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Ma consécration

15 janvier 2017 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 6 commentaires

Comment en parler avec pudeur et retenue, mais aussi avec la nécessité brûlante du témoignage?

Deux étapes : Pâques 2011 et la fête de Notre-Dame du Mont Carmel le 16 juillet 2011.

Quand mon mari – mariage civil – m’a quittée en 2004, je n’avais que 40 ans et trois enfants à charge. Et j’étais convalescente. Il m’en a fallu, de la force et du courage pour reprendre aussitôt le travail de peur de me faire retirer même mes enfants ! Car c’était son projet initial, bien que contradictoire avec ses désirs de vivre une nouvelle jeunesse, sans moi, potentiellement avec une autre…

J’ai lutté contre ma fragilité, j’ai lutté pour mes enfants, nous n’avons mis en place des résidences alternées que bien plus tard, quand les grands sont entrés au lycée.

Quand vous vous retrouvez solo à 40 ans, tout le monde y va de son petit couplet : « Tu referas ta vie !  » expression que je déteste d’ailleurs entre toutes.
Puis il y a eu un très grand amour et une très grande désillusion. Je commençais à comprendre qu’un homme, même gentil, même épris de moi et moi de lui, me déstabilisait profondément. Je suis revenue à ma solitude et de là, à ma sérénité, mais je n’avais pas encore compris à ce moment-là que la vie de couple ne serait plus jamais pour moi.
Il a fallu une autre relation de quelques mois plutôt moche, inintéressante, envahissante et irrespectueuse de ma personne pour que je me décide à rompre un soir de mars 2010. Je lui parlais de mon grand souci pour ma mère malade, il me répondait des banalités visant plus à se débarrasser de la question qu’à me rassurer. Il y avait une petite distance géographique entre nous. Ce fut donc un mail de rupture, avec en retour une réponse assez basse.
Le lendemain matin, j’avais un message sur mon répondeur téléphonique.
Ma mère était décédée dans la nuit.
Horreur d’un instant qui marque pour toujours. (suite…)

Les pieds dans la controverse

14 janvier 2017 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 1 commentaire

C’est cyclique, ça revient comme un mauvais rêve ou un serpent de mer. Les adeptes des faux voyants et des faux mystiques fourbissent leurs arguments pour tenter de nous convertir à leur idole révélée.
Je lasse peut-être mes lecteurs avec ce thème. Mais il revêt pour moi, et je le crois, pour la foi et l’Eglise, une importance capitale.
Jamais sans doute l’histoire de l’Eglise n’a été aussi polluée par les fausses révélations qu’en ces temps où nous sommes. Le web permet une diffusion rapide des « messages » des fausses apparitions et la vulgarisation d’œuvres fleuves de fausses mystiques que leurs défenseurs les plus acharnés mettent en ligne.
Ainsi, les logorrhées interminables de Maria Valtorta sont-elles à la mode dans une certaine frange de l’Eglise catholique. Attention, je touche à un point sensible et sans doute les loups vont-ils encore sortir du bois !
Peu m’importe.
Je ne vais certainement pas faire une « exégèse » de la production de Maria Valtorta. J’en ai lu des extraits, qui tous me donnent la nausée : son insupportable style sirupeux, et surtout, son Jésus méconnaissable, prêchi-prêcha, imbu de sa personne, moralisateur – surtout avec les femmes -, insupportablement bavard… Rien à voir avec le Christ que je connais au plus intime de mon âme et évidemment dans les Evangiles canoniques, ce Fils de Dieu efficace en toute parole, doux et humble de cœur, infiniment respectueux de la partenaire féminine qu’il a en face de Lui, mais intransigeant avec les faux pieux, les docteurs de la Loi qui négligent la quintessence de la Parole de Dieu, les dévots hypocrites et tous les falsificateurs de sa Bonne Nouvelle.

Alors oui, j’assume absolument une opinion ouverte sur cette question qui est un vrai cancer pour l’Eglise contemporaine : je ne crois ni aux apparitions de Medjugorje, ni aux palabres de Maria Valtorta, ni aux fausses mystiques qui gravitent en orbite autour de ces deux phénomènes ravageurs en y cherchant une caution.

J’ai le cœur serré par un regret immense : cette pleutrerie du Vatican qui aurait dû s’exprimer il y a presque deux ans sur Medjugorje, et qui cède dans le silence aux pressions terribles de ce lobby. Tant d’argent en jeu ! Tant de vocations et de retours vers l’Eglise, arguent-ils !

Mais vers quelle Eglise, dites-moi ? Celle qui est déjà définitivement divisée sur cette question et qui ne trouvera plus le sens premier de l’Evangile pour demeurer cohérente ?

L’Esprit de Vérité est discret et caché. Il se donne à qui Il veut, pour procurer le discernement, et une des grandes erreurs de l’Eglise a sans doute été, dans cette affaire, de ne donner le pouvoir de décision qu’à des doctes et des savants, et bien sûr exclusivement à des hommes, entre eux. Le résultat, lamentable, est devant nos yeux : Medjugorje prospère, Maria Valtorta égare de plus en plus de monde, et personne n’a plus le courage de mettre un terme à cette vaste mystification qui travestit totalement le Visage du Christ Jésus et de sa mère.

Bonne année 2017 !

1 janvier 2017 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 1 commentaire

Que souhaiter en ce jour de l’An aux lecteurs connus ou inconnus de ce blog ?
Nous vivons une époque plutôt difficile, il suffit d’allumer son téléviseur – et parfois, de méditer sur sa propre vie – pour s’en rendre compte.
Je n’ai pas coutume de parler ici de géopolitique ou de politique tout court, ne me sentant pas légitime à le faire.
Mais je suis encouragée à continuer à écrire par une petite audience qui ne baisse pas trop.
Alors à vous, amis lecteurs connus ou inconnus, je souhaite de persévérer à atteindre la sérénité intérieure, contre vents et marées, cette paix du cœur qui permet de mieux affronter les tempêtes de nos quotidiens, de convertir notre regard et de chercher davantage à être lumière et chaleur pour autrui qu’obstacle quand nous passons dans sa vie…
J’ai un égal respect pour les lecteurs croyants ou incroyants, ou d’autres confessions que la mienne.
Cependant, vous le savez, j’ai la foi chrétienne chevillée au cœur, et je souhaite à chacun de découvrir un jour quelle force, quelle aide, quelle consolation et quel amour incomparables sourdent de la Personne adorable du Christ, ma vie.

Belle et heureuse année 2017 à vous tous !

Adieu artiste, amie…

30 décembre 2016 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 7 commentaires

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Il y a un peu plus de douze ans, quand j’ai commencé à me servir d’internet, les forums étaient omniprésents. Cherchait-on un renseignement sur tel ou tel sujet, les moteurs de recherche nous guidaient vers un forum, et on pouvait se prendre au jeu de participer à la conversation.
C’est ainsi que je suis entrée en contact avec de nombreuses personnes qui souffraient comme moi à l’époque de troubles psychiques, qui s’interrogeaient sur leurs traitements, qui recherchaient de l’entraide qu’on pouvait trouver là. Des amitiés se sont nouées, les contacts ont débordé les forums, échanges de mails, coups de téléphone, discussions privées sur les réseaux sociaux, rencontres avec les meilleurs amis issus de ces échanges.
C’est ainsi que j’ai connu Cécile. Belle avec ses grands yeux tourmentés, inquiète, à la fois confiante et parfois fuyante, traversant les innombrables tempêtes de sa vie avec courage ou désespérance, se raccrochant à son art, car elle peignait avec un immense talent reconnu par le cercle de ses proches et au-delà…  Nous aurions tant souhaité qu’il lui apporte la confiance en elle qui lui manquait souvent ! Que de fois j’ai pensé, devant des œuvres d’art contemporain, que le travail de Cécile était bien plus touchant, fin et expressif… J’aurais aimé pour elle cette reconnaissance de son art, je lui souhaitais qu’il lui permette de sortir de la grande précarité matérielle dans laquelle elle vivait…
Cécile était une femme à vif, tourmentée, inquiète de son avenir, mais tellement attachante ! Avec moi, elle aimait échanger, aussi, au sujet de sa quête spirituelle. Le catholicisme de son baptême la rebutait, elle aurait aimé se convertir au judaïsme, chemin bien difficile. Elle savait peindre comme personne le visage juvénile d’Anne Frank, s’indignait encore et encore de toutes les marques d’antisémitisme. Elle avait aussi, ces dernières années, trouvé dans la cause animale un autre combat.
Le combat de sa vie a eu raison de Cécile.
Elle a choisi d’y mettre fin la nuit de Noël.
Je suis infiniment triste, moi qui jamais ne lui ai tenu la main. Sa main d’artiste fragile qui ne peindra plus, mais puisse son œuvre lui survivre pour témoigner qu’il y a, dans l’art notamment, un au-delà admirable de la maladie psychique.

http://www.cecileambert.odexpo.com/default.asp?page=22995&lg=

Image : Portrait d’une amie, par Cécile Ambert

La foi médiatique

28 décembre 2016 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

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C’est un phénomène récurrent dans notre pays, ailleurs sans doute aussi. Régulièrement, la presse et les médias se saisissent d’une personnalité, en général déjà connue d’une manière ou d’une autre, qui a été éditée pour témoigner d’une « super conversion », de l’athéisme ou de l’agnosticisme vers le  christianisme, du judaïsme vers le catholicisme ; vers l’islam, c’est très rarement avec un regard bienveillant.
Il ne faudrait d’ailleurs pas se leurrer : la médiatisation des convertis au christianisme n’est dans notre pays pas si bienveillante que cela. Bien sûr, on retrouvera les « super témoins » édités par les éditeurs chrétiens et sur le plateau du « Jour du Seigneur » où on les reçoit avec force superlatifs. Dans les milieux croyants, ils deviennent vite des références absolues, un peu comme une bouée à laquelle le chrétien méprisé en France se raccroche pour prouver à son entourage que « même lui », « même elle » exposés médiatiquement se sont convertis au Christ.
Il y a quelques années, la sphère catholique ne jurait que par Thierry Bizot. Il me semble qu’il a voulu évoluer vers une foi un peu plus humble et plus cachée.
Ces derniers temps, j’observe, un peu dubitative, le tapage autour de la personnalité de Véronique Lévy, cette femme d’origine juive convertie au catholicisme et baptisée en 2012. Comme elle a publié deux livres en peu de temps, on la voit beaucoup dans la presse et sur les plateaux télé.
On m’a offert son ouvrage « Adoration » à Noël (Editions du Cerf) et je l’ai lu. Je reste un peu perplexe. Une belle plume, c’est indéniable. Une conversion absolument sincère et authentique, je le crois aussi. Je suis plus gênée au sujet de ses « dialogues mystiques ». D’une manière générale, je suis très réservée quant aux mystiques qui font parler le Christ Jésus à la première personne. Les révélations où « Il » s’exprime de manière ampoulée, en se mettant toujours en avant, en appelant son interlocutrice « ma minuscule » et autres mots de ce genre me laissent songeuse. Jésus s’est-il jamais adressé à une femme, dans l’Evangile, en l’appelant « Ma minuscule » ? Non, au contraire, il la fait mettre debout, il la justifie devant ses accusateurs, il lui souhaite la paix du cœur pour la suite de ses jours, il la libère de ce qui l’entrave et il l’appelle par son prénom ou « femme », ce qui n’est à mes oreilles pas du tout un manque de respect, mais au contraire, une prise en compte de toute la personne de cette autre qu’il a en face de Lui. Jésus ne s’adresse jamais à une femme avec condescendance. Ne confondons pas certains clercs et le Christ !
Ce genre de formule réductrice, dans la plume des mystiques, témoigne plutôt à mon avis du besoin de se faire passer pour humble à tout prix. Quand l’exposition médiatique ruine l’humilité, on tente de la sauver par des formules soulignant la petitesse de l’orante dans les prétendus « dialogues mystiques ». (suite…)