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Homélie du jour de Pâques 2014 sur Kérit

20 avril 2014 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Actes des Apôtres 10, 34a.37-43
Psaume 117
Colossiens 3, 1-4
Jean 20, 1-9

A qui veut des « preuves » de la résurrection, l’évangile ne propose que le témoignage d’une fille de joie. Et puis celui de quelques hommes qui se sont montrés fort peu courageux lors de la passion de Jésus, et qui commenceront d’abord par être sceptiques… C’est donc une femme qui, la première se rend au tombeau, avant même Pierre et Jean. Tout indique que la résurrection est une naissance : « le premier jour de la semaine… de grand matin… alors qu’il fait encore sombre… » Le tombeau fait pour être un ossuaire, devient ici matrice maternelle. Il est ouvert et il est vide. Il a accouché de la vie. Pierre et Jean ne retrouveront que le linceul et le linge qui avait été déposé sur le visage du cadavre. Jésus a déjà quitté les vieux oripeaux de la mort. C’est à Pierre et à Jean que Marie-Madeleine annonce la Bonne Nouvelle : Pierre, celui qui a renié Jésus et Jean, le fidèle jusqu’au pied de la croix. Arrivé le premier au tombeau, il laisse, par déférence, Pierre passer devant lui. Mais Jean, l’intuitif, l’aimant et le mystique, est celui qui « voit et qui croit », là où Pierre ne fait que regarder sans voir. La foi en la résurrection de Jésus ne passe pas par des preuves ou des reliques. Pierre a beau avoir devant les yeux la tombe ouverte et parfaitement rangée, il regarde et ne « voit » pas. On n’entre pas dans la résurrection de Jésus par des arguments ou une démonstration. Jean, lui, voit et il croit. Sa foi n’est pas dans sa tête. Elle est dans son coeur, elle est dans sa vie. Aucun signe n’est capable de donner la foi. Aucun signe n’est contraignant. A celui qui n’est pas amoureux, le bouquet de fleurs ne dit rien. Nous ne voyons jamais, au sens strict, l’amour de ceux qui nous aiment. Nous n’en avons que des signes ténus et fragiles qu’il faut savoir déchiffrer avec les yeux du coeur, avec les yeux de l’amour. C’est à cause de cet amour que Jean a couru plus vite ! C’est à cause de cet amour qu’il a cru le premier. « Le disciple que Jésus aimait» précède Pierre. Ceux qui ont une autorité dans l’Eglise, n’ont ici aucun privilège. Il n’est qu’une seule supériorité véritable, c’est d’être les premiers en amour. C’est pourquoi le tombeau vide et les linges bien disposés n’ont été compris que par celui qui « aimait » davantage. Il en va de même pour les sacrements, ces signes modestes, qu’on ne peut accueillir que dans la confiance et dans l’amour… mais aussi dans la mémoire des Ecritures. Car la tombe ouverte et les linges pliés ne deviennent signes pour Jean qu’au moment où, se laissant conduire par l’Esprit Saint, il voit surgir du fond de sa mémoire, les passages de la Bible que Jésus leur avait certainement cités. Et c’est ce qui lui permet d’éclairer le sens de ce qu’il voit. Ainsi les événements de notre vie. Nous ne les comprendrons en profondeur que si nous les éclairons avec la méditation incessante et aimante de la Parole de Dieu. C’est l’amour qui fait voir la vérité. C’est l’amour qui nous fait découvrir dans la Bible le salut que Dieu nous offre.

Père Charles-André Sohier

Source : http://www.kerit.be/homelie.php

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