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La crèche et la Sainte Famille

22 décembre 2018 | Publié par Véronique Belen dans Blog

Jusque là, ça va. Bethléem inhospitalière au Messie qui devait pourtant en être originaire.

Toi, Bethléem Éphrata,
le plus petit des clans de Juda,
c’est de toi que sortira pour moi
celui qui doit gouverner Israël.
Ses origines remontent aux temps anciens,
aux jours d’autrefois.
Mais Dieu livrera son peuple
jusqu’au jour où enfantera…
celle qui doit enfanter.

Michée 5, 1-2

La naissance de Jésus en toute pauvreté dans une étable, sa mère, toute jeune et déjà confrontée à l’épreuve d’une telle venue au monde pour son fils, Joseph son époux à ses côtés, lui qui sait que cet enfant n’est pas conçu de lui.

J’ai tout de même un peu de mal avec Noël, à cause de tout ce qu’on y surajoute. Mais cette naissance dans le dénuement pour le propre Fils de Dieu, oui, j’y crois, c’est bien dans ses manières de faire à Lui, de prendre toujours la dernière place dans la vie des hommes et du monde. Le Créateur de toute chose qui accepte de n’être légitime presque nulle part dans sa création, le Dieu d’Israël qui se donne un Fils de chair et de sang, un Fils qui nous donnera tout, et cette chair, et ce sang.

Je peux contempler la crèche et croire à ce mystère. Je peux contempler la Croix et comprendre cet autre scandale, qui n’est cependant pas le terme de la vie du Christ, lui qui est venu de l’Eternité pour s’en revêtir dans son corps de gloire et nous l’offrir par sa résurrection.

De la crèche à la Résurrection en passant par la Croix, oui, je crois à tout l’Evangile. Va-t-on encore me soupçonner d’être mauvaise chrétienne ?

On comprend mal ce qui m’indispose, je le sais. Et pourtant, c’est très simple : il s’agit de toutes les extrapolations de l’Eglise catholique, les « Marie toujours vierge » et les « Saint Joseph son très chaste époux ». Toutes les contorsions pour prêcher que les frères et sœurs de Jésus, en fait, ne le sont pas, que la Sainte Famille, c’est une mère vierge après son accouchement, un époux légitime mais qui ne l’a jamais « connue », un Jésus fils unique couvé de tous côtés, Fils unique du Père, Fils unique de sa mère, unique toujours…

Et quand j’avance simplement que la grande fratrie de Jésus née après lui de Marie et de Joseph ni pécheurs, ni continents, que cette fratrie donc a été sa première école de vie, que ses frères se défiant de lui ont préfiguré ses disciples bien souvent dans le doute quant à sa messianité, je suis la scandaleuse…

Que l’Eglise s’observe elle-même, qu’elle évalue les conséquences contemporaines de ses doctrines faussement pudibondes : des prêtres qui, pendant des siècles, ont méprisé les femmes – hormis leur mère – au prétexte qu’elles n’étaient pas des « saintes vierges » à admirer, des prêtres longtemps misogynes qui ont fait des femmes les plus pures de l’Evangile des prostituées – je pense à Marie de Béthanie – des prêtres dont certains, absous par d’autres, ont jugé moins dégradant pour eux d’abuser d’enfants que de « se souiller » en approchant une femme…

Je ne voudrais pas en rajouter une couche sur l’opprobre qui frappe l’Eglise de mon baptême, mais tout de même, quand prendra-t-elle enfin conscience qu’à trop idéaliser une Sainte Famille qui n’a plus rien de simplement humain, elle a généré en son propre sein des monstres ayant perdu le sens de la réalité qui trouvent moins choquant de violer un enfant que de simplement consommer son mariage quand on s’appelle Marie de Nazareth ou Joseph ?

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