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Lettre ouverte à l’Apôtre Paul au sujet d’Ephésiens 5, 21-33

30 octobre 2018 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Paul, mon ami,

J’ai déjà écrit ici ou là au sujet de cet extrait de ta Lettre aux Ephésiens qui est donné à la liturgie d’aujourd’hui, revenant à peu près deux fois par an dans les lectures de l’Eglise catholique. Je me dis aujourd’hui : Paul, que n’as-tu pris conseil auprès d’une femme mariée avant de rédiger ce passage ! Sais-tu, mon ami, que ce seul passage a été instrument d’oppression des épouses pendant vingt siècles, et sujet d’orgueil et de domination pour leurs maris tout aussi longtemps ? Sais-tu que ce seul extrait choque encore et toujours les pratiquants occasionnels, et a fait fuir nombre de femmes qui désertent l’Eglise en raison des fausses idées que ton développement trop personnel a véhiculées sur le couple et sur elles en particulier ? Sans compter ta vision de l’Eglise, enthousiasmante pour toi à ses débuts, mais qui ne peut aucunement être plaquée sur l’Eglise contemporaine !

Paul, mon ami, il faut bien avouer que parmi toutes les choses très belles que tu as écrites et faites pour la diffusion de l’Evangile, tu as eu la main malheureuse en écrivant ce passage-là de ton Epître aux Ephésiens, et d’autres fois encore quand tu t’es permis de discourir sur la place des femmes en Eglise et dans leurs familles. On argue souvent que tu étais influencé par ton époque. Certes, mais il n’y a pas que cela. Tu étais influencé aussi par ta masculinité, toi qui, à la différence du Christ Jésus, n’étais pas sans péché, toi qui as peut-être vécu ton célibat moins sereinement que Lui. Toi qui, Paul, n’as pas eu de relations de proximité très intimes dans l’amitié avec des femmes telles que Marie de Magdala, Marie de Béthanie et sa sœur Marthe, ou encore la Samaritaine. Toi qui, Paul, n’étais pas dépourvu de préjugés sur les femmes et les épouses, alors que le Christ Fils de Dieu a cherché toute sa vie à les déconstruire.

Paul, si je me permets cette lettre familière, c’est que, tu le sais bien, je te dois beaucoup. Je te dois d’être chrétienne, 2000 ans après que tu aies posé les fondations de l’Eglise, c’est certain. Je te dois davantage encore, et tu t’en souviens, dans ta puissance d’intercesseur.

C’était une nuit de prière, il y a une vingtaine d’années. Je te parlais beaucoup dans ma prière depuis quelque temps, ainsi qu’à Luc l’évangéliste, j’avais trouvé en vous deux des amis solides dans la foi chrétienne et des saints prêts à intercéder pour moi. Et cette nuit-là, Paul, tu t’en souviens, mon cœur était consumé d’amour pour Jésus et de nostalgie de sa présence à mes côtés. Je t’ai supplié : « Paul, tu es tout près de Jésus, dis-lui que je l’aime, dis-lui que je l’aime, dis-le lui ! »
Je ne t’avais rien demandé de plus, et pourtant, c’est cette nuit-là que mon Christ et Seigneur a envahi mon âme et a commencé à m’enseigner dans l’intimité de l’oraison, sans plus recourir à des intermédiaires entre Lui et moi.

Paul, pour cet instant de ma vie bouleversant pour toujours, je te serai éternellement reconnaissante. Et j’ai compris que cette nuit-là, dans ta course pour l’annonce de la Parole de Dieu, tu m’avais passé le témoin, tu m’avais encouragée à prendre le relai du témoignage dans l’Esprit.

Aussi, dans cette profonde relation de confiance que nous avons établie toi et moi, je sais que tu ne m’en veux pas quand je refuse de lire Ephésiens 5, 21-33 à l’ambon, et que je n’accepte plus d’entendre, après tes lignes si maladroites et par trop personnelles « Parole du Seigneur ».

Dans toute l’histoire biblique reviennent les allégories d’épouses infidèles qui blessent l’amour de leur Seigneur et Epoux. L’Eglise en est là aujourd’hui, elle est tellement profondément souillée en certains de ses représentants, tous masculins, que Notre Seigneur Jésus ne peut plus sans honte l’exhiber à son bras. Peut-être bien qu’il l’envoie chercher de l’huile pour rallumer sa lampe. Peut-être bien qu’assoupie dans son péché d’adultère, l’Eglise ne sera même pas prête au retour du Christ dans sa Gloire.

Me revient aussi en mémoire le dilemme de Jacob. Il préférait Rachel et son beau-père Laban lui donna Léa en mariage. Jacob ne renonça pas pour autant à Rachel, l’attendit encore, et après l’avoir épousée, la préféra toujours à Léa, même si celle-ci lui avait enfanté de nombreux fils et une fille.

Je dis que l’épreuve de Jacob concerne aussi le Christ et la première épouse qui lui a été imposée, l’Eglise. Mais le Seigneur Jésus peut préférer qui Il veut, et patienter longtemps pour révéler sa véritable fiancée à son bras radieux.

Paul, c’est pour toi que j’écris ces lignes, et je compte encore sur ton intercession pour qu’elles fassent leur chemin.

Véronique Belen

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