier le mal que font aux autres, et à travers les autres, à Dieu lui-même, ceux qui se sont enfermés dans le légalisme et l’intolérance au nom de leur religion. Ceux qui justifient les pires des attitudes xénophobes, égoïstes et moralisatrices par une foi soit-disant plus pure et plus militante. Jamais je n’ai pu me sentir le moindre point commun avec les intégristes de la religion catholique. Je souffre comme une disgrâce tout le mal qu’ils font à l’image de l’Eglise et au-delà, au message du Christ lui-même.

Ce que j’ai enduré n’est pas une souffrance du corps mais une souffrance profonde de l’âme. Enfant, j’avais une foi spontanée, confiante, pleine d’amour pour le Seigneur, qui devait faire, quand j’y pense, la joie de notre excellent curé de paroisse. Son large et franc sourire, son attitude toujours juste en toutes circonstances, étaient pour moi le visage même du Père. Et savez-vous quel nom extraordinaire portait ce prêtre ? Traduits littéralement en français, son prénom et son nom signifiaient :
« Dieu fait grâce, hais le diable ».

Je me dis aujourd’hui que c’est là toute ma vie, même si nos contemporains se rient de la croyance au Malin. Qui s’approche vraiment du Christ sait bien que la plus grande ruse du Mauvais, c’est de faire croire qu’il n’existe pas. L’occident est tellement plongé dans cette certitude qu’il gît presque tout entier sous son pouvoir dans la plus parfaite insouciance.

Il m’a fallu de très longues années pour comprendre où était la main de Dieu dans tout ce que j’ai eu à souffrir dans ma vie. Quand j’étais plongée dans la dépression qui a dévasté mon âme, je ne trouvais de réconfort que dans le Livre de Job. Et je méditais ce passage :
« Soit ! dit Yahvé au Satan, tout ce qu’il possède est en ton pouvoir. Évite seulement de porter la main sur lui.  » Et le Satan sortit de devant Yahvé. (Job 1, 12)

Etait-il donc possible que Dieu ait permis que je perde brutalement la foi à 18 ans, que je ne la retrouve dans l’épreuve que 15 ans plus tard, que les hommes de ma vie m’aient si mal aimée et tellement malmenée, que je sois confrontée dans ma propre famille à un terrible contre-témoignage chrétien permanent ? Etait-il donc permis que Dieu ne m’ait pas secourue quand mon psychisme s’est emballé, quand tout mon entourage s’est mis à me considérer comme folle, quand je me suis retrouvée internée au milieu de gens que je n’aurais jamais pensé côtoyer un jour, enfermée, niée, moquée par un infirmier tout-puissant, la seringue à la main ? Etait-il donc possible que Dieu soit du côté des hommes d’Eglise qui m’ont fermé leur porte quand je cherchais désespérément à témoigner des combats de mon âme, me laissant seule dans cette lutte éreintante contre le Malin qui cherchait à s’insinuer dans ce qu’il y avait de plus pur en moi ?

Aujourd’hui, dans la sérénité de ma foi, dans le combat gagné contre ma maladie, dans la sagesse venue avec l’âge, je peux répondre oui à toutes ces questions sans aucune amertume. J’ai eu dans mon enfance surabondance de grâces dans la foi inébranlable qui m’était donnée, dans l’amour absolu pour la personne du Christ et l’attachement profondément constitutif de ma personnalité à ses paroles dans l’Evangile.

Il y avait bien là de quoi susciter la jalousie du Mauvais, et en perdant la puissante protection du curé de mon enfance, je fus livrée à toutes les doctrines et habitudes de vie apostates de notre pays.

Je suis souvent frappée par le récit des conversions subites. Les convertis témoignent d’une prise de conscience violente d’un océan de péchés qu’ils ont commis. Moi aussi, retrouvant la foi, j’ai compris tous les mauvais choix que j’avais pu poser dans ma vie et les ai regrettés amèrement. Mais je prenais conscience de quelque chose de plus subtil et de bien plus difficile à faire comprendre et admettre par l’Eglise : j’avais été harcelée la moitié de ma vie par des personnes faisant tout – et souvent en toute bonne conscience et très aimablement – pour m’empêcher de revenir un jour à la foi chrétienne. J’avais été sans cesse stigmatisée comme celle qui déplaisait à Dieu, qui était infidèle à l’Eglise, qui était responsable de tous les dysfonctionnements de sa vie, en particulier dans sa relation avec les hommes. Que de complicités dans toutes mes épreuves de la part de mon entourage avec ceux-là même qui me faisaient le plus souffrir !

Il faut un certain courage pour oser comprendre cela un jour. Il faut pouvoir rompre avec l’image que les autres avaient de nous-même. Il faut pouvoir affirmer : non, dans la vie, ce n’est pas en général la femme qui détourne l’homme de Dieu, c’est l’inverse. J’ai fait le choix de Dieu et j’y ai définitivement perdu les hommes auxquels j’aurais pu plaire. Et quelle liberté ! Et quelle largesse de la part du Père, qui m’a donné, plus qu’en compensation, des dizaines d’amis fidèles de par leur attachement au Christ !
Une âme qui aime véritablement le Seigneur ne s’y trompe pas : elle sait reconnaître qui L’aime essentiellement pour Lui-même.
De là un plus grand discernement pour tous les faux apôtres et les faux prophètes, qui apporte aussi son lot de haine, mais celle-ci devient légère à porter puisque le Christ la prend presque tout entière sur ses épaules.

Alors aujourd’hui, au regard de ma profonde sérénité germée sur tant de souffrance, j’ai envie de dire merci au Père pour la leçon qu’Il m’a donnée. Elle fut rude, bien rude. Mais puisse-t-elle porter de beaux fruits dont la saveur atteigne bien du monde !

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