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« Il n’est pas bon que nous délaissions la parole de Dieu pour servir aux tables. » Actes des Apôtres 6, 2

14 avril 2018 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

En ces jours-là, comme le nombre des disciples augmentait, les frères de langue grecque récriminèrent contre ceux de langue hébraïque, parce que les veuves de leur groupe étaient désavantagées dans le service quotidien.
Les Douze convoquèrent alors l’ensemble des disciples et leur dirent : « Il n’est pas bon que nous délaissions la parole de Dieu pour servir aux tables.
Cherchez plutôt, frères, sept d’entre vous, des hommes qui soient estimés de tous, remplis d’Esprit Saint et de sagesse, et nous les établirons dans cette charge.
En ce qui nous concerne, nous resterons assidus à la prière et au service de la Parole. »
Ces propos plurent à tout le monde, et l’on choisit : Étienne, homme rempli de foi et d’Esprit Saint, Philippe, Procore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas, un converti au judaïsme, originaire d’Antioche.
On les présenta aux Apôtres, et après avoir prié, ils leur imposèrent les mains.
La parole de Dieu était féconde, le nombre des disciples se multipliait fortement à Jérusalem, et une grande foule de prêtres juifs parvenaient à l’obéissance de la foi.

Actes des Apôtres 6,1-7
Textes liturgiques©AELF

Ce texte est souvent choisi pour rendre hommage aux diacres et les instituer.
Je voudrais cependant, avec mon impertinence habituelle, revenir sur les propos des douze disciples. « Il n’est pas bon que nous délaissions la parole de Dieu pour servir aux tables. » Et encore : « En ce qui nous concerne, nous resterons assidus à la prière et au service de la Parole. »
N’avons-nous pas là les paroles bibliques qui ont entretenu pendant des siècles l’idée que les prêtres ne devaient pas « se salir les mains » ? Je connais un prêtre de 81 ans qui a les mains intactes comme celles d’un petit enfant. Il n’a jamais rien su faire de ses dix doigts, son ménage a toujours été fait par une femme : sa mère, son aide ménagère… Pour tout bricolage dans ses habitations successives, il attendait que son entourage se démène pour lui rendre service, et il a toujours trouvé cela parfaitement normal. Plus tard, il était incapable de comprendre qu’une femme ayant une activité professionnelle et une famille  était débordée de tâches du matin au soir. Tâches ménagères = dévolues à la femme, c’était définitivement ancré dans son esprit formaté dès le petit séminaire.

Que l’on regarde autour de soi, et je pense que l’on trouvera beaucoup de prêtres comme lui. « En ce qui nous concerne, nous resterons assidus à la prière et au service de la Parole. »

Alors certes, je sais que nos curés d’aujourd’hui, chargés de multiples paroisses, sont surmenés, et vivent seuls ou en communauté de prêtres. Il mettent un peu la main à la pâte pour leur propre quotidien. Mais il n’y a pas si longtemps, j’ai connu cela petite et jeune fille, on avait un curé par paroisse avec sa « gouvernante » : une sœur célibataire, sa mère ou une aide au prêtre qui se démenaient au service de quelqu’un qu’elles considéraient comme un prince. Et elles étaient fort mal considérées, parfois transparentes. D’où cette génération de prélats qui ignorent ce qu’est la tenue quotidienne d’un foyer. Sans doute nombre de décisions irraisonnées sur le statut ecclésial et la vie privée des femmes viennent-elles de là.

Alors aujourd’hui, j’aurais plutôt envie d’entendre les prêtres constater :

« Il n’est pas bon que nous délaissions le service quotidien pour rester exclusivement assidus à la prière et au service de la Parole. »

 

Source image :  http://www.paroissedeschartreux.com/accueil/les-groupes-de-la-paroisse/

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3 commentaires

  • Bien dit ! J’ai fait un voyage spirituel avec un prêtre il y a 15 jours. Prêtre incapable de se tartiner un sandwich de pâté, de se servir d’une cafetière, et qui a demandé qu’on refasse le café parce que celui que je lui avais fait n’était pas assez fort… No comment…

  • Monique Durand Wood says:

    Fort bien dit, chère Véronique, même si je connais quelques prêtres qui partagent naturellement les tâches quand nous sommes en session biblique. Il est vrai qu’il s’agit surtout de moines, plus habitués à la vie communautaire et aux services mutuels qu’elle implique. Quant aux autres, à ceux dont les mains restent doucement potelées, il leur faudra bien évoluer… Et c’est aussi aux femmes de participer à ce réveil.

  • Véronique Belen says:

    Et encore une remarque : de nos jours – et depuis longtemps – est-ce que ce ne sont pas plutôt les veuves et autres femmes seules qui servent les paroisses ? Qui les sert, elles, et se soucie de leurs besoins voire de leur précarité ? Plus grand monde… L’Eglise a de belles paroles sur les veuves, mais c’est à peu près tout, quant à celles qui sont seules pour d’autres raisons que le veuvage, n’en parlons même pas, elles font de l’ombre à la sainte doctrine, qu’elles restent discrètes même si elles servent…



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