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Poèmes

Poème au Père

17 août 2012 | Publié par Véronique Belen dans Poèmes - Aucun commentaire

Père

A Toi, semence de Vie
Germe d’amour déposé en nos âmes,
Souffle qui crées et qui combats l’infâme,
Je confie mon esprit.

Je m’en remets à Toi, Père de toute justice,
Tu sais de quel amour je brûle pour ton Fils,
Tu sais de quel désir se consume ma vie
De témoigner de Toi en m’unissant à Lui.

Guidée par ta puissance, puis-je encore m’égarer ?
Tu emplis mon silence d’une douce Vérité,
Tu convertis mes doutes en brise d’espérance,
Tu murmures à mon cœur les dons de ta clémence.

Je vois le monde bruyant et belliqueux,
Convoitise et violence sont monnaie de leurs dieux,
On invoque ton Nom et l’on répand la haine,
On parle de ta mort et on nie que Tu aimes.

Comment leur dire que Tu Es, que Tu Vis,
Que puisant en ton sein, j’y trouve l’Infini,
Que Tu nous as déjà, comme offrande suprême,
Donné l’Eternité qui surgit de nos peines ?

Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant,
C’est le cri de mon cœur quand je suis ton enfant,
C’est ma voix qui se fond aux pleurs du Crucifié
Quand de toutes nos guerres il doit agoniser.

Tant de peuples déjà ont chanté tes louanges,
Tant d’espoir a fleuri là où n’était que fange,
Mais l’orgueil triomphant Te calomnie encore
Sans égard pour ton Fils offrant jusqu’à son Corps.

Par lui, je ne crois pas au règne des ténèbres,
Je crois en ton Amour plus fort que la souffrance,
Je crois en ta Lumière transcendant ton silence
Et qu’au matin nouveau nous boirons à ton Etre.

Véronique Belen      Avril 2001

Marie

Marie, creuset de Vie,
Plénitude de foi,
Rondeur de l’Infini,
Tu as le parfum des matins de promesses,
La grâce qui sourit au creux de nos détresses,
Tu reçois nos appels comme tu reçus l’Enfant,
Tu te donnes à nos cris comme à ceux du Mourant.

Au gouffre de ma peine tu es venue à moi,
Me donnant plus d’amour que je n’avais de croix,
Tes mains de compassion ont recueilli mes pleurs,
Tu as enduit mon âme d’un baume de douceur.

Marie, Mère bénie à l’azur de la terre,
Tu connais les épines qui déchirent nos chairs,
Tu entends la supplique de tous les humiliés,
Tu berces nos chagrins et tu panses nos plaies.

Qu’Il est grand dans l’Amour, le Père du Nouveau-né,
Qui nous offre une Mère à chérir désormais,
Qu’il est bon pour nos cœurs, le Fils ressuscité
Qui nous montre Marie prête à nous consoler !

 

Véronique Belen        Avril 2001

 

Source image : Icône des Ateliers du Carmel de la Théotokos, Harissa, Liban

Soleil de mai

Soleil de mai
Tu dardes tes rayons
Qui montent vers le feu
Baignant ton Ascension.

Agneau de perfection
Appelé vers le Père
Prends-nous dans ton sillon,
Ouvre-nous ton mystère !

Descends sur nous la paix de ton regard,
Offre-nous un éclat de Ciel !
Montre-nous tes amis te fêtant dans ta Gloire,
Nourris-nous de lait et de miel !

Porté par les nuées, tu te fais si présent
Que mon cœur s’inonde de ta joie,
Ton immortalité me délivre du temps
Et consume le bois de ta Croix.

Qui connaîtra cette agape de l’âme
Exilant tout relent de blessure ?
Quel cœur exultera à ce chant qui t’acclame
Et t’offrira sa foi comme un fruit mûr ?

Soleil de mai qui transcendes la Pâque
Comme la promesse enfin des temps nouveaux,
Tu t’élèves lumineux et d’un trait de ton arc
Tu transperces d’amour tes agneaux.

Véronique Belen Mai 2001

Image   L’Ascension    Giotto

« Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. »
Tu nous l’as dit, l’avons-nous fait ?
Tu l’as vécu, t’avons-nous écouté ?

Vingt siècles que ta Parole retentit dans l’Eglise
Et encore tant de haine, et toujours la méprise,
Quand le moi s’interpose plus fort que le prochain,
Quand l’orgueil nous égare sur ses mauvais chemins.

Avons-nous bien compris comme tu nous as aimés ?
Ton regard suppliant, où l’avons-nous croisé ?
Qui pourrait, s’étant pris au feu de ton amour,
Repousser ton appel à te donner ses jours ?

Tu es là dans la nuit, tu es là dans les cris,
Tu te tiens attentif au seuil de nos souffrances,
Tu nous tends tes deux mains maculées de violence,
Tu nous offres ton Cœur meurtri d’indifférence,
Tu nous appelles à toi, tu mendies un regard,
Tu te fais si petit qu’il est long de te voir,
Tu nous dis : « Je suis là, ne cherche pas plus loin,
J’ai amassé pour toi réconfort et bon grain,
Je te promets demain de soulager ta peine,
Je n’ai qu’une exigence : Veux-tu bien que je t’aime ?
Sauras-tu en ton cœur m’ouvrir un peu d’espace,
Ne pas le refermer pour qui y veut sa place ? »

Et toi, à sa question, qu’as-tu donc répondu ?
Il était tout aimant, l’eau de grâce, l’as-tu bue ?

Comme il nous a aimés, l’Agneau qui pardonnait
Et aux uns, et aux autres, et à qui trahissait !

 

Véronique Belen     Mai 2001

Image : Détail du Retable d’Issenheim, Matthias Grünewald

Témoigner

29 mars 2012 | Publié par Véronique Belen dans Poèmes - 3 commentaires

Feu

Garder confiance,
C’est mon combat dans le silence,
C’est la parole que tu me tends
Avec ta main qui tient le temps.

Seigneur ressuscité, aube qui toujours espère,
Les yeux fixés sur ta lumière,
J’attends un signe de ton Esprit
Pour que mon âme porte du fruit.

Tant de mots de douceur et de vérité
Sont reclus dans mon cœur embrasé,
J’ai tant goûté l’eau délicieuse
A ton puits qui la rend si précieuse !

Se peut-il que je retienne encore
Tes accents que le feu dévore ?
Se peut-il que je cache en moi
Ce torrent d’où jaillit ma foi ?

Verbe de Dieu, Parole de Vie,
J’aimerais donner ce que tu me confies,
Je rêve d’allumer un brasier flamboyant
Où s’immoleraient enfin nos tourments !

Ta voix jour après jour va caressant mon âme
Mais sans se contenter d’un séjour si étroit,
C’est à la multitude que s’adresse le Roi
Et j’aspire à offrir les éclats de ta flamme.

Véronique Belen, avril 2001