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On sort toujours de ces jours-là secoué et changé. Quelqu’un qu’on aimait est parti, dans des circonstances paisibles ou tragiques, notre histoire avec lui, avec elle ici-bas est achevée. Le deuil. Mille choses à faire, alors qu’on est bouleversé. Tous les détails à régler dans l’urgence. Et puis il y a ces pauses bienvenues : l’entretien avec le prêtre qui officiera, la cérémonie de funérailles, les retrouvailles avec la famille, qui sont la note heureuse de ces jours-là.

Je viens d’enterrer ma tante que j’aimais beaucoup. Elle était arrivée au bout de sa vie, oui, dans une succession de problèmes de santé qui ne cessaient d’entamer ses dernières forces. Depuis longtemps elle était rongée d’une culpabilité mortifère, elle qui a fait tant de bien autour d’elle tant qu’elle était valide. Pieuse jusqu’au scrupule, elle se disait sans cesse pécheresse, et j’avais beau souligner en elle tout l’inverse, elle persistait dans cette torture psychique et spirituelle.
Il me plaît de la revoir, belle et souriante, soignant un jardin plein de fleurs, dessinant avec un grand talent des portraits, des bouquets et des images pieuses, se dévouant auprès d’un prêtre âgé au service duquel elle est restée de très longues années, nous recevant avec amour autour d’une tarte aux pommes, chantant d’une belle voix aux offices religieux, rassemblant autour d’elle des enfants qu’elle catéchisait, nous racontant ses matinées passées à éplucher des légumes chez les Petites Sœurs des pauvres…

Mon papa, un vieux prêtre et moi. Nous tentons de restituer pour lui les grandes lignes de la vie d’Irène, qu’il a peu connue. Je voudrais qu’il retienne d’elle les deux lignes directrices de sa vie : le service et une grande humilité. Et la foi chevillée au cœur et à l’âme. (suite…)

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Alterner les billets sérieux avec les billets légers, ça me plaît…
Je vous présente mon chêne, 22 ans, en pleine vigueur, je ne saurais dire qui, de lui ou de la maison, me rattache le plus en ces lieux.
Ce chêne a une histoire qui fait chaud au cœur.
La maison venait d’être construite, nous étions dans la joie de ce nouveau lieu de vie avec nos déjà deux enfants, et cernés d’énormes tas de gravats… Mon papa était en visite chez nous, et avec son œil expert de menuisier, il me dit : « Regarde, tu as un petit chêne qui pousse là, il est bien placé, garde-le !  » Il y avait un grand terrain, de l’herbe et de la broussaille, deux montagnes de cailloux et aucun arbre, à part ce petit rejeton qui poussait fièrement quelques feuilles au bout d’une tige conquérante. J’ai toujours aimé les bons conseils de mon papa, alors pendant des années, il a fallu faire attention avec la tondeuse à ne pas déranger le petit chêne fragile qui voulait s’implanter. Longtemps, le fil électrique passa par-dessus pendant la tonte. Jusqu’à ce que l’arbre dépasse taille humaine. Il fallut alors le contourner.
Il s’est nourri de cris et de rires d’enfants, de joies et de pleurs d’adultes, de pluie et de chants d’oiseaux, des coups de griffes de quatre chats successifs.
Chaque année, je l’observe, fière de lui comme d’un autre fils, je lui souffle qu’il a encore grandi en taille et en beauté.
C’est un chêne intelligent et cultivé. Ma grande fille révise ses cours de médecine à son ombre, il doit en savoir plus que moi ! Elle aussi, elle a une grande histoire d’amour avec cet arbre. C’est son port d’attache.
Il se dresse, majestueux, et me relie à toute ma lignée, de ma filiation à ma maternité.
Les habitants de la maison vont et viennent, lui il demeure, et sans doute nous survivra-t-il.
C’est l’histoire d’un arbre, c’est l’histoire de notre chêne, irremplaçable, et tandis que j’écris, j’entends les oiseaux qui se réjouissent dans ses branches vigoureuses.

Quelque chose me retenait de rédiger ce billet.
Quelque chose m’y encourage, notamment une discussion, cette semaine,  avec deux jeunes adultes en quête d’authenticité spirituelle.
Au fond de moi, depuis longtemps, je revendique un droit à la contestation de certaines doctrines catholiques.
Je ne le fais pas à la manière d’une personne extérieure à l’Eglise catholique, ou à moitié dedans, ou indifférente à ce qui s’y joue… Non, bien au contraire. Je suis complètement « dans » l’Eglise. Pratiquante tout à fait régulière de la toute petite enfance jusqu’à la vingtaine, et à nouveau depuis un retour à la foi fort il y a environ vingt ans. Engagée dans ma paroisse en divers petits services, je lui donnerais plus de temps si mes obligations professionnelles et familiales m’en laissaient.
Mon propos n’est donc pas d’ironiser sur une Eglise dont je ne serais pas partie prenante. C’est parce que je suis plongée en elle, que j’ai un grand besoin des sacrements dans ma vie spirituelle et quotidienne, que je porte certaines de ses contradictions comme une lourde croix.

Depuis des années, je tente d’exprimer mes objections à l’intérieur même de l’Eglise, en recherchant l’écoute et la compréhension de personnes consacrées. J’ai été accueillie, écoutée, respectée, mais je me suis presque toujours heurtée à un obstacle insurmontable quand je remettais en question certains points de doctrine. « C’est la foi de l’Eglise » a été l’objection définitive explicite ou implicite. Et je suis restée seule avec non pas mes doutes mais mes convictions profondes contrariées, priées tacitement d’être refoulées.

En Eglise, là où il y a une pensée libre, il y a aussi une menace : l’accusation d’hérésie. Et l’application de cette menace est l’excommunication, arme redoutable.

Tout cela ne serait pas bien grave si je me taisais. Mais en assumant une parole publique, je sais que je prends un risque. Et je le mesure. Une excommunication, pour moi qui suis si profondément attachée à l’eucharistie et au sacrement de la réconciliation, serait un summum de souffrance.

J’ai donc planté le décor. (suite…)

Luna, ma petite féline, n’était pas sage ; je me suis réveillée à 5 h. De bonne humeur, ce n’est pas si souvent qu’on nous offre le pont de l’Ascension ! Que faire, me rendormir pour subir des rêves idiots ? Non non, mieux que ça. Temps radieux hier, mêmes prévisions aujourd’hui : j’irais à la chasse au soleil.
Lundi matin, en voiture de bonne heure, ma fille et moi nous étions extasiées devant une galette orange posée sur la plaine.
Ce matin, j’irais voir ce que me réserverait le spectacle dans ma montagne.
Pantalon et chaussures de rando, petit déjeuner vite avalé, appareil photo en bandoulière.

5h30, le village endormi…

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Le ciel prend des couleurs d’aquarelle.

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Mille oiseaux s’éveillent : désolée de ne pas pouvoir joindre le son !

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Oh un signe, rien que pour moi !

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La lumière point : il arrive bientôt !

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Fiat lux !

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La claque du journal de 20h

27 avril 2016 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 1 commentaire

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Parce que ma grande fille était là et que nous préférions nous attarder à table en discussions intéressantes, pendant quelques jours, je n’ai pas allumé la télévision, chose que je ne fais d’ailleurs pratiquement que pour regarder le journal télévisé. Hier soir, je retrouve ce vieux réflexe de m’installer devant le 20h. Et celui-ci m’a inspiré comme la suite inversée de mon billet précédent, je pourrais l’intituler « Capter la laideur. » La laideur du monde. Je crois que c’est un peu une spécialité française que de concentrer en trente minutes tout ce qui ne tourne pas rond sur cette planète. Et encore nous présente-t-on certaines informations comme des « progrès », tandis qu’elles me désolent.
Ça commençait pourtant bien. Une tendance à l’inversion de la courbe du chômage. Je m’en suis réjouie.
Ensuite, le journal pousse un cocorico pour le décrochage d’un contrat de vente de douze sous-marins à l’Australie. Tout le monde se félicite et se congratule. On souligne avec un large sourire que l’industrie française de l’armement se porte très bien. Et de préciser que les guerres actuelles sont une belle vitrine pour cette industrie florissante.
Et personne ne soulèverait l’objection que c’est plutôt tragique de vivre dans un pays qui s’enorgueillit de faire commerce d’armes, toutes n’étant pas à l’heure actuelle, et loin de là, uniquement dissuasives ? Je devrais donc sauter de joie parce que ma patrie est l’une des meilleures pourvoyeuses en engins de mort ?

Je fais encore ma naïve et stupide ignorante en matière d’économie planétaire. Je sais. J’assume.

Le journal poursuivait sur la perspective de se déplacer bientôt en drone ou en planches volantes à 10 000 euros pièce qui allaient faire le bonheur de certains, c’était sûr, même à ce prix-là.

Dites-moi que je ne suis pas la seule à trouver que quelque chose dysfonctionne dans ce monde où les enfants meurent encore par millions de malnutrition et des conséquences de la guerre, parfois à la porte de nos frontières…