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Etre femme et aimer le Christ

17 mars 2012 | Publié par Véronique Belen dans Blog

Une conversation avec une amie sur un forum au sujet des femmes et de l’Evangile m’a inspiré ce billet. Je ne prétends pas être représentative de toutes les femmes, je suis mère de famille, je travaille et je suis divorcée, et en outre catholique pratiquante, ce qui est plutôt rare de nos jours. Donc toute ma vision des choses est inspirée par ma propre situation. Il n’en reste pas moins que je trouve  que l’Evangile est un véritable plaidoyer pour la dignité de la femme. Jésus prenait beaucoup de risques en se rangeant toujours du côté des femmes pour prendre leur défense, mais il l’a fait.

Quant à voir en quoi le christianisme reconnaît la femme pour sa spécificité, je crois qu’il faut se dépouiller un peu de l’image que renvoie l’Eglise dans la société, surtout quand on la voit de l’extérieur, à travers une presse caricaturale.

Il ne s’agit pas tant de ne reconnaître en la femme que la dignité de la mère, accomplie quand elle se consacre à ses enfants. Non, cela va plus loin. Car dans tout ce que je vis personnellement, dans une prière intense, je sais que je suis acceptée par Dieu dans le fait que je sois une mère qui travaille. Je sais même que si j’ai eu cette intuition profonde de reprendre le travail après la petite enfance de mes trois enfants, c’était pour me sortir de la dépression qui me guettait à chaque fois que je n’avais plus cette stabilité de mon rôle social par mon métier, et pour pouvoir m’assumer seule aujourd’hui.

Ce que le christianisme concède à la femme, c’est une manière différente d’aimer Jésus. Nous pouvons aimer l’homme Jésus amoureusement en notre qualité de femme. Les plus grandes mystiques, sainte Thérèse d’Avila, Hadewijch d’Anvers, Elisabeth de la Trinité, Thérèse de Lisieux étaient profondément amoureuses du Christ. Moi aussi je le suis. Et le Christ a entraîné ce qui était très mal perçu dans le monde juif et païen au début : une consécration à sa personne dans le célibat, voire la virginité. Si les premières « vierges pour le Seigneur » ont été tellement martyrisées, c’est bien parce que les hommes de leur temps ne supportaient pas ces femmes qui leur échappaient. Que l’amour pour un Dieu puisse surpasser notre nature qui nous pousse vers les hommes et jusqu’à donner la vie, c’était inacceptable dans les débuts du christianisme. Et c’est encore le sujet de tous les sarcasmes aujourd’hui, de toutes les moqueries que subissent les religieuses.

Même les hommes d’Eglise ont un peu de mal à comprendre ça, et souvent les mystiques ont été un peu persécutées par leurs directeurs de conscience, qui voyaient trop d’amour humain dans leur attachement à Jésus, imaginaient de la faiblesse coupable là où il n’y avait que de l’amour. D’ailleurs, je ne sais pas si c’est encore le cas aujourd’hui, les carmélites n’avaient droit dans leur chambre qu’à un crucifix sans le corps du Christ dessus. J’en serais bien malheureuse, moi qui aime m’abîmer dans la contemplation du Christ en croix.

J’ai compris aussi une autre différence fondamentale entre l’homme et la femme : les hommes sont des orateurs bien plus compétents que nous (je veux dire pour la manière de faire un discours, pas forcément pour le contenu). Personnellement, je suis très mal à l’aise à l’oral, assez timide devant un grand groupe, mais tout ce que je n’ai pas eu en talent oratoire, je l’ai eu en talent littéraire. Par l’écrit,  je peux pleinement m’exprimer. Et pour cette raison entre autres, je ne suis pas de celles qui militent pour l’accès des femmes à la prêtrise.

Hier soir, je suis allée écouter la conférence de carême de notre Archevêque. Un vrai bonheur. D’une part, je suis en accord profond avec ce qu’il a exprimé sur le thème de sa conférence : la nécessité de la nouvelle évangélisation, mais en nous laissant évangéliser nous-mêmes d’abord, et d’autre part parce qu’il a un grand talent de parole, une belle gestuelle, j’aurais pu l’écouter encore une heure sans me lasser. Il a une manière incomparable de faire passer sa grande foi dans son discours.

Ce n’est pas forcément à ça que nous autres femmes sommes appelées. Mais en même temps l’Eglise aurait grand tort de ne pas nous entendre sur ce que nous avons à dire sur Jésus, l’Evangile et l’Eglise, sur les prises de position sociales et familiales de l’Eglise qui vont souvent à notre encontre… Alors, à défaut de nous écouter, qu’on nous lise !

Image : Le Christ dans la maison de Marthe et Marie, Jan Vermeer

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22 commentaires

  • Betelgeuse says:

    Exact: peux-tu indiquer aussi, courageusement et honnêtement, que c’est parce que tu me bloques que je suis obligée de prendre d’autres pseudos, et d’autres adresses ? Si tu ne le fais pas, c’est que tu n’as de chrétienne que le nom. Je prie pour ton âme.

  • Véronique says:

    Je précise pour ceux qui ne comprendraient pas : Florence et Betelgeuse sont une seule et même personne…

  • Betelgeuse says:

    Génial , ce blog où l’on coupe la parole à qui ne vous plait pas. Elle est belle, la foi de véronique belen, mdr. On sent que le partage est à sens unique.

  • Florence says:

    Une sainte qui menace: en voilà un vilain visage. Ne crains rien , on peut se retrouver au détour d’un forum et je dévoilerai ta véritable nature. D’ailleurs beaucoup l’ont comprise déjà, et m’en avaient avertie.

  • Florence says:

    Comme c’est formidable un blog saint, comme le tien ,qui choisit qui doit ou qui ne doit pas lire…. Je ne suis vierge que de corps, -et encore, de justesse, car j’ai été très courtisée !- et certainement pas d’esprit , comme chacun le voit …et j’accepte comme chrétien tout autre état de vie. La vie n’a été tendre avec personne, je crois, pas plus avec toi qu’avec moi. Tout être humain, dans sa fragilité , est infiniment blessé , précisément parce qu’il est humain. Je n’aurais garde de comparer personne avec personne. Merci de m’apporter ton aide, à moi qui chemine avec difficulté à la suite de Jésus. Je ne vis pas ma foi en dehors de toute Eglise , je la vis dans l’Eglise catholique romaine. Il se trouve que l’église, avec un petit e – l’église de pierres, le bâtiment- de ma paroisse est actuellement indisponible, et que je n’ai pas la facilité d’aller ailleurs , pour des raisons de santé . Qui a dit que je ne te supportais pas ? Pas moi. Tu confonds opposition et correction fraternelle. Merci d’ailleurs pour cet échange si fructueux qui me permet d’avancer à la suite de Jésus. Mon identité, chère Véronique, c ‘est Françoise. Tu avais l’air si fort en colère , l’autre jour,que j’aie eu le temps de te répondre sur ton blog contrairement à ce que je t’avais dit sur Facebook, pensant manquer de loisir, que je n’ai pas osé affronté ton courroux, et que ta férocité m’a contrainte au mensonge, pour éviter seulement d’avoir à me justifier pour rien. Tu vois, la sainteté devrait parfois s’entourer de délicatesse, sinon, elle contraint de braves âmes à fuir et à se cacher, du moins quand elle s’accompagne de fureur angoissante. Bon dimanche !



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