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Hommage à René et aux siens

19 octobre 2013 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 2 commentaires

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Aujourd’hui, ils ne pourront pas lui souhaiter sa fête. René est parti pour son dernier voyage à 83 ans. Une maladie récidivante, une opération, et il s’est endormi pour toujours sous les yeux de son épouse qu’il aimait tant.
La nouvelle nous arrive à l’instant même où j’apprends une naissance. Ce n’est pas la première fois que je vis cet écartèlement entre l’annonce de la mort et l’annonce de la vie.
Ma fille de 20 ans est là, c’est elle qui me l’apprend. Elle est amie avec la petite-fille de René par des liens presque aussi forts que ceux du sang. Elle a passé si souvent des vacances chez eux, son amie étant élevée par ses grands-parents. Elle a toujours été accueillie comme leur propre fille, avec cette chaleur et cette générosité des gens du Nord qui n’est pas une légende.

Nous n’hésitons pas longtemps. Il faut être près d’eux dans ces moments si difficiles, même si c’est à 600 km de chez nous, même si nous n’avons que deux jours de pause au milieu de la semaine de travail.

Une longue route, sur laquelle nous nous arrêtons pour embrasser la famille, une amie. Moments d’intense chaleur.

Et puis c’est le jour où il faut dire adieu à René. Nous arrivons tôt le matin, pour accompagner la famille dans la mise en bière. René est là, patriarche de cire, mais dense de toute sa présence aimante. Nous avons bien fait d’être là, c’est consolant de pleurer dans les bras les uns des autres. Et la petite-fille éplorée ne quittera plus son amie, sa jumelle comme elles aiment à le dire, de toute la journée. La grand-mère ravagée par le chagrin me confiera comme elle a été heureuse dans son couple avec son bon René.

Les funérailles. (suite…)

L’intercession des saints

2 octobre 2013 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 2 commentaires

Le Christ entouré des saints

Souvent, j’aimerais que nous autres catholiques acceptions de recevoir quelques vérités que les protestants ont comprises mieux que nous. Mais il est un sujet sur lequel j’ai le désir profond que la réciproque se réalise, c’est celui de l’intercession des saints.

C’est un article de foi auquel je tiens énormément, non pas par dogmatisme mais en raison de tout mon vécu spirituel.
Dès l’enfance, j’avais une sorte de répulsion pour la superstition. Mes parents avaient d’ailleurs beau être des gens très simples, avec ce qu’on pourrait appeler « la foi du charbonnier », ils ne nous ont jamais éduquées à invoquer les saints pour des raisons futiles. Nous apprenions à en aimer quelques-uns pour leurs mérites. Il y avait très peu de livres chez moi, mais je me souviens d’une bande dessinée sur le saint curé d’Ars que je lisais et relisais, fascinée par la personnalité de ce prêtre. Ma mère, qui avait une grande dévotion à la Sainte Vierge, nous montrait aussi avec simplicité par sa foi qu’elle croyait en elle, en l’efficacité de la prière qui lui était adressée. Elle entretenait le mystère sur un exaucement qu’elle avait obtenu à Lourdes et qui l’avait visiblement beaucoup marquée. Je me souviens d’une conversation que j’ai eue en voiture avec elle quand j’étais adulte. Je lui faisais écouter un enregistrement du « Cantique spirituel » de saint Jean de la Croix mis en musique par le carme Pierre Eliane, et je lui avais dit à cette occasion que ma prière était essentiellement tournée vers le Christ. « Et toi, qui pries-tu ? » lui avais-je demandé. Et elle m’avait répondu sans hésiter : « Marie ».

Depuis une quinzaine d’années que ma foi est l’essentiel de ma vie, j’ai appris à ressentir en profondeur l’intercession des saints. (suite…)

Les cyber-escrocs

25 septembre 2013 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

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Par deux fois en un mois, j’ai eu affaire à la cybercriminalité. Contre la première escroquerie à la carte bancaire, je n’ai rien pu faire sinon subir un vol qui m’a mise en difficulté tout le mois, l’assurance tardant à compenser. Et je ne comprends absolument pas comment cela a été possible, étant donné que je suis toujours très prudente. Un voleur qui a agi dans l’impunité et certainement dans la bonne conscience de me croire aisée parce qu’occidentale.

La deuxième escroquerie est bien plus flagrante. Une femme que je connais à peine me demande hier par mail de lui venir en aide, elle serait en Grèce, dépossédée de tous papiers, et aurait un besoin urgent de 2500 euros ! En comparant l’adresse mail de provenance et la sienne, je remarque un caractère de différence. Elle me confirme aussitôt qu’elle est victime d’une usurpation d’identité. Et la pauvre m’annonce du coup un grand malheur qui la frappe dans sa vie privée, et qui me donnera l’occasion de prier pour elle. Elle n’avait franchement pas besoin en ce moment que son carnet d’adresses soit piraté !

Alors j’ai un mouvement d’humeur contre ces cyber-escrocs, qui prennent les occidentaux pour des comptes en banque, au mépris total des personnes qui se trouvent derrière les coordonnées qu’ils piratent. Tout un mois de soucis financiers pour moi après ce vol, une surenchère de problèmes pour cette connaissance qui se confie à moi ce matin.

Et eux, en toute impunité, plument leur prochain et minent leur moral, dans le confort d’avoir trouvé une source de revenus qui ne leur demande aucune peine…

Source image : http://www.e-juristes.org/limpact-du-web-3-0-sur-la-cybercriminalite/

L’œcuménisme : une chance

10 septembre 2013 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

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Je me dis souvent que j’ai de la chance de vivre en Alsace, qui n’est pas ma terre natale. Ici, on se côtoie quotidiennement entre catholiques et protestants, et les ponts que l’on peut bâtir entre nous en sont facilités. A vivre côte à côte, on mesure plus ce qui nous unit que ce qui nous sépare, même s’il n’en a pas toujours été ainsi historiquement et que les mariages mixtes étaient souvent source de conflits familiaux.

Depuis l’année dernière, je suis impliquée dans un groupe œcuménique qui ne se réunit certes qu’une fois par an, mais qui essaie de faire vivre une chaîne de prière commune toute l’année. Hier soir, nous étions cinq à préparer la prochaine veillée de prière qui se prolongera par un temps convivial : un prêtre, un pasteur, un diacre et sa femme et moi, simple paroissienne. L’ambiance fut chaleureuse, détendue, constructive. Nous étions tous en confiance, nous mettant pour cette réflexion commune sous le regard du Seigneur.

J’ai aimé ce moment, cette recherche d’un fil conducteur pour la soirée qui puisse nous unir. Le pasteur nous disait que la prière d’intercession était peut-être moins naturelle à ses paroissiens qu’à nos groupes et priants catholiques. D’où l’envie d’approfondir ce qu’est la prière d’intercession; nous avons pensé nous baser sur celle d’Abraham pour Sodome (Genèse 18, 16-33).

Moi qui rêve d’un élan d’œcuménisme à grande échelle, j’étais déjà heureuse, à ce petit niveau, de poser des jalons de rencontre entre catholiques et protestants, dans l’espérance que d’autres confessions encore nous rejoignent…

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Cet après-midi, j’avais quelques courses à faire dans une petite ville, et je me suis arrêtée dans une belle église pour prier un moment. Je voulais me recueillir pour une amie qui souffre intérieurement. J’allume un cierge, et je m’assois dans la chapelle latérale pour prier devant une grande et belle icône de Marie et un crucifix.

Deux rangs devant moi, un monsieur, tout seul. Il prie à haute voix. Au début cela m’importune, je n’arrive pas bien à entrer dans ma propre prière. Arrive à ce moment-là un groupe de touristes, avec une guide qui parle très fort, et je ne parviens plus du tout à me recueillir. Cela dure un moment. Je me dis intérieurement, pensant à l’Evangile en Jean 2, 16 : « Vous avez fait de la maison de mon Père une maison de tourisme. »

Puis ils s’en vont. Le monsieur devant moi prie toujours à haute voix, chantonne par moments, d’une voix hésitante, un peu tremblante, comme le reste de son corps. Je me dis qu’il est des nôtres, de ce peuple des blessés de l’âme alourdis par les traitements psy que je connais si bien.

Sa curieuse psalmodie m’empêche de poursuivre ma récitation intérieure. Alors, comme je ne veux pas encore partir, je me mets à l’écouter, un peu gênée par mon indiscrétion. Mon aumônier de JOC, quand j’étais jeune, nous disait  parfois : « La vie de chacun, c’est comme une terre sainte, il faut enlever ses chaussures et marcher lentement. »

Je pénètre dans la terre sainte de mon voisin de prière. Et là, j’entends :

« Porte l’Evangile et la paix de Dieu ». Il le chantonne plusieurs fois.

Et puis d’autres cantiques encore, parmi mes préférés.

Emue, je quitte très silencieusement le banc, pour ne pas le déranger.

Le monsieur dans l’église a prié avec ses mots à lui, simplement, mais l’espace d’un instant, il a été pour moi la voix du Père…