Site de Véronique Belen
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XXe siècle. Dans ces années-là se profile une révolution : l’apparition de la pilule contraceptive. Mais pas pour cette femme-là. Elle est catholique. A ce titre, elle a été bien prévenue : un mariage consommé équivaut à autant de grossesses qui se présenteront, et puis ma fille, tu accoucheras dans la douleur, car tout de même, tu descends d’Eve, et il faut bien payer l’addition un jour. Entre un oncle et un frère prêtre, elle n’aurait pas l’idée de contester. Sa destinée est là.

Lui naît, au bout de six ans de mariage, une quatrième fille. C’est la disgrâce. Pas même capable de mettre au monde un garçon ! Voilà une naissance qui gêne voire indiffère. Tout le monde s’en serait bien passé. Un bébé dont on aimerait ne pas avoir à faire mention. D’ailleurs, vous aurez beau fouiller les vieilles boîtes à photos, il n’y a pas trace de ce petit visage avant ses deux ou trois ans.

Dans les années et les décennies qui suivent, de telles naissances se produiront beaucoup moins. La pilule, puis l’IVG. Massif. Puis l’IVG sélectif, qui élimine surtout les filles, en certaines contrées. On pourrait appeler cela le massacre des saintes innocentes.
Finalement, elle a quand même eu de la chance de naître, cette fillette, même si c’est toute une enfance, une adolescence et plus encore à souffrir de se savoir au plus haut point non désirée, indésirable, en surnombre, en trop.

C’est plus tard. Elle s’est mariée, cette petite fille, et elle a trois enfants. Et voilà qu’elle vit un enfer conjugal. Le chaos dans sa tête et le harcèlement moral sous son toit. Il ne lui laisse plus de répit, le conjoint, au point qu’elle se sent la plus mauvaise en tout : comme épouse, comme mère, et même comme paroissienne, car ils sont de mèche, le mari et le curé, pour la dire « folle du logis ». C’est qu’elle a confié des grâces extrêmes reçues en nombre aux détours de sa prière, mais qu’aucun des deux, ni aucun autre, n’est capable de la croire ni même de l’écouter vraiment ou simplement de la recevoir avec considération. (suite…)

Jusque là, ça va. Bethléem inhospitalière au Messie qui devait pourtant en être originaire.

Toi, Bethléem Éphrata,
le plus petit des clans de Juda,
c’est de toi que sortira pour moi
celui qui doit gouverner Israël.
Ses origines remontent aux temps anciens,
aux jours d’autrefois.
Mais Dieu livrera son peuple
jusqu’au jour où enfantera…
celle qui doit enfanter.

Michée 5, 1-2

La naissance de Jésus en toute pauvreté dans une étable, sa mère, toute jeune et déjà confrontée à l’épreuve d’une telle venue au monde pour son fils, Joseph son époux à ses côtés, lui qui sait que cet enfant n’est pas conçu de lui.

J’ai tout de même un peu de mal avec Noël, à cause de tout ce qu’on y surajoute. Mais cette naissance dans le dénuement pour le propre Fils de Dieu, oui, j’y crois, c’est bien dans ses manières de faire à Lui, de prendre toujours la dernière place dans la vie des hommes et du monde. Le Créateur de toute chose qui accepte de n’être légitime presque nulle part dans sa création, le Dieu d’Israël qui se donne un Fils de chair et de sang, un Fils qui nous donnera tout, et cette chair, et ce sang.

Je peux contempler la crèche et croire à ce mystère. Je peux contempler la Croix et comprendre cet autre scandale, qui n’est cependant pas le terme de la vie du Christ, lui qui est venu de l’Eternité pour s’en revêtir dans son corps de gloire et nous l’offrir par sa résurrection.

De la crèche à la Résurrection en passant par la Croix, oui, je crois à tout l’Evangile. Va-t-on encore me soupçonner d’être mauvaise chrétienne ?

On comprend mal ce qui m’indispose, je le sais. Et pourtant, c’est très simple : il s’agit de toutes les extrapolations de l’Eglise catholique, les « Marie toujours vierge » et les « Saint Joseph son très chaste époux ». Toutes les contorsions pour prêcher que les frères et sœurs de Jésus, en fait, ne le sont pas, que la Sainte Famille, c’est une mère vierge après son accouchement, un époux légitime mais qui ne l’a jamais « connue », un Jésus fils unique couvé de tous côtés, Fils unique du Père, Fils unique de sa mère, unique toujours… (suite…)

En ces temps où beaucoup de catholiques sont tentés de quitter une Eglise au climat délétère – et je peux les comprendre, ayant moi-même la nausée à chaque nouvelle révélation de délit ou de crime de l’un de ses consacrés – je voudrais simplement témoigner de la grâce que peut apporter une fidélité « envers et contre tout ».

Ces derniers jours, j’ai dû faire face à un combat spirituel intense, l’un de ces conflits purement intérieurs dont le Seigneur a le secret et qu’Il permet aux âmes très fortement liées à Lui de traverser. Que l’on n’aille pas croire qu’une foi totale comme celle qui m’habite épargne au chrétien le combat spirituel. J’aimerais souvent dire, mais cela est inaudible, à quel point l’on se trompe quand on pense par exemple que les religieux cloîtrés ont suivi une voie de fuite du monde et de confort spirituel. J’ai depuis longtemps grande compassion d’eux, non pas seulement parce que je partage avec eux le choix de la vie chaste – je trouve que c’est en fait la moindre de nos difficultés – mais surtout parce que je connais les affres du combat spirituel dans la vie contemplative. Qu’on me pardonne la comparaison, mais sainte Thérèse d’Avila a très bien exprimé par toute son œuvre que la vie mystique est une gageure, une remise en question intérieure permanente, même et peut-être surtout si le Seigneur comble une âme d’indicibles délices. Il en va comme d’une vie conjugale harmonieuse : arrivera toujours un moment, malgré tout, où l’on discernera mal la volonté, le désir ou l’état psychologique de son conjoint, et où l’affrontement épuisera la meilleure des volontés. Le conjoint est autre, on ne peut jamais tout comprendre et deviner de lui, et l’on se retrouve un moment livré à la détresse psychique, même si rien n’est remis en cause dans la vie commune. Je ne sais pas si je parviens à me faire comprendre. On touche là à l’intime de l’être, à l’impossibilité d’être l’autre quand on est soi. (suite…)

Double grâce

20 novembre 2018 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

La journée avait été bonne, une formation dans la camaraderie, une bonne nouvelle pour mon école ce matin, plusieurs tâches accomplies enfin et l’agenda qui s’allège un peu… Bonne humeur, bonne journée. L’esprit plus libre, le temps pour la messe de semaine dans ma paroisse, l’église moins froide que d’habitude, une première lecture que j’affectionne particulièrement dans l’Apocalypse et, dans l’Evangile du jour, Zachée qui me rappelle un refrain que chantaient mes enfants avec leur catéchiste quand ils étaient petits :
« Zachée, Zachée, pourquoi te cacher ? Zachée descends vite, chez toi je m’invite ! »
Je repense aussi, amusée, à un impossible virelangue : « Jésus soupa chez Zachée » (Allez-y, essayez plusieurs fois de suite à haute voix ! ).

Bref, un épilogue heureux à une bonne journée. Je m’avance pour recevoir le Corps du Christ, et là, pour la première fois de toute ma vie… le prêtre me met dans la main deux hosties au lieu d’une!

Double grâce, double joie, double reconnaissance.

Alléluia !

Tellement mignon !

12 novembre 2018 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire


C’est tellement mignon qu’il faut que je le partage ici.
Mes petits élèves de CP commencent à savoir déchiffrer des syllabes et des mots, et pour corser l’affaire, ils en créent eux-mêmes avec leurs petites étiquettes pour les lire ensuite et me les soumettre. Et voilà ce que je découvre sur la table d’un petit garçon… J’adore !