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Inépuisable débat.
Beaucoup de femmes dans les églises, très peu de femmes influençant les grandes décisions de l’Eglise.
J’aimerais simplement apporter ma petite touche personnelle à ce vaste sujet de polémique.
Et pour clarifier tout de suite ma position personnelle, je précise que je ne suis pas favorable au sacerdoce des femmes. Pour moi, le problème n’est pas là.
Ce qui pose problème à mon avis, c’est que toutes les décisions concernant les grandes orientations de l’Eglise, la doctrine officielle, soient prises par des hommes, rédigées par des hommes, publiées par des hommes. Même s’il y a volonté de tenir compte de l’autre moitié de l’humanité, cela passera forcément par le filtre de l’esprit masculin. Même si les contributions des femmes théologiennes et engagées dans l’Eglise sont prises en compte, au final, ce sont encore des hommes qui discutent, synthétisent et décident.
Quelque chose est en train de changer, perceptible dans le discours du pape François qui semble bien conscient du manque de prise en compte du « génie féminin », selon ses mots.
J’aime beaucoup le lire et l’écouter. Je suis très heureuse que l’Eglise l’ait choisi à sa tête. Mais parfois, malgré tout, je reste songeuse. Quand il parle des femmes, je ressens qu’il ne les comprend pas tout à fait en profondeur. Et je pense que c’est une constante dans le clergé, qui « travaille » beaucoup avec les femmes en paroisse, mais qui pour autant, ne pourra jamais penser et ressentir à leur manière. C’est cela, à mon avis, qui manque le plus dans les grandes décisions ecclésiales. Penser et ressentir à la manière d’une femme. Parler et décider par expérience de la vie de femme.
Comment y parviendrons-nous ? Comment le clergé tout masculin fera-t-il place, à Rome par exemple, à l’avis, à l’expérience des femmes ? Quand les femmes seront-elles vraiment écoutées pour ce qui les concerne en premier chef ? Quand l’Eglise perdra-t-elle cette habitude de ne vraiment écouter, lire une femme que quand elle est passée dans l’autre vie depuis longtemps, et ne risque plus d’oser une parole subversive ?
Il n’est pas question de revendiquer un pouvoir, du moins à mon avis. Non, revendiquons plutôt une influence sur les grandes décisions. Car même si les femmes laïques sont très présentes dans les paroisses, au final, les décisions qui viennent de Rome sont – presque ? –  toujours finalisées par des collèges masculins.

P.P. Rubens, Adam und Eva - P. P. Rubens / Adam and Eve - P.P. Rubens, Adam et Eve

« Il est nécessaire que la voix de la femme ait un poids réel, une autorité reconnue dans la société et dans l’Eglise ». Rappelant que Jésus avait mieux considéré la femme que nous le faisons, le Pape François a regretté que nous n’ayons pas compris ce que le génie féminin, qui « sait voir des choses avec un autre regard qui complète la pensée des hommes », pouvait nous donner à nous et à la société.

C’est un extrait de l’homélie du Pape François ce matin :
http://www.news.va/fr/news/que-la-voix-de-la-femme-ait-un-poids-reel-dans-la

Ah ! Enfin des paroles du Vatican qui nous ouvrent une petite porte, à nous les femmes !
Si le Pape François situe ses propos dans une catéchèse sur le mariage, je voudrais en dire quelques mots quant à l’Eglise et à la foi.
Depuis bien longtemps, je médite sur le fait que nous soyons confrontées, en Eglise, à des doctrines qui ont été élaborées uniquement par des hommes. Depuis les disciples et les Pères de l’Eglise, tous les énoncés de foi et tous les articles du droit canon ont été pensés et rédigés par des hommes. On me rétorquera qu’ils sont le fruit de l’Esprit Saint. Mais peut-être, justement, comme le souligne le Pape François, y a-t-il une manière féminine de recevoir et de comprendre l’Esprit Saint qui diffère de la manière dont les hommes, en l’occurrence les hommes d’Eglise, le traduisent.
Souvent, en lisant des homélies ou des méditations conçues par des hommes d’Eglise – ce que j’aime infiniment faire – je me dis ici ou là : voilà un raisonnement bien masculin.
Il y a par exemple cette idée que le péché soit universel et indifférencié entre l’homme et la femme. Quand on ne laisse pas entendre que la femme y serait naturellement plus encline. Ou bien, comme le fit déjà Adam, que quand l’homme pèche, c’est un peu quand même de la faute de la femme. Pareille idée n’a pu germer que dans des esprits masculins. Et comme nous, femmes, sommes facilement portées à la culpabilisation, nous avons intégré cette notion dans la sphère religieuse depuis la nuit des temps. (suite…)

L’Etre-avec de Jésus

11 avril 2015 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 1 commentaire

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Un petit échange sur le forum « Foi chrétienne et nouvelle évangélisation » m’a inspiré quelques réflexions.
En Jésus, nous contemplons la plénitude de l’Etre. Dans son incarnation, il a porté la nature humaine à sa perfection. Il l’a divinisée, disons-nous parfois en Eglise.
Jésus se fera honnir pour avoir osé dire « Je Suis. » (Jean 8,24 et 8,58)
Et pourtant, cette parole était vérité. Oui, Jésus était bien le Fils bien-aimé du Père, il était bien la deuxième personne de la Trinité Sainte.
Mais il ne s’est pas contenté de porter en lui cette nature divine. Il a voulu la partager avec nous. Mieux que personne, Jésus a pratiqué « l’être avec ».
Il mange à la table des pécheurs et fait de certains d’entre eux ses disciples les plus proches. Il est confronté aux démons et il les chasse. Il se laisse toucher par des femmes qui viennent lui témoigner leur gratitude ou leur foi en lui, même quand elles sont aux yeux des Juifs en état d’impureté (Luc 8,43-48). Il touche des lépreux, des malades, des morts, et leur rend santé, espérance et vie. Il vit en communauté avec ses disciples et ne se dérobe pas aux foules qui se pressent vers lui. Enfin, en sa Passion, il se laissera assimiler à un criminel et sera crucifié au milieu d’eux, hors des murs de la Ville sainte.
En tout cela, Jésus a voulu être au plus proche de chacun de nous. Lui qui était sans péché s’est approché au plus près, en toute douceur et humilité, de notre nature portée au péché, pour la transfigurer par sa grâce.
A nous de porter cette grâce à nos frères et sœurs en humanité, à nous chrétiens de perpétuer l’Etre-avec de Jésus.
Les parias de la société ne sont plus forcément les mêmes qu’au temps de Jésus. Ne nous arrêtons pas qu’aux dénominations de l’Evangile pour aller vers les lépreux d’aujourd’hui.
Mon frère, ma sœur schizophrène, mes proches qui refusent de croire en Dieu et même de Le chercher, telle personne que le catéchisme et le droit canon cantonnent aux marges de l’Eglise…
Pratiquons avec eux « l’être avec » dont Jésus Christ nous a donné l’exemple. Portons-leur la bonne nouvelle de sa Présence pour toujours à nos côtés !

http://forum.histoiredunefoi.fr/viewtopic.php?id=780

 

Alleluia Haendel

On avait presque une belle heure, aujourd’hui, pour faire de l’éducation musicale. Feuilletant un fichier pédagogique tout-ce-qu’il-y-a-de-plus-laïc hier, je tombe sur une séance bien conçue sur l’Alleluia de Haendel. Tiens, on a le droit d’évoquer ce patrimoine artistique-là à l’école ? Alors c’était le moment ou jamais !
L’Alleluia résonne donc dans ma classe cet après-midi, surprenant quelques oreilles peu habituées à écouter des chœurs. L’occasion d’expliquer ce que c’est, de scander « en chœur » quelques vers, de diviser la classe en groupes pour chanter alternativement, de guetter dans l’enregistrement les alternances des quatre voix et de nommer les tessitures soprano, alto, ténor et basse… Quelques précisions biographiques sur Haendel, on renseigne une fiche et je leur précise que l’œuvre complète s’intitule « Le Messie ». Je m’apprêtais à leur expliquer le mot quand j’ai remarqué qu’ils commençaient à parler football… Soupir (amusé quand même…)

Vigile pascale

4 avril 2015 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 2 commentaires

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Le soir tombé, la pluie fine qui cesse mais le vent froid qui persiste. On se rapproche du feu pour se réchauffer les membres et le cœur. La famille paroissiale est là, grandie de quelques jeunes qui se préparent à la profession de foi. Feu béni qui brûle dans la nuit d’espérance. Le diacre y allume le cierge pascal. Par deux fois, il s’éteindra dans le souffle contraire. Nous nous resserrons pour sauvegarder la frêle flamme.
« Lumière du Christ !
– Nous rendons grâce à Dieu ! »
Nos cierges s’allument à mesure que nous entrons dans l’église plongée dans la pénombre.
Une maman du village est là, ce n’est pas souvent. Je vais m’asseoir à côté d’elle. « J’ai oublié de prendre le carnet de chants ! » me dit-elle. Eh bien, nous suivrons dans le même livre ce soir, et c’est bien agréable. Comme chaque année, un grand ado réussit à faire brûler son protège-flamme. Petite mise en garde courte et efficace du prêtre.

L’Exultet retentit. C’est le moment liturgique de l’année que je préfère. Goûter ces quelques minutes de pure grâce.
Entendre, dans les lectures, une idée neuve.
Chanter l’Alléluia !
Apprécier l’homélie convaincue et convaincante. Faire mémoire de son baptême, accueillir les gouttelettes d’eau avec bonheur.

La joie s’accroît à mesure que la veillée avance. Cette fois oui, le temps de Pâques est revenu, et la résurrection du Seigneur est neuve comme au premier jour. Je songe à ces chrétiens d’Orient et d’Afrique qui confessent leur foi jusqu’au péril de leur vie. Cette nuit, nous sommes tous unis dans la même espérance.

« Christ est ressuscité, alléluia ! » me lance une amie très chère avec son plus beau sourire.

Oui, il est vraiment ressuscité !