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« C’est en raison de la dureté de votre cœur » Matthieu 19, 8

14 août 2015 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

En ce temps-là, des pharisiens s’approchèrent de lui pour le mettre à l’épreuve ; ils lui demandèrent : « Est-il permis à un homme de renvoyer sa femme pour n’importe quel motif ? »
Il répondit : « N’avez-vous pas lu ceci ? Dès le commencement, le Créateur les fit homme et femme,
et dit : À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair.
Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »
Les pharisiens lui répliquent : « Pourquoi donc Moïse a-t-il prescrit la remise d’un acte de divorce avant la répudiation ? »
Jésus leur répond : « C’est en raison de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de renvoyer vos femmes. Mais au commencement, il n’en était pas ainsi.
Or je vous le dis : si quelqu’un renvoie sa femme – sauf en cas d’union illégitime – et qu’il en épouse une autre, il est adultère. »
Ses disciples lui disent : « Si telle est la situation de l’homme par rapport à sa femme, mieux vaut ne pas se marier. »
Il leur répondit : « Tous ne comprennent pas cette parole, mais seulement ceux à qui cela est donné.
Il y a des gens qui ne se marient pas car, de naissance, ils en sont incapables ; il y en a qui ne peuvent pas se marier car ils ont été mutilés par les hommes ; il y en a qui ont choisi de ne pas se marier à cause du royaume des Cieux. Celui qui peut comprendre, qu’il comprenne ! »

Matthieu 19, 3-12.
©Evangelizo.org 2001-2015

 

Cher Jésus,

Cet évangile-là, comme beaucoup de tes amis, je redoute les jours où il est lu dans les églises. Là où tu as voulu mettre de la douceur et de la protection pour tes sœurs en humanité, on récolte parfois de la dureté de cœur, ou tout du moins des paroles moralisantes qui mettent mal à l’aise quand on est dans une situation peu conforme au catéchisme de l’Eglise catholique.
Je pourrais me dire que tout va bien pour moi, puisque j’ai été délaissée alors que j’étais fidèle, et que je n’ai pas repris de mari. Et je sens sur moi ta compassion quand il faut élever seule les enfants, assumer seule l’entretien d’une maison, se coucher seule le soir sans avoir raconté sa journée à une oreille adulte.
Mais Jésus, tu le sais bien, si tout va bien pour moi, c’est surtout parce que tu es là, tout proche, tout donné dans ma prière. Si tout va bien pour moi, c’est surtout parce que j’ai fait sans retour le choix de ta Personne. Or, quand toi tu t’unis à quelqu’un par un serment, pour sûr tu ne te reprends pas. Pas toi. A la grande différence de tes frères – et aussi parfois de tes sœurs – en humanité.
Alors je ne peux pas songer égoïstement dans mon petit coin que tout va bien pour moi. Je songe à ces amies malmenées par la vie, mariées trop jeunes, confrontées à l’alcoolisme, à la violence, au narcissisme d’un mari, je songe à ces amies moins jeunes qui ont vu leur époux bien-aimé étourdi par une autre, plus jeune, plus libre, plus jolie peut-être, sur laquelle ils arrivaient mieux à fantasmer, et qui sont partis, les laissant affronter seules les années les plus dures…

Je songe à ces amies, les jeunes et les moins jeunes, je songe à celles qui m’ont envoyé un jour un faire-part de mariage sur lequel elles étaient rayonnantes de bonheur : un nouvel amour plus mûr, plus équilibré, plus équilibrant. Je songe à elles qui ne sont pas à la messe quand j’entends ces sermons blessants, et je les reçois comme des blessures personnelles. Je songe à elles quand elles sont à la messe et que ton Corps est donné pour que tous en prennent et en mangent, sauf elles.
Tu vois Jésus, tout ne va pas forcément bien pour moi.
Tu combles ma vie spirituelle et affective, mais quand la porte de la cabane en bois est cassée, tout charpentier que tu es, tu ne viens pas me la réparer.
Quand il y a mille trajets à faire pour les enfants, tu ne viens pas prendre le volant.
Quand mes comptes serrés sont au rouge, il reste l’abandon à la grâce, oui, mais ça ne suffit pas toujours.
Quand je me promène seule dans les rues, personne ne voit que tu me tiens la main.
Quand tu es un peu absent de ma prière, je suis seule avec mes doutes et mes angoisses.
Quand je serai âgée et que je tomberai dans la cuisine, tu ne seras pas là pour me relever.
Mais malgré tout ça, j’ai une confiance illimitée en toi.
Ce n’est pas forcément donné à toutes mes amies, et je comprends très bien qu’elles aient pu faire le choix d’un nouveau mari.
Alors Jésus, quand j’entends ces pieux sermons sur l’indissolubilité du mariage, j’ai mal pour elles, j’ai mal pour eux, j’ai mal aussi pour moi.

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