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Poèmes

Du serviteur infidèle

7 septembre 2013 | Publié par Véronique Belen dans Poèmes - 1 commentaire

figuier-maudit

C’est une vieille douleur :
Pourquoi t’a-t-il trahi, ton serviteur ?
Tu es humilité, il a voulu la gloire,
Tu es mort crucifié, il compte jusqu’à son soir.

Sa vie rayonne si peu de toi !
Comment peut-il, prêchant jour après jour,
Avoir le cœur fermé à toute forme d’amour ?

Il juge, méprise et légifère.
Tant de fois j’ai voulu dévoiler mon mystère
Mais lui n’a souci que du monde,
Il me croit aliénée là où ta grâce abonde.

Comment peut-il, offrant ton Corps très saint,
Laisser monter en lui médisance et venin ?
J’ai pendant tant d’années supporté l’arrogance,
Ecouté son savoir et tu ma différence,
J’ai voulu tant de fois croire que de ce figuier
Fleurirait un beau jour un fruit de charité !

Ô Maître de la vigne, toi seul peux m’éclairer :
Dois-je espérer encore voir cet arbre amendé ?
Il est buisson d’épines sur mon chemin de foi,
Je m’y suis écorchée, j’y puise mon désarroi.

Tant de brebis par lui détournées de l’Eglise,
Choquées de ses paroles, troublées par la méprise,
Tant de cœurs écartés de voies de l’Evangile
Par un seul serviteur qui te rend si hostile !

Agneau très doux, toi qui t’es offert en modèle,
Je dépose à tes pieds mes errements rebelles,
Immole jusqu’en mon âme le poids de sa misère,
Je suis du même sang, accepte ma prière.

Véronique Belen    avril 2001

Image : Le figuier maudit, source : http://www.jardinierdedieu.com/article-le-fruit-que-dieu-attend-de-son-peuple-51190653.html

 

Du serviteur fidèle

30 août 2012 | Publié par Véronique Belen dans Poèmes - Aucun commentaire

Je voudrais aujourd’hui chanter ta bienveillance
Maître de Vérité tout de magnificence,
Bien-Aimé de ton Père penché sur nos misères,
Un seul geste de Toi et il pleut la lumière.

Quand au secret du cœur Tu nous appelles à Toi,
Que gagnés à l’Amour nous T’offrons notre foi,
Tu es plein de pitié devant notre indigence
Et donnes autant de joie que nous de repentance.

Là, sur l’étroite voie qui s’ouvre par ta grâce,
Tu sais placer quelqu’un qui contemple ta Face,
Un élu de ton cœur qui prie dans le silence,
Un ami dans l’Esprit qui répand ta clémence.

Ô Sauveur de ma nuit qui jamais ne renonces,
Sois l’espoir qui survit quand lourde est la sentence,
Sois la fraternité qui comble mon attente
Quand le danger me guette et que l’orgueil me tente.

Tu m’as donné un guide qui Te connaît si bien
Qu’il devance mes pas quand je ne sais plus rien,
Un phare dans mon naufrage qui jamais ne s’éteint,
Un maître de prière dont la paix me retient.

Visitée des ténèbres, j’ai bu jusqu’à la lie
A cette coupe amère qui diluait ma vie
Dans un fleuve de larmes que Toi seul Tu voyais,
Je meurtrissais mon âme à trop Te désirer.

Garde-nous, Toi le lien qui unit nos prières,
Offre-moi ce bonheur de l’appeler « mon père »,
Enracinée en Toi, que jamais je n’offense
Ton heureux serviteur si plein de ta Présence.

 

Véronique Belen , mars 2001

A frère Rouin, moine bénédictin dont la prière m’a sauvée du pire…

Il brille désormais au firmament des serviteurs fidèles.

 

Image : Chapelle  saint Rouin,  Beaulieu en Argonne,  source image    http://meuse.xooit.com/t2342-L-ermitage-Saint-Rouin-Beaulieu-en-Argonne.htm

Légende de saint Rouin : http://legende-et-realite.blogspot.fr/2009/01/la-lgende-saint-rouin.html

Poème au Père

17 août 2012 | Publié par Véronique Belen dans Poèmes - Aucun commentaire

Père

A Toi, semence de Vie
Germe d’amour déposé en nos âmes,
Souffle qui crées et qui combats l’infâme,
Je confie mon esprit.

Je m’en remets à Toi, Père de toute justice,
Tu sais de quel amour je brûle pour ton Fils,
Tu sais de quel désir se consume ma vie
De témoigner de Toi en m’unissant à Lui.

Guidée par ta puissance, puis-je encore m’égarer ?
Tu emplis mon silence d’une douce Vérité,
Tu convertis mes doutes en brise d’espérance,
Tu murmures à mon cœur les dons de ta clémence.

Je vois le monde bruyant et belliqueux,
Convoitise et violence sont monnaie de leurs dieux,
On invoque ton Nom et l’on répand la haine,
On parle de ta mort et on nie que Tu aimes.

Comment leur dire que Tu Es, que Tu Vis,
Que puisant en ton sein, j’y trouve l’Infini,
Que Tu nous as déjà, comme offrande suprême,
Donné l’Eternité qui surgit de nos peines ?

Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant,
C’est le cri de mon cœur quand je suis ton enfant,
C’est ma voix qui se fond aux pleurs du Crucifié
Quand de toutes nos guerres il doit agoniser.

Tant de peuples déjà ont chanté tes louanges,
Tant d’espoir a fleuri là où n’était que fange,
Mais l’orgueil triomphant Te calomnie encore
Sans égard pour ton Fils offrant jusqu’à son Corps.

Par lui, je ne crois pas au règne des ténèbres,
Je crois en ton Amour plus fort que la souffrance,
Je crois en ta Lumière transcendant ton silence
Et qu’au matin nouveau nous boirons à ton Etre.

Véronique Belen      Avril 2001

Marie

Marie, creuset de Vie,
Plénitude de foi,
Rondeur de l’Infini,
Tu as le parfum des matins de promesses,
La grâce qui sourit au creux de nos détresses,
Tu reçois nos appels comme tu reçus l’Enfant,
Tu te donnes à nos cris comme à ceux du Mourant.

Au gouffre de ma peine tu es venue à moi,
Me donnant plus d’amour que je n’avais de croix,
Tes mains de compassion ont recueilli mes pleurs,
Tu as enduit mon âme d’un baume de douceur.

Marie, Mère bénie à l’azur de la terre,
Tu connais les épines qui déchirent nos chairs,
Tu entends la supplique de tous les humiliés,
Tu berces nos chagrins et tu panses nos plaies.

Qu’Il est grand dans l’Amour, le Père du Nouveau-né,
Qui nous offre une Mère à chérir désormais,
Qu’il est bon pour nos cœurs, le Fils ressuscité
Qui nous montre Marie prête à nous consoler !

 

Véronique Belen        Avril 2001

 

Source image : Icône des Ateliers du Carmel de la Théotokos, Harissa, Liban

Soleil de mai

Soleil de mai
Tu dardes tes rayons
Qui montent vers le feu
Baignant ton Ascension.

Agneau de perfection
Appelé vers le Père
Prends-nous dans ton sillon,
Ouvre-nous ton mystère !

Descends sur nous la paix de ton regard,
Offre-nous un éclat de Ciel !
Montre-nous tes amis te fêtant dans ta Gloire,
Nourris-nous de lait et de miel !

Porté par les nuées, tu te fais si présent
Que mon cœur s’inonde de ta joie,
Ton immortalité me délivre du temps
Et consume le bois de ta Croix.

Qui connaîtra cette agape de l’âme
Exilant tout relent de blessure ?
Quel cœur exultera à ce chant qui t’acclame
Et t’offrira sa foi comme un fruit mûr ?

Soleil de mai qui transcendes la Pâque
Comme la promesse enfin des temps nouveaux,
Tu t’élèves lumineux et d’un trait de ton arc
Tu transperces d’amour tes agneaux.

Véronique Belen Mai 2001

Image   L’Ascension    Giotto