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Homélie du 25 août 2013 sur Kérit

25 août 2013 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Isaïe 66, 18-21
Psaume 116, 1.2
Hébreux 12, 5-7.11-13
Luc 13, 22-30

Ce sont des paroles dures que celles de l’Evangile de ce jour. Nous avons entendu parler de porte étroite, de porte qui se ferme et que rien ne fera ouvrir, même pas les retardataires qui estiment avoir de solides références : ils sont, disent-ils, des pratiquants. Et au dehors de la porte, il y aura les pleurs et les grincements de dents. Tout semble donc reculer par rapport aux extraordinaires paroles du prophète Isaïe qui voient affluer vers la ville sainte une foule de Juifs et d’étrangers, où Dieu se choisira même des prêtres et des lévites (Première lecture).

Pour trouver la clé de ce texte difficile, il faut partir de ses premiers mots : « Dans sa marche vers Jérusalem, Jésus passait par les villes… » La mention de Jérusalem n’ a rien de topographique. Si Luc en parle, c’est pour nous indiquer que Jésus monte vers la mort. Aller à Jérusalem, c’est faire route vers le Père en passant par la Passion et la Résurrection. C’est pour y souffrir et puis y mourir. Tout en lui est cet amour qui va jusqu’au bout, pour son Père et pour tous. « Le Fils de l’homme est venu pour sauver ce qui est perdu » (Luc 19,10).

Le meilleur éclairage pour comprendre ces paroles dures c’est aller consulter Jésus lui- même. N’a-t-il pas dit : « Je suis la porte : si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé, il ira, il viendra et trouvera de quoi se nourrir. » (Jean 10,9) La porte est la personne même de Jésus. La porte étroite ne peut être que l’image de Jésus lui-même qui va vers sa passion.
Nous savons aussi que le Royaume des cieux dont parle Jésus n’est pas un lieu. Il est « la vie éternelle ». Or « la vie éternelle c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé », dit Jésus dans sa longue prière avant sa mort (Jean 17). La vie éternelle, pour reprendre les magnifiques images d’Isaïe, ce sera la montagne sainte où toute larme sera séchée et toute souffrance transfigurée.

Mais nous sommes encore en route vers la Jérusalem nouvelle. Et le chemin en est souvent dur et exigeant. Ce n’est pas que Dieu veuille faire payer un ticket d’entrée au festin du Royaume. La souffrance et la mort, nous les rencontrons de toute façon sur notre chemin, avec ou sans Dieu ! Mais le Père nous invite à faire de toute souffrance un acte d’amour, comme l’a fait son Fils Jésus. Il nous sauve ainsi d’une révolte stérile et nous ouvre le chemin de croissance qui passe à travers elle.

La question de savoir s’il y aura ou non beaucoup de sauvés n’intéresse pas Jésus. A son époque, deux confréries rabbiniques s’opposaient sur ce sujet. L’une affirmait « que tous les Israélites auraient part au monde futur » et l’autre prétendait que « ceux qui périssent sont plus nombreux que ceux qui seront sauvés ». Ces querelles d’école ne touchent pas Jésus. Il détourne la question : « Efforcez-vous d’entrer vous-mêmes par la porte étroite ». Le problème n’est pas de s’interroger sur le petit ou le grand nombre des élus, mais de prendre au sérieux notre vie. Ce qui importe, c’est de se convertir aujourd’hui et d’accueillir la Bonne Nouvelle.

Mais regardons plutôt filtrer le rayon de lumière au bas de cette porte étroite et fermée. C’est la lumière du Christ vainqueur de la mort. Elle redonne vigueur « aux mains défaillantes et aux genoux qui fléchissent » (deuxième lecture) et nous rend courage sur la route. Le Christ crucifié et ressuscité nous fait entendre dimanche après dimanche la Bonne Nouvelle de ce salut offert à tous les hommes. Dimanche après dimanche, il nous offre le pain rompu et la coupe du vin nouveau pour que toute notre vie devienne eucharistie. C’est au cœur de notre prière et de notre liturgie que le Seigneur nous apprend à devenir signe de cette vie éternelle qu’il veut donner à toutes les nations.

Plutôt que nous désoler des cailloux qui gênent notre marche, ouvrons les yeux sur les les petites fleurs du monde nouveau en croissance. Ce monde qui germe au sein même des douleurs de son enfantement.

Père Charles-André Sohier

Source :  http://www.kerit.be/homelie.php

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