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Sur une étape historique du Tour de France 2020

21 septembre 2020 | Publié par Véronique Belen dans Blog

C’est une passion dont certains s’étonnent de ma part mais qui remonte à loin : depuis l’enfance, la télé du dimanche après-midi en famille nous rassemblait autour des étapes du Tour de France passant malheureusement rarement par la Lorraine. Plus tard, mon mari m’a entraînée encore dans sa propre passion, il en connaissait long et m’instruisait sur les coureurs et les règles année après année. Le déménagement en Alsace et les vacances fréquentes en Haute-Savoie nous donnèrent l’occasion d’assister à maintes étapes, depuis les passages dans notre village jusqu’à des étapes mythiques au col de la Colombière où je me souviens d’avoir encouragé Miguel Indurain dans sa langue natale. Nous emmenions les enfants encore petits qui se réjouissaient de remplir leurs petits sacs de cadeaux de la caravane publicitaire, jour de fête et de joie pour eux comme pour leurs parents passionnés par la course ! Il n’en fallait pas plus pour que notre fils se passionne à son tour pour la plus belle des compétitions de cyclisme. C’est donc avec lui désormais que je vais sur les routes du Tour dès qu’il passe pas trop loin de chez nous.

Samedi, nous avons eu la chance d’assister à une étape historique : le contre-la-montre de Lure à la Planche des Belles Filles. Les routes étant fermées de bonne heure, nous sommes partis tôt et, postés dans un long virage du col de la Chevestraye, nous avons eu tout le temps de profiter de l’ambiance joyeuse et bon enfant –  il y avait énormément de monde – nous réjouir au passage de la caravane publicitaire et attendre dans la ferveur le premier coureur lancé pour son chrono. J’assistais pour la première fois à un contre-la-montre, et pour moi qui aime prendre des photos, c’était du pain bénit. J’ai pu immortaliser presque tous les coureurs, des plus anonymes aux grands champions. Le spectacle n’était pas fugace comme sur une étape habituelle, nous avons eu tout le loisir d’admirer l’effort de ces hommes extraordinaires qui donnent tout chaque jour pendant trois semaines !

Ainsi, pendant presque cinq heures d’affilée se sont succédés sous nos yeux ravis les champions de ce cru 2020. Quand les derniers – c’est-à-dire les meilleurs au classement général – étaient en lice, l’excitation du public était à son comble. Nous voyons passer un Richie Porte magistral et nous attendons Miguel Angel Lopez, mais qui arrive avant lui ? Un jeune homme en blanc, déchaîné, un incroyable coup de pédale malgré la montée : c’est Tadej Pogacar ! On voit qu’il donne tout, il est à son maximum et l’arrivée n’est qu’à 12 kilomètres ! Tout peut arriver… Passe Miguel Angel Lopez et je me désole d’avoir loupé ma photo. Nous attendons Primoz Roglic en maillot jaune, mon fils pressent que quelque chose est en train de mal se passer pour lui. Je me décide à le filmer, il passe avec un air de vouloir rattraper son jeune compatriote mais le défi semble déjà difficile. Ensuite, nous partons à la chasse aux nouvelles des chronos et c’est bien compliqué car à l’endroit où nous nous trouvons, il n’y a presque pas de réseau. La solidarité s’organise : qui a des infos les partage à tout le public environnant. Nous comprenons peu à peu que l’incroyable est en train de se passer : le jeune maillot blanc est en train de déposséder son compatriote âgé de huit ans de plus que lui du maillot jaune tant convoité ! Tadej Pogacar écrase Roglic dans la difficile montée de la Planche des Belles Filles, et demain il triomphera sur les Champs Elysées à la veille de son 22ème anniversaire ! Je pense à sa maman qui était enceinte exactement au même moment que moi de mon troisième enfant, et qui doit être si fière de son petit !

Nous retournons vers la voiture en cherchant désespérément à capter les images de la fin de l’étape sur nos portables, mais heureux d’avoir vécu en direct cette journée mémorable dans l’histoire du Tour. Une longue et très belle journée, dont l’enthousiasme n’est pas encore retombé à l’heure où j’écris ce billet.

Photo : Tadej Pogacar au col de la Chevestraye, 19 septembre 2020

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2 commentaires

  • Quel enthousiasme !!! Même si je ne suis pas férue de cyclisme, ton récit a fait ressurgir la mémoire de mon père, l’oreille collée à son poste radio (dans les années 80, nous n’avions pas encore la télévision), impossible à déranger pendant toute la durée de la course ! Hier, il est arrivé chez moi un petit pensionnaire, ramasseur de balles pour le tournoi de Rolland-Garros, et j’ai vu ce matin (début des qualifications), dans ses yeux, la même lumière admirative pour les exploits des sportifs au service desquels il va être pendant 3 semaines. Bonne semaine chère Véronique !

  • POMMIER says:

    Véronique votre récit me touche profondément … Suis aussi passionné de cyclisme. C’est pourquoi à bientöt 75 ans je vibre autant surtout samedi. Nous avons vu le Tour qui passait pour la première fois dans mon village natal de Macornay Emotion forte également.
    Alors merci chaleureux Véronique pour votre très beau ressenti , je partage .
    Et je crois comprendre que nous partageons la même Foi
    Amitiés
    Guy



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