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Vu de l’extérieur

10 février 2018 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

J’ai eu cette chance, dans ma vie, de sortir plusieurs fois pour des années plus ou moins longues des milieux les plus prégnants de mon existence, les quittant un temps pour mieux y revenir ensuite. Et ces parenthèses m’ont permis de nuancer mon regard sur ces milieux et ceux qui ne leur appartiennent pas.
Edifiante fut pour moi l’expérience de vivre deux ans, puis quelques années plus tard quatre ans de congé parental. Je quittais ainsi l’école, l’Education Nationale qui avait été le cadre de ma scolarité et dans la même continuité de ma profession pendant si longtemps. Eh bien, on peut m’en croire, on n’a pas le même vécu quand on est « dedans » ou « dehors ». J’ai vécu les devoirs à la maison trop lourds pour des enfants fatigués par une journée de classe, l’étonnement du parent devant la tâche inadaptée aux prérequis de son enfant. J’ai vécu aussi l’attente devant – et non derrière – la porte fermée de l’école avec un bébé dans les bras plus de quinze minutes quand une classe sortait très en retard, j’ai entendu les conversations des parents au sujet des enseignants trop ceci ou pas assez cela, j’ai préparé certaines années un pique-nique par semaine pour des sorties répétées et pas toujours très pertinentes pédagogiquement, j’ai été de ces parents convoqués parce que l’enfant présentait un changement de comportement, et j’ai fait face aux questions indiscrètes sur les causes de son trouble passager… J’ai été de ces mamans qu’on jugeait désœuvrées parce qu’à la maison et ne se précipitant pas pour accompagner une classe à la piscine, j’ai été soupçonnée comme toutes les autres dans mon cas de regarder la télé pendant la sieste de mes petits tandis que ces pauvres maîtresses s’échinaient au travail… Ce discours au sein des écoles, je le connais très bien. Et croyez m’en, quand on a été « mère au foyer » et rien de plus pendant quelques années, on ne le vit pas très bien venant de celles qui pourraient être des collègues. Combien plus alors quand de sa vie, des collègues, on n’en a eu aucune, par choix ou faute de trouver du travail !
Cette expérience m’a définitivement servi, je pense, à sortir des jugements hâtifs sur « les parents », cette caste « d’ennemis publics N°1 » comme me le disait une amie entrée tardivement dans l’Education Nationale et qui fut estomaquée, après avoir été travailleuse sociale, du langage qui avait cours dans les écoles et même en formation, dénotant une méfiance viscérale des enseignants vis-à-vis des parents de leurs élèves. Il est bon, parfois, d’avoir été, dans un milieu donné, « l’autre », fût-il « ennemi public N°1 ». (suite…)

La serpillère neuve

3 février 2018 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

J’étais si épuisée intellectuellement que cela m’a fait du bien de faire mon ménage. Enfin une activité qui ne fait pas bouillonner le cerveau ! Il n’était pas complètement au repos cependant, trop de stress extrême ces derniers temps.
J’ai regardé ma serpillère, en assez piteux état. Tiens, j’en avais une neuve en réserve. On change tout ça… Ménage d’autant plus facile et efficace.
La vie vous offre parfois de ces allégories bizarres…
A la poubelle, la vieille serpillère !
Et puis moi, depuis hier, je m’oppose enfin à la personne qui me harcèle moralement à petit feu depuis quinze ans.
J’en ai assez de m’effilocher sous ses coups larvés. Vraiment.

Désormais, je ne serai plus la serpillère de personne.

Parfois, j’aimerais, comme Jésus, pouvoir dire à la mer déchaînée : « Silence, tais-toi ! » et qu’il se fasse un grand calme… (Marc 4, 39)  Mais j’ai compris depuis longtemps que la mer, toujours, d’une façon ou d’une autre, se déchaînerait contre mon entourage proche et contre moi. Que même une prière intense ne suffirait pas, parfois, à calmer les furies de la tempête.
Déjà, la Genèse l’annonçait : « Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci te meurtrira la tête, et toi, tu lui meurtriras le talon. » (Genèse 3, 15)
Toujours il revient, larvé, lové aux recoins de mon existence, ce serpent des origines. Oh, il n’a plus beaucoup de prise sur moi : depuis longtemps, je sais l’identifier et ne plus le laisser pénétrer ma conscience. Je le reconnais de loin et je suis affûtée à résister à toutes ses tentations. Mais il essaie, encore et encore, de me déstabiliser, de me fragiliser, de me discréditer même auprès de ceux qui auraient toutes les raisons d’avoir confiance en moi, par ses manœuvres perverses et rusées. Il s’empare volontiers d’une personne ayant un peu d’ascendant sur moi pour lui murmurer de me harceler à petit feu, jour après jour, année après année, jaloux qu’il est de la sérénité que j’ai gagnée à grand prix dans ma lutte contre lui avec le Seigneur à mes côtés.
Cette jalousie du malin ne se rassasie jamais de miner mon quotidien.
Me voilà à un tournant de ma lutte silencieuse contre lui. Vais-je enfin donner de la voix ? Vais-je oser le faire taire en en référant à plus autoritaire et clairvoyant que lui ?
Car il est assez stupide, le serpent des origines. Il met les gens dans de petites cases. Il ne sait pas les cerner psychiquement, et encore moins spirituellement. Il hait la foi en Dieu de l’autre, mais il s’en sert : « Celle-ci est bien trop chrétienne et honnête pour oser dénoncer mes manœuvres un jour, alors allons-y, détruisons sa confiance en elle et son moral jusqu’au bout ! »

« Silence, tais-toi ! »

Ce n’est pas moi qui prononcerai cette injonction, car je ne suis pas Jésus, et je ne puis avoir l’autorité d’un disciple homme contre le malin. Mais des alliés, j’en ai. Et ils sauront intimer à la tempête de se calmer et de laisser ma barque poursuivre sa traversée sur des flots désormais tranquilles. J’ai foi dans le Seigneur. De façon inébranlable.

Image : Le Christ dans la tempête sur la mer de Galilée      Rembrandt 1633

Ma vocation dans l’Eglise

20 janvier 2018 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 3 commentaires

Hier soir, j’ai relu le texte de sainte Thérèse de Lisieux « Ma vocation, c’est l’amour… »
Je l’aime bien, la petite Thérèse, même si son style est devenu de nos jours bien désuet. J’ai déjà écrit dans un autre billet ce que je pensais de son innocence et de son amour bienveillant pour l’Eglise : elle a vécu dans un autre temps, encore très religieux, et, partie rejoindre son Seigneur depuis son Carmel à un très jeune âge, elle n’a pas toute l’expérience que peuvent conférer à une femme mûre les aspérités du monde et les relations humaines parfois compliquées un siècle plus tard. Pour faire court, la petite Thérèse est d’une grande sainteté, oui, mais il ne faudrait pas pour autant attendre d’une femme d’aujourd’hui, en Eglise, une telle ingénuité.

Petite Thérèse ne m’en voudra pas. Elle sait bien que j’ai placé mon témoignage « Histoire d’une foi » dans le prolongement du sien. Et hier, méditant son acte de consécration, j’ai soudain trouvé ma propre vocation dans l’Eglise, que je vous livre en forme de pastiche :

« Oui j’ai trouvé ma place dans l’Eglise et cette place, ô mon Dieu, c’est vous qui me l’avez donnée… dans le Cœur de l’Eglise, ma Mère, je serai… le poil à gratter. »

 

Le texte de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face :
https://www.carmeldelisieux.fr/spiritualite-carmelitaine/therese-de-lenfant-jesus/les-essentiels-textes-tej/rien-que-pour-aujourd-hui/23-spiritualite-carmelitaine-/therese-de-lenfant-jesus/55-ma-vocation-cest-lamour-texte-complet.html

Reconnaissance et ingratitude

10 janvier 2018 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 1 commentaire

Je suis très sensible à la reconnaissance, et j’essaie de fermer autant que je peux les yeux sur l’ingratitude.
Il me semble que la reconnaissance n’est pas sans rapport avec la foi, et l’ingratitude fortement liée à l’égocentrisme, voire au narcissisme. N’est-ce pas célébrer Dieu que d’être sans cesse dans l’action de grâce, la reconnaissance pour les bienfaits dont il nous comble directement par ses mystères ou indirectement par l’intermédiaire de notre prochain ?
Je crois que je suis quelqu’un qui dit facilement et souvent « Merci ». Cela me rend d’autant plus sensible à la reconnaissance d’autrui pour ceci ou cela que j’ai pu lui offrir. Non pas que j’attende de la déférence ou quoi que ce soit de ce genre : j’ai horreur de la flatterie par exemple. Mais un discret et chaleureux merci, cela fait toujours plaisir.

Je plains les gens qui font couramment preuve d’ingratitude, car non seulement ils se privent d’une source de joie – rendre grâce en est une – mais ils se coupent encore de ce fait progressivement de leur prochain. Tout le monde a fait l’expérience des relations qui s’étiolent à force de ne jamais être entretenues par la braise de la reconnaissance. Rendez mille services à une personne qui soit ne s’en rendra même pas compte, soit estimera tout comme lui étant dû, et vous verrez que l’amertume et la lassitude risqueront de gagner peu à peu votre cœur. Au contraire, la personne reconnaissante pour peu obtiendra de vous davantage.

Je crois qu’il en va ainsi dans notre relation à Dieu. Non pas que Lui se lasse de nous combler de ses bienfaits, il ne s’agit pas de cela. Mais par contre, à qui est dans l’action de grâce permanente et à tout propos, Dieu donne encore et encore, sans compter. Au milieu de l’ingratitude massive du monde à son égard, il s’émeut d’une âme reconnaissante, et la comble au-delà de ses propres désirs.