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« Jésus parla ainsi parce qu’ils avaient dit : « Il est possédé par un esprit impur. » » Marc 3, 30

10 juin 2018 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

En ce temps-là, Jésus revint à la maison, où de nouveau la foule se rassembla, si bien qu’il n’était même pas possible de manger.
Les gens de chez lui, l’apprenant, vinrent pour se saisir de lui, car ils affirmaient : « Il a perdu la tête. »
Les scribes, qui étaient descendus de Jérusalem, disaient : « Il est possédé par Béelzéboul ; c’est par le chef des démons qu’il expulse les démons. »
Les appelant près de lui, Jésus leur dit en parabole : « Comment Satan peut-il expulser Satan ?
Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut pas tenir.
Si les gens d’une même maison se divisent entre eux, ces gens ne pourront pas tenir.
Si Satan s’est dressé contre lui-même, s’il est divisé, il ne peut pas tenir ; c’en est fini de lui.
Mais personne ne peut entrer dans la maison d’un homme fort et piller ses biens, s’il ne l’a d’abord ligoté. Alors seulement il pillera sa maison.
Amen, je vous le dis : Tout sera pardonné aux enfants des hommes : leurs péchés et les blasphèmes qu’ils auront proférés.
Mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, il n’aura jamais de pardon. Il est coupable d’un péché pour toujours. »
Jésus parla ainsi parce qu’ils avaient dit : « Il est possédé par un esprit impur. »
Alors arrivent sa mère et ses frères. Restant au-dehors, ils le font appeler.
Une foule était assise autour de lui ; et on lui dit : « Voici que ta mère et tes frères sont là dehors : ils te cherchent. »
Mais il leur répond : « Qui est ma mère ? qui sont mes frères ? »
Et parcourant du regard ceux qui étaient assis en cercle autour de lui, il dit : « Voici ma mère et mes frères.
Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. »

Marc 3,20-35
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Je trouve que les prédicateurs ne manient jamais autant la langue de buis catholique que les jours où cet évangile-là est donné à notre méditation. On pourrait presque sortir une grille de « bingo » et cocher les réflexes que je suppose hérités de leur formation au séminaire à chaque fois qu’ils apparaissent :

– Occasion de glorifier la Mère de Jésus, « la plus sainte de toutes les femmes », celle qui a fait comme personne la volonté de Dieu, alors qu’il faut bien avouer que pour une fois – peut-être la seule, c’est vrai –  elle n’est pas à son avantage dans ce passage-là, puisqu’elle cherche à rapatrier Jésus à la maison dans ce mouvement de sa famille qui pense qu’« il a perdu la tête ».

– Black-out total sur l’expression « frères de Jésus ». Soit elle est éludée soigneusement, soit on traduit en « parents », « cousins », « voisins » ; « fils aînés de Joseph » est maintenant un peu démodé.

– Développement abscons sur le « blasphème contre l’Esprit Saint qui n’aura jamais de pardon ». Traduisez, en théologie catholique contemporaine, que seuls ne seront pas pardonnés ceux qui ne veulent pas de la miséricorde débordante de Dieu.

On en vient ainsi à une homélie insipide, presque rose bonbon, sur un évangile qui est un des enseignements les plus radicaux que le Verbe de Dieu nous ait jamais donné.

Eh bien je vais encore jeter un pavé dans la mare. Je le fais librement ici, puisqu’en Eglise, en tant que femme, j’ai le droit de lire à l’ambon Genèse 3, 9-15, mais jamais de donner mon avis sur l’évangile du jour.

Jésus avait des frères. Oui, plusieurs. Nés après lui de Marie et de son époux Joseph. Jacques « le frère du Seigneur » (Galates 1, 19) était l’un d’eux, peut-être le meneur de la cabale contre leur doux rêveur d’aîné, agaçant à force de ne jamais commettre le moindre péché, irritant quand il s’allie les foules, inquiétant quand il se met progressivement à dos tout ce qu’il y a d’établi dans le judaïsme de son temps. « Il a perdu la tête ». Entraînant avec eux leur mère, les frères de Jésus veulent surtout sauver l’honneur de la famille, leur ego à eux, ne pas laisser le trublion de la fratrie les ridiculiser dans leur contrée.

Souvent, je me dis que Jacques « le frère du Seigneur » a dû vivre une conversion ressemblant à celle de Saul / Paul après la résurrection de Jésus, en reconnaissant enfin que son aîné n’avait pas « perdu la tête » quand il s’annonçait comme le Messie d’Israël. Dans ma foi, je suis sûre que Marie, très humble, n’a jamais fait étalage de la conception divine de Jésus, sinon à Joseph. Et que ses frères et sœurs eux-mêmes n’ont compris qu’après sa résurrection qui il était vraiment.

Autre chose. Pourquoi ne parle-t-on toujours de l’Esprit Saint que comme notre propre hôte intérieur, ou alors comme l’hôte privilégié des consacrés, voire des ordonnés ? Ceux qui ont reçu le sacrement de l’Ordre sont censés avoir eu une onction suprême de l’Esprit Saint, que personne, dans l’Eglise, ne peut plus leur contester, a fortiori une femme. Que me veut-elle, celle-là ? Qu’elle lise devant l’assemblée le péché d’Eve, et qu’elle me laisse prêcher tranquille !

Oui, je suis énervée. Parce qu’on endort les consciences. La vérité de l’Esprit Saint, elle est peut-être dans cette autre, justement, cette trublionne de l’Eglise qui remet en question la théologie établie. La vérité de l’Esprit Saint, elle est peut-être dans cette âme qu’on a voulu anéantir à coups d’injections, avec la complicité de toute une famille qui voulait que sa cadette arrête de faire des vagues dans leur vie et dans l’Eglise. La vérité de l’Esprit Saint, elle est peut-être dans cette internaute que maints contributeurs de forums catholiques ont accusée naguère d’être la proie du démon.

Et alors, qu’est-ce que le blasphème contre l’Esprit Saint ? Mais franchement, vous croyez vraiment que c’est se retrouver devant la Gloire de Dieu à sa mort, et de lui dire : « Oh ben tu sais, finalement, ton pardon, je n’en veux pas. » ?

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7 commentaires

  • Claude Prévost says:

    Que Jésus soit né d’u Vierge vient d’un mensonge inventé par les chrétiens pour coller à l’ancien Testament, manque de chance il s’agIt d’une mauvaise traduction d’Isaïe, jeune fille traduit par pucelle. À cette époque, le IIème siècle les méditerranéens vouaient un culte aux vierges et voulaient que les mères de Bouddha, Pitagore, Epicure enfantèrent Vierge. Ce grand philosophe Michel Sardou le dit : je n’aura jamais cru que ma mère ait pu faire l’amout. (Fin XXÈME)

    • Véronique Belen says:

      J’espère que vous avez bien compris, Claude, que ce n’est pas ce que je dis dans mon article. Ma foi est ferme sur cette question : Jésus a bien été enfanté en la virginité de Marie, non pas que cette virginité ait un quelconque intérêt en soi, mais bien pour mettre en évidence que Jésus n’a pas de géniteur masculin, il est vraiment Fils de Dieu et Joseph n’est que son père adoptif. L’homme mâle n’est pas intervenu dans la conception de Jésus, c’est une première donnée du fait qu’il soit absolument sans péché en sa nature humaine. Ensuite, que Marie soit demeurée vierge en accouchant puis dans sa vie conjugale, cela ne revêt aucun intérêt à mes yeux. Je suis plutôt persuadée que les frères et sœurs de Jésus dans l’Evangile sont nés après lui de la vie conjugale « normale » de Marie et Joseph. Et je ne vois là aucun « péché », ni de Marie, ni de Joseph !

  • Alain says:

    La bienheureuse Anne Catherine Emmerich le dit pourtant et avant elle la tradition depuis l’origine et les conciles.

    • Alain says:

      Je voulais parler de la virginité de Marie…

      • Véronique Belen says:

        Bonjour Alain, fiez-vous aux Evangiles au lieu de vous fier aux apocryphes qui ont influencé fortement les très prudes « Pères de l’Eglise ». Quant à Anne-Catherine Emmerich, l’Eglise n’a jamais demandé de croire à ses « révélations » auxquelles je suis tout à fait libre de ne pas croire. Je n’ai jamais compris pourquoi elle avait été béatifiée, et pourquoi on ne souligne pas assez que Brentano a fait ce qu’il a voulu des « visions » de cette femme. Les fausses visions mystiques ( Maria Valtorta et compagnie…) font un mal fou à la foi catholique.

  • Bonjour Véronique,

    Je partage votre colère et votre rébellion contre le « prêt à penser » qui endort et conforte une forme de « pensée unique » !

    OUI Jésus vient bousculer nos certitudes et notre « langue de buis » !

    OUI vous avez la liberté de professer votre foi avec ce qui pour vous est « essentiel » !

    OUI votre baptême vous donne la liberté de croire, de penser et de témoigner !

    Une seule limite : notre foi n’est pas seulement personnelle, elle s’inscrit dans une « communion » !

    Quels sont pour vous (comme pour moi d’ailleurs) les repères de cette communion ?

    Merci de votre témoignage de foi

    Bien fraternellement

    • Véronique Belen says:

      Merci Denis Chautard. Mes repères de foi, qui justifient ma fidélité (dans la douleur) à l’Eglise catholique de mon baptême sont les suivants :
      – Jésus est né d’une vierge, Marie, il est vraiment le Fils de Dieu.
      – Mort sur la Croix et ressuscité d’entre les morts, il rachète notre péché et nous conduit vers le Père et la vie éternelle, pourvu que nous ayons foi en lui ou au moins en ses commandements.
      – Je crois en sa Présence réelle dans l’Eucharistie, je crois que le prêtre officiant nous permet de communier réellement à son Corps et à son Sang.
      – Je crois aux sacrements, avec un bémol pour celui du mariage que je mettrais à part car il ne repose que sur l’engagement de deux humains, dans leur finitude, entre eux.
      – Je crois suprêmement aux Evangiles.
      – Je crois à le continuité de l’ « Ancienne » et de la Nouvelle Alliance.
      – Je crois au retour prochain du Christ en Gloire
      – Je crois en la puissance de l’Esprit saint qui se donne dans les sacrements catholiques, mais aussi comme il veut et à qui il veut.
      – Et j’ai besoin de célébrer ma foi une ou plusieurs fois par semaine dans une église, avec d’autres paroissiens que j’aime.

      Alors j’estime ne pas être une affreuse hérétique si je ne crois pas que Jésus ait traversé l’hymen de Marie à sa naissance en le laissant intact.



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