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« La vérité vous rendra libres. » Jean 8, 32

28 mars 2012 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Jésus disait à ces Juifs qui maintenant croyaient en lui :
« Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. »
Ils lui répliquèrent : « Nous sommes les descendants d’Abraham, et nous n’avons jamais été les esclaves de personne. Comment peux-tu dire : ‘Vous deviendrez libres’ ? »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : tout homme qui commet le péché est esclave du péché. L’esclave ne demeure pas pour toujours dans la maison ; le fils, lui, y demeure pour toujours. Donc, si c’est le Fils qui vous rend libres, vous serez vraiment libres. Je sais bien que vous êtes les descendants d’Abraham, et pourtant vous cherchez à me faire mourir, parce que ma parole n’a pas de prise sur vous. Je dis ce que moi, j’ai vu auprès de mon Père, et vous, vous faites aussi ce que vous avez entendu chez votre père. »
Ils lui répliquèrent : « Notre père, c’est Abraham. » Jésus leur dit : « Si vous êtes les enfants d’Abraham, vous devriez agir comme Abraham. Et en fait vous cherchez à me faire mourir, moi qui vous ai dit la vérité que j’ai entendue de Dieu. Abraham n’a pas agi ainsi. Mais vous, vous agissez comme votre père.» Ils lui dirent : « Nous ne sommes pas des enfants illégitimes ! Nous n’avons qu’un seul Père, qui est Dieu. »
Jésus leur dit : « Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez, car moi, c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens. Je ne suis pas venu de moi-même ; c’est lui qui m’a envoyé. »

Jean 8, 31 – 42

Je ne sais pas si nous mesurons toujours la souffrance de Jésus de n’avoir pas été reconnu par les autorités religieuses de son temps. Ceux-là même qui connaissaient la Loi et les Prophètes sur le bout des doigts n’ont pas fait le rapprochement entre sa Parole et la Parole du Père. Alors qu’il était le Verbe incarné. Alors que les Prophètes et les Psaumes l’annonçaient de multiples façons. Ceux qui avaient dédié leur vie à l’étude de la Torah, qui savaient disserter des heures sur tel ou tel aspect de l’Ecriture, n’ont pas reconnu le Fils de Dieu quand il s’est manifesté, qu’il a annoncé la Bonne Nouvelle aux foules, et qu’il a été exaucé par le Père de toutes ses demandes de guérisons physiques et spirituelles. Tant de sainteté était insupportable aux yeux de ceux qui se considéraient comme propriétaires de la révélation divine.

Je ne suis pas sûre que les deux millénaires suivants aient été exempts de la même erreur. Après la résurrection du Christ, on a bien voulu croire en lui. Il est venu lui-même sur les chemins d’Emmaüs pour éclairer ses propres disciples sur ce qui le concernait dans les Ecritures. Il a suscité l’apôtre Paul qui a évangélisé comme personne tous les pourtours de la Méditerranée. Après les trois premiers siècles où être chrétien conduisait encore souvent au martyre dans l’Empire Romain, il est devenu presque naturel d’être baptisé chrétien et de vivre sa foi en Eglise. On n’était plus inquiété pour cela. On pouvait à son tour faire profession de scruter les Ecritures, s’approprier la Révélation, jeter l’anathème sur ceux qui ne croyaient pas, ou pire, sur ceux qui ne croyaient pas comme les spécialistes avaient décidé qu’il fallait croire.

Je ne veux en aucune manière remettre en question les acquis de l’Eglise au fil de son histoire. Il a bien fallu chercher à garder la pureté de la foi et à lutter contre les hérésies.

Mais je suis attachée à cette phrase de Jésus : « La vérité vous rendra libres. »
Quand une religion devient un carcan de règles morales, quand les décideurs « lient de pesants fardeaux et en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt. » (Matthieu 23,4), quand des théologiens plus ou moins inspirés veulent nous dicter une unique interprétation des Ecritures, j’observe et je m’interroge.

Devons-nous considérer la révélation chrétienne comme « close », comme saint Jean de la Croix le disait ? (« Dès lors qu’Il nous a donné son Fils, qui est sa Parole, Dieu n’a pas d’autre parole à nous donner. Il nous a tout dit à la fois et d’un seul coup en cette seule Parole et il n’a rien de plus à dire ; car ce qu’Il disait par parties aux prophètes, Il l’a dit tout entier dans son Fils, en nous donnant ce tout qu’est son Fils. »)

Saint Jean de la Croix est un de mes saints préférés, mais cette phrase-là me gêne. Car Jésus lui-même nous a dit :
« J’aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous n’avez pas la force de les porter. Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : il redira tout ce qu’il aura entendu ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Il me glorifiera, car il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. » (Jean, 16, 12-13)

Croyons-nous que Dieu ne peut plus envoyer au monde des aiguillons, qui par la force de l’Esprit Saint, cherchent à réveiller une foi qui s’endort sur ses acquis ?
Croyons-nous que la vérité est toujours et uniquement dans l’Institution, et ne peut pas se révéler dans une parole libre, dans une sagesse façonnée au vent de l’Esprit Saint ?

Je crois qu’il y a lieu de se poser cette question en méditant l’Evangile d’aujourd’hui.

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16 commentaires

  • chenavier says:

    J’ai découvert la profondeur de la liberté par l’Esprit saint qui affranchit; et depuis , je ne vais plus à la messe

  • Michèle says:

    je ne suis pas catholique, et maintenant libérée d’une secte , je me dois de vous dire que votre commentaire sur Jean 8.32 est absolument superbe, tellement vrai et profond. Merci à vous, que notre Dieu et Père vous bénisse chère Véronique !



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