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Les textes de la liturgie d’aujourd’hui nous parlent tous d’argent.
Je les commenterai simplement par ce billet, car c’est un thème qui ne m’intéresse pas beaucoup.
Ce qui ne m’empêche pas de réfléchir sur l’échelle de valeurs de notre société.
On m’objectera toujours que je n’ai pas le sens de la rentabilité, de la productivité. Certes. La science de l’économie et des marchés me rebute absolument.
Un jour, un ami m’a dit : « La lutte des classes, c’est fini. »
Il n’empêche.
Je fais un simple constat : les métiers les plus humainement utiles en ce monde sont les plus mal payés. Je pense aux aides à la personne dépendante, aux aides à domicile, aux aides-soignantes, aux femmes de ménage qui rendent les lieux de vie supportables, aux éducatrices de jeunes enfants et aux nourrices agréées, aux caissières sans lesquelles nous ne pourrions pas remplir notre caddie pour subsister.
J’ai une certaine amertume aussi quand je pense que j’enseigne depuis 30 ans à lire, écrire, compter, devenir citoyen à des enfants, et qu’étant pour raisons de santé obligée de travailler à 75%, je gagne 1,5 fois le SMIC. On peut toujours après ça me donner le titre de cadre A de la fonction publique. Ce n’est pas cela qui m’aide à boucler mon budget.

A l’autre extrême, je vois des artistes, des footballeurs, des investisseurs qui engrangent les loyers que d’autres peinent à payer, des personnes qui vivent de leur image, des vedettes du petit écran… Je ne nie pas que ces gens travaillent, je remets simplement en cause leur utilité dans la vie sociale.

Comment croyez-vous qu’après ça, on puisse motiver notre jeunesse à se tourner vers un métier utile à la personne humaine, puisque l’exercer est synonyme de précarité financière ?

Notre mode de fonctionnement n’a rien à voir avec la justice de Dieu…

Une Toussaint joyeuse

3 novembre 2012 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

Pendant ces quelques jours entourant la Toussaint, je n’ai eu que des occasions de me réjouir : retrouvailles avec des amis très chers et que je ne vois pas souvent, à cause des kilomètres qui nous séparent ; moments festifs ou plus intimes en famille, que je goûte d’autant plus que comme j’habite dans une autre région depuis dix-sept ans, nous ne nous rencontrons que quatre ou cinq fois par an. Complicité avec mes soeurs pour la préparation d’une fête de Noël dont le but est d’honorer notre papa, mais nous voulons lui en réserver la surprise le moment venu. Chut…

Et même quand je vais allumer une bougie sur la tombe de ma maman, je ne suis pas triste. Jamais je ne l’imagine sous cette dalle. Je la sais ailleurs, dans la lumière, dans la douce récompense de toute sa vie d’humilité et de service. C’est à une âme vivante et bienheureuse que je parle en mon coeur, j’allume cette petite lampe pour elle, près des fleurs que mon père et ma soeur ont déposées. C’est à son tour d’être honorée, elle qui pendant tant d’années a entretenu dans l’abnégation le caveau familial. Je ressens son regard souriant. Cette nuit, des enfants pourront bien défiler grimés horriblement dans son village, elle qui détestait comme moi cette fête d’Halloween, si elle jette un regard sur nous, son mari bien-aimé, ses filles et ses petits-enfants qui étaient toute sa vie, elle verra aussi dans la nuit noire cette petite flamme vacillante éclairant des touffes de fleurs bien méritées…

Il neige !

27 octobre 2012 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 1 commentaire

Depuis plusieurs heures, elle tombe à gros flocons, sur le chêne encore vert, sur les jardinières d’annuelles encore en fleurs… Et voilà que s’ébauche un tapis blanc.
Je n’ai pas souvenir d’une neige arrivée aussi tôt en saison.
Me voilà prise de court.
Je rentre en hâte ma conséquente récolte de potirons. Je mets le fuchsia à l’abri dans la cave, l’hibiscus au chaud dans le salon.
Je n’ai pas encore planté les bulbes de tulipes !
Je n’ai pas, comme je l’avais prévu, répandu du compost autour de mon petit lilas dont je veux hâter la croissance.
Et je souris en pensant à l’Evangile d’aujourd’hui :

Jésus leur disait encore cette parabole : « Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n’en trouva pas. Il dit alors à son vigneron : ‘Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le. À quoi bon le laisser épuiser le sol ?’ Mais le vigneron lui répondit : ‘Seigneur, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas.’ »

J’aime mon métier

5 septembre 2012 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 3 commentaires

Voilà 30 ans exactement que j’ai été admise à l’Ecole Normale d’Instituteurs. Cela n’a pas été fondamentalement un choix : mes parents n’avaient absolument pas les moyens de me payer des études, j’ai donc dû faire une croix sur d’autres ambitions et désirer entrer dans cette école où nous étions à l’époque, chance unique pour moi, rémunérés dès la première année, modestement certes, mais cela permettait de devenir indépendant financièrement pour les trois années d’études. Le concours était difficile et y être admis était une grande satisfaction. C’est une institution qui a malheureusement disparu, alors que j’estime que nous y étions bien formés, et du coup le métier est devenu inaccessible aux étudiants des familles les plus modestes, car cinq années d’études universitaires sont désormais nécessaires, ce qui n’est pas forcément un gage de meilleure efficacité dans une classe. Mais cela est un autre débat…

Longtemps, j’ai eu des regrets de ne pas avoir eu accès à des métiers moins trépidants qui m’auraient sans doute plu : orthophoniste, traductrice… Quand on est enseignant, on ne peut pas se donner à moitié. Cela imprègne considérablement toute la vie. Il y a cet aspect qui demeure lourd toute la carrière : en sortant de l’école, la journée est loin d’être finie. La société ne s’en rend pas toujours compte et notre image de fonctionnaires assurant un minimum d’heures nous colle à la peau. Peu de gens savent qu’on donne presque autant d’heures hors de la présence des élèves qu’en classe : réunions fréquentes, corrections, dossiers pour élèves en difficulté, préparations longues et d’autant plus fastidieuses que les programmes changent très souvent et que nos supérieurs hiérarchiques sont très exigeants avec nous. Tout cela, c’est l’aspect souvent décourageant. On nous envie nos vacances, mais c’est le seul moment où on peut enfin jouir pleinement de la vie chez soi, sans être tiraillé entre ce qui fait notre vie privée et le bureau qui nous appelle toujours. Et bien sûr, une partie non négligeable des vacances est consacrée à préparer la prochaine rentrée… (suite…)

Anecdote

16 août 2012 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 1 commentaire

Hier soir, quand je me suis couchée, j’ai entendu un bourdonnement dans ma chambre mais je n’ai pas vu l’insecte. Je me suis dit que si j’éteignais la lumière, il se poserait et cesserait de voler.

J’étais à peine plongée dans ma prière que le bourdonnement a repris, et de plus en plus près de moi, jusqu’à frôler mon visage. C’était fort désagréable. J’ai attendu que l’insecte se pose sur la tête de mon lit et j’ai rallumé la lumière, m’attendant à découvrir une horrible bête dont je n’aurais pas eu pitié. Et là, je découvre… une coccinelle ! Visite inattendue qui ne m’a jamais été faite dans ma chambre.

En allemand, coccinelle se dit « Marienkäfer ». Nous étions le 15 août. J’ai bien aimé la coïncidence, et j’ai éteint la lumière, elle n’a pas tardé à se poser quelque part et elle m’a laissée prier…