Site de Véronique Belen
Header

Blog

J’apprends à l’instant au journal télévisé que 90% des victimes de crimes violents en Inde sont des femmes… Que la police les dissuade de porter plainte après un viol (d’où le suicide d’une jeune fille de 17 ans)…  Que la jeune femme sauvagement agressée et violée par six hommes dans un bus le 16 décembre est entre la vie et la mort.

Le pays se soulève, ose enfin exprimer l’inacceptable. Le viol est un crime qui demeure la plupart du temps impuni dans ce pays. L’éternelle mauvaise foi faisant retomber sur la femme la responsabilité du crime y est de mise.

Je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement avec une autre sinistre réalité de ce pays :  les avortements sélectifs pour éliminer les filles dès le début de la grossesse ( il manquerait 40 millions de femmes en Inde depuis 1980 pour cette raison).

http://inde.aujourdhuilemonde.com/la-tragedie-des-filles-manquantes-de-linde

Cette actualité horrible colle malheureusement avec les textes liturgiques du jour : le massacre des saints Innocents (Matthieu 2, 13 – 18). Une expression qu’il serait temps de mettre au féminin…

Un cri s’élève dans Rama, des pleurs et une longue plainte : c’est Rachel qui pleure ses enfants et ne veut pas qu’on la console, car ils ne sont plus.

Je suis originaire de Lorraine. Et institutrice. Donc doublement sous le patronage de Saint Nicolas !

Saint Nicolas comptait beaucoup dans mon enfance. Mes parents étaient très croyants, et ne nous ont pas éduquées dans des crédulités « païennes ». D’ailleurs ils étaient très démunis, et nous ne recevions pas de cadeaux à Noël, sinon ceux de nos parrains et marraines et du comité d’entreprise de mon père. La source en était clairement identifiée, et nous étions bien reconnaissantes pour ces cadeaux qui étaient d’autant plus précieux que nous n’en étions pas couvertes. Le Père Noël ne faisait donc absolument pas partie de notre paysage. D’ailleurs ma mère n’aimait pas cette croyance, sans doute une intuition très profonde de sa foi simple et confiante. Mais elle disait souvent : « Saint Nicolas, c’est un saint. » Et donc, nous avions le droit de croire en Saint Nicolas.

Comme cela se fait encore dans beaucoup d’écoles de Lorraine et d’Alsace, Saint Nicolas passait nous voir chaque 6 décembre. Jour attendu et redouté ! Car en général, il ne venait pas seul. Son redoutable compagnon le Père Fouettard était avec lui. Nous étions encouragés à bien nous tenir toute l’année, car Saint Nicolas savait tout, et c’était assez confondant de l’entendre nous féliciter ou nous réprimander pour notre comportement à l’école. Il réprimandait peu d’ailleurs, mais je n’enviais pas le garçon qui nous tourmentait à longueur d’année en récréation et qui se faisait gronder ce jour-là solennellement devant tout le monde…

Saint Nicolas était grand, avec une barbe blanche, vêtu comme un évêque. Nous devions nous avancer vers lui et il nous tendait un gros sachet de friandises. Il fallait dire « Merci Saint Nicolas » et ces mots se nouaient dans ma gorge. Mais après, c’était la joie de découvrir les bonbons, chocolats, pains d’épices et mandarines. Et puis nous lui chantions une chanson répétée avec soin pour le remercier.

J’ai cru à Saint Nicolas environ jusqu’au CP. Jusqu’à la visite fatale où il dut remettre en place son nez en plastique qui tombait. Le rêve s’évanouit. (suite…)

Cécile

22 novembre 2012 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 2 commentaires


Elle est de ces personnes qui ont quelque chose de solaire.
Elle a toujours été d’une grande beauté, qui n’a d’égale que la générosité de sa personne.
Femme de caractère, elle a su faire preuve d’autorité dans sa profession. Mais je suis sûre qu’elle l’a toujours exercée avec un souci de justice et d’exemplarité.
Quand elle aime, c’est sans partage, et elle sait rendre heureux ceux qu’elle accueille chez elle, dans ce havre de beauté qu’elle habite.
Mère courage, elle m’a donné l’exemple quand je me suis retrouvée dans la même situation qu’elle, quittée, avec trois enfants à élever.
Notre mère était au foyer, humble, discrète et cachée. Cécile nous a prouvé qu’on pouvait concilier travail et maternité, il n’est qu’à voir les beaux fruits que sont ses enfants et leur vie réussie à l’image de la sienne.
J’étais la plus jeune de ma fratrie, mais ses enfants, plus jeunes que moi, mes seuls cousins, étaient mes compagnons de jeux avec lesquels il n’y eut jamais l’ombre d’une dispute. Et aujourd’hui encore, c’est un bonheur à chaque fois que nous nous retrouvons.
Souvent, je regarde avec tendresse la complicité de mon fils avec sa petite soeur de huit ans sa cadette. Je me dis qu’entre mon père et Cécile, il devait y avoir le même rapport d’affection très forte, de protection tranquille, de souci l’un de l’autre.
Cécile vit sa retraite avec un dynamisme à toute épreuve. Années bien méritées après l’effort de toute une vie. Et on ne l’entend jamais se plaindre de quoi que ce soit.

Aujourd’hui, pour sa fête, je voudrais lui dire combien je l’aime.
Merci Cécile pour tout ce que tu m’as apporté et m’apportes encore, merci d’être toi, tout simplement !

Je voulais signaler aux visiteurs qui passent sur ce site qu’il héberge depuis trois semaines un forum, voulu et imaginé par un groupe d’amis, anciens contributeurs réguliers du forum « Croire.com » du site Bayard qui n’existe plus sous forme de plateforme de discussion.
Ce forum est ouvert à toute personne désireuse de partager sur la foi chrétienne, avec un esprit d’ouverture aux autres religions monothéistes.
Chacun y apporte sa pierre, chacun y trouve de quoi nourrir sa foi !
Pour y accéder, il suffit de cliquer sur l’onglet « Forum » ci-dessus ou de suivre ce lien :

http://forum.histoiredunefoi.fr/

A bientôt pour de riches partages !

 

Les textes de la liturgie d’aujourd’hui nous parlent tous d’argent.
Je les commenterai simplement par ce billet, car c’est un thème qui ne m’intéresse pas beaucoup.
Ce qui ne m’empêche pas de réfléchir sur l’échelle de valeurs de notre société.
On m’objectera toujours que je n’ai pas le sens de la rentabilité, de la productivité. Certes. La science de l’économie et des marchés me rebute absolument.
Un jour, un ami m’a dit : « La lutte des classes, c’est fini. »
Il n’empêche.
Je fais un simple constat : les métiers les plus humainement utiles en ce monde sont les plus mal payés. Je pense aux aides à la personne dépendante, aux aides à domicile, aux aides-soignantes, aux femmes de ménage qui rendent les lieux de vie supportables, aux éducatrices de jeunes enfants et aux nourrices agréées, aux caissières sans lesquelles nous ne pourrions pas remplir notre caddie pour subsister.
J’ai une certaine amertume aussi quand je pense que j’enseigne depuis 30 ans à lire, écrire, compter, devenir citoyen à des enfants, et qu’étant pour raisons de santé obligée de travailler à 75%, je gagne 1,5 fois le SMIC. On peut toujours après ça me donner le titre de cadre A de la fonction publique. Ce n’est pas cela qui m’aide à boucler mon budget.

A l’autre extrême, je vois des artistes, des footballeurs, des investisseurs qui engrangent les loyers que d’autres peinent à payer, des personnes qui vivent de leur image, des vedettes du petit écran… Je ne nie pas que ces gens travaillent, je remets simplement en cause leur utilité dans la vie sociale.

Comment croyez-vous qu’après ça, on puisse motiver notre jeunesse à se tourner vers un métier utile à la personne humaine, puisque l’exercer est synonyme de précarité financière ?

Notre mode de fonctionnement n’a rien à voir avec la justice de Dieu…