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Bonne fête, amis !

1 novembre 2017 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

Joie dans le Ciel pour vous aujourd’hui, joie dans nos cœurs si nous comprenons le vrai sens de la Toussaint.
Bonne fête aux phares de ma vie spirituelle : les trois Thérèse du Carmel (d’Avila, de Lisieux, Bénédicte de la Croix / Edith Stein), les trois Catherine (de Sienne, Labouré, d’Alexandrie), Jeanne d’Arc et Jeanne Jugan, Bernadette Soubirous, Hildegarde de Bingen, Hadewijch d’Anvers, Elisabeth de la Trinité, Benoît, Jean de la Croix, François d’Assise, Ignace de Loyola, Vincent de Paul, Jean-Marie Vianney !
Bonne fête aux compagnons de route de Jésus en son temps : les Apôtres, les saintes femmes, Paul et Luc avec une affection particulière !
Bonne fête aux bienheureux de ma vie et de mon cœur : Maman, Marraine, Irène, mes grands-parents !
Bonne fête aux prêtres qui ont été lumières de ma vie spirituelle : Jean, Jean-Marie, Philippe, Pierre, René, Charles, André, Gérard !
Bonne fête aux religieux qui m’ont aidée à creuser ma foi : Anne-Berchmans, Rouin, Fernand, Philippe !
Bonne fête à ceux que l’Eglise catholique ne reconnaît pas : Frère Roger de Taizé,  Théodore Monod !
Réjouissez-vous, amis, dans l’éternité bienheureuse !
Intercédez pour ceux qui ne se soucient pas d’elle !
Préparez-nous une place près de vous, au Royaume où toute sainteté sera dévoilée !

Belle fête de la Toussaint à vous tous, amis lecteurs !

« Les saints se reconnaissent entre eux… »

Un dimanche de grâce

30 octobre 2017 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

Comment dire la paix, la joie, la gratitude après ce magnifique dimanche que je viens de vivre ?
Une messe dominicale de toute beauté chez les fraternités monastiques de Jérusalem, le geste de paix donné des deux mains qui augure déjà de la plénitude de cette journée…
Un déjeuner avec l’ami, celui qui sait tant de choses que je ne sais pas, qui me les distille humblement aux détours de notre conversation, qui se met tout autant à l’écoute et avec qui la confiance déjà installée est si profonde. Il faut dire que cette rencontre, depuis ses débuts, est marquée par le sceau d’un bienheureux : si je n’avais connu son frère qui a tant été pour ma vie de foi, qui a tant été pour sa vie d’enfant et d’homme, nous ne nous serions jamais croisés. Et son frère veille, de là-haut, indubitablement, sur cette amitié-là.

Puis une invitation que j’ai à peine méritée au départ d’un prêtre pour une mission de trois ans au Maroc. Moment de recueillement, de prière, d’hommage à l’image de sa personne simple et généreuse. Il nous offre, surprise de choix, le spectacle « Pierre et Mohamed », qui raconte l’amitié entre Monseigneur Pierre Claverie, évêque d’Oran, et son chauffeur algérien unis dans le respect mutuel jusqu’à leur mort tragique et consentie en 1996. Bouleversant témoignage de dialogue et de respect islamo-chrétien, qui plonge toute l’assemblée dans la méditation sur l’engagement d’aujourd’hui de ce prêtre. C’est par les mots de cette pièce de théâtre qu’il a voulu nous transmettre ce qui l’habite avant son départ en terre d’islam. Unis, nous prions pour lui en présence de notre évêque auxiliaire.

La grâce est palpable. Je renonce à regrets au « verre de l’amitié » car mon train va bientôt partir.

Retour au réel. La gare de Strasbourg est complètement évacuée en raison d’une alerte Vigipirate. Prendre patience. Je chante encore intérieurement : « Car tu es mon Père, je m’abandonne à Toi, car tu es mon Père, je me confie en Toi… »

Dans la cohue des voyageurs qui se précipitent vers la gare rouverte, je comprends que mon train aura beaucoup de retard et que c’est fichu pour ma correspondance. Je monte alors dans le premier TER qui s’arrête à la gare suivante. Tant pis pour ma voiture qui m’attend à mi-chemin. De tout malheur, tirer du bon : mon fils m’attendra à l’arrivée, je dînerai avec lui et il me raccompagnera jusqu’à la gare où j’ai laissé ma voiture ce matin.

Je rentre chez moi beaucoup plus tard que prévu, mais dans la plénitude d’une journée exceptionnellement belle et intense.

« A quoi sert la lumière du soleil si on a les yeux fermés ? »
Un proverbe arabe offert par notre ami prêtre qui s’en va là-bas…

http://www.pierre-et-mohamed.com/la-piece/

J’avais fini de ranger mes courses dans le coffre de la voiture quand j’ai pensé que j’avais oublié d’acheter du jus d’orange, ingrédient indispensable de mon petit déjeuner. Bon, je m’arrêterais à la prochaine enseigne pour faire ce court achat et le plein d’essence, comme je l’avais prévu.
Je me gare donc sur le parking de l’autre supermarché et en le traversant, j’aperçois une amie de longue date qui entre dans sa voiture. Je ne l’ai plus vue depuis un ou deux ans. Je la salue joyeusement, je remarque ses yeux cernés et elle commence à se raconter. Burn-out. Arrêt longue maladie. Il pleut, je m’attarde, elle finit par me dire d’entrer dans sa voiture, je m’assieds à côté d’elle et elle raconte le harcèlement professionnel insidieux, les nuits sans sommeil, les douleurs corporelles à n’en plus finir, le trop-plein et l’arrêt maladie. Elle raconte, mais dans son faible sourire, je sens déjà un mieux-aller. Je l’écoute patiemment, elle m’écoute aussi, tandis que la vraie question me brûle les lèvres : comment va sa fille, jeune adulte amie de la mienne depuis leur tendre enfance ? On finit par en parler. Elle me dit qu’ils n’en parlent plus trop à la maison, que c’est devenu un sujet qu’on évite, que sa fille brûle la vie par les deux bouts dans la hâte d’avoir encore de beaux jours. Je lui dis que je comprends sa fille, que je comprends aussi le mal qui ronge intérieurement cette maman meurtrie. Comment cette profonde dépression ne serait-elle pas liée à ce diagnostic terrible prononcé il y a quelques années sur cette adorable et brillante jeune fille dont l’avenir se dessine à présent dans la dégénérescence progressive de ses neurones moteurs ? Cruel et injuste coup du sort qui nous a valu tant de larmes, à ma fille et à moi, quand nous l’avons appris. Nous l’imaginions dans un fauteuil à très courte échéance, mais la maladie insidieuse semble lui laisser quelque répit, elle travaille, sort, jouit de la vie avec ses amis, elle entend vivre à plein son reste de santé et sa beauté souriante nous laisse l’espérance d’un traitement encore inconnu qui viendrait mettre à mal le diagnostic impitoyable.

J’avais passé, et sa maman le sait, toute une retraite en abbaye, il y a près de trois ans, à prier pour elle, pour elles.
Ce soir, j’ai repris mon papier à lettre et j’ai proposé mes dates pour une nouvelle retraite de carême dans la même abbaye. Il y a encore matière à prier, oh Seigneur, prends en pitié cette famille !

Une heure avait passé quand je suis sortie de sa voiture pour aller acheter mon jus d’orange. Une heure à s’épancher dans le cœur l’une de l’autre, en toute confiance et espérance. Malgré la cruauté de la vie, parfois.

Rien comme tout le monde

23 octobre 2017 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 2 commentaires

Je m’en souviens bien. Après la prise de sang, j’avais fait un petit tour en ville, histoire de calmer mon impatience de connaître le résultat. Repassant plus tard devant le laboratoire, je vois l’infirmière devant la porte et elle court vers moi : « Madame, madame, c’est bon ! » Elle avait bien compris que je le désirais à tout prix, ce troisième enfant, et elle était heureuse de me devancer !
Joie.
Autre tableau, quelques dix-huit mois plus tard. Je suis à la cuisine et tranquillisée parce qu’elle est dans son petit parc en bois, au salon. Je prépare sans doute le déjeuner. Et je passe jeter un œil sur elle. Mais… le parc n’est plus là ! Stupeur. Je la retrouve, avec le parc autour d’elle, à l’autre bout du salon. J’ai compris ce jour-là qu’elle aurait la bougeotte et que je pouvais m’attendre de sa part à quelques surprises.
Mes collègues aiment bien quand je leur parle d’elle, car c’est toujours de l’inattendu. Là où leurs enfants alignent les bonnes notes en maths et obtiennent des diplômes d’écoles d’ingénieur ou de commerce, ma fille passe un bac à option danse puis part à l’autre bout de la France pour des études artistiques. Elle est vegan un temps, végétarienne sur le long terme, se teint les cheveux de toutes les couleurs de l’automne, arbore un, puis deux, puis trois tatouages et s’affirme dans un style qui n’est que le sien. Son joli coup de crayon n’a d’égal que le grain chaud de sa voix. Elle trouve moches les déco en vente au magasin de bricolage et m’offre pour mon bureau tout neuf deux toiles magnifiques dont la peinture a débordé sur le sol de sa chambre. Dans son coin zen trône un bouddha et une guirlande lumineuse traverse sa chambre. Elle adopte un lapin nain dans son studio d’étudiante.

Hier, toute la famille est réunie chez moi pour deux anniversaires auxquels on aurait pu rajouter le sien, mais elle est restée là-bas, loin, dans sa ville du sud-ouest, et elle nous réserve une surprise via skype. On se connecte. Joie de revoir son joli visage ! Mais qui se tient là, à côté d’elle ? Un beau jeune homme aux yeux aussi noirs que les siens sont clairs, qui sourit timidement en se présentant en anglais. Je ris car je suis déjà au courant, tandis que mes convives, stupéfaits, font connaissance avec celui qu’elle chérit depuis deux ans et qui vient de traverser la moitié de la terre pour la rejoindre. Pourquoi faire simple quand on peut mettre du piment dans sa vie en ayant un boyfriend australien ?

Rien comme tout le monde. Sa vie  ne sera pas ennuyeuse… et la mienne non plus.

Avoir un chez soi

14 octobre 2017 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

Mon billet déplaira aux adeptes de la théorie du genre, mais je médite sur cette question depuis longtemps, et je crois profondément qu’une femme, encore plus qu’un homme, a besoin d’un « chez soi » stable et agréable sur le long terme. Son équilibre personnel y est lié. J’ai observé régulièrement, à l’âge où les connaissances de ma génération avaient leurs premiers enfants, que c’était la femme, dans le couple, qui incitait à l’achat ou à la construction d’une maison ou d’un appartement plus spacieux. Pourquoi devrions-nous nier que nous désirons « un nid » où voir grandir heureux nos enfants ? Certes, l’homme s’investit ensuite souvent beaucoup dans ladite construction ou rénovation, mais nous demeurons celles qui soignent la déco, qui rendent agréable et pensent fonctionnel leur lieu de vie.
Comme je ne suis plus une jeune femme prise par les exigences d’un tel projet initial, j’observe encore ce qui se joue à ma génération et à la suivante, et je constate avec grande tristesse des drames de séparation dans lesquels, outre les répercussions sur les enfants, se joue l’enjeu de l’habitation commune. Très souvent, j’ai vu des femmes se battre et s’endetter pour conserver vaille que vaille leur maison. Soit qu’elles soient quittées, et alors c’est vraiment la moindre des choses qu’elles puissent demeurer chez elles, soit que le couple n’en puisse plus, les situations les plus cruelles auxquelles j’assiste sont celles où une épouse ou compagne est contrainte de quitter sa demeure avec ses enfants. Tout ce qu’elle avait voulu construire – même si le lieu de vie appartenait davantage au conjoint – s’écroule. Et c’est dans ces circonstances que la paupérisation s’installe. Il faut trouver un nouveau logement locatif, se remeubler, avec le souci de redonner aux enfants un cadre de vie sécurisant. J’avoue que, témoin de deux situations semblables récemment, j’en ai été choquée et très attristée pour ces jeunes mamans obligées de rebondir dans des circonstances aussi difficiles. Sans compter l’incompréhension des enfants qui perdent le nid où ils ont grandi pour ne plus y voir que leur papa de temps en temps.

J’ai eu cette chance, dans mon propre divorce, d’avoir pu conserver, pour mes enfants et moi, la maison que j’avais pensée, voulue, aménagée à la trentaine. Les années passant, quelques nouveaux travaux s’imposaient. Une femme seule qui n’est pas bricoleuse les repousse souvent pendant de longues années, faute d’aide et de moyens.
Voilà. Je viens de passer six semaines avec un artisan chez moi tous les jours. Indispensable mais éprouvant. J’ai mesuré à quel point j’avais besoin de me sentir « chez moi », ne l’étant plus vraiment, entre sa présence pas toujours discrète, le sous-sol envahi par ses outils divers, ses va-et-vient nécessaires dans presque toutes les pièces de la maison. Il a réalisé un travail patient et méticuleux dont le résultat m’enchante. Mais plus encore, je vais apprécier d’être de nouveau chez moi, seule, au calme, sans avoir de comptes à rendre à personne, et, cerise sur le gâteau, avec un gain de confort et d’esthétique fort agréable.

Alors, si j’ai un message à faire passer aux femmes qui me lisent, c’est : Battez-vous, quelles que soient les circonstances de votre vie, pour conserver le lieu où vous aimez vraiment vivre. Ce sera difficile et au prix d’un appauvrissement certain. Mais contrairement à ce que l’on nous serine souvent lors  d’une séparation, on ne rebondit pas mieux, pour se reconstruire, dans un « petit appartement » où tout est à redéfinir en plus du bouleversement des circonstances familiales.