Site de Véronique Belen
Header

« Sa parole brûlait comme une torche » Ben Sirac 48, 1

21 juin 2012 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Le prophète Élie surgit comme un feu, sa parole brûlait comme une torche.
Il fit venir la famine sur les hommes d’Israël, et, dans son ardeur, en fit périr un grand nombre.
Par la parole du Seigneur, il ferma le ciel, et à trois reprises il en fit descendre le feu.
Comme tu étais redoutable, Élie, dans tes prodiges ! Qui pourrait se glorifier d’être ton égal ?
Toi qui as fait revenir un homme de la mort par la parole du Très-Haut ;
toi qui as précipité des rois dans leur perte, et jeté à bas de leur couche des hommes pleins de gloire ;
toi qui as entendu au Sinaï des reproches, au mont Horeb des décrets de châtiment ;
toi qui as sacré des rois pour exercer la vengeance, et des prophètes pour prendre ta succession ;
toi qui fus emporté dans un tourbillon de feu par un char aux coursiers de feu ;
toi qui fus préparé pour la fin des temps, ainsi qu’il est écrit, afin d’apaiser la colère avant qu’elle n’éclate, afin de ramener le coeur des pères vers les fils et de rétablir les tribus de Jacob,
heureux ceux qui te verront, heureux ceux qui se sont endormis dans l’amour du Seigneur, car nous aussi nous posséderons la vraie vie.
Quand Élie fut enveloppé dans le tourbillon, Élisée fut rempli de son esprit, et pendant toute sa vie aucun chef ne l’a intimidé, personne n’a pu le faire fléchir.
Aucun événement n’a pu l’abattre, et, jusque dans la tombe, son corps manifesta son pouvoir de prophète.
Pendant sa vie, il a fait des prodiges ; après sa mort, des œuvres merveilleuses.

Ben Sirac le Sage 48, 1-14

Si le style de ce passage de Ben Sirac est certainement un peu exagéré dans l’apologétique, il est bon cependant d’y méditer ce que peut être une parole prophétique. J’aime particulièrement la comparaison avec le feu : « sa parole brûlait comme une torche ». On peut établir un parallèle immédiat avec l’Esprit Saint qui descend sur les disciples à la Pentecôte « comme des langues de feu », alors que le Livre de Ben Sirac est antérieur aux Actes des Apôtres.

Avons-nous aujourd’hui de ces prophètes dont la parole brûle comme le feu ?

A chaque Eucharistie, je me réjouis quand vient le moment de l’homélie, j’espère toujours une parole marquée au feu de l’Esprit Saint. Je recherche aussi des homélies d’autres prédicateurs pour me nourrir davantage. J’en trouve souvent de très intéressantes, et quand elles sont de nature à bousculer ma foi, ou à me pousser plus loin dans certaines intuitions spirituelles que je peux avoir, je me dis que là, l’Esprit Saint a soufflé.

Mais je dois dire aussi que bien souvent, je suis déçue par la platitude de certaines homélies. Quand la Parole du Christ ou des Prophètes devient une parole doucereuse, gentillette, confortant chacun dans sa petite foi qui ne fait pas de vagues, appelant aux oeuvres de charité que tout un chacun connaît sans avoir besoin de passer par l’Eglise pour y être sensibilisé, quand le Christ finit par ne plus être « un signe de contradiction », je m’interroge.

Et il y a encore bien pire. Il y a les faux prophètes que l’on tient pour authentiques. Ils se déversent en verbiages sucrés qui charment les oreilles de ceux qui se refuseraient dans le même temps au feu de l’Esprit Saint. Dès qu’une parole soit-disant prophétique ne dérange plus nos petites certitudes séculaires, je dis attention !

J’ai pris l’habitude d’être haïe par un certain nombre de chrétiens bien-pensants sur les forums catholiques. Au besoin, on m’envoie un avertissement quand je me permets d’avancer ma lecture de femme sur certains passages bibliques ou événements de la vie.

Dans la lecture d’aujourd’hui, je voudrais d’ailleurs revenir sur ce passage : toi qui fus préparé pour la fin des temps, ainsi qu’il est écrit, afin d’apaiser la colère avant qu’elle n’éclate, afin de ramener le coeur des pères vers les fils.

Hier midi, j’avais à ma table une jeune fille de 14 ans qui ne connaît pas du tout son père, elle n’a pas même une photo de lui. Cet homme a abandonné la maman à peine a-t-il sû qu’elle était enceinte. Blessure qui ne se refermera jamais dans le coeur de cette femme, manque impossible à combler dans celui de la jeune fille, qui est pourtant délicieuse, voilà quelqu’un qui ne se doute pas du bonheur paternel auquel il s’est refusé.

De même, il y a quelques années, j’ai rencontré chez des amis une jeune femme de 35 ans, vivant en couple depuis plusieurs années. Elle fut enceinte de jumeaux. Dès l’annonce de la grossesse, là aussi, son compagnon la quitta. D’une santé fragile, elle vécut sa grossesse presque entièrement seule, et au moment où elle devait accoucher, le père des enfants programma des vacances en gîte avec ses copains. Je ne sais pas ce que cette jeune femme est devenue par la suite ni comment elle a pu assumer seule l’immense charge que représentent des jumeaux.

Il y a un péché que l’Eglise d’aujourd’hui ne cesse de dénoncer avec véhémence.

Mais quand quelqu’un évoque ce genre de situations, on a vite fait de détourner le sujet et de le prier de se taire…

Source Image : Icône du prophète Elie

http://www.carmel.asso.fr/Icone-du-Prophete-Elie.html

Vous pouvez suivre les réponses à cet article via le RSS 2.0 Vous pouvez répondre, ou faire un trackback.

1 commentaire

  • André BONDU says:

    J’aime beaucoup le prophète Elie : Il avait une parole de feu.
    Nous n’ avons pas beaucoup d’ Elie, aujourd’ hui, que ce soit d’ ailleurs aussi bien dans le monde politique que dans l’ Eglise.
    Peut- être n’ avons-nous que les médiocres prophètes que nous méritons. Il est vrai que, pour être prophète, il faut beaucoup d’ humilité, ne pas, justement, se prendre pour un prophète, mais laisser le Seigneur agir en nous, un peu à notre place, contre notre gré. Aujourd’hui, nous sommes trop imbus de notre personne !. Jonas, lui, avait la trempe d’ un prophète, il savait bien ce que le Seigneur lui demandait, mais il en avait peur. Il aurait tellement préféré rester dans son petit coin et voulu que le Seigneur l’ oublie ! Mais, voilà, le Seigneur, qui connait le fond des coeurs, le voulait, lui, et pas un autre, malgré ses allures de poltron, de tire-au-flanc et de paresseux.
    Il a bien choisi Jean Marie Vianney, pour devenir le fameux Curé d Ars, alors que l’ Eglise ne le jugeait même pas capable de devenir prêtre !

    Comme toi, Véronique, j’ ai beaucoup gémi de voir la nullité de beaucoup de nos homélies..; Maintenant,
    j’ essaie toujours d’ y trouver quelque chose, une idée, un mot qui va me remuer. Ce n’ est pas facile d’ être un bon prédicateur, de parler en public, de trouver les mots et les phrases qui font tilt. On a beau avoir une vie intérieure très profonde. Mais comment transmettre son feu intérieur… Il y a, aussi, bien sûr, ceux qui ne se donnent pas la peine de faire les efforts suffisants pour préparer leur prêche. Si on se moque à ce point de ses ouailles, ce sont elles qui en subissent les conséquences; Dieu ne fait pas des miracles à jet continu. Ou pkutôt, si, il les fait. Mais à condition que nous sachions les voir, que nous lui fassions confiance..

    A propos de tes amis, j’ ai,moi aussi, une nièce, la deuxième fille de mon jeune frère ( il avait onze ans de moins que moi), qui était mariée, encore toute jeune.Elle avait une petite fille qui n’ avait pas encore un an. Puis elle devint enceinte de jumeaux. Et son mari, l’ a quittée pendant sa grossesse. C’ était un professeur fringant, qui s’ est laissé séduire par l’une de ses élèves, plus jeune que sa femme. Mon frère et ma belle-soeur se sont totalement dévoués à leur fille et à leurs deux jumelles et leur « grande soeur » d’ un an leur aînée. Ils avaient à peine 60 ans, tous les deux.. Heureusement, ma nièce avait une belle situation à France-Loisirs ( elle l’ a toujours); Mais elle habitait Niort et, eux, Nantes. Les deux jumelles ont, aujourd’ hui, 15 ans, comme ma petite fille.
    Mais, ce fut très dûr pour eux.Lui n’ y résista pas. Il mourut d ‘un cancer de la prostate et d’ une leucémie avant même d’ avoir 70 ans Me belle- soeur, pour qui, il était tout, en a perdu la confiance en Dieu. C’ était trop pour elle. ! Elle a rompu avec le famille de son mari ( ma soeur, moi-même), comme si nous en étions responsables. Elle est quand même venue à la sépulture de ma femme et a été très gentille; J’ ai essayé de renouer avec elle, par la suite, par courrier, mais, finalement, elle a préféré se renfermer sur  » sa » famille, ses enfants, ses propres frères et soeurs. C’ est son choix, je ne lui en veux pas. Je prie beaucoup pour elle; Et je me dis que le Seigneur demande parfois beaucoup à certains ! Peut-être les aime-t-il plus, même s’ ils ne le lui rendent pas…

    Qu’ attend le Seigneur de nous ? d ‘ être Elie, ou, tout simlplement, d’ être disponible, pour faire sa volonté..
    La vie n’ a pas dû être drôle tous les jours pour Elie, comme pour tous les prophètes. .Pas plus, d’ ailleurs, que pour Bernadette, qui a, sans doute vu la Vierge Marie, l’ Immaculée Conception, mais que de tracas, de souffrances pour elle, ensuite !
    Je t’ embrasse.
    A,ndré.

    .



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *