Site de Véronique Belen
Header

Blog

p1000657

Contrairement à ce que l’on pourrait penser ici, je vis plutôt entourée de personnes qui sont non-croyantes voire farouchement athées ou alors de ceux que je pourrais appeler des « chrétiens mous » : baptisés, ils ne pratiquent que pour les fêtes de famille ou les enterrements, et d’ailleurs il est toujours assez stupéfiant pour moi de les voir communier  en ces circonstances sans que jamais ils n’accomplissent la démarche du sacrement de la réconciliation… Mais cela est un autre débat.
L’Evangile, ces « chrétiens mous » s’en accommodent tant bien que mal : ils en gardent quelques valeurs clés, celles qui ne sont pas trop exigeantes, mais les paroles percutantes du Christ en matière de pardon, de pauvreté, de fidélité, de prière sont bien souvent mises à l’écart quand elles empêchent un peu trop de vivre insouciants…
Plus nombreux encore sont dans mon entourage les athées ou les indifférents. Je m’entends très bien avec eux, mais ils sentent en moi une part de mystère qui les laisse de marbre ou qu’ils évacuent autant que possible des conversations. C’est assez étrange. Depuis le temps, je m’y suis habituée, mais c’est parfois un peu douloureux que le moteur de ma vie soit considéré par ceux que j’aime et qui m’aiment comme une gentille illusion, une auto-énergie priée de rester confinée dans ma sphère intime, ou pire, un irréductible délire dont il faut bien s’accommoder.

Alors voilà, parfois, j’ai envie quand même de pouvoir parler de ma foi avec des personnes qui y entendent vraiment quelque chose. C’est la raison de mes nombreuses correspondances avec des hommes d’Eglise. C’est aussi la raison pour laquelle j’ai cherché à tout prix ces dernières années à renouer avec une amie perdue de vue dont je savais la foi très vive.

Nous nous sommes retrouvées aujourd’hui, et quel grand bonheur ! Son dernier né, je l’ai tenu nourrisson dans mes bras la dernière fois que nous nous étions vues, et aujourd’hui, je me suis retrouvée face à un beau grand jeune homme de presque 17 ans… (suite…)

Pourquoi je vais à la messe

22 octobre 2016 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 2 commentaires

p1030209

Un billet pour expliciter mes raisons d’aller à la messe.
Tout d’abord, je précise que ce n’est pas une lubie passagère : environ quarante ans de pratique régulière, entrecoupés d’une longue période de doute et d’éloignement de l’Eglise qui a renforcé mon profond besoin de célébrer avec d’autres ma foi durement retrouvée. Cela fait presque vingt ans que je suis revenue vers l’Eglise et que ma pratique est sincère et librement consentie.

Ce n’est pas du tout une activité accessoire et « à côté » de ma vie. Non, c’est, avec la prière et le témoignage, le poumon de ma vie spirituelle.
Je ne me fais pas une obligation d’aller à la messe : j’y vais de tout cœur, quel que soit le prêtre, quelle que soit l’assemblée. Bien sûr, j’ai une préférence pour ma communauté de paroisses : quatre villages. Mais où que je sois, en déplacement, en vacances, je me trouve une église et je participe à l’eucharistie.
Pourquoi ?
Parce que je ne peux vivre ma foi toute seule de mon côté. J’ai besoin de l’exprimer avec d’autres qui partagent la même. Il y a de grands moments de communion dans la foi à la messe : dire le Credo – celui de l’Eglise depuis tant de siècles, le nôtre, le mien. S’avouer pécheur et en demander pardon, humblement, à haute voix, tous ensemble. Prier. On prie beaucoup au cours d’une messe, et pas seulement le Notre Père ! On prie collectivement avec des mots qui nous concernent tous, et individuellement, dans le secret du cœur après l’homélie, pendant la consécration, après la communion… On prie à chaque fois un psaume différent, et les psaumes ne sont-ils pas la prière même de Jésus ? Ces psaumes qui nous relient au peuple juif, et à tous les priants des monastères et des congrégations au long des jours…
Je vais à la messe parce qu’on y lit les Saintes Ecritures, parcourant tous les livres de la Bible au long des trois années liturgiques. Ecouter et méditer cette parole encore et encore, ce n’est jamais du temps perdu. On peut toujours y trouver du nouveau, un écho avec les petits et les grands événements du monde et de sa vie propre. L’Ecriture, dans l’église, est mise en valeur, respectée, acclamée. Nous lui devons bien cela ! Que serait notre foi sans le témoignage de ceux qui se sont laissés saisir par l’Esprit pour raconter et mettre par écrit la Parole de Dieu ? (suite…)

Onze femmes et un prêtre

20 octobre 2016 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 6 commentaires

p1010432

En entrant dans le chœur, il a jeté un petit coup d’œil sur l’assemblée et a eu cette furtive remarque désabusée : « Mais où sont les hommes ? »
A vrai dire, je crois qu’il n’y en a jamais, ou presque, dans cette paroisse-là en semaine. Sauf que ce soir, ça sautait aux yeux parce que nous étions un rien plus nombreuses que d’habitude. Des retraitées et trois ou quatre actives, heureuses de se dégager un temps précieux pour l’eucharistie.
C’était finalement une bonne question, même s’il s’est ensuite excusé de l’avoir posée.
Où sont les hommes ?
De la part de cette assemblée, à vrai dire, difficile de les mener là. Il y a des veuves, et d’autres, dont les maris sont « trop occupés » ou encore, désormais, occupés avec des femmes plus jeunes…
Mais de veufs, ou de célibataires, ou de mariés, ou d’actifs, point.
Pourtant, je l’ai bien compris dans ses petites phrases désabusées, notre curé se tourmente pour ceux-là, qui ont besoin du salut aussi, et « peut-être plus que les femmes »… Amen.

Une autre pensée m’a traversée : si nous étions juives, dans certaines synagogues orthodoxes, tous ces rassemblements de prière n’auraient tout simplement pas lieu. Il nous faudrait un Minyan de dix hommes… et il n’y en a qu’un seul : le prêtre ! Vous imaginez un peu ? « Rentrez chez vous, mesdames, il n’y aura pas d’eucharistie ce soir »… ni aucun autre soir d’ailleurs. Dix hommes à une messe de semaine, cela n’arrive jamais dans notre vallée.

J’ai beau apprécier grandement la culture et la tradition juive, il y a des petits moments comme celui-là où je me réjouis vraiment d’être catholique…

Etre ou faire

20 octobre 2016 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

280px-Jan_Vermeer_van_Delft_004

Etre à l’écoute.
Faire coûte que coûte.
Etre en prière.
Faire sa besogne.
Etre pour mieux comprendre, pour mieux grandir dans la foi.
Faire pour avoir plus, pour avoir mieux, pour démontrer, pour remplir ses greniers.
Etre pour ne pas passer à côté de l’essentiel.
Faire pour avoir le sentiment de remplir sa vie.
Etre pour écouter le temps qui passe.
Faire pour ne pas laisser le temps filer.
Etre jeune, être entre deux âges, être vieillissante.
Faire pour ne pas laisser le temps opérer ses outrages.
Etre pour regarder le visage des êtres aimés, pour comprendre leur cœur, pour rester à l’affût de leurs joies et de leurs contrariétés.
Faire pour les satisfaire, faire pour les combler.
Etre pour s’octroyer un temps de pause dans le rythme effréné des jours de labeur.
Faire pour conquérir le monde et son corps, pour s’approprier des loisirs et des horizons.
Etre pour discerner la voix intérieure, pour s’engager sur la voie de l’éternité.
Faire pour ne pas mourir sans avoir fait.
Etre pour vivre au-delà de ce passage, au-delà de ces paysages, au-delà de cette finitude incompressible.
Faire pour avoir l’illusion d’ajouter soi-même un jour à sa vie.

Seigneur, tout au long des jours, ma situation et mon métier m’obligent à faire et à faire encore. Les voix de l’ombre me susurrent d’emplir d’occupations ce temps enfin donné.

Mais Toi, donne-moi, pour ces jours de respiration offerte, de m’asseoir à tes pieds comme Marie, et de ne pas laisser Marthe me culpabiliser. En d’autres temps, j’en fais bien assez, et Toi, tu le sais.

Image : Le Christ dans la maison de Marthe et Marie       Jan Vermeer van Delft

La paix du soir

15 octobre 2016 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

P1050195

J’aime bien ce cantique que nous chantons parfois aux messes de semaine :

La paix du soir vient sur la terre,
La paix du soir vient dans nos cœurs
Comme un encens, que ma prière
Monte vers toi ce soir, Seigneur.

C’est bien mon état d’esprit ce soir…
Un samedi volé au temps de labeur dévorant, un sanctuaire au petit matin pour y entendre la messe en l’honneur de sainte Thérèse d’Avila, un entretien réconfortant, un livre qui s’impose à moi dans la boutique :
« Du dernier rang, Les femmes et l’Eglise » de Lucetta Scaraffia
Je l’ai lu d’une traite dans l’après-midi !
Quel étonnement et quelle joie d’y lire, si bien exposés et argumentés, tous les sujets sociétaux et ecclésiaux qui me préoccupent moi aussi, toutes ces pensées qui me traversent depuis longtemps sans que je ne parvienne vraiment à les exprimer ni à les expliquer à autrui ! Eh bien, Lucetta Scaraffia nous brosse un tableau efficace et sans concession de la société actuelle et du fonctionnement interne de l’Eglise, c’est riche, érudit et simple à la fois, et tout cela me semble un constat tellement juste et équilibré de la situation des femmes aujourd’hui dans et hors de l’Eglise !
Vraiment, je recommande ce livre tout récent à la lecture, j’en suis sortie confortée dans mes combats et heureuse qu’une femme croyante et pratiquante ose une parole aussi libre et percutante, qui ne pourra pas laisser indifférents ceux qui prennent les décisions essentielles pour la marche de l’Eglise . Un beau cadeau que cette journaliste talentueuse nous a fait !

http://www.editions-salvator.com/A-24581-DU-DERNIER-RANG.-LES-FEMMES-ET-L-EGLISE.aspx