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« Cet homme est l’instrument que j’ai choisi pour faire parvenir mon nom auprès des nations, des rois et des fils d’Israël » Actes 9, 15

15 avril 2016 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

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En ces jours-là, Saul était toujours animé d’une rage meurtrière contre les disciples du Seigneur. Il alla trouver le grand prêtre
et lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas, afin que, s’il trouvait des hommes et des femmes qui suivaient le Chemin du Seigneur, il les amène enchaînés à Jérusalem.
Comme il était en route et approchait de Damas, soudain une lumière venant du ciel l’enveloppa de sa clarté.
Il fut précipité à terre ; il entendit une voix qui lui disait : « Saul, Saul, pourquoi me persécuter ? »
Il demanda : « Qui es-tu, Seigneur ? » La voix répondit : « Je suis Jésus, celui que tu persécutes.
Relève-toi et entre dans la ville : on te dira ce que tu dois faire. »
Ses compagnons de route s’étaient arrêtés, muets de stupeur : ils entendaient la voix, mais ils ne voyaient personne.
Saul se releva de terre et, bien qu’il eût les yeux ouverts, il ne voyait rien. Ils le prirent par la main pour le faire entrer à Damas.
Pendant trois jours, il fut privé de la vue et il resta sans manger ni boire.
Or, il y avait à Damas un disciple nommé Ananie. Dans une vision, le Seigneur lui dit : « Ananie ! » Il répondit : « Me voici, Seigneur. »
Le Seigneur reprit : « Lève-toi, va dans la rue appelée rue Droite, chez Jude : tu demanderas un homme de Tarse nommé Saul. Il est en prière,
et il a eu cette vision : un homme, du nom d’Ananie, entrait et lui imposait les mains pour lui rendre la vue. »
Ananie répondit : « Seigneur, j’ai beaucoup entendu parler de cet homme, et de tout le mal qu’il a fait subir à tes fidèles à Jérusalem.
Il est ici, après avoir reçu de la part des grands prêtres le pouvoir d’enchaîner tous ceux qui invoquent ton nom. »
Mais le Seigneur lui dit : « Va ! Car cet homme est l’instrument que j’ai choisi pour faire parvenir mon nom auprès des nations, des rois et des fils d’Israël.
Et moi, je lui montrerai tout ce qu’il lui faudra souffrir pour mon nom. »
Ananie partit donc et entra dans la maison. Il imposa les mains à Saul, en disant : « Saul, mon frère, celui qui m’a envoyé, c’est le Seigneur, c’est Jésus qui t’est apparu sur le chemin par lequel tu venais. Ainsi, tu vas retrouver la vue, et tu seras rempli d’Esprit Saint. »
Aussitôt tombèrent de ses yeux comme des écailles, et il retrouva la vue. Il se leva, puis il fut baptisé.
Alors il prit de la nourriture et les forces lui revinrent. Il passa quelques jours à Damas avec les disciples et, sans plus attendre, il proclamait Jésus dans les synagogues, affirmant que celui-ci est le Fils de Dieu.

Actes des Apôtres 9,1-20
©Evangelizo.org 2001-2016

Qui aurait parié à cette époque-là que Paul deviendrait le plus grand évangélisateur des premiers temps de l’Eglise ?
Il a fallu une vision à Ananie pour croire que le Seigneur Jésus avait pourtant choisi cet homme-là. Faute de quoi les chrétiens auraient pu continuer à considérer Saul comme un persécuteur et à ne pas prendre sa radicale conversion au sérieux.
Vingt siècles ont passé, et l’Eglise est devenue aujourd’hui une institution pleine de dogmes, de doctrines et d’empilements d’écrits séculaires qui la rendent bien moins souple et fraîche que dans ces enthousiasmants premiers temps du christianisme qui nous émerveillent toujours quand nous lisons les Actes de Apôtres dans le temps pascal. Tristement, ce qui existe pourtant toujours, et même de plus en plus, c’est la persécution des chrétiens, franche et massive comme les médias nous le montrent tous les jours, ou « éduquée », pour reprendre une expression du pape François cette semaine.

Il existe une autre persécution plus larvée au cœur même de l’Eglise. C’est celle qui se dirige vers les personnes qui voudraient faire un peu « bouger les lignes » de la doctrine. Le pape François la subit au premier chef. Mais n’oublions pas pour autant les tout petits, ceux dont on n’entend pas la voix dans les médias, ceux dont on ne connaît ni le visage, ni le nom. Et parmi ceux-ci, nombre de femmes.
Nous sommes nombreuses à être fatiguées d’être reléguées aux seconds rôles, loin des organes décisionnels de l’Eglise catholique. Nous sommes nombreuses à souffrir de ne pas nous sentir écoutées.
Oh, les confesseurs sont tout ouïe pour nos péchés ! L’Eglise aime tant les Marie-Madeleine supposées de nature pécheresse et qui se convertissent à la vertu !
Je dois dire que de cela aussi, je suis fatiguée. Je l’écris depuis longtemps maintenant : du plus profond de ma foi, je suis sûre que les femmes sont beaucoup moins enclines au péché que les hommes, que ce soit en matière de révolte contre Dieu, de criminalité, de corruption, de pulsions mauvaises ou de passages à l’acte de nature à nuire à autrui. Elles sont bien plus souvent victimes du péché d’autrui qu’auteurs d’avilissement.
Mais cela, une Eglise gouvernée par des hommes n’est pas encore capable de l’entendre. Quand on les pique au vif, ils nous rétorquent qu’ « on a un problème avec les hommes. » Raccourci facile.

Je dirais plutôt que l’Eglise catholique romaine a un problème avec les femmes. Sans elles, nous le savons bien, plus aucune paroisse ne tournerait. Mais quand il s’agit de prendre en compte leurs inspirations spirituelles en matière de doctrine, c’est une autre histoire. On se réfère toujours bien davantage aux « Pères de l’Eglise » – tous des hommes – qu’à des femmes inspirées et qui peuvent être nos contemporaines. On se donnera un peu de bonne conscience en exhumant les écrits des saintes reconnues, mais quant à ouvrir ses oreilles et son cœur à ce qu’une femme bien vivante en face de soi a à dire quant à la marche de l’Eglise, c’est autre chose. J’en témoigne, moi qui souffre depuis presque vingt ans qu’aucun « Ananie » n’accepte de prendre vraiment en considération ce que l’Esprit m’inspire sur l’Eglise, ses doctrines et ce vers quoi elle va.

Ma consolation, ce sont les paroles même du Seigneur, qui sait nous montrer tout ce qu’il nous faudra souffrir pour son nom.

Si mon Seigneur a été cloué sur une croix par le peuple dans lequel il avait grandi dans la foi, qui suis-je pour me plaindre que l’Eglise dans laquelle j’ai été baptisée dans l’Esprit continue à m’ignorer obstinément ?

Image : La Conversion de saint Paul   Giovanni Battista GAULLI, XVIIe,  Musée des Augustins, Toulouse

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