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Poèmes

France

9 mars 2012 | Publié par Véronique Belen dans Poèmes - 1 commentaire

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Ecoute ton cœur
Il te dira la foi,
Le bien dans la douceur,
La Vérité du Roi.

Au pays où règne la raison
J’ai trouvé le bonheur au creux de l’oraison,
Dans les bras d’une nation qui enterre le Livre
J’ai reçu Ta Parole et elle m’a laissée ivre.

Ivre de liberté sous le joug de Ta grâce,
Libre de proclamer que Tu remplis l’espace,
Que de nos prétentions à éteindre Ta voix
Il ne reste que cendres quand Tu vaincs notre moi.

Ô France altière et généreuse
Ta devise, où l’as-tu donc puisée ?
Dois-tu à ton orgueil ta prospère beauté ?
Ta jeunesse peut-elle être apostate et heureuse ?

J’ai mal à ma patrie veuve de son Bien-Aimé,
Par excès de plaisirs elle l’a abandonné.
Elle met un point d’honneur à calomnier l’Eglise,
Elle pleure sur Barabbas et sa foi agonise.

Qu’as-tu fait, beau pays d’où jaillissait l’Esprit
De tes humbles bergères dévouées à tes cris ?
Quand sauras-tu enfin trouver l’intelligence
De chercher dans les sources un embrun d’espérance ?

Tu te ris de ces mots qui disent Sa Présence,
Tu doutes de l’Infini, tu prônes l’insolence,
Tu construis une arène pour y jeter la foi,
Tu arbores un diadème masquant ton désarroi.

Mais j’aime ce pays et j’attends la lumière,
Sous la sotte arrogance peut germer le Mystère,
Au désert de l’esprit peut rejaillir le Verbe
Qui n’espère qu’aimer tant de brebis superbes.

Véronique Belen, Avril 2001

Photo : Chamonix

Espérance

29 février 2012 | Publié par Véronique Belen dans Poèmes - 1 commentaire

Te désirer, c’est te chercher,
Te trouver, c’est t’aimer.
Ô toi, l’ineffablement doux,
Apprends-moi ton regard dépourvu de courroux
Apprends-moi à chérir ma suave espérance
Malgré ceux qui t’ignorent par doute et suffisance.

Tu m’as voulue enfant d’un pays sans piété,
Insensible à ta voix, si prompt à t’oublier !
Tu m’as livrée au doute et à la vaine science
Quand j’espérais du monde qu’il comble ton silence.

Sans toi, tu le sais bien, mon âme était souffrance,
Je me heurtais sans cesse aux murs d’indifférence,
Je n’ai eu que ta main tendue vers mon abîme
Pour me rendre à l’Amour établi dans les cimes,
Je n’ai eu que ton coeur débordant de tendresse
Pour trouver un chemin transcendant ma détresse
Aux jours où je voyais, dressés sur mon néant,
La mort et le péché avides de ton sang.

Toi, l’Agneau sacrifié à toutes nos errances,
Par ta fidélité tu rachètes l’arrogance,
La vaine prétention à tuer ta Parole
Quand l’orgueil nous unit dans une farandole
Exaltant en nos coeurs le refus de donner,
Dédaignant ton secours, niant ta Majesté.

Ta voix de compassion m’a rendu la Lumière,
Ton Amour si brûlant m’a menée vers le Père,
Aux Cieux de ta clarté siégeait la Vérité,
Ce don étant trop peu, à moi tu t’es livré.

Assoiffée de ton Nom, je bois à ta justice
Et te supplie encore qu’elle sache ce délice
La nation fille aînée qui refuse de croire
Que pour l’Eternité tu jouis de ta Gloire.

Véronique Belen

Mars 2001

Internés

4 février 2012 | Publié par Véronique Belen dans Poèmes - Aucun commentaire

Chemin de croix

Tu m’as donné pour gloire souffrir l’abaissement,
Le lot de mon partage, c’est Ton humiliation.
Qui Te cherche Te trouve, là, tout en bas de soi,
De sa vie Tu disposes et l’élèves jusqu’à Toi.

Là, blancs sont les murs et noires sont les pensées,
Les masques se déposent, pas une seule âme fardée.
Eux, ils veillent, tout de blanc revêtus,
Distribuent le sommeil, écoutent les mots tus.
A la soif de justice, ils ont pour tout remède
Entendre la complainte, étancher l’intermède,
Petits bonbons blancs, rouges ou bleus,
Pour oublier qu’au fond, on n’est pas vraiment deux.

Lui, ici, l’hiver, c’est bien chauffé,
Mais c’est quand même dehors qu’il préfère exister.

Elle, tout ce qu’elle entend, elle l’a vécu aussi,
C’est par procuration qu’elle aime et qu’elle sourit.

Lui, subtile intelligence, ailleurs dans sa présence,
Ses yeux voyaient si mal, l’école l’a oublié.

Elle, une fontaine de larmes même pas cachées,
Elle aimait bien la foi qu’on lui a confisquée.

Lui, il ne sort qu’au bruit de son geôlier,
Seize ans à peine, et plus de liberté.

Elle, elle n’a plus faim de son pain de ce jour,
Manger ce serait vivre, à quoi bon sans amour ?

Lui, il ne dit jamais rien,
Mais pour croiser les mots, ça toujours il veut bien.

Elle, le verbe agonise en son cœur,
Du corps il a tout pris, le grand profanateur.

Lui, un concentré de muscles et de violence,
Une injection, et le silence.

Elle, café au lait ou café noir,
Elle ne sait plus choisir, elle n’a plus de vouloir.

Lui, regard éteint et radio allumée,
Il a peur de la mort montrée à la télé.

Elle, c’est la pudeur qui retient la souffrance,
Sa fille avait sept ans, la douleur est immense.

Lui, il porte le prénom de Ta pâque
La seringue c’est fini,
Bientôt il sort d’ici,
Il parle et il sourit,
Félicité, il rit,
Ses cheveux sont coupés,
Le passé, oublié,
Il renaît aujourd’hui.

Je les ai vus là-bas, les pauvres de Yahvé,
Pas un seul de ces cœurs qui puisse T’échapper.

 

Véronique Belen,  mars 2001