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Ma deuxième famille

21 avril 2014 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

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Arrivée il y a presque vingt ans sur mon lieu de vie actuel, je n’ai pas tout de suite fait un pas vers ma deuxième famille. Surmenée comme une jeune maman active et encore un peu réticente à reprendre une pratique régulière, j’ai été quelque temps « la maman de » et puis aussi « la femme de », on me connaissait surtout à travers les miens. Et comme des gens venus d’ailleurs, car dans cette région l’appartenance locale tient une place particulière. C’est un peu difficile d’y faire la sienne, il faut du temps, de la patience, de l’écoute, du respect, de la sympathie pour le sens de la tradition régionale et de la fête. Il faut accepter de les entendre aussi dans leur langue régionale, aimer leur zèle, leur tempérament peu contestataire et constructif. S’intéresser à leur vive préoccupation pour l’environnement, l’authentique, le naturel. Pour se faire adopter par eux, les adopter d’abord, eux. Cela prend un peu de temps, quelques déconvenues, quelques doutes parfois d’avoir fait le juste choix, quelques nostalgies de la terre d’origine, pauvre, simple, ouvrière, cosmopolite. Se raccrocher, dans ces moments de doute, au cadre de vie enchanteur, que l’on ne quitterait plus pour rien au monde.

Mais à demeurer à leur contact de façon prolongée, on découvre aussi des personnes cohérentes avec elles-mêmes, chaleureuses, ayant le souci de la transmission des valeurs, et, chose qui m’étonnait beaucoup au début même dans ce milieu si obtus sur ce plan qu’est l’Education Nationale, un respect assez fort pour l’Eglise, pour les Eglises puisqu’ici, on ne peut échapper à la dimension oecuménique.

Discrètement, on nous montrait que nos enfants étaient attendus pour être catéchisés. Ce fut le début de mon retour vers l’Eglise. (suite…)

Vendredi Saint

18 avril 2014 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 2 commentaires

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J’ai ce privilège dont je suis consciente et pour lequel je bénis le ciel : je vis en Alsace où le Vendredi Saint est férié. Ce qui ne m’incite nullement à compter les jours de liberté pour partir me distraire, mais qui me permet de vivre au mieux un voeu déjà ancien : que ce jour-là soit tout au Seigneur. L’accompagner au mieux ce jour-là dans sa Passion.
Alors au matin, je m’impose une corvée qui me pèse, et souvent ce sont les vitres de toute la maison à nettoyer, pour laisser un peu mieux entrer le soleil de Pâques. Chaque geste devient léger quand je médite ce qu’a souffert, quant à lui, Jésus dans sa Passion.
En tout début d’après-midi, je pars pour un Chemin de Croix de ma communauté de paroisses en pleine forêt. Marche, prière et méditation des quatorze stations, il est très rare que la pluie empêche ce moment de recueillement. Toujours émue à la VIème station, car c’est à ce geste de sainte Véronique que je dois mon prénom.
A 15h, nous nous retrouvons dans une belle chapelle toujours pleine. Et quand la paroisse en a décidé ainsi, je m’acquitte avec reconnaissance du service de la lecture de la Passion. Mon émotion est d’autant plus vive à chaque fois que c’est la seule occasion dans l’année, avec le Dimanche de Rameaux, de lire à haute voix en Eglise des pages d’Evangile. J’aime infiniment écouter les prêtres et les diacres nous lire l’Evangile, c’est leur prérogative et c’est très bien ainsi. Mais entrer dans ce dialogue sur cette Parole, en la laissant au prêtre pour tous les mots de Jésus, et pas n’importe quels mots mais les derniers, c’est toujours pour moi une très grande expérience intérieure. (suite…)

Le lilas

16 avril 2014 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

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C’est peut-être parce qu’il est éphémère, et qu’il est donc difficile de l’acheter chez un fleuriste. C’est peut-être parce qu’il y a peu de chances que quelqu’un m’en offre ; il est à lui-même le suprême cadeau des beaux jours. C’est peut-être parce que chaque année, il s’élance plus haut vers le bleu du ciel.
C’est certainement parce que son parfum est l’un des plus délicats. Et que le temps de sa floraison est un temps de joie. C’est aussi l’émoi d’un bouquet foisonnant qu’une petite main offre parfois dans un élan du coeur à « la maîtresse ».
C’est sans doute parce que je chantais souvent, enfant : « Au jardin de mon père, les lilas sont fleuris… »
Et que les lilas fleuris donnent au jardin un air d’Eden…

En tout cas c’est sûr, et depuis toujours, le lilas est ma fleur préférée. Et cette année, don d’un printemps précoce et généreux, il s’épanouit au soleil de Pâques…

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Cette année, j’ai engagé ma classe et toute l’école à sa suite dans une correspondance originale avec une école primaire d’une région très déshéritée du Burkina Faso. C’est une association humanitaire qui nous a mis en relation les uns avec les autres, et comme les membres y vont régulièrement, il y a eu des contacts directs entre eux et les enseignants et élèves de l’école partenaire. Par un concours de circonstances, une autre association basée non loin d’ici s’y trouvait en même temps il y a peu, et c’est donc par deux groupes humanitaires que nous sont arrivés des photos, des vidéos des enfants en classe, des témoignages de rencontres et de vécu local… L’occasion de rassembler nos élèves pour une projection enrichissante mardi après-midi.

Et puis on nous a remis une grosse enveloppe, et dedans, 90 petites lettres soigneusement rédigées et illustrées, de la part des plus petits de 8 ans jusqu’aux grands de 14 ans ! Chacun se présente avec son petit univers, et bien sûr le décalage est immense avec la vie de nos élèves, j’ai hâte de voir leur réaction à ce courrier ! Je suis émue de tant d’implication, de bonne volonté, de ce pont qui s’est tissé entre deux écoles dont les opportunités de se croiser étaient des plus improbables. L’occasion pour mes élèves de comprendre que sous d’autres latitudes, on peut vivre vraiment très différemment d’ici, l’occasion pour nos amis africains de découvrir un univers qui leur est totalement étranger dans leur brousse reculée…

C’est comme si du soleil était sorti de cette grande enveloppe, et revient un refrain, sur la plupart des lettres des grands : « Je suis content, Je suis contente… »

Une belle leçon de vie !

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A rédiger mon titre, je suis prise comme d’un vertige. Qu’est-ce que la transmission de la foi ? Pourquoi, comment devons-nous chercher à la transmettre ?
Je médite les textes liturgiques du jour (Deutéronome 4, 1. 5-9, Psaume 147, Matthieu 5, 17-19).
Transmettre la foi, ce n’est pas le mouvement d’une génération à la suivante, c’est s’enraciner dans les débuts de la révélation de Dieu aux hommes, dans ces commandements qu’Il a donnés à Moïse pour faire du peuple juif le témoin de son amour et de sa vérité. C’est se souvenir sans cesse que Jésus est né dans la foi juive, que Marie sa mère a observé la loi de Moïse, que toute leur vie était rythmée par les fêtes juives. C’est savoir le reconnaître, lui, le Christ Jésus, au détour de chaque page du Premier Testament. Il est venu pour accomplir, non pour abolir. Qui serions-nous, nous, chrétiens, pour minimiser l’importance de la subsistance de la foi juive jusqu’à aujourd’hui et sans doute au-delà, jusqu’au retour du Christ en Gloire ? Qui serions-nous pour préjuger du regard que le Père porte sur ce peuple élu dès les origines ? Sans la fidélité de ce peuple à la Loi donnée par le Seigneur, nous n’aurions jamais eu Jésus ! Hier encore nous fêtions l’Annonciation. Marie ne pouvait donner son « fiat » qu’en étant ouverte à la parole de Dieu et infiniment fidèle à la foi de ses ancêtres. Comme nous sommes prompts parfois à l’oublier en ne la vénérant plus que sous la forme d’une statue de plâtre dans un sanctuaire catholique ! (suite…)