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« Voici que je fais toutes choses nouvelles. » Apocalypse 21, 5

24 avril 2016 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Moi, Jean, j’ai vu un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre s’en étaient allés et, de mer, il n’y en a plus.
Et la Ville sainte, la Jérusalem nouvelle, je l’ai vue qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu, prête pour les noces, comme une épouse parée pour son mari.
Et j’entendis une voix forte qui venait du Trône. Elle disait : « Voici la demeure de Dieu avec les hommes ; il demeurera avec eux, et ils seront ses peuples, et lui-même, Dieu avec eux, sera leur Dieu.
Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur : ce qui était en premier s’en est allé. »
Alors celui qui siégeait sur le Trône déclara : « Voici que je fais toutes choses nouvelles. »

Apocalypse 21,1-5a
©Evangelizo.org 2001-2016

Je viens de lire une dizaine d’homélies sur les textes d’aujourd’hui et je reste sur ma faim. Ce qui est dit en particulier de cet extrait de l’Apocalypse par la plupart des prédicateurs me laisse pantoise. La Jérusalem nouvelle serait l’Eglise. En être membre serait un aboutissement, avec le devoir, quand même, d’aimer son prochain comme le Christ nous a aimés. Elle serait « l’épouse parée pour son mari », même si, actualité en France oblige, les prédicateurs se sentent obligés de préciser que ceux qui font l’Eglise peuvent aussi être pleins de péché.
Et ainsi, le « ciel nouveau et la terre nouvelle » seraient déjà advenus à la résurrection du Christ.
Moi qui suis toujours très attentive aux homélies, je suis un peu lasse d’entendre ce genre de discours depuis des décennies. Car enfin, il faut lire ce que l’Ecriture contient !
Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur : ce qui était en premier s’en est allé.
Ce temps est-il déjà advenu ? Non ! D’ailleurs nos églises sont les plus remplies lorsqu’on célèbre des funérailles, dans les larmes, le deuil et la douleur. Et il faut avoir la foi chevillée au corps et au cœur pour ne pas souffrir profondément d’un deuil en étant capable de l’offrir au Seigneur dans l’espérance en la vie éternelle inaugurée par Lui.

Je ne comprends pas ce manque de foi en l’accomplissement total des Ecritures de la plupart des prêtres. Je me dis que cela doit être dû à leur formation au séminaire, où on leur apprend sans doute ce qu’il convient de dire sur chaque texte à commenter en Eglise. Depuis des années, je glane ici et là des homélies, et je finis par y trouver toujours un peu la même chose.
Je me souviens aussi que quand j’ai commencé à lire sérieusement la Bible, il y a une vingtaine d’années, certains ne cessaient de me seriner : « On ne peut pas aborder les Ecritures seul, il faut les lire en Eglise. » Ce que j’ai fait sagement.

Le temps a passé, j’ai beaucoup écouté ce que des personnes bien mieux formées que moi en théologie avaient à dire sur les textes bibliques, et j’en viens à deux conclusions :

– les prédicateurs raisonnent toujours en hommes masculins, et il leur manque tout un pan de la sensibilité féminine à la révélation biblique dont nous ne pouvons bénéficier dans les églises catholiques par la force des choses,
– je trouve que la plupart sont « formatés » et n’osent pas, ou plus, une parole un peu dissonante sur les textes liturgiques.

On pourra toujours m’opposer que n’étant pas théologienne, je n’ai aucune légitimité à commenter les Ecritures. Mais je crois en elles, justement, et à la force de l’Esprit :« l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. » Jean 14, 26
Alors pour ma part, je dirais que non, la Jérusalem nouvelle descendue du Ciel n’est pas l’Eglise, que dans les temps que nous vivons, il y a débordement de larmes, de deuils et de souffrance, que la terre nouvelle ne sera jamais celle-ci, que la Révélation de Jean n’est pas encore pleinement accomplie. Par contre, les temps extrêmement troublés que nous vivons, l’apostasie générale en Europe, les franches persécutions de chrétiens ailleurs sont les signes évidents que nous vivons les temps ultimes de l’Eglise terrestre. Oui, les Noces de l’Agneau sont proches, et non, ce ne sont pas les soutanes ornées de ceintures rouges ou violettes qui y auront les premières places. Oui, l’épouse se pare déjà pour son mari, et non, il n’est pas un grand Tout dans lequel tous les rachetés se fondront, il sera leur Roi, avec son corps incarné il y a 2000 ans, glorieux mais non moins corps circonscrit dans une humanité pour autant.

Viens, Seigneur Jésus !

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5 commentaires

  • Véronique Belen says:

    Pourquoi cette question abrupte sans aucun préalable, pas même un bonjour, boulevard ? Dans quel esprit la posez-vous ?

    Ma relation avec Dieu est stable et profonde, merci !

    • Pierre-Alexandre says:

      Bonjour Véronique,

      Je m’appelle Pierre-Alexandre, je suis chrétien par mon baptême, pêcheur par « nature » ou plutôt par humanité et je crois sauvé par la Grâce de Dieu et la Foi en notre Seigneur Jésus Christ.

      Je suis tombé sur votre article en recherchant la référence de la Parole « Voici que je fais toutes choses nouvelles ».

      En vous lisant j’ai à cœur de vous partager ce que cette lecture m’évoque : la Parole de Dieu est toujours plus riche en elle même que tout ce que l’on peut en dire.

      La Parole de Dieu est une Parole de Vie, intime et unique pour chacun d’entre nous, qui nous nourrit, nous abreuve et nous redonne Vie.
      Je crois en effet également qu’il est bon que l’interprétation de la Parole de Dieu, dans l’optique de la partager ou d’enseigner -à l’instar des Apôtres- se fasse de manière Ecclésiale, c’est-à-dire avec l’ensemble du peuple de Dieu, ses prêtres et ses fidèles, unis dans un même Esprit de communion qui les rassemble. Je crois que c’est une manière saine de discerner de que L’Esprit dit aux églises puisque la Parole est semé dans des cœurs avec une histoire particulière, dans un contexte particulier. Il me semble également que L’Esprit Saint parle à travers les saints et les pères de L’Eglise qui l’enrichissent à travers les âges et en constituent les pierres vivantes. Peut-être est-ce cela La Jérusalem céleste : l’assemblé des saints qui viennent de la grande épreuve et ont lavé leurs robes dans le sang de l’Agneau.

      Voilà, en espérant que ces quelques lignes contribueront à susciter en chacun et chacune le désir de connaître, de suivre et d’aimer le Christ Jésus, vrai Dieu et vrai Homme, Roi de Gloire, Prince de la Paix, doux et humble de cœur !

      Qu’il nous bénisse et nous garde tous dans son cœur brûlant d’Amour pour nous, source de notre Vie et notre Joie 🙂 !

      • Véronique Belen says:

        Merci Pierre-Alexandre pour votre contribution ici.

        Je rebondirai par une question : quelle est la place des femmes parmi les « Pères de l’Eglise » que vous mentionnez ? Aucune.
        Qui sont les « saints » de l’Eglise ? Ceux qui sont déjà canonisés, et pour l’immense majorité religieux et donc définis comme saints par elle ?
        Je revendique une liberté de ton qu’un religieux ou un clerc ne peuvent pas avoir. Je suis une catholique pratiquante fidèle, je me suis consacrée au Seigneur pour le reste de mes jours, mais je n’ai pas prononcé de vœu d’obéissance à l’Eglise… parce que je suis fatiguée d’obéir, jusque dans ma façon de prier et de comprendre les Ecritures, à des hommes masculins, fussent-ils consacrés. Ils n’ont pas le monopole de l’Esprit Saint.

        • Véronique Belen says:

          Pierre-Alexandre, j’ai eu un problème technique qui a fait que votre commentaire et ma réponse avaient disparu depuis ce matin, bien sûr je ne voulais aucunement les supprimer, veuillez m’en excuser.

  • boulevard says:

    Où en est vous aujourd’hui dans votre relation avec Dieu?????



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