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Que ma joie demeure

13 septembre 2017 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

J’ai publié des articles un peu difficiles ces derniers temps. Mais cela émane d’une nécessité profonde et d’un grand désir d’authenticité dans mon témoignage chrétien et mes prises de position sur tel ou tel sujet brûlant en Eglise ou en théologie. Je pense souvent, quant à la Parole de Dieu, au prophète Jérémie : Je me disais : « Je ne penserai plus à lui, je ne parlerai plus en son nom. » Mais elle était comme un feu brûlant dans mon cœur, elle était enfermée dans mes os. Je m’épuisais à la maîtriser, sans y réussir. (Jérémie 20, 9)

Je pourrais n’écrire que des articles lisses et consensuels. Je pourrais éviter tous les sujets « qui fâchent ». Je pourrais faire comme beaucoup de catholiques sur l’espace public : taire les aspérités de ma foi et me ranger sagement aux paroles officielles des représentants de l’Eglise. Je pourrais chercher à plaire à mon lecteur. Je pourrais ne viser que la louange et la popularité. Mais cela ne correspondrait ni à ma vocation, ni aux commandements de l’Evangile. Saint Luc nous le redit aujourd’hui dans ses Béatitudes :
« Quel malheur pour vous
lorsque tous les hommes disent du bien de vous !
C’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes. »
Luc 6, 26

Je n’accueille jamais avec plaisir les griefs et les jugements négatifs sur mes écrits. Mais je les assume et je bénis le Seigneur de m’avoir amenée à préférer sa Parole à la facilité.

Cependant, je voudrais souligner aujourd’hui que malgré les propos dérangeants et pas toujours onctueux que tiens sur ce site, je demeure la plupart du temps dans une joie profonde et une grande sérénité. Ceux qui me connaissent dans la « vraie vie » le savent : je pense pouvoir dire en leur nom que je suis une personne plutôt discrète, aimable et patiente. J’aime les petites places qui ne sont pas en vue. Je me contente au quotidien de très peu : le bonheur de mes enfants – ce qui est déjà énorme – , l’efficacité dans mon métier et le sourire de mes élèves, et un chez moi confortable, où je m’active comme toute mère de famille et me repose comme tout un chacun en a le droit après sa journée de travail. Je sors très peu, par contre je sais cultiver mes nombreuses amitiés, même à distance.

Voilà une petite mise au point pour ceux qui pourraient me prendre pour une personne vindicative et aigrie, ce que souvent prétendent mes adversaires spirituels. Il n’en est rien. Je demeure dans la joie amoureuse de me vouloir fidèle à mon vrai compagnon de vie et de route : le Seigneur Jésus.

Voiture-chapelle

2 septembre 2017 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

Chez moi, j’écoute très rarement de la musique. Goût du silence ou du dialogue avec mes proches… Par contre, pour mes petits ou longs trajets en voiture, j’ai toute une collection de CD que j’écoute avec grand plaisir en conduisant. Si j’ai un passager, je m’adapte à ses envies ; si je suis seule, la plupart du temps, je savoure des chants religieux, au gré de mes humeurs. Joyeuse, je me réjouis des chants entraînants de la communauté du Chemin Neuf. Plus calme, je m’évade vers la beauté des liturgies de Taizé. Plus recueillie encore, je laisse s’égrener la prière des heures à l’abbaye de Tamié, des psaumes ou des cantiques par différents chœurs sacrés.
La route est un espace agressif et anxiogène pour moi. Mais dans ma petite chapelle intérieure, je chante et je prie en communion avec tous ceux qui le font quotidiennement et qui nous ont offert ce cadeau inestimable de leurs voix bien accordées. Et j’arrive toujours à bon port.

La douceur du répit du samedi matin. Un plaid douillet, le chat ronronnant sur mes genoux, et l’oraison volée au temps désormais compté. Le retrouver en cœur à cœur, Lui, le Bien-Aimé. Poursuivre le dialogue paisible entamé la veille au soir, comme un shabbat de grâce dans le tourbillon des multiples sollicitations de ce temps de rentrée.
Il me murmure au cœur, ancré dans le temps liturgique, qu’il m’a confié cinq talents. Ne pas négliger de les faire fructifier jusqu’à ce qu’il vienne pour moissonner là où il a semé, et là où je dois répandre le grain à mon tour. Amen, Seigneur Jésus, que tout se passe pour moi selon ta volonté !

Les amitiés sont des liens, cela va de soi. Joie quand elles se nouent, et cet été m’en a offert deux commencements magnifiquement prometteurs. Tristesse, voire incompréhension, quand elles se dénouent, surtout si c’est subi, et subit. On peut garder longtemps le goût nostalgique d’une amitié, le souvenir des échanges de paroles, de confidences et de sourires, le manque des petits ou longs messages, l’inquiétude pour le devenir de l’ami(e).
Mais une amitié se renoue, je pense, plus facilement qu’un amour perdu. Là où l’amour oppose souvent un point de non retour, l’amitié laisse tout aussi souvent la porte entrouverte. La réconciliation demeure possible dans l’au-delà de la confiance blessée et de l’abandon ressenti, dans le désir du pardon demandé et accordé.

Que fallait-il, finalement ? Un peu d’audace. Un peu d’inspiration. Accepter de nommer le manque. Mettre sa fierté au placard, et prendre le risque de la fin de non-recevoir. Mais avoir confiance, surtout, en la force du lien déjà créé, en la possibilité de renouer avec l’ami. Confier tout cela au Seigneur, ardemment, dans la prière.

Quelques lignes manuscrites. Bien accueillies. Le mot pardon paraît déjà presque inutile. Bonheur de faire à nouveau se croiser les voix. Prendre des nouvelles, en donner, savoir où en est l’autre, espérer se revoir et se soutenir encore mutuellement.

Renouer.

C’est peut-être le plus beau temps de l’amitié.

Pendant quelques jours, ma maison a été ouverte à des amis ou des proches venus là se ressourcer un peu, profiter avec moi des beaux paysages locaux et du soleil plus généreux que prévu, passer ensemble une soirée joyeuse ou partager un café en se racontant un bout de vie… J’ai la chance d’avoir des amis de très longue date demeurant fidèles, dans la confiance réciproque. Pouvoir s’épancher un peu et accueillir avec respect et gratitude des confidences chuchotées en traversant un vallon enchanteur ou autour d’une même table, donner humblement son avis, évoquer ensemble des pistes ou des solutions possibles, méditer longtemps les paroles écoutées, se laisser bousculer par elles, avoir un peu de mal à en trouver le sommeil mais pouvoir, toujours, déverser le trop-plein d’émotion dans le cœur de Celui qui accueille avec un respect infini toute histoire vécue dans notre pâte humaine, toute doléance présentée pour ce qui est trop lourd ou trop difficile. J’ai cette chance inouïe d’avoir un Confident toujours à l’écoute, toujours présent, toujours perceptible dans son accueil de ma prière.
Aux yeux de tous, je peux paraître une solitaire quand ma maison se vide de mes proches tant aimés. Mais il n’en est rien : Il est toujours là, à portée de prière, au creux de la vibration de mon âme, je le perçois et je peux tout lui confier. Je sais que ce secret-là ne pourra pas aller plus loin ; par contre, au fil de mes supplications, une solution parfois se fait jour, une ouverture, une espérance, un exaucement.