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Coïncidence. Hier, j’ai pris mon appareil photo, et je me suis promenée sur ce magnifique chemin viticole aux couleurs chatoyantes de l’automne. Je me suis enivrée de beauté. J’ai contemplé le village noyé dans les vignes dorées, la forêt telle un tableau impressionniste à perte de vue, les maisons blotties entre les domaines striés et les toits fumant déjà.
J’ai pensé à une autre promenade sur le même chemin l’été de l’année dernière.
Nous nous étions croisées ici, sur ce blog, et elles sont venues chez moi. Deux larges sourires, deux personnalités chaleureuses, riches, deux amies avec qui partager quelques jours de plénitude. Nous nous étions promenées sur ce chemin, vert encore à cette saison-là. Anne tenait notre main. Nous étions ses yeux, nous tentions de lui décrire ce paysage grandiose, avec des mots trop pauvres, tout en lui signalant les pierres du chemin. Anne nous impressionnait par son aisance et par sa perception très fine de l’espace.
Je repensais à cette promenade-là, hier, en captant du regard et de l’objectif tous les reliefs et toutes les couleurs si chaudes de ce vignoble que j’aime entre tous.

Dans la soirée, je suis allée à la messe anticipée du dimanche, là, dans cette église blottie entre les ors et les rouges. L’évangile était celui de l’aveugle Bartimée qui supplie Jésus de lui rendre la vue. L’homélie qui suit est en général orientée vers notre cécité spirituelle et notre manque de foi pour demander la lumière de l’esprit au Seigneur.

Et moi je repensais à Anne, avec le regret de ne pas pouvoir lui partager mes photos de l’après-midi, mais aussi la certitude qu’elle ne souffre pas, et loin de là, de cécité spirituelle. Anne prodigue des soins au corps et à l’âme et beaucoup s’en trouvent bien. Elle nous avait partagé son voyage à Jérusalem par un album sonore surprenant mais fort instructif.

Je ne sais pas si Anne supplierait le Seigneur avec les mots de Bartimée : « Rabbouni, que je retrouve la vue ! » En tout cas, elle m’a appris comme il est précieux d’avoir des yeux qui regardent, et à quel point nos autres sens peuvent se développer quand on n’est pas fixé sur une image environnante.

Je m’imagine à ta place

21 octobre 2015 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 4 commentaires

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Tu as la foi, une foi ardente. Tu participes à la messe dominicale, peut-être assumes-tu même des services comme la catéchèse, le fleurissement, la bonne marche de la vie paroissiale.
Un jour, tu as pris en Eglise un engagement de mariage. Tu y croyais, en cet autre que tu avais choisi(e) avec amour. Il, elle t’avait donné des gages d’attachement, vous partagiez une même volonté de poursuivre ensemble le chemin de vos vies, des désirs d’enfants, des désirs tout court.
Pourquoi vous vous êtes mariés à l’église, ce n’est pas toujours aussi clair. La tradition familiale, au moins chez l’un des deux. La foi sincère peut-être. Le besoin d’y ajouter du sacré. La cérémonie plus jolie, plus solennelle, les photos plus émouvantes. Le sentiment de s’engager dans un mariage plus complet. Le désir de le confier à Dieu. La nécessité de sceller l’union dans votre foi. Le désir sincère de vivre ce moment en Eglise.
Parfois, tout simplement, et malheureusement, avoir cédé à la pression de la famille – les parents, les grands-parents, l’entourage et ses bavardages. Je connais tant de ces cas ! C’était courant  à l’époque où je me suis mariée – pour ma part, sans céder à cette pression, qui nous avait vus honnis un moment.

Il y a eu les années bonheur, les enfants, l’enthousiasme de l’installation dans un chez soi.
Et puis ensuite, tout un tas d’événements peuvent survenir. L’autre qui se révèle très différent du visage qu’il composait avant, et la vie commune peut devenir un enfer. Egoïsme, fuite des responsabilités, loisirs qui prennent le pas sur tout le reste, stress professionnel, enfants difficiles, ingérence de la belle-famille, communication violente voire coups, addiction à l’alcool, aux jeux, au sexe malsain, problèmes financiers voire chômage, maladie qui mine la personne, amis de mauvaise influence, fatigue de l’un non respectée par l’autre, adultère… Il y a tant et tant de raisons pour lesquelles un couple se déchire ! Ce n’est jamais une seule cause qui fait que l’union finit par éclater. Il y a ceux qui partent pour poursuivre un rêve d’adolescence illusoirement retrouvée, celles qui demandent le divorce parce que la coupe est pleine tandis que l’autre attend lâchement qu’elle le fasse pour ne pas être celui qui sera montré du doigt, il y a les meurtrissures de la vie qui entraînent un désamour profond et durable, il y a des comportements narcissiques qui rendent la vie commune insupportable… (suite…)

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Je voudrais aujourd’hui rendre un hommage appuyé aux femmes de ménage, aux agents de service hospitalier, aux aides à domicile, à toutes ces femmes – dans une immense majorité – qui rendent agréables et sains nos lieux de vie et de travail. Je leur suis reconnaissante depuis longtemps et je pense à elles à chaque fois que je m’épuise moi-même à faire mon propre ménage. Pour le particulier, ce n’est pas quotidien en principe, mais quand je pense à elles qui nettoient, aspirent, désinfectent à longueur de journée, je me dis souvent que la société est bien ingrate à leur égard. Ne sont-elles pas parmi les travailleuses les plus mal payées, pour un métier des plus indispensables et des plus fatigants ?
C’est ainsi que fonctionne notre monde : un métier n’est pas forcément reconnu à sa pénibilité ni même à son utilité. Et en outre, elles essuient souvent une dose de mépris : « Si tu ne travailles pas à l’école, tu finiras femme de ménage » et j’en passe…
En méditant l’évangile d’aujourd’hui ( Marc 10, 35-45), je me dis qu’elles, qui se font au quotidien « l’esclave de tous », ne sont pas loin du Royaume des Cieux et même, des premières places dans le cœur de Dieu.

Dans le sanctuaire

15 octobre 2015 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

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Heureuse coïncidence : la fête de sainte Thérèse d’Avila, ma sainte préférée, tombe cette année un jeudi, mon jour vaqué. Alors j’ai pu laisser libre cours ce matin à mon envie d’entendre la messe dans un sanctuaire que j’aime bien. Se préparer à la même heure que d’habitude, mais passer devant l’école avec un sourire satisfait et laisser la voiture filer là où ma foi m’appelle. Bruine puis brouillard à mesure que je progresse dans la montagne. Les derniers lacets et un coup d’œil sur la montre : je serai un peu en retard pour les laudes, mais pas pour la messe.
Quelques psaumes, et le cantique de Zacharie. Une assemblée clairsemée, des habitués et des retraitants, peut-être aussi des gens de passage, comme moi.
Les mots du célébrant me mettent du baume au cœur : il y a quelques années, j’étais allée dans un sanctuaire encore plus loin de chez moi, et l’officiant n’avait pas eu un mot pour sainte Thérèse. Il en va tout autrement ce matin : ce prêtre-ci fait mémoire d’elle, cite son « Que rien ne te trouble » dans son homélie, trouve les paroles qui l’évoquent et qui font du bien. Je me sens réconfortée sous le regard de la Madre. Bonheur de pouvoir lui consacrer toute une matinée, de recevoir le pardon de Jésus dans le petit parloir, de me recueillir dans l’oratoire du sanctuaire.
Il y a là une dame qui médite un livre de prière, et des bribes de mots s’échouent sur ses lèvres. Offrir mes intentions à Marie dans la lueur des bougies de neuvaine : un enfant qui doit naître dans quelques heures, ma famille au complet que j’avais réunie à la Pentecôte, et d’autres choses encore… La pénombre de la petite chapelle et l’incandescence des lumignons. Goûter l’instant, le recueillement, le silence des intercessions, la paix du cœur lavé de l’eau trouble des offenses.
Dehors, il fait encore gris. Et froid. Mais je repars avec en moi la lumière tamisée de ce lieu où tant de pèlerins, depuis des siècles, ont laissé des éclats de sainteté.

Ballet du soir

3 octobre 2015 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

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Douceur d’un soir d’automne. Se relâcher après la pression de la semaine. Ma fille et moi nous détendons au jardin. Elle lit sous le grand chêne. Soudain, un cri :
« Maman, un oiseau m’a frôlée ! »
C’est une pie, qui revient encore et encore. Je comprends assez vite : cet été, une voisine a nourri à la becquée une toute petite pie tombée du nid. Elle en avait d’ailleurs appelé à la solidarité du voisinage quand elle était partie en vacances. Cet oiseau absolument pas farouche ne peut être que cette pie-là. S’en suit un tendre spectacle, l’oiseau se pose sur les genoux de ma fille, picore ses mules à paillettes, s’installe même sur sa tête ! Ce petit manège nous amuse un bon moment, jusqu’à ce que notre jeune chatte qui sort au jardin pour la première fois s’en mêle. La pie est joueuse, la chatte est chasseuse. Ballet qui va durer une bonne partie de la soirée entre le volatile un peu trop confiant et le félin désireux d’en découdre. Un bond soudain, un coup de patte bien ajusté. La pie s’enfuit dans notre cri à toutes.
Vilaine chatte, nous t’avons à l’œil et nous espérons bien que tu ne commettras pas l’irréparable avec cet oiseau tout confiant !
En tout cas, nous avons passé un délicieux moment de symbiose avec la nature…