Elles seront belles. Nous avons choisi leurs tenues avec soin. L’espace d’une journée, elles paraîtront des jumelles. Tout en bleu, comme leurs yeux. Elégantes et féminines. Elles seront belles sur les photos, belles quand elles danseront pour eux, belles de cette beauté qui n’est pas que de surface. Je peux les imaginer, c’est moi qui ai fait tout le shopping avec elles, et les premières photos dans la joie d’avoir trouvé ce qu’elles espéraient. J’ai découpé avec soin le satin de leurs ceintures blanches.
Ça m’occupe, au loin, cette pensée de les savoir ravissantes aujourd’hui. Une petite victoire sur un événement que je n’étais pas pressée de voir arriver. Une petite revanche, une douce consolation.
Voilà, c’est maintenant. Lui dans son plus beau costume et elle en blanc. Un “Oui” comme un coup de correcteur sur celui qu’il m’avait donné il y a vingt-cinq ans. A vrai dire, je ne comprends pas très bien le sens d’un oui qu’on donne au final plusieurs fois. L’engouement pour une fête qui se superpose sur le souvenir d’une autre. C’est vrai, je ne comprends pas très bien.
Mais je pense à mes filles, à nos filles. Leur existence bien réelle, leur aura sur la photo.
Peu importe, finalement, si elles ne font que sublimer la beauté de la mariée.
Elles sont belles.
Elles sont. Leur frère aussi.
Et il n’y aura jamais de coup de correcteur blanc sur leur présence au monde, pour un autre oui, naguère.
