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« Seigneur, tu m’as confié deux talents » Matthieu 25, 22

31 août 2013 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Hildegarde de Bingen écrivant

Jésus parlait à ses disciples de sa venue ; il disait cette parabole :
« Un homme qui partait en voyage appela ses serviteurs et leur confia ses biens. À l’un il donna une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul, à chacun selon ses capacités. Puis il partit. Aussitôt, celui qui avait reçu cinq talents s’occupa de les faire valoir et en gagna cinq autres. De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres. Mais celui qui n’en avait reçu qu’un creusa la terre et enfouit l’argent de son maître.

Longtemps après, leur maître revient et il leur demande des comptes.
Celui qui avait reçu les cinq talents s’avança en apportant cinq autres talents et dit : ‘Seigneur, tu m’as confié cinq talents ; voilà, j’en ai gagné cinq autres. — Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître.’
Celui qui avait reçu deux talents s’avança ensuite et dit : ‘Seigneur, tu m’as confié deux talents ; voilà, j’en ai gagné deux autres. —
Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître.’
Celui qui avait reçu un seul talent s’avança ensuite et dit : ‘Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain. J’ai eu peur, et je suis allé enfouir ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t’appartient.’
Son maître lui répliqua : ‘Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu. Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts. Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix.
Car celui qui a recevra encore, et il sera dans l’abondance. Mais celui qui n’a rien se fera enlever même ce qu’il a.
Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dehors dans les ténèbres ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents !’ »

Mt 25, 14-30

@AELF

Bien sûr, dans cette parabole, les talents sont des pièces de monnaie. Mais lorsqu’on sait que Jésus se préoccupait peu de l’argent, lui qui n’en avait guère, on peut se permettre le glissement facilité par la langue française vers les talents comme dons de notre personnalité que le Père nous a faits.
Il faut parfois la moitié d’une vie pour comprendre quels sont nos vrais talents. Les jeunes filles et jeunes gens ont à les découvrir quand il s’agit de choisir une orientation dans leurs études, le choix d’un métier. Et pourtant, à cet âge, il est encore parfois aléatoire de se connaître réellement pour poser le bon choix, qui déterminera une bonne partie de la vie quotidienne et sociale. Nombreux sont ceux qui désirent se réorienter professionnellement vers quarante ans, ce qui montre bien que l’on met parfois des années à comprendre en quoi on sera le plus efficace et susceptible de s’épanouir en profondeur.
Il en va de même pour la vie spirituelle. Découvrir à quoi le Seigneur nous appelle peut être le travail de toute une vie.
Je lisais récemment « Prier 15 jours avec Ignace de Loyola », du jésuite François Bécheau (Nouvelle Cité), et j’ai beaucoup apprécié la vision jésuite de la nécessaire mise en conformité de nos choix de vie spirituelle avec notre désir le plus profond. Oui, notre Père nous connaît mieux que nous-mêmes nous ne nous connaissons, et Il ne nous appelle jamais dans quelque chose qui fasse violence à nos aspirations les plus intimes. Mais c’est un travail, voire une lutte, que de découvrir à quoi Il nous appelle, justement.
Il n’est pas bon, en vie spirituelle, de ne se fier qu’à soi-même. Dieu nous parle très souvent à travers notre prochain, encore plus sûrement à travers notre accompagnateur spirituel si nous avons la chance d’en avoir un. Mais parfois, notre entourage nous fait aussi des demandes contraires à notre vocation profonde. J’ai vécu cela pendant des années et j’en ai beaucoup souffert. Dans ma communauté de paroisses, on voulait absolument que je prenne des responsabilités auprès des enfants, telles que la préparation aux sacrements ou l’encadrement des enfants de choeur. J’avais beau m’en défendre en arguant que je travaillais toute la journée avec des enfants et que j’aspirais à autre chose dans mon temps libre, qu’en outre il aurait été mal venu que je retrouve mes élèves de l’école publique dans des activités ecclésiales, on m’a sollicitée encore et encore pendant des années, jusqu’à me culpabiliser de dire non à chaque fois. Ce n’est que dans ma prière que je trouvais la force de lutter contre ces sollicitations contraires à mon désir profond et au projet de Dieu sur moi.
Puis on m’a sollicitée aussi pour prendre des responsabilités dans l’équipe d’animation pastorale. Et là aussi, mon refus était interprété comme de la mauvaise volonté voire de la paresse. Mais je n’ai aucun goût pour les réunions, et encore moins pour un petit pouvoir quel qu’il soit. Ne pas être nommée quand on félicite les actifs de la paroisse dans une célébration, c’est ma joie.

J’ai pris cependant quelques engagements. Le lectorat me comble, lire la Parole de Dieu à la messe est pour moi un vrai bonheur.

Jusqu’au jour où j’ai compris que Dieu m’attendait en fait dans ce que j’aime le plus depuis l’enfance : l’écriture et la contemplation, l’une se nourrissant de l’autre.
Depuis des années, je remarquais que mes proches étaient sensibles aux lettres que je leur écrivais lorsqu’ils étaient dans le deuil.
Puis il y a eu les années de contribution sur les forums d’entraide psychique, où l’on appréciait ma lucidité et ma modération.
Et enfin, la rédaction totalement improvisée de mon témoignage « Histoire d’une foi ».
Et là, j’ai senti clairement que Dieu m’attendait dans le témoignage écrit de ma foi. La partager « au large » devenait un besoin impérieux, non pour une quelconque reconnaissance, mais pour accompagner mon prochain dans son cheminement s’il était possible.
Et j’ai pressé mon fils de créer ce site avec moi. Puis est venu, du désir d’un petit groupe d’amis du net, le forum « Foi chrétienne et nouvelle évangélisation ».

Dans ces deux projets, je me sens aujourd’hui pleinement à ma place. Moi qui n’aime pas beaucoup parler, je peux partager ma foi par l’écriture. Tout ce que j’écris, je le puise dans mon oraison. Le va et vient de l’oraison à l’écriture est devenu pour moi une respiration vitale.

Les fruits de cette oeuvre appartiennent au Seigneur.

Seigneur Jésus, toi à qui j’ai donné ma vie, fais fructifier les talents que tu m’as confiés !

 

Image : Hildegarde de Bingen écrivant

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