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Les pieds dans la controverse

14 janvier 2017 | Publié par Véronique Belen dans Blog

C’est cyclique, ça revient comme un mauvais rêve ou un serpent de mer. Les adeptes des faux voyants et des faux mystiques fourbissent leurs arguments pour tenter de nous convertir à leur idole révélée.
Je lasse peut-être mes lecteurs avec ce thème. Mais il revêt pour moi, et je le crois, pour la foi et l’Eglise, une importance capitale.
Jamais sans doute l’histoire de l’Eglise n’a été aussi polluée par les fausses révélations qu’en ces temps où nous sommes. Le web permet une diffusion rapide des « messages » des fausses apparitions et la vulgarisation d’œuvres fleuves de fausses mystiques que leurs défenseurs les plus acharnés mettent en ligne.
Ainsi, les logorrhées interminables de Maria Valtorta sont-elles à la mode dans une certaine frange de l’Eglise catholique. Attention, je touche à un point sensible et sans doute les loups vont-ils encore sortir du bois !
Peu m’importe.
Je ne vais certainement pas faire une « exégèse » de la production de Maria Valtorta. J’en ai lu des extraits, qui tous me donnent la nausée : son insupportable style sirupeux, et surtout, son Jésus méconnaissable, prêchi-prêcha, imbu de sa personne, moralisateur – surtout avec les femmes -, insupportablement bavard… Rien à voir avec le Christ que je connais au plus intime de mon âme et évidemment dans les Evangiles canoniques, ce Fils de Dieu efficace en toute parole, doux et humble de cœur, infiniment respectueux de la partenaire féminine qu’il a en face de Lui, mais intransigeant avec les faux pieux, les docteurs de la Loi qui négligent la quintessence de la Parole de Dieu, les dévots hypocrites et tous les falsificateurs de sa Bonne Nouvelle.

Alors oui, j’assume absolument une opinion ouverte sur cette question qui est un vrai cancer pour l’Eglise contemporaine : je ne crois ni aux apparitions de Medjugorje, ni aux palabres de Maria Valtorta, ni aux fausses mystiques qui gravitent en orbite autour de ces deux phénomènes ravageurs en y cherchant une caution.

J’ai le cœur serré par un regret immense : cette pleutrerie du Vatican qui aurait dû s’exprimer il y a presque deux ans sur Medjugorje, et qui cède dans le silence aux pressions terribles de ce lobby. Tant d’argent en jeu ! Tant de vocations et de retours vers l’Eglise, arguent-ils !

Mais vers quelle Eglise, dites-moi ? Celle qui est déjà définitivement divisée sur cette question et qui ne trouvera plus le sens premier de l’Evangile pour demeurer cohérente ?

L’Esprit de Vérité est discret et caché. Il se donne à qui Il veut, pour procurer le discernement, et une des grandes erreurs de l’Eglise a sans doute été, dans cette affaire, de ne donner le pouvoir de décision qu’à des doctes et des savants, et bien sûr exclusivement à des hommes, entre eux. Le résultat, lamentable, est devant nos yeux : Medjugorje prospère, Maria Valtorta égare de plus en plus de monde, et personne n’a plus le courage de mettre un terme à cette vaste mystification qui travestit totalement le Visage du Christ Jésus et de sa mère.

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1 commentaire

  • Eleison says:

    Bonjour Véronique,

    Je trouve ici l’écho d’une guerre homérique dans laquelle nous nous sommes retrouvés récemment sous la même bannière sur le champ de bataille du « Docteur Angélique » :
    http://docteurangelique.forumactif.com/t22081p350-maria-valtorta-veritable-bombe-a-retardement

    Je n’ai pas voulu tout dire sur ce site de ce que je pense et ressens profondément à ce sujet : cela aurait pu être trop vexant pour certains de nos adversaires, inutilement à mon sens car beaucoup sont dans la conviction profonde et dans un autre type de « discernement » que le nôtre. Car, malheureusement et quoi qu’en disent les textes , les critères du discernement ne sont pas clairs du tout, puisque les deux camps s’en réclament également ( Esprit-Saint, orientation vers le Christ, bons fruits du bon arbre, etc…). Il faudrait donc des critères de discernement pour discerner les premiers critères : on n’est pas près d’en sortir !

    Donc, tout-à-fait entre nous, j’éprouve la même nausée que vous devant ces flots de messages à l’eau de rose débités au kilomètre pendant des années par un Christ emphatique qui n’a aucune ressemblance avec celui des évangiles. Je vous avoue pourtant que je doute par moments de moi quand je vois que tant de gens, et non des moindres, non seulement n’éprouvent pas le même dégoût mais en font en outre leurs délices spirituels. Que le bon peuple préfère les sensations mystiques au détriment de la raison critique, passe encore, mais nombre de cardinaux, d’ évêques , de prêtres et autres clercs en principe avertis, comment l’expliquer ? Rien que des trompés et des trompeurs ? Je n’ose y croire, même pour des raisons purement pastorales. Car la vérité ne pourra être indéfiniment tenue sous le boisseau et le moment de vérité arrivera tôt ou tard.

    Je crains alors qu’un grand schisme ne déchire une fois de plus l’Eglise, la précipitant ainsi vers le « petit reste » annoncé pour la fin. Les choses sont allées trop loin, cela fait trop longtemps que ça dure et les fidèles crédulisés ne pourront jamais plus faire marche-arrière. Le problème, c’est que l’Eglise, légitimement prudente dans ses jugements, a besoin de beaucoup de temps pour se prononcer selon ses critères. Et pendant ce temps-là, les années passent et les mentalités s »habituent. Dilemme insoluble à moins de tout précipiter sciemment. Mais, si je devais faire un pronostic, ce serait celui qui verrait l’abcès crever bientôt.

    J’aurais aimé quelques précisions sur le regret que vous exprimez à la fin :
     » et une des grandes erreurs de l’Eglise a sans doute été, dans cette affaire, de ne donner le pouvoir de décision qu’à des doctes et des savants, et bien sûr exclusivement à des hommes, entre eux.  »

    A vous lire,

    Eleison



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