Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

En ce temps-là, comme Jésus était en train de parler, une femme éleva la voix au milieu de la foule pour lui dire : « Heureuse la mère qui t’a porté en elle, et dont les seins t’ont nourri ! »
Alors Jésus lui déclara : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! »

Luc 11,27-28
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Il y a eu, au fil des siècles de l’Eglise, une certaine distorsion de cet extrait si important de l’Evangile. On n’en finit plus de prêcher sur l’écoute de Marie à l’Annonciation et sur le fait qu’elle ait médité les paroles de son Fils tout au long de son rôle éducatif à ses côtés. C’est tant et tant développé dans toutes les homélies catholiques que je n’ajouterai rien de plus à ce sujet-là.

« Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! »

Dans cette béatitude que Jésus ajoute à celles du Sermon sur la montagne, on sent toute l’humilité du Verbe de Dieu qui ne veut pas attirer les regards sur sa personne physique, mais les élargir jusqu’à Celui dont il vit et enseigne la Parole : Dieu son Père. Jésus décentre le discours de cette femme de sa propre personne pour l’inciter à écouter, méditer et garder les enseignements qu’il ne tient pas de sa chair, mais de sa filiation divine. Beaucoup de prédicateurs auraient à s’en inspirer, eux qui apprécient les regards tournés vers leurs personnes, les compliments voire les flatteries, eux qui prétendent parfois que lorsqu’ils prêchent, ce n’est plus leur propre parole que les fidèles entendent, mais la voix-même de l’Esprit Saint. J’ai toujours, pour ma part, trouvé pareille prétention fort orgueilleuse, car un sacrement de l’Ordre ou une mission de pasteur ne confèrent pas une infaillibilité en matière de prédication. Je peux même ajouter qu’après dix-huit mois dans une paroisse sans curé fixe, j’ai entendu et écouté attentivement toutes sortes d’homélies, et qu’à chaque fois, j’ai pu discerner dans ces méditations la personnalité profonde des très nombreux prêtres qui se sont succédé dimanche après dimanche au micro de nos églises… davantage, parfois, que le souffle de l’Esprit Saint. (suite…)

En ce temps-là, Jean, l’un des Douze, disait à Jésus : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser les démons en ton nom ; nous l’en avons empêché, car il n’est pas de ceux qui nous suivent. »
Jésus répondit : « Ne l’en empêchez pas, car celui qui fait un miracle en mon nom ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi ;
celui qui n’est pas contre nous est pour nous. »
Et celui qui vous donnera un verre d’eau au nom de votre appartenance au Christ, amen, je vous le dis, il ne restera pas sans récompense.
« Celui qui est un scandale, une occasion de chute, pour un seul de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’on le jette à la mer.
Et si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la. Mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux mains, là où le feu ne s’éteint pas.
Si ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le. Mieux vaut pour toi entrer estropié dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux pieds.
Si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le. Mieux vaut pour toi entrer borgne dans le royaume de Dieu que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux yeux,
là où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas.

Marc 9,38-43.45.47-48
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

On pourrait ouvrir les paris en ce dimanche où l’on médite en Eglise cet évangile qui, je le sais, incommode beaucoup de catholiques contemporains. D’aucuns rêveraient même d’en amputer les Ecritures. Et cependant, toute parole qui sort de la bouche du Christ Jésus est vérité, alors ne le soupçonnons pas d’avoir dit ceci et pas cela. Je pose la question : combien de fidèles ont-ils entendu prêcher, aujourd’hui, au sujet de la géhenne ? Jésus emploie pourtant ici le mot trois fois. Et la décrit sommairement : là où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas.

La géhenne est clairement, dans sa bouche, l’antithèse de la vie éternelle auprès de Lui.

La théologie contemporaine tend à gommer cette réalité de notre paysage spirituel. Combien de fois n’a-t-on pas entendu : « Si l’enfer existe, il est vide. » Je concède qu’il est peut-être vide dans ces temps où nous sommes et où le dernier avènement du Christ Roi n’a pas encore eu lieu. Le jugement des vivants et des morts est à venir, et l’on peut difficilement concevoir que des âmes se soient déjà condamnées à séjourner en un lieu qui n’existe peut-être pas encore. Je préfère toujours parler de sheol pour cet espace spirituel d’après la mort qu’endurent ceux qui n’ont pas eu part, faute d’avoir vécu – consciemment ou non – selon les commandements de l’Evangile au long de leur cheminement terrestre, aux cieux de la première résurrection, là où les rachetés intercèdent sans relâche pour nous aux côtés des bienheureux et de tous les saints. On rit souvent du purgatoire comme d’une idée dépassée. Je ne suis pas du tout de cet avis. Les âmes assez pures pour regarder le Christ dans les yeux au moment de leur passage par la mort ne sont pas si nombreuses. Il n’est qu’à méditer les mots de l’Epître de saint Jacques lus aussi aujourd’hui pour comprendre que les richesses, par exemple, peuvent ravager une âme au point de lui fermer pour un bon moment une réalité où tout est don et gratuité. (Jacques 5, 1-6)

Je peux passer pour une rabat-joie et je l’assume. Si le Christ avait dit au long de sa vie de prédication que le chemin vers le bonheur éternel est large et que la voie vers la géhenne est étroite, je me tairais. Mais il a dit tout l’inverse, et il serait bon de s’en souvenir (Matthieu 7, 13-14). (suite…)

Ceux qui méditent le mal se disent en eux-mêmes : « Attirons le juste dans un piège, car il nous contrarie, il s’oppose à nos entreprises, il nous reproche de désobéir à la loi de Dieu, et nous accuse d’infidélités à notre éducation.
Voyons si ses paroles sont vraies, regardons comment il en sortira.
Si le juste est fils de Dieu, Dieu l’assistera, et l’arrachera aux mains de ses adversaires.
Soumettons-le à des outrages et à des tourments ; nous saurons ce que vaut sa douceur, nous éprouverons sa patience.
Condamnons-le à une mort infâme, puisque, dit-il, quelqu’un interviendra pour lui. »

Sagesse 2,12.17-20

Textes liturgiques©AELF

Dans cet extrait de la Sagesse, livre sapiential que j’aime entre tous, nous voyons bien sûr la figure du Christ Jésus qui a si bien incarné ces quelques lignes.
Cependant, je ne suivrai pas aveuglément l’interprétation catholique quand elle affirme que Jésus est « la personnification de la Sagesse. » C’est lui ajouter encore une prérogative, Lui qui est déjà le Verbe de Dieu, et authentiquement son Fils, ce qui n’est pas peu.
La Sagesse qui court par tout ce Livre et par toute la Bible est évidemment une figure féminine. Salomon la choisit pour épouse, l’allégorie est parlante. De même qu’en grec cohabitent le Logos et la Sophia, on peut considérer dans un face à face le Verbe et la Sagesse, ou encore le Fils et la Ruah. N’amputons donc pas la Sagesse décrite par tout ce Livre de sa féminité.

Comme le Verbe de Dieu, elle souffre persécution par les impies, et parfois plus encore par les faux pieux. N’oublions pas que ce sont les dignitaires religieux du temps de Jésus qui ont fomenté sa mise à mort, davantage que les impies romains qui l’ont exécuté.

Ainsi de la Sagesse. Sa « mort infâme » n’est pas forcément une mort du corps exposé sur la place publique comme le fut celui de Notre Seigneur crucifié. Il existe des façons de mettre à mort l’âme féminine plus cachées et plus insidieuses. Commencer par professer que la Sagesse, c’est le Fils de Dieu, et lui donner de ce fait des attributs masculins. Nommer encore l’Esprit Saint, qui est Personne au même titre que le Fils, au masculin. Fabriquer ainsi une conception toute masculine de la Trinité sainte. Que personne n’en soit étonné : les scribes et les Docteurs, quelle que soit leur appartenance religieuse, ont toujours tiré la couverture à eux-mêmes, qui cultivaient et cultivent encore bien trop l’entre-soi masculin. (suite…)

En ce temps-là, Jésus s’en alla, ainsi que ses disciples, vers les villages situés aux environs de Césarée-de-Philippe. Chemin faisant, il interrogeait ses disciples : « Au dire des gens, qui suis-je?»
Ils lui répondirent : « Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un des prophètes. »
Et lui les interrogeait : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre, prenant la parole, lui dit : « Tu es le Christ. »
Alors, il leur défendit vivement de parler de lui à personne.
Il commença à leur enseigner qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite.
Jésus disait cette parole ouvertement. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches.
Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »
Appelant la foule avec ses disciples, il leur dit : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera.

Marc 8,27-35
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

La question de Jésus s’adresse bien sûr à chacun d’entre nous, en son for intérieur, et peut-être d’autant plus que l’Eglise qui prétendait être seule missionnée à l’annoncer se trouve aujourd’hui embourbée dans d’interminables scandales et divisions qui la privent d’une très grande part de sa crédibilité. Alors oui, c’est le moment d’interroger le cœur-même de notre foi, de nous demander ce qu’il en reste d’essentiel, en ces temps où l’on porte presque comme une honte sa fidélité au Seigneur et à son baptême dans la pratique catholique.

« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »

Ce matin, si on m’avait offert la possibilité de le faire pendant l’office religieux qui s’est déroulé avec un diacre en l’absence de prêtre, je crois qu’après la courte mais belle homélie, j’aurais pu dire à haute voix devant mes amis paroissiens qui est Jésus pour moi. Je leur aurais dit que je ne venais pas seule à la messe tous les dimanches depuis quatorze ans par défaut de mari ou de nouveau compagnon mais par plénitude, pour y retrouver Celui qui m’y attend, qui s’y donne à nous, qui me comble semaine après semaine de la joie de Le retrouver dans cette belle communion d’amour qu’est l’Eucharistie. Je leur aurais dit que j’avais l’air de venir seule, mais que je ne l’étais pas, le Christ Jésus remplissant ma vie et mon cœur d’une manière bien plus comblante que ne pourrait le faire un homme debout à mes côtés et compagnon de vie quotidienne. Car ce que j’en dis, moi, c’est que mon compagnon de vie, c’est Lui, Jésus, et pour l’éternité. Donnée à Lui, je le suis, et ce qui est plus difficile à recevoir car la jalousie spirituelle est toujours là, tapie non loin du cœur qui se sait aimé, c’est que donné à moi, Il l’est aussi. Non, je ne suis jamais seule avec sa présence évidente et ineffable en moi et auprès de moi.

Alors aujourd’hui, qu’il me soit permis de pousser un peu plus loin la question de Jésus. Le Christ sait qui Il est. Ce qui l’interroge, c’est de savoir ce que la multitude et ses plus proches comprennent de Lui. Ce qui le préoccupe, c’est de savoir jusqu’où son rayonnement divin entraîne le cœur et l’intelligence de ses contemporains. Non pas pour s’en glorifier Lui-même – il sait qu’Il marche vers la croix – mais pour vérifier si le cœur de l’homme est capable, ou pas, de s’ouvrir à la Parole de Vérité qui vient de Dieu et de l’identifier. Vérité qui, dans l’héritage fidèle de Jésus, se diffuse aujourd’hui par le canal de l’Esprit Saint.

« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »

Frères,
au nom du Seigneur Jésus Christ,
nous vous ordonnons
d’éviter tout frère qui mène une vie désordonnée
et ne suit pas la tradition que vous avez reçue de nous.
Vous savez bien, vous,
ce qu’il faut faire pour nous imiter.
Nous n’avons pas vécu parmi vous de façon désordonnée ;
et le pain que nous avons mangé,
nous ne l’avons pas reçu gratuitement.
Au contraire, dans la peine et la fatigue, nuit et jour,
nous avons travaillé pour n’être à la charge d’aucun d’entre vous.
Bien sûr, nous avons le droit d’être à charge,
mais nous avons voulu être pour vous un modèle à imiter.
Et quand nous étions chez vous,
nous vous donnions cet ordre :
si quelqu’un ne veut pas travailler,
qu’il ne mange pas non plus.
Que le Seigneur de la paix vous donne lui-même la paix,
en tout temps et de toute manière.
Que le Seigneur soit avec vous tous.
La salutation est de ma main à moi, Paul.
Je signe de cette façon toutes mes lettres,
c’est mon écriture.
Que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ
soit avec vous tous.

2 Thessaloniciens 3, 6-10.16-18

Textes liturgiques©AELF

Si je me fais un peu rare sur ce site, c’est que je ne suis à la charge de personne et que je travaille tout le jour pour gagner mon pain et celui de ma dernière fille. Cette petite boutade mise à part, je voudrais prendre le temps aujourd’hui de m’arrêter un peu sur les écrits de l’Apôtre Paul, non seulement cet extrait mais l’ensemble de son œuvre écrite.

Dans l’extrait d’aujourd’hui, il y a du bon sens, même si je reconnais qu’il est un peu difficile à recevoir en ces temps de chômage endémique. L’essentiel devrait être, pour chacun, de « vouloir travailler », jusqu’à l’âge où la société rend au retraité ce qui lui est dû. J’entends bien que « travailler » peut aussi signifier prendre soin de sa famille au long des jours. J’ai été mère au foyer pendant cinq ans, et je sais qu’il n’y a pas tâche plus exigeante et malheureusement souvent plus ingrate. La société ne rend d’ailleurs rien du tout à la femme qui s’est dévouée à cette tâche, l’heure de la retraite venue, mais cela est un autre débat. (suite…)