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Homélie pour la Solennité de la Toussaint sur Kérit

1 novembre 2014 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Apocalypse 7, 2-4;, 9-14
Psaume 23
1 Jean 3, 1-3
Matthieu 5, 1-12a

La Toussaint est une fête de joie et de victoire. En une fois, chaque année, nous disons merci à Dieu pour cette multitude d’hommes, de femmes et d’enfants de tous les temps et de tous les lieux qui sont au paradis, avec Lui. « Moi, Jean, j’ai vu un ange qui montait du côté où le soleil se lève, avec le sceau qui imprime la marque de Dieu ». En son langage codé, le livre de l’Apocalypse nous parle de vie et bonheur. L’Est, là où se lève le soleil, est le côté de la vie, de la lumière et de la chaleur.

Par delà les difficultés, les échecs et les maux de nos vies, il y a cette espérance inouïe: nous sommes tous en train de devenir des saints. Des saints, pas ceux du calendrier, mais ceux de notre entourage, vous en connaissez sûrement. Depuis un peu plus de 36 ans que je suis dans la région, j’en ai connu plusieurs : ces vieilles demoiselles, dont on se dit, à leur mort, qu’elles avaient la sainteté discrète du sourire et de la réconciliation ; ce père de famille ou ce prêtre dont la simple présence apportait la paix ; cette jeune maman abandonnée et confiante dans la maladie qui l’emportait ; cette religieuse courageuse et entreprenante dans son combat contre la pauvreté….

Et puis, il y a chacun de nous. Nous sommes remplis de défauts ? Oui, et alors ! La sainteté ce n’est pas la perfection. Les saints ne sont pas des sortes de top models de la spiritualité. Un seul est Saint, et c’est Dieu. Mais il communique sa sainteté à tous par l’Esprit Saint. Par le jour le plus beau de notre vie, celui de notre baptême, nous sommes imprégnés du « sceau qui imprime la marque du Dieu vivant. » Nous avons reçus l’Esprit-Saint. Nous portons la dignité royale de fils, de fille de Dieu dans le Fils Unique qu’est Jésus. Même nos fautes et nos ratés ne nous enlèvent pas cette grandeur. Même défiguré par le péché, nous gardons la noblesse de notre ressemblance avec Dieu.

Et cette ressemblance divine, l’évangile nous la dépeint dans les Béatitudes. Il y dresse son autoportrait, l’icône charnelle du Dieu invisible. La sainteté qui nous est donnée par le baptême et l’Esprit Saint, n’est pas la course à la perfection. Elle est le don intime que Dieu nous fait de lui même. Dieu se rend contagieux et cette contagion est un bonheur :

« Bienheureux les pauvres de cœur »
« Bienheureux les miséricordieux »
« Bienheureux les artisans de paix » …

La sainteté est la contagion du bonheur que Dieu nous fait partager quand son Esprit Saint nous donne d’aimer comme Jésus, ou mieux, de laisser Jésus aimer à travers nous nos frères et sœurs. Et pour être touchés par Dieu, pour recevoir le même esprit que lui, vous en connaissez les moyens :

l’écoute aimante de la Bible
le partage du pain eucharistique
la prière du cœur à cœur, silencieuse et quotidienne…

Les saints : il y a la foule immense de ceux qui ont passé la mort et voient Dieu « tel qu’il est », dans la lumière du face à face. Et puis, il y a nous aussi, encore dans l’obscurité de la foi, mais qui sommes déjà réellement « enfants de Dieu. » Aujourd’hui c’est notre fête à tous.

Père Charles-André Sohier

Source : http://www.kerit.be/homelie.php

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