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L’esprit du 11 janvier

14 janvier 2015 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 2 commentaires

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Un apaisement après une semaine d’horreur. Je crois que beaucoup l’ont ressenti ainsi.
Vendredi 9 janvier 2015, nous étions tous plongés dans la stupeur, l’effroi, l’abattement le plus total. Trop d’ignominies en direct, sous nos yeux. Trop de tension. Trop de sang. Lutter quand même pour ne pas se réjouir de la mort de ceux qui avaient volontairement plongé notre pays dans l’affliction.

Besoin de faire corps, de se sentir d’une patrie, horriblement blessée mais capable d’union.
J’avais mes trois enfants avec moi et nous sommes descendus dans la rue. Arrivés un peu en retard, nous avons vu le cortège de loin, puis nous y sommes mêlés. Très long cortège presque silencieux, applaudissant par intermittence devant une affiche ou une salle de rédaction. Cortège cosmopolite, des jeunes jusqu’à ceux qui n’ont plus l’habitude de manifester. Presque tous avec un crayon à la main ou un écriteau en étendard ou sur les vêtements. Cortège bienveillant, calme, retenant son émotion mais vibrant à l’unisson d’une manière difficile à décrire.

Nous arrivons à la place où l’hommage est prévu. Mes enfants se faufilent le long d’un mur pour gravir quelques marches, je reste bloquée à mi-course par la foule dense. Chacun, passant par là, a contourné avec respect une maman allaitant son bébé.

Un discours très bref, des applaudissements aux victimes et aux forces de l’ordre, une Marseillaise chantée avec ferveur. Et puis on reste là un moment, on voudrait ne plus se séparer, la communion est palpable, nous vivons un instant rare, si rare dans notre pays facilement divisé.

Ne pas se quitter. Prendre encore un thé chez l’un en regardant l’incroyable défilé de Paris à la télévision. Tous ces chefs d’état réunis, pour une fois, sans polémique et sans langue de bois. Une image de paix et de fraternité que l’on voudrait garder gravée pour longtemps dans son cœur.

L’heure est venue de se séparer. On rentre chez soi à regret. Mais tout apaisé, réconforté.

J’ai entendu parler aux actualités de « l’esprit du 11 janvier ».

Je n’oublierai jamais. Et pas seulement parce que c’était mon anniversaire…

Détail du plafond de la chapelle sixtine

Je suis comme tout le monde dans notre bien-aimé pays : abasourdie, sous le choc, des images violentes qui se bousculent dans ma tête, du chagrin, de la peur – oui, j’avoue – une immense émotion… J’ai été plus d’une fois offensée dans ma foi par des dessins parus dans « Charlie hebdo ». « Ça dépasse les bornes », pensais-je. Mais cette ignominie de mercredi, cette anti-humanité… Je descendrai dans la rue dimanche, avec mes enfants, et j’ai demandé à ma fille de 16 ans qui crayonne magnifiquement de faire un dessin pour l’occasion. Une jeune personnalité est en train de mûrir, de poser sa vision de la vie – comme j’aurais aimé que lui soient épargnées ces scènes de guerre !

J’ai mal à l’humanité, et j’ai mal au Dieu auquel je crois si fort. Car finalement, Il est le grand absent de ces débats.
Je crois en un Dieu qui a voulu épouser notre humanité, jusqu’à donner une partie de lui-même dans un tout petit enfant né dans la plus grande pauvreté. Je crois en un Dieu qui a parlé avant cet enfant par des prophètes qui ont tous été persécutés dans leur temps. Contemplons Jérémie qui a enduré avant l’heure toutes les épreuves du témoin de la vérité harcelé en permanence…
Je crois en un Dieu qui écoute nos complaintes humaines montant vers Lui dans les psaumes.
Je crois en un Dieu qui, dans son incarnation, a été haï par les autorités religieuses de son temps et vu comme « l’ennemi public N°1 » jusqu’à en être crucifié. Alors que de sa vie, il n’avait jamais eu aucune arme à la main…
Je crois en un Dieu Père qui a sangloté en voyant son Fils sacrifié sur la croix comme l’agneau sans tache, pour que jusqu’à la fin des temps, nous trouvions en lui, qui a tout enduré jusqu’à l’extrême, consolation de nos souffrances et pardon de nos péchés.
Je crois en un Dieu humble qui n’a pas fait de coup de théâtre ce jour funeste-là, mais qui, en toute discrétion, a ressuscité son Fils au matin de Pâques. Pour que les plus humbles parmi les femmes et les hommes qui l’avaient suivi témoignent de cette résurrection jusqu’à aujourd’hui, et jusqu’à ce qu’il revienne.
Je crois en un Dieu qui se tourne avec amour vers ceux qui invoquent son Nom, même s’ils ne le font pas tous par le même chemin.

Un prêtre me disait un jour, quand j’étais dans une foi encore balbutiante : « Dieu peut tout, sauf contraindre l’homme à l’aimer. »

Je sais que c’est dur, surtout en de pareils moments, d’aimer Dieu. Dieu est humble, il frappe discrètement à la porte de notre cœur, il ne demande qu’à nous soutenir dans l’épreuve, à nous accompagner, à nous fortifier.

J’en témoigne parce que je le vis, au quotidien. Parce que je lui ai donné ma vie, sans aucune arme à la main, jamais, sinon ce clavier…

 

Requiem

7 janvier 2015 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

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J’étais déjà en deuil. Le cœur terriblement lourd hier toute la journée pour une famille proche frappée par un des pires drames qui soit. Je cherchais mes mots pour soulager une épouse, trois enfants dans la dure épreuve.
L’actualité me rattrape dans mon chagrin.
Horreur et incrédulité.
Et peur de ce qui va suivre.
Voilà que tout notre pays est en deuil, et bien au-delà de ses frontières encore…

Alors j’implore – il ne reste plus que cela à faire – le Dieu auquel je crois. Celui qui est proche de ceux qui pleurent.

Dans leurs pas

3 janvier 2015 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

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Me promenant l’autre jour par des chemins enneigés, j’avais plaisir à contempler les pas, traces de passage avant le mien, pas d’adultes, pas d’enfants, petites empreintes de chiens batifolant autour de leurs maîtres…
Et en contemplant les clichés, je repensais à tous ceux dans les pas desquels j’ai mis les miens…
Mes grands-parents, honnêtes agriculteurs, au travail tout le jour, ayant survécu à deux guerres mondiales dans les pires conditions et n’ayant pour autant jamais renié leur foi, toujours fidèles à la pratique et constants dans l’éducation chrétienne donnée à leurs enfants, puis soucieux de la nôtre… La vie n’alla pas sans heurts et sans conflits, sans carences affectives se transmettant de génération en génération, sans jugements parfois blessants en raison de leur grande fidélité à l’Eglise qui les privait parfois du sens de la nuance…
Mes parents, héritiers de ces deux familles humbles, honnêtes et travailleuses, ayant pour lot la précarité matérielle mais un grand sens de la dignité et du devoir parental, occupés du matin au soir aux travaux de la basse-cour et des champs en plus du métier de mon père, nous délestant souvent des corvées quotidiennes pour nous laisser nous consacrer à nos études, eux dont l’occupation allemande avait coupé les ailes, les privant définitivement de la chance d’étudier. Jamais un mot contre nos enseignants, jamais d’indulgence pour une remarque négative dans nos bulletins… Ils ne pouvaient guère nous aider à faire nos devoirs, mais nous avions sous les yeux en permanence l’exemple du labeur et l’encouragement à prendre « l’ascenseur social ».
Et puis le foi, toujours, qui poussait à pardonner, à partager, à se retrouver pour les occasions festives, l’exemple d’une pratique religieuse sans faille…

Alors, en mettant mes pas dans les leurs, je suis reconnaissante pour leur vie simple qui a tout donné à leurs enfants et à leur Dieu, et j’avance dans l’espérance que mes pas seront tout aussi sécurisants pour ceux qui viennent après moi…

Mes vœux pour 2015

31 décembre 2014 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

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De la joie
L’amour de ceux que vous aimez
La considération de ceux que vous côtoyez
Les petits bonheurs simples
Et les grands bonheurs cadeaux de l’existence
La santé pour faire face à tout
Des projets qui se concrétisent
Et de la bonne humeur, toujours !
L’humour qui rend les événements plus doux
Et quelques rêves, même les plus fous !
En toute chose, beaucoup d’espérance
Et la foi qui jamais ne déçoit !

Tels sont mes vœux pour la nouvelle année
A tous ceux qui me font la joie, ici, de me visiter !