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Etre soi-même

16 décembre 2017 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 2 commentaires

Je crois qu’il n’y a pas de meilleure attitude à adopter, notamment quand on a à affronter un entretien professionnel difficile et important avec son supérieur hiérarchique, que de rester soi-même.
J’ai été bombardée de questions pointues et difficiles qui visaient à cerner ma connaissance de l’institution à laquelle j’appartiens et mes capacités d’analyse et de réaction face à certaines situations qui pourraient se présenter et relèveraient de ma responsabilité. Je crois qu’à un moment, je suis parvenue à inverser le sens du dialogue : tout en avouant mes lacunes quant à certains détails de terminologie, j’ai mis en avant mes valeurs éthiques et mon sens profond de la déontologie professionnelle. Etre honnête dans toute situation de sa vie, personnelle ou professionnelle, c’est ce qui me tient le plus à cœur, vraiment. Et je l’ai détaillé au niveau de la pratique professionnelle que j’envisage si je prenais une plus grande responsabilité.
Eh bien, c’est cela qui a plu, je pense, à mon interlocuteur. Et il m’a dit avec la plus grande franchise que d’un avis réservé ou défavorable à ma candidature aux fonctions de directrice d’école, il était passé au cours de l’entretien à un avis favorable.
Je n’ai pas brillé. J’ai été moi-même, c’est tout, et ainsi reconnue pour une compétence valable elle aussi.
Merci au passage à ceux qui ont, discrètement mais efficacement, prié pour moi !

Renaître de ses cendres

8 décembre 2017 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 3 commentaires

Je n’étais pas la bienvenue, comme cela a très souvent été le cas dans les grandes étapes de ma vie.
Je ne fus pas la bienvenue dans le ventre de ma mère, et en tant que femme je le comprends très bien : aurais-je moi-même désiré un quatrième enfant en six ans de mariage ?
Je ne fus pas la bienvenue dans la vie de plusieurs jeunes gens que j’ai intensément aimés. Sans réciprocité.
Je ne fus pas la bienvenue non plus dans cette école. J’avais posé au préalable des choix professionnels mal vus aux yeux de ces collègues-là, et pour cause de ces choix, j’avais d’emblée bloqué un poste qui m’appartenait pendant plusieurs années sans exercer dessus. Malvenu aussi de ma part d’attendre, au moment où j’aurais dû revenir sur ce poste, un troisième enfant avec le choix de lui consacrer les quatre années suivantes, le poste me restant comme par miracle réservé.
Revenez sur ce poste après sept ans sans l’avoir occupé, et vous traînerez derrière vous sept ans de préjugés et de médisance. J’aurais pu craquer et partir, j’ai fait le choix de ravaler et de rester. Mais j’ai toujours été celle qui traînait des casseroles après elle.
Par chance, beaucoup de jeunes collègues adorables se sont succédé pendant des années dans cette école, et j’ai toujours noué avec elles les meilleures relations. Plusieurs sont restées, même parties ailleurs, d’excellentes amies. Pour cette raison principalement, j’ai quand même trouvé là ma place et mon bonheur. Et tenu bon dans le dénigrement fréquent de mes compétences et de mes initiatives.

Chacun le sait, quand il est peu reconnu dans son travail pour son investissement et ses qualités propres, il doute très vite de lui-même. Et ainsi, mes rapports d’inspection plutôt élogieux m’étonnaient toujours. N’étais-je donc pas une piètre enseignante ? J’ai fini par accorder plus d’importance à ce regard autorisé sur ma pédagogie qu’à la défiance dont j’étais au quotidien souvent l’objet.

Et là, il a suffi d’une semaine hors de ce contexte, dans une situation de formation continue où mes capacités étaient pleinement reconnues, il a suffi de quelques échanges avec des collègues positives et bienveillantes pour que je reprenne profondément confiance en moi et que je me sente capable d’aller de l’avant. Ici, dans cette école qui est aussi intensément la mienne et qui sans doute, le restera pour les années qu’il me reste à enseigner. A la prochaine rentrée, je suis en droit de l’espérer et de m’investir en ce sens, peut-être comme directrice.

Dynamique positive

2 décembre 2017 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

Il y a parfois du bon à prendre du recul. Sortir de son environnement quotidien pour changer de regard sur sa pratique professionnelle et ses perspectives.
Je viens de vivre une très belle semaine de formation continue en enseignement des langues vivantes au CM1-CM2. Ce n’est plus très souvent, dans mon métier, que l’on nous propose de quitter nos classes pour nous former, faute de remplaçants et de moyens. Alors je n’ai pas voulu manquer une occasion si belle qui se présentait. Et quel bain de jouvence ! Les formateurs se succédaient pour nous donner des pistes et des ressources nouvelles dans nos pratiques en classe. Nous avons parlé, chanté, joué, exploré et testé des logiciels, découvert des albums et des manuels, élaboré de petits projets en sous-groupes pour nous faire la main et avoir matière à réinvestir. Le tout dans une ambiance des plus sympathiques : un groupe d’une douzaine de collègues qui ne se connaissaient pas au préalable, mis en situation de faire connaissance comme on le ferait lors d’une rencontre transfrontalière avec des élèves. C’était à la fois intimidant, ludique puis motivant. De vrais liens se sont noués au fil de la semaine, de riches partages sur nos pratiques respectives ont été possibles, et les conversations ont été variées et joyeuses lors des cafés et des repas pris en commun.

Il se trouve que j’ai cette année une décision professionnelle difficile à prendre à l’horizon de septembre 2018. Et à partager ainsi avec des collègues d’autres circonscriptions que la mienne, qui ne me connaissaient que dans ce court contexte, j’ai reçu des conseils très judicieux et des encouragements qui m’ont ouvert une perspective que je n’avais pas envisagée jusque là.

Me voilà beaucoup plus sereine pour prendre ma décision, et l’option qui se profile est la dernière que j’aurais envisagée… Plus de détails, amis lecteurs, dans les prochains mois.

Un mois sans

28 novembre 2017 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

C’est ça, ça doit faire un mois.
Un jour je l’ai allumée, et puis rien. Ni image, ni son. Tiens, j’étais un peu contrariée sur le coup, ça devait être à l’heure du 20h, puisqu’il n’y avait de toute façon que là que je la sortais de son mutisme depuis un bon moment. Et rien. Ecran noir.
Bon, j’ai de nouveau tout éteint. Ça ne devait pas être la télé, plutôt un problème de réception.
Ma grande fille était là quelques jours plus tard : « Tu regardes mes branchements ? » (Parce que moi, j’ai mal au dos…)
Elle ausculte un peu tout et ne trouve rien d’anormal, mais bon, ça ne marche toujours pas.
Pas grave en fait, on ne regarde jamais la télé ensemble, elle et moi. Trop de choses à se dire.

Donc, ça fait un mois, et je n’ai pas essayé de la rallumer, si ça se trouve tout marche mais ça m’est égal. Car j’ai savouré ce mois-là. Ne pas voir toutes les horreurs du monde à 20 h, eh bien ça me repose l’esprit et tout le reste aussi. De toute façon, les horreurs du monde me sautent à la figure dès que je m’aventure sur internet. Bien malin qui voudrait y échapper, ne serait-ce que sur les réseaux sociaux.

J’ai un peu, un tout petit peu mauvaise conscience : il doit se passer des trucs pas très clean que j’ignore. Je n’arrive plus trop à comprendre pourquoi les gens s’échauffent comme ça sur les fils de commentaires. Je n’arrive plus non plus à saisir pourquoi on a le pire président de la République qu’on ait jamais eu ( c’est le cas pour au moins les trois derniers ou je me trompe ?). Je n’ai pas suivi le dernier truc qui nous empoisonne dans ce qu’on mange. Bientôt, d’ailleurs, il vaudrait mieux arrêter tout à fait de manger, ça résoudrait peut-être le problème qu’on a avec nos assiettes ces dernières décennies.

Voilà. Je suis comme en vacances, parce qu’habituellement, il n’y avait qu’en vacances que je me coupais à ce point de l’actualité.

Et finalement, il est où, le problème ? Je ne suis pas journaliste et je ne fais pas de politique, pas besoin de savoir tout ce qu’il se passe dans chaque recoin de la planète. Ce qui concerne mon métier m’arrive sur ma boîte mail au moins en triple exemplaire, ça suffira bien comme ça. Et j’ai cette chance de passer mes journées avec des enfants qui ont des préoccupations d’enfant. Ça peut avoir un avantage, de rester un peu à leur niveau, pour mieux les comprendre et les aimer. Je n’ai pas du tout l’habitude d’alimenter les conversations de comptoir. Et tout le reste, à la télé, me barbe profondément depuis longtemps. Rien qu’en zappant, j’ai parfois la nausée du consumérisme et de l’abîme d’ineptie des jeux et de la plupart des émissions.

Bref, ça fait un mois que je n’ai plus regardé la télé, et je m’en porte comme un charme. Les pieds enracinés au sol et le feuillage résolument tendu vers le ciel. Comme avant qu’elle n’existe.

L’audace des mystiques

25 novembre 2017 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

Je suis en train d’écouter les magnifiques « Chansons de Jean de la Croix » mises en musique et interprétées par le carme Pierre Eliane, un album sorti en 1998 mais dont je ne me lasse décidément pas. J’ai acquis aussi récemment ses interprétations de poèmes de sainte Thérèse de Lisieux et d’Elisabeth de la Trinité. Une mine d’or de foi et d’audace mystique. Il faut écouter et méditer ces textes, vraiment, et se demander pourquoi le langage de l’Eglise de ces dernières décennies est devenu aussi puritain. Sainte Thérèse d’Avila, il y a 500 ans, osait plus de mots d’amour pour son Seigneur que tous les groupes de louange charismatique rassemblés aujourd’hui ! Je trouve que les mots qu’on a de nos jours, dans la louange pour le Christ Jésus, sont mièvres, dénués de poésie et par trop pudibonds. On en fait un Roi surpuissant, mais qui se risquerait encore au terme « d’amant » qu’osaient les mystiques sans en rougir ?

Voici que passe sur mon CD le « Cantique spirituel » de Jean de la Croix qui n’a rien à envier au Cantique des cantiques de la Bible. C’est clairement une histoire d’amour entre une âme – féminine – et son Seigneur et amant. Les mots en sont purs et magnifiques mais enflammés d’un amour qui n’a rien de coincé. Saint Jean de la Croix ne faisait rien d’autre que de retranscrire les confidences intimes de son amie spirituelle Thérèse de Jésus.

Ces chansons magnifiquement interprétées par Pierre Eliane m’ont profondément consolée il y a une vingtaine d’années, quand dans mon amour éperdu pour le Christ, mon entourage ne voyait que du désordre mental. A l’époque ecclésiale pudibonde de Jean-Paul II, il ne fallait aimer que le Christ en croix ou dans les bras de sa mère. Aimer l’homme Jésus, scandale et trouble psychique!

Aujourd’hui, j’assume profondément mon amour sponsal pour le Christ. Comment Il me le rend, cela n’appartient qu’à nous deux. Et plus personne ne mettra la main sur Lui pour le crucifier, ni sur moi pour m’interner.

en solitude elle vivait
elle nichait en solitude
et seul à seule son aimé
la guide en solitude
en solitude lui aussi
par l’amour est meurtri

ah jouissons l’un de l’autre ami
allons nous voir en ta beauté
sur la montagne d’où jaillit
l’eau dans sa pureté…

Extrait du Cantique spirituel interprété par Pierre Eliane

https://www.youtube.com/watch?v=X3CayPjmXco