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Rites qui se perdent

13 juillet 2013 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 1 commentaire

Aujourd’hui, je suis allée à une messe de mariage, je ne faisais pas partie des invités mais je connais bien la maman du marié, et cela me faisait plaisir d’assister à la cérémonie et d’embrasser les mariés et leurs parents, d’autant plus que cela se passait dans ma communauté de paroisses.

Le jeune couple était charmant, sincère et touchant. La grande église était pleine au quart, presque uniquement des invités. Une chorale gospel rehaussait la cérémonie.

Mais cependant, j’ai été traversée d’une certaine tristesse. Dans cette assemblée, composée certainement presque exclusivement de catholiques baptisés, j’étais l’une des seules à connaître le rite, à savoir quand me lever et quoi répondre aux paroles du prêtre. C’était étrange, je m’étais volontairement assise derrière la famille, quelques rangs en arrière, et il y avait comme un grand silence entre le choeur où se tenaient le prêtre et les mariés et moi qui désirais participer à cette messe comme à mon habitude. Je regardais le Christ en croix et j’étais un peu triste pour Lui. Et sans doute le prêtre ressentait-il aussi cette solitude dans sa foi…

Tout en me réjouissant pour ces jeunes qui se sont engagés dans le mariage, je songe ce soir à Jean-Paul II quand il disait :

« France, fille aînée de l’Eglise, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? »

Image : Noces de Cana   Giotto

Il y a dix ans, une chatte adulte s’est invitée dans notre jardin, elle y a passé tout un été, et bien que cela n’ait jamais été vraiment notre projet, nous l’avons adoptée à l’automne, la voyant manger du pain gorgé de pluie que nous jetions aux oiseaux. Nous avons commencé à la nourrir, au début elle se laissait à peine caresser, avait-elle subi des mauvais traitements ? Mais très vite, elle est entrée dans la maison et y a pris ses aises. Et ce fut le début d’une vraie histoire d’amour entre elle et les enfants et moi. La voyant bien ronde, je la croyais pleine. Une visite chez le vétérinaire nous apprit qu’il n’en était rien, elle était tatouée et stérilisée. Mais personne, jamais, ne la réclama. Pour notre plus grande joie !
Je n’ai pas connu chat plus doux, plus discret, plus respectueux des règles de la maison. Elle était calme, propre, affectueuse, et très gourmande

J’ai fait l’apprentissage des moments de solitude en sa compagnie. Elle la meublait de sa présence reconnaissante à tous nos bons soins.

Il y eut des ennuis de santé, qu’elle a toujours bien surmontés. Et puis, l’automne dernier, cette tumeur à l’oreille. Première opération, et quelques semaines de répit. La tumeur est revenue. Il fallait prendre une décision plus radicale : sa seule chance était de faire couper l’oreille malade. C’est la décision que j’ai prise à Noël, repoussant de toutes mes forces l’idée de la perdre sans lui avoir donné sa chance.
Le vétérinaire a fait un travail d’orfèvre, et notre petite compagne a eu encore six beaux mois, fatiguée, ralentie, mais bien présente et toujours aussi gentille.
Et puis, il y a environ un mois, elle s’est mise à gratter frénétiquement sa cicatrice. Et j’ai été affligée de constater que la tumeur revenait. Elle ne pouvait plus rester sans carcan, faute de se gratter jusqu’au sang et de montrer qu’elle avait mal, mais de ce fait elle était privée de la possibilité de faire sa toilette.

Les médicaments n’y ont rien fait. Les choses ne faisaient qu’empirer de jour en jour. (suite…)

Hier soir, j’ai assisté à un spectacle tout de grâce et de beauté : les jeunes filles de l’association sportive de notre collège s’entraînant dans les sections danse – modern jazz, danse gymnique et hip hop – tout au long de l’année scolaire donnaient leur représentation annuelle. Ce fut une soirée d’enchantement, toutes ces adolescentes se sont donné du mal, créant elles-mêmes la plupart de leurs chorégraphies, pour s’adonner à leur passion dans l’année et enchanter leurs proches et leurs professeurs hier soir.

J’étais d’autant plus touchée que nombre de ces jeunes filles ont été voici quelques années mes petites élèves, et que je suis toujours émue de les voir se métamorphoser en gracieuses adolescentes. Le spectacle, articulé autour du thème du vent, s’enchaînait bien, ouvrant différents tableaux entrecoupés de textes poétiques et de séquences de jonglage impressionnantes. Il y avait de la recherche aussi dans les tenues, simples mais offrant une belle unité à chaque groupe évoluant sur la scène.

Et bien sûr, mon coeur de maman a vibré, car ma fille de 14 ans était très investie dans cette représentation, ayant composé plusieurs chorégraphies, dansé dans différents groupes et dont les professeurs ont bien voulu qu’elle clôture le spectacle par une danse en solo qu’elle a créée elle-même, et qui a fait courir une émotion palpable sur tout le public. Sa soeur de six ans son aînée, complice de tant de répétitions de duos qu’elles offrent pour les fêtes de famille, n’a pu retenir ses larmes en voyant l’accomplissement du talent de sa cadette. (suite…)

C’était au temps de vinyles 33 ou 45 tours. Les lecteurs de cassettes n’avaient pas encore été lancés sur le marché. Les seuls objets technologiques que nous possédions, chez mes parents, étaient un poste de télévision, un tourne-disque et un magnétophone à bandes, ce dernier faisant la fierté de mon père.
Mon oncle prêtre nous faisait régulièrement des cadeaux que nous appréciions particulièrement : des 45 tours d’une série qui s’appelait « Comme un oiseau ». C’étaient des chansons enfantines, chantées par trois fillettes, dont certaines étaient à connotation religieuse. Nous les écoutions réunies autour de l’électrophone, et comme nous avions très peu d’autres disques, ces chansons-là étaient dans notre répertoire favori. Mon père ne manqua pas l’occasion d’immortaliser ainsi les voix de ses quatre filles. Nous avions donc improvisé une chorale familiale, et il nous enregistrait chantant ces chansons, toutes les quatre ou en solo. J’étais toute petite à l’époque, je ne savais pas encore lire, ce qui nous fit sourire des années plus tard en réécoutant les enregistrements et ma mémorisation des paroles parfois un peu amusante.

Je n’ai plus ces disques aujourd’hui, mais je me souviens particulièrement d’une chanson que je murmurais très souvent dans mon coeur. Les paroles m’en sont restées.

Quand le soir il fait trop noir
Que j’allume le couloir
Seigneur je suis comme un oiseau dans ta main
Avec Toi je ne crains rien

Quand je pleure dans mon coin
Que j’ai beaucoup de chagrin
Seigneur je suis comme un oiseau dans ta main
Avec Toi je ne crains rien

Et quand je suis tout blotti
Au chaud dans mon petit lit
Seigneur je suis comme un oiseau dans ta main
Avec Toi je ne crains rien

Et à bien y réfléchir, je me dis que ce que je vis de plus doux dans mon existence de presque quinquagénaire, c’est d’avoir retrouvé ce même murumure de mon coeur dans l’oraison…

J’ose aujourd’hui aborder un sujet qui m’attire toujours la suspicion. Parce que j’y réfléchis souvent, je dérange. Parce que j’ose en parler parfois, on détourne bien vite l’échange, on me fait comprendre rapidement que je fais fausse route, que je ne suis pas une « vraie » catholique, que tel ou tel pape canonisé ou béatifié est là pour me prouver à quel point j’ai tort…

Tous les jours, ce mois-ci, j’ai médité l’Evangile, et je vais continuer à le faire, c’est une heureuse habitude prise depuis longtemps maintenant.

Depuis le 1er mai et jusqu’à la Pentecôte, le 19 mai, l’Eglise offre à notre méditation, tous les jours, les extraits si fondateurs pour notre foi de Jean 14, 15, 16, 17 et 21. Jésus ne cesse de nous y redire l’importance de la prière en son nom et son profond désir que nous demeurions unis dans son amour. Il insiste sur sa médiation dans notre prière qui, par lui, monte vers le Père, en nous donnant l’assurance que par cette voie nous serons exaucés. Il se donne comme celui qui nous élève au-dessus du monde pour que nous accordions nos demandes à la Volonté du Père, en supportant ici-bas les persécutions pour que notre témoignage n’en soit que plus authentique. Les premiers chrétiens se sont accordés aux recommandations du Seigneur parfois au prix de leur sang. Et tout au long de l’histoire de l’Eglise, la méditation et la prédication de l’Evangile s’est perpétuée jusqu’à nous qui nous devons de le recevoir comme un précieux cadeau.

Or, voilà ce que je vis depuis dix jours : on me souhaite un heureux « mois de Marie », je prends mon « Prions en Eglise » et j’y vois une photo de Notre-Dame de la Garde, chaque messe de semaine se termine par un cantique à Marie, on me conseille le chapelet ou le rosaire, on affirme qu’on a été exaucé en priant devant son écran d’ordinateur branché « en direct » sur la grotte de Lourdes.
C’est ainsi, pour nombre de catholiques, c’est « Le mois de Marie ». Et c’est comme si l’Ascension du Seigneur, la Pentecôte et la fête de la Sainte Trinité passaient subrepticement au second plan. Tout cela est devenu tellement naturel et accru ces dernières années que c’est presque avec appréhension que je rédige ce billet. Je vais encore être regardée de travers, soupçonnée d’irrévérence à Notre-Dame. (suite…)