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« N’est-ce pas pour les brebis qu’ils sont bergers ? » Ezéchiel 34, 2

20 août 2014 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

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La parole du Seigneur me fut adressée :
« Fils d’homme, parle en prophète contre les bergers d’Israël, parle en prophète pour leur dire ceci: Parole du Seigneur Dieu : Malheur aux bergers d’Israël qui sont bergers pour eux-mêmes ! N’est-ce pas pour les brebis qu’ils sont bergers ?
Au contraire ! vous buvez leur lait, vous vous êtes habillés avec leur laine, vous égorgez les brebis grasses, vous n’êtes pas bergers pour le troupeau.
Vous n’avez pas rendu des forces à la brebis chétive, soigné celle qui était faible, pansé celle qui était blessée. Vous n’avez pas ramené la brebis égarée, cherché celle qui était perdue. Mais vous les avez gouvernées avec violence et dureté.
Elles se sont dispersées, faute de berger, pour devenir la proie de toutes les bêtes sauvages.
Mon troupeau erre de tous côtés, sur les montagnes et sur les hautes collines ; mes brebis sont dispersées dans tout le pays, personne ne va les chercher, personne ne s’en occupe.
C’est pourquoi, bergers, écoutez la parole du Seigneur :
Aussi vrai que je suis vivant, déclare le Seigneur Dieu, puisque mon troupeau est mis au pillage et devient la proie des bêtes sauvages, faute de berger, parce que mes bergers ne s’occupent pas de mon troupeau, parce qu’ils sont bergers pour eux-mêmes au lieu de l’être pour mon troupeau, eh bien, bergers, écoutez la parole du Seigneur :
Ainsi parle le Seigneur Dieu : J’interviens contre les bergers. Je leur reprendrai mon troupeau, je les empêcherai de le conduire, et ainsi ils ne seront plus mes bergers ; j’arracherai mes brebis de leur bouche et elles ne seront plus leur proie. Maintenant, j’irai moi-même à la recherche de mes brebis, et je veillerai sur elles. Parole du Seigneur Dieu. »

Ezéchiel 34, 1-11
©AELF

Il y a quelques années, ce texte me frappait en plein coeur. Ma famille n’était pas encore sortie d’une longue souffrance relative à un de ces bergers soucieux plus de lui-même que de ses brebis. La brebis chétive était malmenée, celle qui était faible n’était pas soignée, celle qui était blessée était regardée avec suspicion plutôt que d’être pansée. Quant à la brebis déjà quelque peu égarée, elle se perdait tout à fait.
Nous ne parvenions pas à comprendre cette dureté de coeur et elle faisait des ravages dans les nôtres.
Et puis le troupeau lui a été retiré.
Et une à une, ses dernières consolations en ce monde.

Je l’ai vu s’effondrer. Pour la première fois, j’avais vraiment compassion de lui et un vrai dialogue a pu s’instaurer, fait d’empathie, d’écoute et de conseils reçus avec humilité. Dans les larmes, enfin, il était redevenu simplement humain, osant s’avouer en souffrance au plus profond de son être. Il se livrait, et il s’ouvrait pour écouter. Il n’avait plus d’espérance, il a fallu en avoir pour lui. Il s’est abandonné en confiance à une prescription médicale, et à des confidences spirituelles.
Nous l’avons vu renaître différent. D’un seul coup, il était devenu un vieil homme, mais un nouveau sourire illumine parfois son visage. Il raconte et il écoute, il est heureux de raconter et d’avoir l’occasion d’apprendre ce qui ne l’interpellait pas auparavant. Il s’étonne : « On ne s’est jamais parlé comme ça ! » Il cherche à transmettre ce qu’il sait de nos origines, patient travail de recherche qu’il ne veut pas avoir fait en vain. Il nous décrit, tant qu’il est là, les objets familiaux qui ont une histoire sur plusieurs générations. On oublie les sujets qui fâchent, on se prend à avoir aimé passer ces quelques heures avec lui. Je suis touchée de voir son bréviaire bien en évidence sur sa table, et une petite photo du pape François qu’il regarde avec affection.
Rédemption.

Image : Le bon pasteur, Mausolée dit de Galla Placidia à Ravenne, Vème siècle.

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