Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

Frères, elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants ; elle va jusqu’au point de partage de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; elle juge des intentions et des pensées du cœur.
Pas une créature n’échappe à ses yeux, tout est nu devant elle, soumis à son regard ; nous aurons à lui rendre des comptes.
En Jésus, le Fils de Dieu, nous avons le grand prêtre par excellence, celui qui a traversé les cieux ; tenons donc ferme l’affirmation de notre foi.
En effet, nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais un grand prêtre éprouvé en toutes choses, à notre ressemblance, excepté le péché.
Avançons-nous donc avec assurance vers le Trône de la grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours.

Hébreux 4,12-16
Textes liturgiques©AELF

Il y a un temps pour tout : un temps pour le doute, et un temps pour l’affirmation de la foi, quand la Parole de Dieu a si profondément rejoint notre cœur et éclairé notre chemin de vie que tout apparaît désormais comme limpide, en nous et autour de nous, quant au dessein de Dieu sur l’humanité que nous formons les uns avec les autres, dans notre lot commun qu’est la faiblesse. Oui, nous pouvons trouver dans le Christ Jésus toute vérité et toute consolation pour nos chutes, toute aide pour nos relèvements, toute grâce pour notre devenir d’éternité.

Je ferraille ces dernières semaines sur les réseaux sociaux avec un homme tourmenté qui part en croisade contre « les religions » quelles qu’elles soient, et qui ne parvient à opposer à mes profondes certitudes chrétiennes que des soupçons de délire et de soumission à des hommes d’Eglise. Et j’ai beau lui démontrer à quel point je suis libre de toute pression, étant donné que je suis femme, il me suspecte d’être conditionnée et contrainte. Son discours de volonté de délivrer les femmes d’une domination aliénante ne l’empêche pas de n’opposer que du mépris à une foi authentique et affirmée. (suite…)


« Un homme ne peut rien s’attribuer,
sinon ce qui lui est donné du Ciel.
Vous-mêmes pouvez témoigner que j’ai dit :
Moi, je ne suis pas le Christ,
mais j’ai été envoyé devant lui.
Celui à qui l’épouse appartient, c’est l’époux ;
quant à l’ami de l’époux, il se tient là,
il entend la voix de l’époux,
et il en est tout joyeux.
Telle est ma joie : elle est parfaite.
Lui, il faut qu’il grandisse ;
et moi, que je diminue. »

Jean 3, 27-30

Je vais oser, aujourd’hui, transposer ces paroles d’un homme, Jean le Baptiste, dans l’univers des femmes qui gravitent autour du Christ Jésus. Au présent.

« Une femme ne peut rien s’attribuer,
sinon ce qui lui est donné du Ciel.
Vous-mêmes pouvez témoigner que la Vierge Marie a dit :
« Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! »

Celui à qui l’époux appartient, c’est l’épouse ;
quant à la mère de l’époux, elle se tient là,
elle entend la voix de l’épouse,
et elle en est toute joyeuse.
« Telle est ma joie : elle est parfaite.
Elle, il faut qu’elle grandisse ;
et moi, que je diminue. »
(en place occupée dans l’Eglise).

Comprenne qui pourra…

 

Image : Cantique des Cantiques    Marc Chagall

Debout, Jérusalem, resplendis !
Elle est venue, ta lumière,
et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi.
Voici que les ténèbres couvrent la terre,
et la nuée obscure couvre les peuples.
Mais sur toi se lève le Seigneur,
sur toi sa gloire apparaît.
Les nations marcheront vers ta lumière,
et les rois, vers la clarté de ton aurore.
Lève les yeux alentour, et regarde :
tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi ;
tes fils reviennent de loin,
et tes filles sont portées sur la hanche.
Alors tu verras, tu seras radieuse,
ton cœur frémira et se dilatera.

Isaïe 60, 1-5
Textes liturgiques©AELF

Même si j’ai ajouté mes trois rois mages dans ma crèche sous le sapin, je vis l’Epiphanie un peu différemment cette année. Fi du folklore ! Je n’aurai pas d’invités aujourd’hui, je n’ai donc pas confectionné de galette, la fève sera une visite à une amie esseulée dans un Ehpad. Lui apporter un peu d’amitié, de présence, de chaleur humaine. Etre pour elle rayon d’attention lumineuse dans la succession de ses jours qui n’ont pour seules couleurs que ses coloriages magnifiques et ses participations fidèles aux eucharisties de nos différentes paroisses.

Elle porte en elle son lot de souffrance, et moi aussi. Je lui raconte mes enfants, toujours, car elle n’omet jamais de me poser des questions sur eux, elle qui a vécu dans sa chair l’épreuve insurmontable en ce temps-là de la stérilité. Je vais pouvoir les confier à sa prière, profonde, sincère, donnée, eux qui souffrent tant en ce moment, surtout mes deux aînés, pour des raisons très différentes mais dans des situations respectives semblant inextricables. Mes enfants augmentés de leurs partenaires de vie, dont ma belle-fille qui n’est plus que larmes et angoisses. Confier ce flot de douleur subie, par l’intercession de mon amie, à un tout petit enfant sur lequel se penchent des sages qui ont perçu sa divinité dans cette humanité si vulnérable.

Laisser entrer la lumière dans nos vies, la lumière qu’aucune porte apparemment close ne peut arrêter. Se laisser baigner par cette douce lumière, se laisser irradier comme Jérusalem visitée par le Messie.

Combien de temps, Seigneur, faudra-t-il encore prier, supplier, témoigner et attendre ton ultime manifestation, pour que tu te montres enfin à tous, nimbé de la lumière qui jamais plus ne faiblira ?

Je cite l’abbé Philippe Link dans son assez belle homélie du jour :

Voilà donc en quoi la Sainte Famille est exemplaire : les relations qui sont premières en son sein, ce sont les relations de chacun avec le Père céleste. Et rien ne peut supplanter l’obéissance à Dieu. C’est Dieu qui est premier.

https://carrefours.alsace/12812/homelie-du-30-decembre-2018/

J’accueille volontiers cette vision des choses quant à la famille qu’ont fondée Marie et Joseph autour du Fils de Dieu, Jésus, même si je pense, quant à moi, et je l’ai déjà écrit souvent, qu’une fratrie nombreuse est née de leur union après Jésus qui n’est, lui, pas fils biologique de Joseph. Mais là n’est pas mon propos aujourd’hui.

Ce qui me gêne, c’est que l’on donne toujours la Sainte Famille en modèle aux couples chrétiens, sans mesurer à quel point c’est presque illusoire dans la configuration réelle de notre humanité. Je m’explique.
Même si l’évangile d’aujourd’hui décrit une situation où Jésus a mis Marie et Joseph durement à l’épreuve en ne les suivant pas pour quitter Jérusalem à douze ans (Luc 2, 41-52), on peut penser que c’est l’un des seuls affronts qu’il leur ait fait avant son ministère de prédication à la trentaine. Jésus est absolument sans aucun péché, et Marie n’a pas eu avec lui à affronter les tourments d’une mère ordinaire qui voit un fils tester des conduites provocantes et anxiogènes pour elle. Jamais non plus elle n’a eu la peine de le voir renier la foi qu’elle lui a inculquée, et qu’il avait en outre naturelle. Il n’a pas joué non plus avec ses sentiments de mère pour abuser de sa mansuétude à l’âge où d’autres font leurs premières grosses bêtises. Marie a mis au monde le meilleur Fils qui soit, elle a souffert de le voir rejeté par les autorités religieuses de son temps, c’est certain, mais elle n’a jamais eu à subir par sa faute la honte de le voir pécher et même ne pas se repentir. Je ne dis pas pour autant que Marie ait eu une vie de mère facile, puisque je suis persuadée qu’elle a mis au monde au moins six autres enfants après lui, qui eux n’étaient pas des saints et ont dû lui donner du fil à retordre. Cela apparaît plusieurs fois dans les évangiles, quand les frères de Jésus traînent Marie avec eux pour le faire taire. (suite…)

Il y avait, au temps d’Hérode le Grand, roi de Judée, un prêtre du groupe d’Abia, nommé Zacharie. Sa femme aussi était descendante d’Aaron ; elle s’appelait Élisabeth.
Ils étaient l’un et l’autre des justes devant Dieu : ils suivaient tous les commandements et les préceptes du Seigneur de façon irréprochable.
Ils n’avaient pas d’enfant, car Élisabeth était stérile et, de plus, ils étaient l’un et l’autre avancés en âge.
Or, tandis que Zacharie, durant la période attribuée aux prêtres de son groupe, assurait le service du culte devant Dieu,
il fut désigné par le sort, suivant l’usage des prêtres, pour aller offrir l’encens dans le sanctuaire du Seigneur.
Toute la multitude du peuple était en prière au dehors, à l’heure de l’offrande de l’encens.
L’ange du Seigneur lui apparut, debout à droite de l’autel de l’encens.
À sa vue, Zacharie fut bouleversé et la crainte le saisit.
L’ange lui dit : « Sois sans crainte, Zacharie, car ta supplication a été exaucée : ta femme Élisabeth mettra au monde pour toi un fils, et tu lui donneras le nom de Jean.
Tu seras dans la joie et l’allégresse, et beaucoup se réjouiront de sa naissance,
car il sera grand devant le Seigneur. Il ne boira pas de vin ni de boisson forte, et il sera rempli d’Esprit Saint dès le ventre de sa mère ;
il fera revenir de nombreux fils d’Israël au Seigneur leur Dieu ;
il marchera devant, en présence du Seigneur, avec l’esprit et la puissance du prophète Élie, pour faire revenir le cœur des pères vers leurs enfants, ramener les rebelles à la sagesse des justes, et préparer au Seigneur un peuple bien disposé. »
Alors Zacharie dit à l’ange : « Comment vais-je savoir que cela arrivera ? Moi, en effet, je suis un vieillard et ma femme est avancée en âge. »
L’ange lui répondit : « Je suis Gabriel et je me tiens en présence de Dieu. J’ai été envoyé pour te parler et pour t’annoncer cette bonne nouvelle.
Mais voici que tu seras réduit au silence et, jusqu’au jour où cela se réalisera, tu ne pourras plus parler, parce que tu n’as pas cru à mes paroles ; celles-ci s’accompliront en leur temps. »
Le peuple attendait Zacharie et s’étonnait qu’il s’attarde dans le sanctuaire.
Quand il sortit, il ne pouvait pas leur parler, et ils comprirent que, dans le sanctuaire, il avait eu une vision. Il leur faisait des signes et restait muet.
Lorsqu’il eut achevé son temps de service liturgique, il repartit chez lui.
Quelque temps plus tard, sa femme Élisabeth conçut un enfant. Pendant cinq mois, elle garda le secret. Elle se disait :
« Voilà ce que le Seigneur a fait pour moi, en ces jours où il a posé son regard pour effacer ce qui était ma honte devant les hommes. »

Luc 1,5-25
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Nous voilà en présence d’un prêtre de la maison d’Israël, Zacharie, qui doute, au cours de son service à l’autel, de la grâce qui a été la supplication de toute sa vie alors qu’elle lui est annoncée par un ange comme accordée dans le sanctuaire de Dieu. Il est aisé de mettre en opposition l’attitude du prêtre Zacharie, intercesseur incrédule, avec celle de la jeune Marie, qui n’avait rien demandé et qui croit spontanément aux paroles du même ange lui annonçant encore bien plus, pour elle, si humble en sa demeure.

Dieu ne reprend sa parole ni dans un cas, ni dans l’autre. Mais Zacharie sera frappé de mutisme jusqu’à la naissance de son fils Jean le Baptiste, parce qu’il n’a pas cru aux paroles du messager de Dieu.

Que d’exemples, tout au long de l’histoire biblique, de l’incrédulité d’hommes contrairement à la grande foi que de nombreuses figures bibliques féminines manifestent ! Des femmes stériles – la mère de Samson, Anne mère de Samuel, Elisabeth vont enfanter et malgré l’état avancé de leur stérilité, elles ont cru que ces prodiges allaient se réaliser.

Dans l’entourage de Jésus, on ne discerne aucune femme qui n’ait pas cru en lui, tandis que même ses disciples, de Pierre à Thomas, ont douté de ses dires ou de lui-même à un moment ou à un autre.
Et ce sont bien les gardiens masculins de sa tradition religieuse qui l’ont fait condamner à mort, tandis que Pilate, qui pouvait le sauver, « s’en lave les mains ». Et cette incrédulité vis-à-vis de Jésus se poursuit jusqu’après sa résurrection, puisque les disciples mettent sérieusement en doute le témoignage des femmes du matin de Pâques en pensant qu’elles délirent. (suite…)