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Cimetières sous le soleil

23 juillet 2015 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 1 commentaire

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C’est un lieu qui évoque habituellement la tristesse, le deuil, le souvenir, les chrysanthèmes dans la grisaille de l’automne déjà froid… Ici, le soleil éclatant qui renforce le bleu de la mer. La blancheur des pierres qui étincellent comme un chant de résurrection. On marche en silence dans des allées où les grands noms côtoient les anonymes. Un banc est posé là pour se recueillir devant la tombe de Paul Valéry. Plus loin, le cœur s’étreint : une petite fille sourit sur une photo, elle aurait l’âge d’aborder avec gourmandise sa vie adulte, mais son joli visage est resté figé dans ses deux ans. Emotion à lire le cri d’amour de ses parents. Le soleil implacable et les cruches bleues qui oscillent au vent léger ramènent une brise d’espérance. On quitte les lieux recueilli, à pas feutrés.
Nous cherchions la tombe de Georges Brassens mais non, il n’est pas ici, sur les hauteurs cossues de Sète. Un autre cimetière, plus vaste, plus près de la mer, plus horizontal, plus humble. Le chant strident des cigales dans les pins protecteurs nous accompagne dans un dédale d’allées. Ne cherchez pas un mausolée. C’est un petit caveau familial tout simple, fleuri par les passants, l’ami Georges sourit, sa pipe à la bouche, sur une plaque souvenir comme on peut en voir sur toute pierre tombale chargée de l’amour des plus proches… Juste au-dessus, un pin tranquille , et me revient ce refrain que j’aime tant :
« Auprès de mon arbre, je vivais heureux, j’aurais jamais dû m’éloigner de mon arbre… »
Je le lui chantonne dans le jour qui baisse. Il fait encore chaud. Repose en paix, poète compagnon de toujours…

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La messe ailleurs

21 juillet 2015 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

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J’aime bien, pendant les vacances, aller à la messe là où je suis. Un autre cadre, d’autres paroissiens, des chants connus ou inconnus, un autre style de prêtre et d’homélie…
Dimanche, je n’ai pas été déçue. Une église lumineuse, climatisée, petite mais presque pleine, un lecteur qui disait le texte de saint Paul aux Ephésiens de mémoire, des sourires aimables au geste de paix… Bien sûr, je n’y connaissais personne, mais j’ai mesuré la chance de pouvoir continuer à vivre ma foi pendant cette rupture de mes vacances, de faire communauté avec d’autres, de goûter l’avantage de l’uniformité de la liturgie qui permet à tout catholique de se sentir chez lui dans une église, même à plusieurs centaines de kilomètres de sa paroisse… J’ai songé aux chrétiens, sous d’autres cieux, qui n’ont plus la liberté de célébrer l’eucharistie chez eux, ou qui le font parfois jusqu’au prix de leur sang… J’ai désiré ardemment pour eux cette même paix et cette même liberté de culte.

Ecrit sur mon front

20 juillet 2015 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

Le décor : une terrasse dans l’à peine plus supportable chaleur du soir, deux bougies à la citronnelle censées chasser les vilains insectes piqueurs, la tribu de mes enfants au sens large et moi qui me prête cette fois à leurs jeux facétieux. On joue à « devine-tête » : chacun colle sur le front de son voisin de droite le nom d’un personnage réel ou fictif, on devient lui et on doit poser des questions pour découvrir qui on est. C’est ma plus jeune fille qui m’attribue mon personnage dans un rire prometteur.
Je me lance : « Est-ce que je suis un personnage irréel ? »
Des « non » spontanés et une hésitation de « oui ». Premier indice. Je suis sur la voie. Mais quand la réponse est « non », on passe son tour.
Je ne sais plus combien de questions j’ai posées, mais devant les mines réjouies de ma tribu, j’ai tenté : « Est-ce que je plais beaucoup à maman ?
– OUI !!! »
Aucune hésitation de l’assemblée cette fois.
Après c’est facile : « Est-ce que je porte une barbe ? Est-ce que j’ai les cheveux longs ?
– OUI !!! »
Ça m’a bien plu, d’avoir le nom de Jésus collé sur mon front…

Changement de décor

14 juillet 2015 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

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Une bâtisse ancienne, à la façade un peu lézardée et aux volets bleus comme l’obstination du beau temps. Deux petits balcons sur lesquels on s’attendrait à voir apparaître les Capulet ou les Montaigu. Une terrasse dans la torpeur du soleil au plus chaud de l’après-midi. Le dialogue incessant des cigales. Un chant d’oiseau si beau qu’il pourrait bien être celui d’un rossignol. Et là, à quelques pas, la mer presque exotique quand on vit à une journée de route de ses plages brûlantes et de ses flots tonifiants.
Ce milieu-là n’est pas le mien, je suis d’un pays de sapins et de chênes majestueux, d’un pays où la météo incertaine détermine tout l’emploi du temps des étés.
Ici, l’été est un euphémisme. Se laisser gagner par la contagion de la sieste paresseuse, par le ralentissement des jours, par l’oubli du temps du labeur. Profiter de la présence joyeuse de ceux que l’on ne voit pas assez dans le défilement du quotidien. Etre en famille, le temps d’une pause estivale dans un décor propice au délassement enchanteur et bienvenu…

Artistes

6 juillet 2015 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 2 commentaires

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Je ne sais pas quelles fées – ou quels anges – se sont penchés sur le berceau de mes trois enfants, mais je m’émerveille d’année en année : tous trois sont des artistes.
Sérieux dans leurs études ou leur travail, ils consacrent leurs loisirs à la danse ou à la musique, avec un talent certain. Un fils lancé dans la création musicale et la scène avec un groupe d’amis inventifs, une grande fille qui pratique avec grâce et tonus la danse de couple et la danse africaine, et ma plus jeune qui s’est lancée dans un parcours de lycée art-danse, avec le rêve de poursuivre dans cette voie après le bac.
Hier, c’était la représentation de fin d’année de l’atelier danse de son lycée. Haut en couleurs, riche, varié, créatif, ce spectacle nous a ravi les yeux et émus. Ma grande adolescente évoluait là, en toute grâce, expressivité et maturité, entourée de ses amies, chacune déployant son corps avec souplesse et dans le souci de rendre au mieux l’idée du bonheur ou son antithèse. Les différents tableaux s’articulaient autour d’œuvres d’art projetées sur grand écran. Couleurs et humour pour Niki de Saint Phalle, tendresse et émotion autour de Chagall, rondeur et sentiment amoureux pour accompagner Botero,  oppression et tragédie sur fond de Guernica, nuances de bleus d’artistes divers… Le public passait par toute une palette de sentiments.
J’ai aimé la voir à l’aise dans son corps, épanouie sur la scène. J’ai repensé à ces innombrables kilomètres parcourus, quand ils étaient petits, pour les cours de musique et les séances de gymnastique rythmique, c’était contraignant, mais quelle récompense de les voir tous trois aujourd’hui matures dans leurs choix et pleins d’aisance devant un public !
Que les anges de l’art continuent à les veiller sur tous leurs chemins d’avenir…