Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

En ce temps-là, laissant les foules, Jésus vint à la maison. Ses disciples s’approchèrent et lui dirent : « Explique-nous clairement la parabole de l’ivraie dans le champ. »
Il leur répondit : « Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme ;
le champ, c’est le monde ; le bon grain, ce sont les fils du Royaume ; l’ivraie, ce sont les fils du Mauvais.
L’ennemi qui l’a semée, c’est le diable ; la moisson, c’est la fin du monde ; les moissonneurs, ce sont les anges.
De même que l’on enlève l’ivraie pour la jeter au feu, ainsi en sera-t-il à la fin du monde.
Le Fils de l’homme enverra ses anges, et ils enlèveront de son Royaume toutes les causes de chute et ceux qui font le mal ;
ils les jetteront dans la fournaise : là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.
Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »

Matthieu 13,36-43
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Un extrait d’évangile difficile à entendre de nos jours, à tel point que je ne me souviens que d’homélies à son sujet qui donnent dans la psychologie : chacun de nous a en soi du bon grain et de l’ivraie, et la moisson, ce sera de brûler devant la face du Christ le reste de nos péchés au moment de notre mort pour ne laisser entrer en son Royaume que le bon grain de nos vies… Cela me semble un peu facile, voire une fuite devant la réalité de la parole du Seigneur Jésus. Mais si j’ose une autre opinion, on va me reprocher d’être prompte à juger mon prochain, Dieu étant seul juge entre le bon grain et l’ivraie…
A force de tenir ce discours un peu lénifiant, je constate que nos contemporains ne s’interrogent plus vraiment sur l’au-delà de la mort, et encore moins sur ce qui adviendra au retour du Christ en Gloire « pour la moisson » à la fin des temps.
Une amie résolument non chrétienne m’écrivait récemment : « Et s’il y a quelque chose après la mort, tant mieux, ce sera une bonne surprise ! »
Là, je suis désolée,  mais on est encore dans du Polnareff : « On ira tous au paradis ».

J’ai l’heur d’avoir des oreilles, et d’entendre ce que Jésus nous a dit et répété. Il ne reprend jamais sa parole.
Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père.
Les justes !
Jésus ne parle pas ici de ceux qui ont passé leur vie à semer de l’ivraie dans les champs du monde. Ni de ceux qui « ont de la religion » non plus, d’ailleurs. Non, des justes. J’aime à prendre ce terme au sens que, par exemple, les Juifs y mettent.

Illustration : Constantin Meunier     La moisson      XIXe     Musée d’Orsay, Paris

C’est ton peuple, Seigneur, qu’ils piétinent,
et ton domaine qu’ils écrasent ;
ils massacrent la veuve et l’étranger,
ils assassinent l’orphelin.

Ils disent : « Le Seigneur ne voit pas,
le Dieu de Jacob ne sait pas ! »
Sachez-le, esprits vraiment stupides ;
insensés, comprendrez-vous un jour ?

Lui qui forma l’oreille, il n’entendrait pas ?
il a façonné l’œil, et il ne verrait pas ?
il a puni des peuples et ne châtierait plus,
lui qui donne aux hommes la connaissance ?

Le Seigneur ne délaisse pas son peuple,
il n’abandonne pas son domaine :
on jugera de nouveau selon la justice ;
tous les hommes droits applaudiront.

Ps 93 (94), 5-6, 7-8, 9-10, 14-15
Textes liturgiques©AELF

On pourrait dire que les Psaumes ne sont parfois qu’émanation humaine qui appelle Dieu à la vengeance. On pourrait. Et encore l’Eglise, dans la liturgie du jour, omet-elle des strophes plus vindicatives que celles-ci dans ce Psaume 93 (94). Mais s’il en était ainsi, pourquoi les Psaumes seraient-il si présents dans la prière de l’Eglise : prière des heures pour les religieux, liturgie quotidienne ?
Les Psaumes nous parlent, à nous humains, oui, mais ils parlent aussi à Dieu, ils parlent aussi de Dieu ! Et ce n’est pas parce que le Christ Jésus s’est montré puits de miséricorde qu’en Dieu, le versant justice est aboli ! Je n’apprécie pas les discours chrétiens qui tendent à considérer le Premier Testament comme caduc au profit du Nouveau. Notre foi doit être équilibrée sur la totalité des Ecritures.

Je lis parfois, ici ou là, que le Dieu de l’Ancien Testament est un Dieu jaloux et vengeur, et que Jésus et lui seul en aurait montré le vrai visage, doux et miséricordieux. Je vais encore remettre en question certaines doctrines catholiques. Pour moi, et je suis ferme dans ce que je dis – non pas par ignorance du dogme mais par connaissance intime de bien des mystères de la Trinité Sainte – le Christ Jésus n’est pas Dieu incarné à lui tout seul : du Dieu Trinité, il est la Deuxième Personne, et seulement la Deuxième Personne. Je crois que c’est un abus de langage de dire, à Noël, que « Dieu est descendu du Ciel ». Certes, le Verbe de Dieu préexistait à tout. Et il s’est incarné dans le sein de Marie, vierge, prenant de la substance de la chair de Marie et mystérieusement, procédant du Père. Il n’y a que l’homme mâle en tant que géniteur qui soit absent de cette conception. Mais Jésus Christ est bien le Fils de Marie, ce qu’il n’avait pas en chair humaine aux côtés du Père, il l’a tissé dans la matrice de Marie, comme tout fœtus humain. Marie a donné naissance à un nourrisson dont le sexe est par mystère masculin – ce n’est pas de sa mère qu’il tient cette masculinité, nous femmes ne savons donner qu’un chromosome sexuel « x ». (suite…)

En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Le disciple n’est pas au-dessus de son maître, ni le serviteur au-dessus de son seigneur.
Il suffit que le disciple soit comme son maître, et le serviteur, comme son seigneur. Si les gens ont traité de Béelzéboul le maître de maison, ce sera bien pire pour ceux de sa maison.
Ne craignez donc pas ces gens-là ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu.
Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits.
Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps.
Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille.
Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés.
Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux.
Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux.
Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. »

Matthieu 10,24-33
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Je voudrais aujourd’hui m’attarder sur les deux derniers versets de cet extrait d’Evangile, et ne pas faire comme si Jésus n’avait jamais prononcé ces paroles.
Par deux fois, il parle bien de se déclarer pour lui « devant les hommes » ou de le renier « devant les hommes ». Il s’agit donc de l’attitude que nous adoptons au cours de notre vie, et non à l’instant de notre mort. De curieux théologiens prétendent de nos jours qu’à cet instant, nous bénéficions d’une « vision béatifique » du Seigneur qui nous encourage à nous jeter dans ses bras. Il me semble que « Tout est pardonné » est un titre satirique de Charlie Hebdo au lendemain des attentats, et non une parole toute faite dans la bouche du Christ, hormis à l’occasion du sacrement de la réconciliation demandé dans la foi et le repentir au cours de notre vie terrestre. Pardon du Seigneur donné pour que nous poursuivions une vie plus sainte, dans une grande gratitude pour sa miséricorde. « Va, et désormais ne pèche plus. » (Jean 8, 11). Et si nous chutons encore, revenir vers ce merveilleux sacrement, pas comme vers un coup d’éponge, mais dans la volonté de cheminer toujours davantage aux côtés du Seigneur, en vivant de sa Parole et des commandements de l’Evangile.

Nous voilà donc prévenus : il faut se déclarer pour lui devant les hommes. Je reconnais que ce n’est pas facile, surtout au pays qui commémore aujourd’hui le triomphe de la Révolution française dans la prise de la Bastille. Tout un chacun doit ici respect à la République. C’est une bonne chose, mais ces dernières années, on n’a que trop voulu repousser la foi dans le domaine de la sphère privée. (suite…)

En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Voici que moi, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et candides comme les colombes.
Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront dans leurs synagogues.
Vous serez conduits devant des gouverneurs et des rois à cause de moi : il y aura là un témoignage pour eux et pour les païens.
Quand on vous livrera, ne vous inquiétez pas de savoir ce que vous direz ni comment vous le direz : ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là.
Car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous.
Le frère livrera son frère à la mort, et le père, son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mettre à mort.
Vous serez détestés de tous à cause de mon nom ; mais celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé. »
Quand on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre. Amen, je vous le dis : vous n’aurez pas fini de passer dans toutes les villes d’Israël quand le Fils de l’homme viendra. »

Matthieu 10,16-23
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Il est bon de bien se remettre en mémoire ces paroles du Christ Jésus.
Quand on est touché un jour par la grâce de l’Esprit, on a souvent la naïveté de croire que cette grâce sera contagieuse et que le témoignage nous vaudra du respect voire de la renommée.
Or en Dieu, les choses ne se passent pas du tout de cette façon-là. Le monde est souvent hermétique à la grâce de l’Esprit Saint, de cela nous pouvons nous douter à l’avance. Le témoignage vers le monde est toujours difficile, source au mieux de moqueries, au pire de persécution. Dans certains pays ce sera une persécution corporelle, dans nos nations plus permissives mais impies, un renvoi vers la psychiatrie. (suite…)

Ainsi parle le Seigneur : Mon épouse infidèle, je vais la séduire, je vais l’entraîner jusqu’au désert, et je lui parlerai cœur à cœur.
Là, elle me répondra comme au temps de sa jeunesse, au jour où elle est sortie du pays d’Égypte.
En ce jour-là – oracle du Seigneur –, voici ce qui arrivera : Tu m’appelleras : « Mon époux » et non plus : « Mon Baal » (c’est-à-dire « mon maître »).
Je ferai de toi mon épouse pour toujours, je ferai de toi mon épouse dans la justice et le droit, dans la fidélité et la tendresse ;
je ferai de toi mon épouse dans la loyauté, et tu connaîtras le Seigneur.

Osée 2,16.17b-18.21-22
Textes liturgiques©AELF

Accueillir les textes bibliques, même ceux du Premier Testament, dans l’aujourd’hui de nos vies…
Le Livre d’Osée me bouleverse depuis de longues années. Je le trouve d’une beauté et d’une justesse saisissantes, en particulier cet extrait donné à la liturgie d’aujourd’hui.
Essayons de sortir de l’exégèse, de l’analyse historique du texte. Prenons-le vraiment comme la Parole de Dieu, qui n’est jamais obsolète. Prenons-le comme un message intemporel qui s’adresse aux croyants d’aujourd’hui, à ce chrétien que tu es peut-être, ami lecteur.
Personnellement, ce texte me parle au plus intime de mon cœur, de mon âme et de ma chair, et ce depuis une vingtaine d’années. J’en ai même choisi un extrait comme titre de l’un des chapitres de mon témoignage « Histoire d’une foi ».
Oh, je n’ai jamais été une épouse infidèle, je n’ai jamais été une femme vénale. Jamais. Mais infidèle à mon Seigneur, oui peut-être, pendant ces quinze années de doute qui ont miné mon passage à l’âge adulte. Infidèle peut-être à l’appel très fort qui reposait sur moi, depuis l’instant de mon baptême à quelques jours et sans doute même depuis l’instant de ma conception dans le sein d’une mère qui ne me désirait pas, épuisée déjà par trois grossesses antérieures en peu d’années de mariage. Oui, un appel reposait sur moi.

A 16 ans, je me suis interrogée sur la vie religieuse, mais à cet âge-là, ce n’était pas ma vocation. Ma chair hurlait vers la vie de femme et de mère. (suite…)