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Première bougie

5 février 2013 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 5 commentaires

Ce site a un an d’existence aujourd’hui, et j’en suis très émue. Il m’a valu de très belles rencontres spirituelles, des amitiés nouvelles, et la joie ininterrompue de témoigner de ma foi comme je le désirais depuis si longtemps !
Quand je regarde l’année écoulée, je suis émerveillée : vous vous êtes connectés de 99 pays différents (eh non, pas 100 !) et c’est ce qui me touche le plus.

La requête qui aboutit le plus souvent vers ce site est inattendue, mais c’est pour moi tout un symbole : c’est le psaume 23 « Le Seigneur est mon berger ».

Alors en hommage à mon bon Berger qui veille et nous fait nous rencontrer ici, je publie encore le Psaume si doux :

Le Seigneur est mon berger,
je ne manque de rien.
Sur de frais herbages, il me fait coucher ;
près des eaux du repos, il me mène,
il me ranime.

Il me conduit par les bons sentiers,
pour l’honneur de son nom.
Même si je marche dans un ravin d’ombre et de mort,
je ne crains aucun mal, car tu es avec moi ;
ton bâton, ton appui, voilà qui me rassure.

Devant moi tu dresses une table,
face à mes adversaires.
Tu parfumes d’huile ma tête,
ma coupe est enivrante.

Oui, bonheur et fidélité me poursuivent
tous les jours de ma vie,
et je reviendrai à la maison du Seigneur,
pour de longs jours.

Traduction Oecuménique de la Bible

La dame à la fourrure

30 janvier 2013 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 4 commentaires

Samedi dernier, je suis allée à une rencontre oecuménique de prière pour la clôture de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. J’y ai emmené une amie que j’aime beaucoup, qui après une vie un peu marginale et des problèmes psychiques, n’a pas eu d’autre solution que d’entrer en maison de retraite vers 60 ans. Elle s’y ennuie bien sûr, le quotidien est lourd pour elle, et elle me dit souffrir de la médisance qui va bon train. Elle est très pauvre et sous curatelle, endettée, elle n’a droit qu’à 20 euros par semaine. Ce qui l’empêche de s’offrir des « extras », et de ce fait elle ne peut pas vraiment soigner son apparence. En outre, elle souffre beaucoup de plusieurs infirmités, et a du mal à se déplacer. Mais pour la côtoyer à la messe de notre communauté de paroisses et la visiter de temps en temps, je sais qu’elle a un coeur d’or.

Nous arrivons donc toutes les deux bien en avance. Elle monte avec difficulté les quelques marches de la chapelle de cet hôpital psychiatrique, dans laquelle j’ai vécu moi-même des choses très fortes il y a douze ans, au milieu des malades et de quelques personnes de cette ville, voisins proches sans doute,  qui en ont fait leur paroisse.

Décidées à bien participer à cette célébration, nous nous installons au deuxième rang, saluons la pasteure, notre diacre, quelques personnes que nous connaissons…

Arrive un couple entre 60 et 70 ans. La dame, enveloppée d’une fourrure, coiffure impeccable, s’avance à notre rang et nous regarde d’un air médusé, puis nous dit : « Est-ce que vous pouvez vous pousser ? » Un instant, je ne comprends pas, puis elle ajoute : « C’est notre place habituelle. » Je comprends. Ce sont des paroissiens et ils veulent leur banc à eux. Nous nous excusons et nous nous poussons au fond du rang, ce qui occasionne à mon amie des douleurs à ses genoux très fragiles.

La célébration commence par une magnifique danse indienne, une soeur d’un couvent voisin a revêtu le costume traditionnel, chatoyant, et nous présente une chorégraphie de son pays d’origine, un lumignon dans chaque main. Nous entrons dans la grâce de ce temps de prière, riche et nourri de chants de nos deux traditions, catholique et protestante.

Les célébrants nous proposent de nous donner le geste de paix. Heureuses, nous l’échangeons autour de nous. Mon amie tend la main à la dame à la fourrure, mais elle ne daigne pas la saisir. (suite…)

Aux passants…

12 janvier 2013 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 2 commentaires

Au fil des mois, vous êtes devenus nombreux, je vois la trace de votre passage, et je m’émeus : de là, tout près de chez moi ou du bout du monde, vous êtes arrivés sur ce site, vous avez ouvert cette page où je me suis livrée en toute sincérité… Vous aviez une question, une recherche, une requête, et les hasards d’internet vous ont menés jusqu’à ce site où je me donne jour après jour pour témoigner de ma foi, de ma renaissance psychique, de mon amour pour le Christ Jésus qu’absolument rien dans ma vie ne peut surpasser…

J’ai envie de vous dire :  ne passez pas si vite ! Oubliez la frénésie des temps que nous vivons, ne zappez pas comme avec votre télécommande, arrêtez-vous un moment, faisons connaissance… De ma foi, je vous donne ce que je pense avoir à offrir de meilleur. Donnez-moi un peu de vous-mêmes vous aussi ! Laissez-vous interroger, déranger dans vos certitudes… Laissez, si le coeur vous en dit, une trace de votre passage… N’hésitez pas à oser quelques mots en commentaire ou sur le formulaire de contact, il y a une personne de chair et de sang derrière ce site, qui vous lira, qui prendra le temps de vous répondre…

Amis qui traversez ma maison comme un souffle et disparaissez aussitôt, ne manquez pas l’occasion d’un dialogue qui nous ferait du bien, à vous comme à moi…

J’apprends à l’instant au journal télévisé que 90% des victimes de crimes violents en Inde sont des femmes… Que la police les dissuade de porter plainte après un viol (d’où le suicide d’une jeune fille de 17 ans)…  Que la jeune femme sauvagement agressée et violée par six hommes dans un bus le 16 décembre est entre la vie et la mort.

Le pays se soulève, ose enfin exprimer l’inacceptable. Le viol est un crime qui demeure la plupart du temps impuni dans ce pays. L’éternelle mauvaise foi faisant retomber sur la femme la responsabilité du crime y est de mise.

Je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement avec une autre sinistre réalité de ce pays :  les avortements sélectifs pour éliminer les filles dès le début de la grossesse ( il manquerait 40 millions de femmes en Inde depuis 1980 pour cette raison).

http://inde.aujourdhuilemonde.com/la-tragedie-des-filles-manquantes-de-linde

Cette actualité horrible colle malheureusement avec les textes liturgiques du jour : le massacre des saints Innocents (Matthieu 2, 13 – 18). Une expression qu’il serait temps de mettre au féminin…

Un cri s’élève dans Rama, des pleurs et une longue plainte : c’est Rachel qui pleure ses enfants et ne veut pas qu’on la console, car ils ne sont plus.

Je suis originaire de Lorraine. Et institutrice. Donc doublement sous le patronage de Saint Nicolas !

Saint Nicolas comptait beaucoup dans mon enfance. Mes parents étaient très croyants, et ne nous ont pas éduquées dans des crédulités « païennes ». D’ailleurs ils étaient très démunis, et nous ne recevions pas de cadeaux à Noël, sinon ceux de nos parrains et marraines et du comité d’entreprise de mon père. La source en était clairement identifiée, et nous étions bien reconnaissantes pour ces cadeaux qui étaient d’autant plus précieux que nous n’en étions pas couvertes. Le Père Noël ne faisait donc absolument pas partie de notre paysage. D’ailleurs ma mère n’aimait pas cette croyance, sans doute une intuition très profonde de sa foi simple et confiante. Mais elle disait souvent : « Saint Nicolas, c’est un saint. » Et donc, nous avions le droit de croire en Saint Nicolas.

Comme cela se fait encore dans beaucoup d’écoles de Lorraine et d’Alsace, Saint Nicolas passait nous voir chaque 6 décembre. Jour attendu et redouté ! Car en général, il ne venait pas seul. Son redoutable compagnon le Père Fouettard était avec lui. Nous étions encouragés à bien nous tenir toute l’année, car Saint Nicolas savait tout, et c’était assez confondant de l’entendre nous féliciter ou nous réprimander pour notre comportement à l’école. Il réprimandait peu d’ailleurs, mais je n’enviais pas le garçon qui nous tourmentait à longueur d’année en récréation et qui se faisait gronder ce jour-là solennellement devant tout le monde…

Saint Nicolas était grand, avec une barbe blanche, vêtu comme un évêque. Nous devions nous avancer vers lui et il nous tendait un gros sachet de friandises. Il fallait dire « Merci Saint Nicolas » et ces mots se nouaient dans ma gorge. Mais après, c’était la joie de découvrir les bonbons, chocolats, pains d’épices et mandarines. Et puis nous lui chantions une chanson répétée avec soin pour le remercier.

J’ai cru à Saint Nicolas environ jusqu’au CP. Jusqu’à la visite fatale où il dut remettre en place son nez en plastique qui tombait. Le rêve s’évanouit. (suite…)