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Fatiguée des faux docteurs et des faux prophètes

18 juin 2016 | Publié par Véronique Belen dans Blog

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Je pourrais les éviter. Oui, certes. Mais ils se trouvent toujours en travers de mon chemin. Je pourrais les ignorer. Oui, certes, mais quand je les vois faire des adeptes par milliers, je suis révoltée que leurs fausses doctrines et leurs fausses « révélations » se répandent comme des traînées de poudre. Je pourrais abandonner en confiance leur sort au discernement de l’Eglise. Oui, certes, mais depuis presque vingt ans que la question me préoccupe, je constate la lenteur voire la mollesse de l’Eglise à leur égard. Comment expliquer que ceux-là aient toujours une cour de catholiques pour les écouter, les flatter et les suivre ? Comment expliquer que des consacrés, parfois éminents, leur emboîtent le pas et fassent la promotion de leurs écrits, de leurs « messages », de leurs conférences, de leurs vidéos jetées sur le net en pâture à des âmes pas toujours solides dans leur connaissance de Dieu et des Ecritures ?

J’en suis fatiguée et consternée. C’est un sujet qui ne peut me laisser indifférente, car je sais comme la quête de Dieu peut être longue et difficile, et comme on peut se faire piéger par ces faux docteurs et faux prophètes toujours persuasifs, en quête de sainteté d’apparence, champions du jeûne, de l’observance, de la prière emphatique et simulant la soumission à l’Eglise jusqu’à l’orgueil de se croire infaillibles en professant qu’elle l’est.

Par bonheur, par chance, par grâce, j’ai toujours été préservée de leur influence. Là où d’autres se laissent gagner à leur sujet par le questionnement spirituel et la tentation de les croire, je les « flaire » de loin, je n’ai aucun besoin de lire leurs œuvres fleuve en entier pour les débusquer : quelques passages clé me suffisent en général pour saisir l’incompatibilité de leurs assertions avec l’Esprit du Christ.

L’une de ces clés, par exemple, c’est de charger encore et encore la femme des pires des péchés. Là où ils sont pleins de mansuétude pour les péchés masculins, considérés souvent comme dus à la faiblesse de leur chair, les faux docteurs et les faux prophètes pointent du doigt les horreurs incommensurables commises de nos jours par les femmes, désignées par eux promptement comme responsables de tous les maux depuis les origines. D’un côté, ils dénoncent le travail féminin qui aurait conduit la société à la dérive dans laquelle elle se trouve, d’un autre côté, ils font des héros de sainteté des super convertis à la vie antérieure plus que trouble et parfois criminelle…

J’ai de la colère contre eux, oui. Parce qu’à une époque de délitement spirituel, ils ont une responsabilité grave dans la radicalisation d’une partie de l’Eglise catholique et la confusion du message évangélique qu’ils engendrent. J’ai encore plus de colère quand ils se permettent de « faire parler » le Christ Jésus ou la Vierge Marie d’une manière à la fois sirupeuse et accusatrice. C’est mièvre mais sournoisement culpabilisant, surtout, je le souligne à nouveau, à l’encontre des femmes. Ces « locutions » sont toujours bavardes et étrangement narcissiques, nous brossant un tableau consternant du Christ et de sa mère – en outre égarés dans une fusion ridiculement œdipienne.

Alors, que cela plaise ou non, je poursuivrai mon combat contre leur œuvre de mensonge dont ils sont rarement pleinement conscients. Mais néanmoins, le mal, par eux, est déjà fait.

Image : Balaam et l’ange    Gustav Jaeger, 1836

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5 commentaires

  • Madeleine says:

    Bonjour Véronique,

    J’ai vécu la même chose pendant des années, avec Jean-Yves Leloup précisément. Je le croyais théologien, prêtre, thérapeute, bref… tout ce qu’il disait être. J’étais même amoureuse de lui, comme n’importe quelle disciple de n’importe quel gourou « charismatique ». Au fil des années, j’ai découvert un faussaire, un business-man du spirituel qui demande 400 euros pour 4 jours pour entendre ses logorrhées (vous ajoutez encore 400 euros pour manger dormir), et un mégalomaniaque perdu dans ses projections, à la place d’un thérapeute.

    MAIS… c’est grâce à lui et à ses délires sur Marie-Madeleine que j’ai décidé il y a quelques années de faire mon blog, pour montrer combien elle était une femme noble et érudite au lieu de la femme pécheresse qu’il s’évertuait à décrire (dans son livre innommable « une femme innombrable », par exemple).

    Alors moi aussi je suis contre ces faux prophètes, ces antichrists, ces Judas, mais j’ai compris qu’ils sont utiles à nous montrer l’anti-voie, quand Jésus nous montre la voie.

    Cordialement,
    Madeleine

    • Véronique Belen says:

      Bonjour Madeleine,

      Je ne pensais pas à cette personne, dont j’ai lu quelques livres, en écrivant cet article, mais comme vous, je n’aime pas beaucoup que la spiritualité devienne un business. Et dans « L’évangile de Marie » par exemple j’avais relevé quelques incohérences.
      Si vous vous intéressez à Marie de Magdala, pensez-vous aussi, comme moi, qu’elle est tout à fait distincte de Marie de Béthanie ?

      Cordialement,

      • Madeleine says:

        J’ai lu vos différents articles « passionnés » sur Marie de Béthanie. Il est tentant de penser qu’elle est la même femme que Marie la Madeleine mais je pense comme vous que c’est une femme différente, et cela pour une raison très simple : tous les évangiles parlent de, soit « une femme », soit « Marie » de Béthanie. Et ces mêmes évangiles, tous sans exception, parlent aussi de Marie la Madeleine, nommément. S’il s’agissait de la même femme, il n’y a pas de raison qu’ils n’aient pas écrit qu’à Béthanie se trouvait Marie la Madeleine.

        Bien sûr, nous sommes d’accord que la femme chez Simon le pharisien n’a rien à voir avec Marie de Béthanie : ni au même endroit, ni à la même époque…

        *******

        Quant au business de certains « prêtres », il est en totale contradiction avec la parole de Jésus qui a dit : « vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. » On ne peut pas se dire prêtre orthodoxe et ne pas suivre l’enseignement de Jésus, n’est-ce-pas ?

        • Véronique Belen says:

          Oui Madeleine, d’accord avec vous. « L’ouvrier mérite son salaire », mais dès que le « témoin » du Christ commence à vendre force livres, CD et DVD, monnaye ses prestations ici ou là, personnellement, je me méfie…

          • Madeleine says:

            C’est surtout que Jésus savait que l’on ne peut pas être payé deux fois, par Mammon + par Dieu. Si un prêtre se vide, par un enseignement donné par exemple, alors la Loi de l’Univers veut que ce vide soit comblé.

            Si Mammon le remplit, alors Dieu voit qu’il est plein et ne fait rien. Si Mammon ne le remplit pas, alors Dieu voit qu’il s’est vidé et qu’il faut le remplir. Alors Dieu le remplit d’Esprit et ce prêtre devient de plus en plus « pneumatique ».

            Si Mammon le remplit, il aura de l’argent mais s’appauvrira en esprit. Si Dieu le remplit, il sera pauvre mais enrichi d’esprit. C’est un choix à faire, sachant qu’on ne sera pas pesé, à notre mort, sur notre bourse, mais sur notre esprit… C’est le choix du court terme sur terre ou du long terme au ciel, de la mortalité ou de l’éternité.



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