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« Je vous le déclare : celui qui a recevra encore. » Luc 19, 26

21 novembre 2012 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Comme on écoutait Jésus, il ajouta une parabole, parce qu’il était près de Jérusalem et que ses auditeurs pensaient voir le royaume de Dieu se manifester à l’instant même.
Voici donc ce qu’il dit : « Un homme de la grande noblesse partit dans un pays lointain pour se faire nommer roi et rentrer ensuite chez lui. Il appela dix de ses serviteurs, leur distribua dix pièces d’or et leur dit : ‘Faites-les fructifier pendant mon voyage.’ Mais ses concitoyens le détestaient, et ils envoyèrent derrière lui une délégation chargée de dire : ‘Nous ne voulons pas qu’il règne sur nous.’
Mais quand il revint après avoir été nommé roi, il convoqua les serviteurs auxquels il avait distribué l’argent, afin de savoir comment chacun l’avait fait fructifier. Le premier se présenta et dit : ‘Seigneur, ta pièce d’or en a rapporté dix.’ Le roi lui dit : ‘Très bien, bon serviteur ! Puisque tu as été fidèle en si peu de chose, reçois l’autorité sur dix villes.’ Le second vint dire : ‘Ta pièce d’or, Seigneur, en a rapporté cinq.’ À celui-là, le roi dit encore : ‘Toi, tu seras gouverneur de cinq villes.’ Un autre encore vint dire : ‘Seigneur, voici ta pièce d’or, je l’avais mise de côté dans un linge. En effet, j’avais peur de toi : tu es un homme exigeant, tu retires ce que tu n’as pas déposé, tu moissonnes ce que tu n’as pas semé.’ Le roi lui dit : ‘Je vais te juger d’après tes propres paroles, serviteur mauvais : tu savais que je suis un homme exigeant, que je retire ce que je n’ai pas déposé, que je moissonne ce que je n’ai pas semé ; alors pourquoi n’as-tu pas mis mon argent à la banque ? À mon arrivée, je l’aurais repris avec les intérêts.’ Et le roi dit à ceux qui étaient là : ‘Retirez-lui la pièce d’or et donnez-la à celui qui en a dix.’ On lui dit : ‘Seigneur, il en déjà dix !
— Je vous le déclare : celui qui a recevra encore ; celui qui n’a rien se fera enlever même ce qu’il a. Quant à mes ennemis, ceux qui n’ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici et mettez-les à mort devant moi.’»
Après avoir dit ces paroles, Jésus marchait en avant de ses disciples pour monter à Jérusalem.

Luc 19, 11-28

Même s’il y a des mots un peu durs dans cet Evangile, il me parle profondément.
Jésus est venu « d’un lointain pays », le sein du Père, et il a été nommé roi par un écriteau sur sa croix « Jésus de Nazareth, Roi des Juifs ».
Et quarante jours plus tard, il remontait auprès du Père, attendant de ses serviteurs qu’ils fassent fructifier sa parole pendant son absence visible.
Or nous voici, nous, dans le monde, 2000 ans plus tard, et combien d’hommes ont faite leur la déclaration de ceux qui le détestent : ‘Nous ne voulons pas qu’il règne sur nous.’ ?

Sans fausse humilité, je pense être de ceux à qui Jésus a confié une pièce d’or, et ce le jour de mon baptême.
Aucune richesse matérielle, bien au contraire, la précarité financière de mes parents.
Mais je suis née dans un terreau profondément chrétien : baptisée par mon propre oncle, tout jeune prêtre, un grand-oncle prêtre, une tante aide au prêtre, quatre grands-parents catholiques pratiquants – de cette Eglise toute simple, pauvre et rurale – et des parents qui ont eu une foi inébranlable toute leur vie, plus que la « foi du charbonnier » : la foi dans les paroles du Christ mises en pratique au quotidien. Et une parfaite fidélité à l’Eglise.

J’ai connu mon heure de rébellion à l’entrée dans l’âge adulte, notamment à cause de graves contre-témoignages dans mon entourage – c’était le revers de la pièce d’or.

Et puis à la trentaine, j’avais beau avoir un mari, déjà deux enfants, un métier, une maison, je ressentais un grand vide intérieur, une soif de faire quelque chose de ma vie, sans parvenir à discerner quoi. Je me souviens d’avoir dit un jour à une amie : « J’hésite entre trois choix : faire carrière (conseillère pédagogique ou maître-formateur), me lancer en politique… ou avoir un troisième enfant. »

Des événements dramatiques sont survenus dans ma vie à ce moment-là, et le choix me fut évident : je choisissais la vie, le troisième enfant. Et à l’opposé de la carrière, quatre ans de congé parental pour me consacrer à mes trois trésors, même si aucune souffrance ne me fut épargnée pendant ces quatre années.

Ce fut la période la plus douloureuse de ma vie, mais aussi la plus féconde du point de vue de ma foi, même si je ne parvenais pas encore à discerner ce que Dieu attendait de moi.
Soyez une jeune femme qui apparaît soudain comme pratiquante régulière dans une paroisse, et vous allez aussitôt être assaillie pour prendre un mandat dans l’Eglise. Si en plus vous êtes enseignante, on crie à la victoire : vous êtes faite pour encadrer les enfants dans la préparation aux sacrements.
J’ai essayé, non sans difficultés. Mon meilleur souvenir restera deux préparations au baptême d’enfants d’âge scolaire.
Mais je sentais bien que ce n’était pas à cela que le Seigneur m’appelait, j’ai dû lutter pour être celle qui ose dire non dans la paroisse, au risque de passer pour une pratiquante de mauvaise volonté. M’occuper des enfants, c’est mon métier. Pas mon appel dans l’Eglise.

J’ai découvert l’oraison : une vraie vocation. Et j’ai patiemment questionné le Seigneur : « Dis-moi ce que tu veux que je fasse pour toi, et je le ferai. »

Il a labouré mon âme pendant des années. Comme j’aime le dire : « Il a raboté mon orgueil. »
Jusqu’à ce qu’un jour jaillisse en un flot continu mon témoignage de foi. Que je me sente en accord profond entre les deux grands axes de ma vie d’adulte : la foi et l’empathie pour les malades mentaux, les grands oubliés de l’Eglise

Nouveau coup de rabot sur mes ambitions : personne ne voulut de mon manuscrit.

A l’approche du carême 2012, le besoin de témoigner était si fort qu’il ne me laissait plus de répit. C’était une supplication sans fin dans mes prières, et comme toujours, je compris que le Seigneur ne ferait pas les choses à ma place. Il ne délèguerait aucun éditeur, parce que Sa volonté, c’était que je donne tout gratuitement. Et j’ai harcelé mon fils jusqu’à ce qu’il m’assiste pour créer ce site !

Depuis, je suis comblée. Car dans son immense bonté, Dieu m’a confirmée dans l’appel qui correspond le mieux à ce que je suis profondément, qui me permet au mieux d’utiliser les talents qu’il m’a confiés : l’écriture (depuis mon plus jeune âge) et l’oraison. Et allier les deux à l’empathie pour toute souffrance psychique ou spirituelle que je croise sur mon chemin.

Merci mon Dieu, et fais que ta pièce d’or rapporte au centuple !

Source image :  http://catejean23.free.fr/ktcm2/talents.htm

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1 commentaire

  • Monique Durand Wood says:

    Chère Véronique,
    La pièce d’or a déjà fructifié, et je ne doute pas qu’une moisson abondante se prépare. Vous avez une place originale et indispensable – ô combien – dans la pastorale de l’Eglise. Merci à vous, et à votre fils qui avez créé ce site. Il a pris place désormais dans ma vie de réflexion et de prière.
    A bientôt.
    Monique D.W.



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