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Je voudrais aujourd’hui rendre un hommage appuyé aux femmes de ménage, aux agents de service hospitalier, aux aides à domicile, à toutes ces femmes – dans une immense majorité – qui rendent agréables et sains nos lieux de vie et de travail. Je leur suis reconnaissante depuis longtemps et je pense à elles à chaque fois que je m’épuise moi-même à faire mon propre ménage. Pour le particulier, ce n’est pas quotidien en principe, mais quand je pense à elles qui nettoient, aspirent, désinfectent à longueur de journée, je me dis souvent que la société est bien ingrate à leur égard. Ne sont-elles pas parmi les travailleuses les plus mal payées, pour un métier des plus indispensables et des plus fatigants ?
C’est ainsi que fonctionne notre monde : un métier n’est pas forcément reconnu à sa pénibilité ni même à son utilité. Et en outre, elles essuient souvent une dose de mépris : « Si tu ne travailles pas à l’école, tu finiras femme de ménage » et j’en passe…
En méditant l’évangile d’aujourd’hui ( Marc 10, 35-45), je me dis qu’elles, qui se font au quotidien « l’esclave de tous », ne sont pas loin du Royaume des Cieux et même, des premières places dans le cœur de Dieu.

Dans le sanctuaire

15 octobre 2015 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

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Heureuse coïncidence : la fête de sainte Thérèse d’Avila, ma sainte préférée, tombe cette année un jeudi, mon jour vaqué. Alors j’ai pu laisser libre cours ce matin à mon envie d’entendre la messe dans un sanctuaire que j’aime bien. Se préparer à la même heure que d’habitude, mais passer devant l’école avec un sourire satisfait et laisser la voiture filer là où ma foi m’appelle. Bruine puis brouillard à mesure que je progresse dans la montagne. Les derniers lacets et un coup d’œil sur la montre : je serai un peu en retard pour les laudes, mais pas pour la messe.
Quelques psaumes, et le cantique de Zacharie. Une assemblée clairsemée, des habitués et des retraitants, peut-être aussi des gens de passage, comme moi.
Les mots du célébrant me mettent du baume au cœur : il y a quelques années, j’étais allée dans un sanctuaire encore plus loin de chez moi, et l’officiant n’avait pas eu un mot pour sainte Thérèse. Il en va tout autrement ce matin : ce prêtre-ci fait mémoire d’elle, cite son « Que rien ne te trouble » dans son homélie, trouve les paroles qui l’évoquent et qui font du bien. Je me sens réconfortée sous le regard de la Madre. Bonheur de pouvoir lui consacrer toute une matinée, de recevoir le pardon de Jésus dans le petit parloir, de me recueillir dans l’oratoire du sanctuaire.
Il y a là une dame qui médite un livre de prière, et des bribes de mots s’échouent sur ses lèvres. Offrir mes intentions à Marie dans la lueur des bougies de neuvaine : un enfant qui doit naître dans quelques heures, ma famille au complet que j’avais réunie à la Pentecôte, et d’autres choses encore… La pénombre de la petite chapelle et l’incandescence des lumignons. Goûter l’instant, le recueillement, le silence des intercessions, la paix du cœur lavé de l’eau trouble des offenses.
Dehors, il fait encore gris. Et froid. Mais je repars avec en moi la lumière tamisée de ce lieu où tant de pèlerins, depuis des siècles, ont laissé des éclats de sainteté.

Ballet du soir

3 octobre 2015 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

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Douceur d’un soir d’automne. Se relâcher après la pression de la semaine. Ma fille et moi nous détendons au jardin. Elle lit sous le grand chêne. Soudain, un cri :
« Maman, un oiseau m’a frôlée ! »
C’est une pie, qui revient encore et encore. Je comprends assez vite : cet été, une voisine a nourri à la becquée une toute petite pie tombée du nid. Elle en avait d’ailleurs appelé à la solidarité du voisinage quand elle était partie en vacances. Cet oiseau absolument pas farouche ne peut être que cette pie-là. S’en suit un tendre spectacle, l’oiseau se pose sur les genoux de ma fille, picore ses mules à paillettes, s’installe même sur sa tête ! Ce petit manège nous amuse un bon moment, jusqu’à ce que notre jeune chatte qui sort au jardin pour la première fois s’en mêle. La pie est joueuse, la chatte est chasseuse. Ballet qui va durer une bonne partie de la soirée entre le volatile un peu trop confiant et le félin désireux d’en découdre. Un bond soudain, un coup de patte bien ajusté. La pie s’enfuit dans notre cri à toutes.
Vilaine chatte, nous t’avons à l’œil et nous espérons bien que tu ne commettras pas l’irréparable avec cet oiseau tout confiant !
En tout cas, nous avons passé un délicieux moment de symbiose avec la nature…

Trente et un

1 octobre 2015 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

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Non, je porte un pantalon et un pull tout simples, je ne suis pas sur mon 31, ce n’est pas cela. Je n’ai pas non plus 31 ans, ciel, j’ai deux décennies de plus ! Et ce n’est pas non plus parce que nous débutons un mois de 31 jours…
Non, c’est tout bête et ça me fait un drôle d’effet.
La position allongée sous la grande lumière annonciatrice d’un moment pas agréable, le coup d’œil angoissé aux outils pointus prêts à être utilisés, le sourire encourageant de l’assistante et son « Ça va bien se passer » et puis voilà, on se retrouve la bouche ouverte, une sensation de piqûre pas trop douloureuse, et s’abandonner à l’expertise du professionnel qui sait ce qu’il va faire et comment il le fera…
Avoir vécu un demi-siècle et ignorer cette sensation… Un effort pour extraire, un peu de résistance d’un des symboles de ma sagesse…
Et puis voilà, ma bonne dame, je n’ai plus que trente et une dents.

Libre

Qu’est-ce qu’être une femme libre ?
Pour moi, cela n’a rien à voir, contrairement à ce que l’on pourrait supposer a priori, avec le libertinage ou avec une vie sentimentale libre de toute contrainte, voire débridée. Car la femme qui demeure dans la nécessité de la séduction n’est pas libre. Elle demeure soumise au regard de l’autre, dépendante de ce regard.

Sœur Emmanuelle écrivait dans « Cent ans d’amour » (extrait de « Le paradis c’est les autres ») ces lignes qui m’ont beaucoup plu :
« Non, je ne crois pas que les femmes européennes dans leur ensemble soient libérées. J’ai connu une femme écrivain qui raconte dans un de ses livres comment, folle d’amour, elle en était arrivée à passer la nuit sur le paillasson de l’élu de son cœur pour être sûre de pouvoir lui parler le matin. Quand je l’ai revue après avoir lu son livre, je lui ai dit : « Ecrivez donc un livre sur une femme libérée de tous les hommes. Une femme libre qui s’en fiche que l’homme la regarde ou ne la regarde pas ! Elle existe, elle ! » (Cent ans d’amour, p 183, © J’ai lu)

Je souscris complètement à ce passage. J’ai ressenti la vraie liberté le jour où j’ai cessé de désirer plaire aux autres, aux hommes en particulier. Cela ne signifie pas commencer à négliger son apparence. Ce n’est pas du tout cela, on peut être coquette pour soi-même, sur le conseil d’une amie, de sa fille… Mais quelle liberté que de ne plus jamais chercher à séduire ! Quelle liberté d’oser avoir un regard réaliste sur l’autre, sans l’idéaliser ! Quelle liberté d’oser être soi-même au risque de déplaire ! C’est là que naît la liberté de pensée et de parole.

Bien sûr, il convient d’avoir des freins. L’Evangile en est un excellent. « Ne pas chercher à plaire aux hommes, mais à Dieu. » Sœur Emmanuelle avait bien sûr ce souci premier. Plaire à Dieu par son être et son agir devrait être notre unique souci. (suite…)