Site de Véronique Belen
Header

« Faites cela en mémoire de moi. » 1Co 11, 24

5 avril 2012 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Frères, moi, Paul, je vous ai transmis ce que j’ai reçu de la tradition qui vient du Seigneur : la nuit même où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. »
Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. »Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez à cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne.

1Co 11, 23-26

Aujourd’hui, Jeudi Saint, c’est la grande fête de l’institution de l’Eucharistie. Je voudrais dire toute l’importance que ce sacrement a pour moi.

Enfant, j’ai reçu la première communion avec une très grande foi. Et comme je suis allée à la messe presque tous les dimanches jusqu’à mes 18 ans, j’ai continué à communier toutes les semaines, sans toujours mesurer ce que cet acte  m’apportait, mais en tout cas j’y ai toujours discerné la présence réelle du Seigneur et je grandissais dans une foi sereine.

Sont venues les années du doute et je n’ai plus pratiqué,  quand je me trouvais à une messe pour des raisons familiales, je ne communiais plus, ne voulant pas galvauder un sacrement qui n’emportait plus l’adhésion de ma foi. Et ma foi s’est étiolée de plus en plus.

J’ai raconté mes quinze années d’agnosticisme dans mon témoignage.

Le jour où je me suis à nouveau approchée de la table eucharistique, moulinée par la souffrance, j’ai mesuré toute la force qu’il y avait dans le sacrement du Corps du Christ, dans sa présence réelle pour ma consolation et la fortification de ma foi. Plus je retournais communier, et plus ma foi grandissait, et je ressentais clairement que l’Eucharistie m’avait manqué autant que l’abandon confiant à l’amour du Seigneur.

Il m’a été donné aussi de partager une souffrance qui blesse profondément l’Eglise catholique : je me suis vu un jour refuser un sacrement de réconciliation. Je l’ai accepté et j’ai cessé de communier pendant plusieurs mois, jusqu’à ce que je sois sortie de la situation qui avait motivé ce refus du Pardon. Infinie douleur. Rester assise dans le banc pendant que les autres allaient recevoir le Corps du Seigneur – y discernaient-ils sa présence réelle pour autant ? Mais je m’en suis tenue à l’obéissance à la discipline de l’Eglise. Et si je ne communiais plus au Corps du Seigneur, je communiais à la profonde blessure des divorcés remariés, même si ma situation n’était pas similaire. J’ai vécu dans ma pratique blessée leur humiliation.

Cette expérience m’a servi à mesurer toute situation à l’aune de mon attachement à l’Eucharistie : depuis deux ans, je n’ai véritablement rien préféré à l’amour du Christ, selon la recommandation de saint Benoît qui m’est si chère. Une situation qui me prive d’Eucharistie selon la discipline actuelle de l’Eglise, je la fuis. Absolument rien dans ma vie ne peut surpasser mon désir de communier au Corps du Christ toutes les fois où je le peux.

Je n’ai pas autorité pour juger la discipline de l’Eglise. J’ai simplement constaté dans ma vie que se voir refuser une absolution et fermer  la route aux sacrements pour des raisons qui touchent à l’amour et non au péché contre le prochain est infiniment blessant dans notre relation aux autres et à Dieu. Le pieux conseil de la « communion de désir » ne peut pas satisfaire une âme assoiffée des sacrements comme l’est la mienne.

Depuis, j’ai fait un choix de vie radical et qui me comble. Je suis toute au Christ. Mais solidaire des divorcés remariés qui souffrent d’être stigmatisés, et qui ce soir, ne partageront pas la Cène du Seigneur…

Image :  La Cène du Seigneur    Leonard de Vinci

Vous pouvez suivre les réponses à cet article via le RSS 2.0 Vous pouvez répondre, ou faire un trackback.

2 commentaires

  • Véronique says:

    Voici l’homélie du Jeudi Saint de Mgr Christian Kratz, évêque auxiliaire de Strasbourg. Un beau message d’espérance !

    http://www.cathedrale-strasbourg.fr/files/news/Homelie_Mgr_Kratz_2012-0405_Jeudi_Saint.pdf

  • Debbie says:

    Il y a des choses dans ton post ici qui me sont profondément.. étrangères.
    J’ai une foi personnelle, rattachée à aucune église en ce moment, ni Catholique, ni Protestante.
    Jeune femme, je n’ai pas voulu me marier à l’Eglise, car je ne me sentais pas capable de faire une démarche où je n’adhérais pas totalement, et ne voulais pas prendre la cérémonie de mariage religieux à la légère.
    Après 10 ans de mariage, mon mari et moi sommes mariés dans l’église d’Albuquerque où allaient mes parents, celle qui était MON église, avec mon pasteur. Chez moi, en quelque sorte. Mais avec des mots, et un rite que nous avons écrit nous-mêmes.
    Depuis quelques années je m’autorise la communion aux funérailles, surtout.
    Je ne vois pas qui m’interdirait de me rassembler autour du corps du Christ de cette manière, surtout à un moment si grave et universel.
    Je ne suis pas quelqu’un de très obéissante…
    Vois-tu, il y a déjà toute la Réforme dans la différence entre nos attitudes, attentes, et engagements.
    Et elle date, la Réforme, n’est-ce pas ?
    Ça m’intéresse, de prendre connaissance de la foi d’une Catholique croyante et pratiquante, et comprendre ce qui nous sépare, ainsi que ce qui nous rassemble.



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *