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« Les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière  » Jean 3, 19

18 avril 2012 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle.
Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.
Celui qui croit en lui échappe au Jugement, celui qui ne veut pas croire est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.
Et le Jugement, le voici : quand la lumière est venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises.
En effet, tout homme qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne lui soient reprochées ; mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient reconnues comme des œuvres de Dieu.

Jean 3, 16-21

Voilà une page d’Evangile qui a toute la profondeur spirituelle habituelle à saint Jean, mais qu’il n’est pas forcément facile de recevoir aujourd’hui.
La frontière entre lumière et ténèbres est en effet devenue bien floue.
Au temps de l’apôtre Jean, la Lumière est venue dans le monde en la personne de Jésus. Et il n’y avait aucune contestation possible au fait que ses oeuvres étaient des oeuvres bonnes : attention aux plus petits, guérisons physiques et spirituelles, relèvements de toutes sortes… Le Dieu compatissant aux faiblesses des hommes présent dans les Ecritures s’incarnait en Jésus Christ. Sa prédication était un message d’espérance, exigeant mais plein de vérité.

Où en sommes-nous aujourd’hui ?
Nous sortons d’un siècle et nous en entamons un qui a instillé l’idée insistante que la foi chrétienne, la foi de l’Eglise, était obscurantisme et privation de liberté (alors que nous voyons en Actes 5, 17-26 aujourd’hui qu’après la résurrection du Seigneur, les apôtres furent libérés de manière extraordinaire de leur prison pour reprendre leur prédication).
Ose-t-on proclamer sa foi chrétienne, on est d’abord invité à la discrétion voire au silence car « cela ne se fait pas. » La vérité est devenue taboue, jusque dans le mot. On répète à l’envi : « Il n’y a pas une vérité, mais des vérités. » Et l’âme qui cherche un repos en une croyance vraie se retrouve perdue dans une multitude d’énoncés de foi, parfois complètement contradictoires les uns avec les autres. Ainsi débouche-t-on souvent sur le syncrétisme : je prends un peu de ce qui me plaît dans toutes les religions.
Loin de moi l’idée de juger cette attitude : moi-même, je reconnais en toute foi sincère au Dieu éternel un désir de comprendre, de partir en quête de la Vérité ultime.

Mais je suis en même temps amère quand je constate que la foi chrétienne perd du terrain. Au coeur de ma foi, il y a le Christ et sa Parole, et cette Parole est dans l’Evangile et dans les innombrables témoignages des saints qui ont cru en Lui.
Je pense que si nous en sommes arrivés là, c’est à cause des innombrables contre-témoignages qui ont jalonné l’histoire de l’Eglise et qui ne cessent pas de ternir la parole du Christ.
Tous ceux qui ont dit et n’ont pas fait.
Tous ceux qui ont imposé aux fidèles de pesants fardeaux et ne les ont pas remués du petit doigt.
A travers mes amitiés – et dans ma propre famille – j’entends d’insurmontables blessures dues à ces profonds contre-témoignages que tous, nous avons vécus à un moment ou à un autre : misogynie de nombre de prêtres, abus d’autorité et de jugements moraux de religieuses dans les écoles privées que certains ont fréquentées…

Ceux-là ont voulu s’attribuer la lumière du Christ pour justifier leurs oeuvres mauvaises. Et tout le témoignage chrétien en est affaibli.

Il y a les illusions de cette société de la fausse gloire aussi : c’est la vanité, la fausseté, l’argent, l’appât du gain qui attirent sur eux les lumières des projecteurs.

Les plus authentiques des disciples du Christ, ceux qui font choix d’une vie cachée dans la clôture d’un Carmel ou d’une Trappe, n’attirent guère sur eux la lumière du monde. Pour s’éviter de se poser les bonnes questions à leur sujet, on préfère les raccourcis faciles : il, elle a eu un grand chagrin d’amour, n’était pas capable d’assumer une vie dans la violence de ce monde…
Quelle erreur !
Je laisse le mot de la fin à ma sainte préférée, sainte Thérèse d’Avila :

Que rien ne te trouble
Que rien ne t’effraie
Tout passe,
Dieu ne change pas.
La patience
tout obtient ;
Celui qui a Dieu
ne manque de rien.
Dieu seul suffit !

Image : Abbaye de Tamié

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21 commentaires

  • Debbie says:

    La culture nous a donné beaucoup de visions… apocalyptiques de l’enfer.
    « Le Jugement Dernier » de la chapelle Sixtine en est un exemple.
    Non, je n’ai pas la culture des saints, mais le Crédo que disent les Protestants parlent tout de même de croire dans la communauté des saints…
    Cela a un sens pour moi, mais un sens surtout historique.
    Pour le péché ?
    Rien ne nous garde du péché. Il est.. en nous, et fait partie de notre nature humaine et mortelle.
    Pour moi, il contribue à fonder.. une certaine COMMUNAUTE HUMAINE.
    Et l’humilité.

  • Debbie says:

    Quand on ne tue pas au nom de Dieu… on tue au nom d’autre chose.
    Les noms ne manqueront jamais. Les idées non plus.
    Les questions qui sont soulevées sur les oeuvres préoccupent l’Eglise au moins depuis la Réforme, sinon avant, je crois. Ce que tu cites comme théologie moderne ressemble beaucoup aux positions protestantes sur la grâce, je crois.
    Pour moi… la grâce est offerte à tous.
    Il suffit de la demander.
    Ça a l’air facile, mais ce n’est pas si facile que ça, loin de là.
    Demander comme un enfant n’est pas donné à tout le monde.
    L’idée de demander la grâce est astucieuse.
    Ça opère.. une sacrée sélection.
    De toute façon, NOUS n’avons pas à statuer sur ces questions, à mon avis.
    Elles sont personnelles, et sont entre le croyant/non croyant/mourant… et ce qu’il tient pour Dieu.
    Elles sont en dehors de toute possibilité d’institutionnalisation.
    Nous avons tort même de nous en préoccuper, et prétendre en parler.
    On détruit le mystère à trop mettre sous le loupe, et couper les cheveux en quatre, n’est-ce pas ?
    Sur le mystère de la grâce et le repentir en fin de vie, je crois que cette position a l’extrême mérite d’estimer que l’homme n’est jamais totalement perdu. Qu’il est capable de changer jusqu’à la fin de sa vie.
    J’y tiens beaucoup.
    Ne serait-ce que parce que bon nombre de bons Protestants aux U.S. refusent cette position. Cela donne… l’emprisonnement à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle. L’idée que les gens ne peuvent pas changer. L’idée que rien ne pourrait jamais « expier » la faute.
    Pour moi… Jésus aurait vomi ça.
    L’Eglise devrait résister un maximum à toute tentative de diaboliser l’homme.

    • Véronique says:

      Debbie, je crois que quand on a la chance de comprendre un peu un de ces mystères, on n’a pas le droit de le taire. Pour prévenir, justement.
      Sainte Thérèse d’Avila avait eu une vision de l’enfer, qui l’a gardée du péché pour le restant de sa vie. Et elle n’a eu de cesse d’avertir.
      Sainte Faustine, qui nous est plus proche historiquement, ne dit pas autre chose.
      Je sais que tu es protestante et que tu n’as pas cette culture. Pour moi, je crois énormément en l’apport des saints sur la compréhension des mystères de la Rédemption.
      Un jour, mon confesseur, qui n’était ni intégriste, ni passéiste, ni moralisateur, m’a dit « Véronique, si nous perdons le Ciel, c’est par notre faute. »
      C’est un saint prêtre.
      Je n’ai jamais oublié cette parole.

  • Olivier says:

    …. Par exemple : comment des bouddhistes peuvent-ils être sauvés ? En étant de bons bouddhistes sincères. Mais pourquoi « réserver » ce bénéfice aux seuls bouddhistes ? On a donc dit et écrit la même chose à propos des musulmans. Ainsi, pour sauver, « Dieu » se sert de Bouddha, de Mahomet, et des autres « religions », promues « moyens de salut ». Car la liste continue avec les Hindous (sauvés à condition qu’ils aiment la musique sacrée, expliquait le Cardinal Journet, ou sans condition particulière selon Jacques Dupuis), avec les Mormons, les Sikhs, etc. D’après ce qu’a écrit dans une revue islamique un ecclésiastique catholique de renom, « il ne faut plus dire : Jésus sauve mais Dieu sauve en Jésus ». Effectivement, car « Dieu » doit pouvoir sauver aussi en Mahomet, Krishna, etc.  »

    Fée Violine !!

    Si Judaïsme ,christianisme , Islam avaient pris conscience de cette réalité ,les nombreuses guerres de conquêtes religieuses n’auraient pas eu lieu . Que d’exterminations ,que de génocides pratiqués au Nom de Dieu ! L’horreur ,au nom de Dieu. Les  » fous de Dieu » n’ont pas disparus : le fanatisme violent subsiste .

  • Debbie says:

    Oui, tous les intégrismes manifestent la haine… du féminin qui est en chacun de nous, homme ET femme.
    Ce féminin nous permet de lâcher prise pour dormir, rêver, pour recevoir d’autrui, pour demander.
    Si « on » attaque les femmes, c’est parce que logiquement… elles incarnent ce féminin aux yeux des deux sexes, d’ailleurs.
    Femmes, comme hommes peuvent attaquer le féminin. (Pas forcément pour plaire à des hommes, mais dans le désir d’avoir DU POUVOIR comme des hommes. Pour.. elles-mêmes, donc.)
    Notre civilisation actuellement y va très fort pour attaquer le féminin qui échappe à notre pulsion de tout contrôler.
    Pour moi, le danger immense, c’est que nous, femmes, incarnant le féminin, pouvons attiser la haine de l’autre sexe, dans tous les sens de l’expression.
    C’est une impasse, cela.
    Sommes-nous aussi capables de percevoir la misogynie comme manifestation d’une souffrance, et y répondre en en tenant compte, avec une certaine compassion, sans nous braquer, et sans revendiquer ?
    Il ne s’agit pas d’une position… « gentille »…

  • André BONDU says:

    Chère Véronique,
    je viens passer quelques instants avec vous et avec Saint Jean
    Mon droguiste, qui me sert un peu d’ homme à tout faire, remet actuellement le lustre de mon bureau qui, assez vieux, vient d’ être réparé
    J’ ai envoyé, hier, mon dernier message à Jéjomau, qui a, enfin admis, à contre-coeur, qu »on pouvait être sauvé avec ce qu’ on appelle, depuis, mon enfance, le » baptême de désir ». Je ne sais si vous avez suivi tous nos débats, mais je ne comprends pas qu’on puisse être prêt à envoyer en « enfer » des milliards et des milliards d’ être humains qui n’ont jamais connu et ne connaitront jamais le Christ , en s’ appuyant sur une dialectique théologique à oeilières.
    Et j’ ai vu qu’il recommençait à me chercher des poux dans la tête sur ce que j’ai écrit sur l’ Action Française, Charles Maurras, Pétain, le pétainisme,Staline, Hitler et … Le ¨Pen et l’ Extrême droite, dans la rubrique
    sur Pie XII ! A ses yeux, je suis devenu un ignoble gauchiste !
    Je ne pensais pas que l’intégrisme pouvait mener à de telles extrémités ….
    C’est à la suite de cela que j’ai mis le Père de l’ Enfant prodigue comme avatar au-dessus de mon nom dans le Forum. Ce tableau représente avec une telle force l’ Amour Miséricordieux du Père pour ses enfants, même « prodigues ». Il nous a tant aimés, et Il nous aime tant. .Abandonnons-nous à Lui
    Si vous ne l’avez pas lu, lisez nos messages dans la rubrique sur Pie XII.
    Comme on se sent bien avec Saint Jean, le prologue de son évangile, le chapitre III.,.. et les chapitres 13 à 17 où Jésus parle son Père dans un tel coeur à coeur, avant d’ être pris dans le tourbillon de sa passion et de sa
    mort….
    Oui, comme vous le dit l’ autre « pépé » de 84 ans, restons joyeux et optimisme.. Dans les bras du Père, faisons-Lui une totale confiance.

    Un de mes gendres est actuellement à Haïti, à Port-Haîtien, au nord de l’ ile. Il y est pour 10 jours dans le cadre d’ un jumelage de sa paroisse de Vaucresson avec le diocèse de Port-Haïtien.
    Il disait à ma fille, hier soir, au téléphone, que ç’ en était gênant de voir la façon dont ils était reçus par un peuple catholique qui n’ a pas un sou et qui prend sur son indispensable pour les recevoir comme des rois… .

    Et, lisez, le message que j’ai écrit, cette nuit dans la rubrique « Marie en mai ». Il sera accepté, sans doute, ce soir .
    Bon, je vais vous quitter, çà m’ a fait bien bien de vous parler un petit peu.
    ..
    Portez-vous bien, je pense à vous et prie pour vous et tous les membres du Forum.
    Gros baisers en Jésus.
    André
    ..

    • Véronique says:

      Eh bien André j’ai lu tous les débats que vous évoquez sur croire.com.
      Personnellement, je ne participe pas à ce genre de débats très intellectuels, où chacun veut avoir raison, où on peaufine ses arguments historiques, où la mauvaise foi affleure bien souvent… Vous avez du mérite de persévérer.
      Pour moi, j’en reviens toujours à des questions très simples : Hitler au paradis parce qu’il était baptisé catholique et Anne Frank n’y étant pas parce qu’elle était juive ?
      Quel raisonnement tient devant ce genre de question ?
      Personnellement, je cherche mes réponses dans l’Evangile avant toute chose, et j’en reviens toujours à Matthieu 25.
      La foi est une chose magnifique, essentielle aux yeux de Dieu, mais il y aura aussi, dans le face à face avec Lui, tout ce que nous avons fait – ou pas fait – à notre prochain. Et là il ne suffira pas de dire « Seigneur, Seigneur… »
      Quant aux intégristes, je ne suis pas qualifiée pour donner mon avis sur les initiatives de l’Eglise, je constate simplement, et cela est absolument universel, que tous les intégrismes conduisent à la haine de la femme, à sa mise sous domination.
      Et cela, au plus profond de ma foi et de ma confiance en Dieu, je sais que ça ne vient pas de Lui mais des hommes, des hommes mâles, avec la complicité des femmes qui veulent leur plaire.

      Là où je vois de la misogynie, je ressens très vite que l’Esprit Saint est absent.

      • « Pour moi, j’en reviens toujours à des questions très simples : Hitler au paradis parce qu’il était baptisé catholique et Anne Frank n’y étant pas parce qu’elle était juive ? »
        Certes non! Mais je viens de découvrir une réponse à ce genre de question, et ça a l’air sérieux. En tout cas, l’article est passionnant:

        http://www.revue-resurrection.org/Descente-aux-enfers-et-salut-des

        • Véronique says:

          L’article est intéressant, dense, mais je trouve qu’il ne mentionne pas assez l’importance des oeuvres. Le Christ a pourtant beaucoup insisté là-dessus : c’est sa Parole qui jugera l’âme, c’est-à-dire la mise en oeuvre de ses commandements. La chute est toujours possible, et le sacrement de réconciliation est là pour nous laver du péché et repartir, si possible, sur de meilleures bases. Mais je pense que personne ne peut échapper, au moment de sa mort, à la prise de conscience très vive de tout le mal qui a été fait à son prochain au long de sa vie. L’article mentionne à un moment les mystiques, et je pense qu’il est important de les prendre en considération : tous ont une vive conscience du péché et de ses conséquences qui peuvent être terribles pour l’âme.

          Je n’aime pas trop cette théologie moderne qui minimise notre responsabilité pendant notre vie terrestre, en prétendant que le salut est offert au moment de la mort par simple choix de la personne du Christ. C’est un peu facile.
          Imaginons une situation concrète : un dictateur meurt. Il a des milliers de morts sur la conscience, des années de souffrance d’un peuple à son actif. Et à sa mort ces souffrances du peuple ne cessent pas, elles durent toute leur vie pour ceux qui ont perdu un être cher, été torturés, mis en prison arbitrairement…
          Ce dictateur se retrouverait donc face au Christ, se déciderait en sa faveur et entrerait dans la joie éternelle aussitôt, tandis que sur terre, ses victimes continueraient à souffrir indéfiniment ?
          Curieux Dieu de justice…
          On peut reprendre exactement le même raisonnement avec les violeurs, les assassins, ceux qui ont opprimé leurs proches toute leur vie…
          J’imagine mal un Dieu offrant d’ineffables joies à un criminel dont les victimes continuent à souffrir sur terre…



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